Kaléïdo'blog

Blog journalistique à plusieurs mains

26 février 2012

Opération truffes (3)

3ième étape : La dégustation entre amis !


Pour cette étape, place à la cuisinière ! Et ce n’est pas moi. Mon amie est ravie de cuisiner les truffes. Cela lui rappelle son adolescence et son père qui était restaurateur. C’est la deuxième année que nous nous offrons ainsi entre amis un repas aux truffes courant janvier. Cette année nous le faisons coïncider avec l’anniversaire de l’un d’entre nous.
Un repas digne des plus grands restaurants ! Je vous laisse juger :
En 1er plat, l’incontournable omelette aux truffes ! Œufs et truffes sont mis ensemble dans un Tupperware et laissés quelques jours au frigidaire. L’odeur de la truffe passera ainsi au travers de la coquille poreuse des œufs. Quant à la confection précise de l’omelette, les avis divergent ! Mon amie est formelle. La truffe ne se met qu’à la fin, quand l’omelette est quasi faite !


Un REGAL ! Cette année les truffes sont particulièrement parfumées, encore plus que celle de l’an dernier. Nous savourons lentement l’omelette et je vous laisse imaginer les exclamations de plaisir et d’émerveillement qui accompagnent chaque bouchée.
Histoire de « casser » le goût de la truffe, mais pour mieux y revenir après, nous continuons par du foie gras poêlé. Je l’ai dit ! Un vrai repas de roi !
Mon amie découpe des tranches de foie d’environ 2 cm d’épaisseur, qu’elle roule dans de la farine qui absorbera le gras lors de la cuisson. Elle fait chauffer une poêle. Ce n’est que lorsqu’elle sera bien chaude qu’elle y déposera les tranches de foie. Coté pile, coté face et c’est cuit juste comme il faut !


Foie gras poêlé déposé sur une tranche de pain d’épice grillée, accompagné de confit d’oignon fait maison et de morceaux de poires. Une vraie découverte pour moi. Tout simplement EXCELLENT !

Après un petit intermède salade, nous revenons à la truffe en testant une recette échangée au marché de Saint Paul Trois Châteaux. Une simple pomme de terre cuite à l’eau écrasée à la fourchette et saupoudrée de truffes. A maintenir le tout au chaud pendant une demi-heure au four.
De l’avis général, un test peu concluant ! C’est sec et il n’y a aucun mariage de goût entre la pomme de terre et la truffe. Décevant ! Recette à oublier pour les prochaines fois !


On arrive au fromage et à une valeur sûre : le brie truffé !
Choisir un brie coulant mais pas « fait ». Le couper en deux dans le sens horizontal. Déposer des lamelles de truffe sur le fromage. Soyez généreux ! On compte 40g de truffes pour 700g de fromage. Refermer le fromage et laissez le 48H au frigidaire avant de le déguster.

Alors là ! Un mariage subtil. Une alchimie rare. C’est une explosion de saveurs qui envahit notre palais à chaque bouchée ! Nos yeux se ferment alors que nos papilles frémissent de plaisir.
S’il n’y avait qu’un plat à faire, je choisirais sans hésiter le brie truffé !
Après ce repas à la fois simple et gastronomique une tarte aux pommes nous permet de fêter l’anniversaire de l’un de notre groupe.
En conclusion, grâce à la truffe et au foie gras, un repas digne des plus grands restaurants et surtout une belle soirée entre amis. Sans que cela ne grève de façon exagérée notre budget. 54g de truffes et le foie gras pour un tel repas à quatre, il n’y a rien à redire.
Restent les épluchures de truffe précieusement gardées par mon amie. Sa première idée, les mettre dans de l’huile. Puis quelques jours après notre repas, elle m’appelle : « J’ai vu une recette de risotto aux truffes. Cela ne devrait pas être mauvais ! Je vais congeler les épluchures et on se fera un risotto à l’occasion. »
Je le redis, une belle soirée entre amis à renouveler l’an prochain. Le rendez-vous est déjà pris !

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24 février 2012

Opération truffes (2)

2ième étape : Acheter une truffe


Pour les particuliers qui souhaitent acheter une truffe, je ne peux que conseiller le marché aux truffes de Saint Paul Trois Châteaux dans la Drome. Marché créé à l’initiative d’une vingtaine de trufficulteurs (installés dans un rayon de 20kms autour de Saint Paul Trois Châteaux), réunis dans une association, pour promouvoir ce diamant noir du Tricastin auprès du grand public. Qualité et transparence des prix garanties. Point besoin de publicité pour ce marché, le bouche à oreille fonctionne à plein et tous les dimanches matin de nombreux particuliers se pressent sur la petite place. Les gens viennent des environs mais aussi de beaucoup plus loin. Nous, nous avons fait 1H15 de voiture pour venir et nous entendons certains dire qu’ils viennent de la région lyonnaise.
Avant l’ouverture du marché à 10H du matin, les trufficulteurs se réunissent dans une salle pour trier leurs truffes, les canifer, finir de les brosser, enlever les parties gelées éventuelles…
Puis habillés de sombre et coiffés d’un chapeau en feutre noir ils s’installent en cercle autour de la fontaine du village. Sur de petites tables de bois ils présentent leur récolte de la semaine. Dans de simples boites en plastique ou de façon plus élaborée dans des bocaux de verre et déposée sur un lit de paille ou d’herbe. Sur chaque étal, l’indispensable balance de précision ! C’est qu’un gramme de truffe vaut son pesant d’or.

 


C’est mi janvier que nous avons décidé d’aller au marché pour notre emplette. Contrairement aux idées reçues, la meilleure période pour déguster une truffe est janvier-février. Pas décembre ! C’est en début d’année que les truffes sont les plus mûres et les plus succulentes. Mais fêtes de fin d’année obligent et la truffe est trop souvent associée à décembre…
Quand nous nous approchons de la place, l’odeur de la truffe embaume littéralement l’air. Il est conseillé et fortement apprécié de se pencher au dessus des bocaux pour se remplir les poumons de ce parfum si caractéristique. Ce que nous faisons sans vergogne à tous les étalages.

L’ambiance est bon enfant. Les discussions et les échanges fusent. Les trufficulteurs parlent volontiers de la truffe et de sa culture et chacun échange ses recettes préférées.
Les bocaux de truffes se vident et les billets circulent de main en main. Tout se paye ici en liquide ! Les caisses de trésorerie débordent de billets verts, rouges, bleus quand les vendeurs les ouvrent pour redonner la monnaie.
Dans le Tricastin, on ne trouve que deux sortes de truffe : la brumale (Tuber brumale) et la mélanosporum (tuber mélanosporum)
Ce jour ci, un seul vendeur propose de la « brumale ». Canifage à l’appui il tentera de nous expliquer comment distinguer une brumale d’une mélanosporum ! Une vague histoire de maillage de veines blanches plus ou moins dense. Je laisse les spécialistes faire ! Ce qui est sûr c’est que la brumale est nettement moins parfumée que sa sœur la mélanosporum. La brumale est une truffe qui résiste bien à la cuisson et qui est donc recommandée pour les pâtés, terrines, foie gras…
Nous, nous sommes venues acheter de la mélanosporum. Une truffe particulièrement parfumée et à consommer fraiche. Pas de problème, les étals sont bien fournis ! Notre choix se porte sur 2 petites truffes rondes pesant au total 54g. Assez pour assurer le repas que nous voulons faire derrière.
Avant de partir nous nous laissons tenter par l’achat de deux plants de chênes truffiers. La vendeuse est formelle ! 100% de réussite et des truffes assurées dans 10 ans mais… à condition que le sol où on va les planter soit calcaire avec un PH d’au moins 8.5.
Nous restons un peu sceptiques devant une telle assurance mais qui sait ! Dans 6-7 ans on verra peut être se développer autour des arbres le « brulé » signe indiscutable de la présence de truffes. Se posera alors le problème du ramassage. Faudra alors créer dans notre club canin une section cavage ! Ou alors se fier aux mouches…
C’est avec cet espoir bien futile dans la tête et les bras chargés des plants, sans oublier le petit sac en papier contenant les précieuses truffes, que nous quittons le marché.
Une idée des prix ?
Brumale : 400 euros/kg
Mélanosporum 2ième catégorie : 800 euros/kg
Mélanosporum 1ère catégorie : 900 euros/kg

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22 février 2012

Opération truffes (1)

1ère étape : Un petit tour au marché de Richerenches dans le Vaucluse


Marché pour les professionnels (grossistes et restaurateurs) qui a lieu tous les samedis de décembre à février-mars. Y aller, juste pour le plaisir des yeux. Ne pas s’attarder dans la rue principale où les stands pour touristes s’empilent les uns sur les autres : vins régionaux (parfois plus bio que bio), olives, huile d’olive, tapenades, herbes aromatiques, plants truffiers, truffes….
Préférer trainer dans la rue perpendiculaire. L’odeur des truffes assaille alors nos narines ! C’est là que cela se passe ! C’est là que les tractations ont lieu. A voix basse, au cul des voitures. Difficile de s’approcher, les curieux ne sont pas les bienvenus.
Des groupes compacts d’hommes et de femmes s’agglutinent près des coffres ouverts, attendant leur tour, sac plastique, cabas, sac de jute, plus ou moins lourds plus ou moins remplis serrés contre eux.
Un coup d’œil à droite et à gauche et le vendeur ouvre prudemment son sac. Juste ce qu’il faut pour permettre à l’acheteur de jeter un œil, de sentir les effluves des truffes, voire d’en sortir une pour la canifer. Le verdict tombe vite, très vite.


Ici, un signe de tête négatif, la marchandise ne convient pas : « brumales ! Ça ne m’intéresse pas ». Le vendeur est débouté sans appel. Il tentera sa chance ailleurs, au cul d’une autre voiture.
Là, une bribe de conversation :
- Vous venez d’où ?
- D’Ardèche
- Terrain caillouteux ?
- Oui
- Elles sont toutes déformées mais elles sont de belle qualité
Vient un chiffre lâché à voix basse : « 400 ».
Ailleurs, un bout de papier griffonné et présenté discrètement dans le creux de la main. Se décider et vite. Peu de place au marchandage.
Affaire conclue ? L’acheteur sort son peson du coffre et pèse le sac. Les truffes sont ensuite vidées dans un bac dans le coffre de la voiture et le vendeur repart son précieux papier en main qu’il échangera plus tard contre de l’argent.
Plus loin, une voiture coffre ouvert sans grand monde autour. Je peux m’approcher et regarder. J’arrive même à engager la conversation. C’est un pépiniériste qui achète des truffes pour ensemencer des jeunes plants. Il veut la meilleure qualité. Je le regarde canifer des truffes et trier les meilleures, celles qu’il achètera.

Deux hommes viennent le voir, un sac poubelle noir rempli de grosses truffes. Un rapide coup d’œil, quelques canifages et le pépiniériste les renvoie aussi sec. Il n’achètera pas. Les hommes partis, il appelle son collègue et discute avec lui à voix basse en désignant de la tête les hommes au loin. A ma demande, il accepte de m’expliquer :
« Des espagnols. Leurs truffes ne sont pas fraiches, elles ont au moins quinze jours de frigo. En plus, ils les ont poncées avec du sable pour les rendre plus rondes. »

Ne nous trompons pas ! Sous des dehors de maquignonnage et de foire à bestiaux, le marché de Richerenches est le plus important d’Europe. 30% de la production de truffe française passe par ce marché. 50% des truffes du Sud Est transite ici.
Un marché réputé !

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30 décembre 2011

Evian et le village des flottins

Il était une fois….
Il était une fois un pin à crochets arcbouté à une falaise dominant une gorge profonde et étroite, si sauvage, si perdue au milieu des montagnes qu’aucun homme ne l’avait encore découverte. L’arbre était vieux. Il ne comptait plus les hivers qu’il avait vu passer ni les aigles tournoyant au dessus de sa cime l’été. Il savait que ses jours étaient comptés. Sa sève avait perdu de sa vigueur et les rochers où s’ancraient ses racines se fendillaient imperceptiblement année après année.
Un soir d’été une violente tempête déferla sur le massif. Les coups de vent se succédèrent sur notre pin à crochets, sapant ses bases, le faisant vaciller de plus en plus. Bientôt il n’eut plus la force de lutter et dans un craquement sombre il tomba de la falaise emportant avec lui des blocs de rochers.
En milles morceaux il git maintenant au bord du torrent qu’il avait dominé depuis tant d’années. Pendant de longs mois il servit de refuge et de nourriture à de nombreux insectes avant qu’au printemps suivant, lors de la fonte des neiges, le torrent qui avait grossi n’emporta avec lui une partie de ses branches.
Très vite les branchages emportés furent séparés les uns des autres, chacun suivant son propre chemin. Intéressons nous à ce morceau de souche. Pourquoi ? Parce que c’est grâce à lui que le monde des flottins vit le jour mais chuuut… n’allons pas trop vite. Laissons l’histoire se dérouler.
Emporté par le flot tumultueux du torrent, notre morceau de souche rebondit de rochers en rochers, perdant dans ces chocs successifs son écorce et tout ce qu’il y avait de plus tendre en lui. Parfois il entrait dans un tourbillon d’eau à en prendre le tournis, parfois il stagnait dans une anse plus calme avant qu’un nouveau coup de boutoir de l’eau ne l’en délogea, le rejetant au centre du torrent et l’obligeant à reprendre sa descente éperdue.
De torrent impétueux en torrent fougueux, de torrent fougueux en rivière tumultueuse, notre morceau de souche finit par arriver dans le Rhône. Sa descente infernale n’en fut pas finie pour autant car le Rhône est à cet endroit là un fleuve en formation plein de fougue et de jeunesse.
Sa course folle ne s’arrêta qu’arrivé au Bouveret, localité suisse, là où le Rhône se jette dans le lac Léman. Il put enfin respirer et se laisser flotter au gré du léger courant. Le voyage l’avait épuisé. Il n’était plus que l’ombre de lui-même. Nu comme un vers il avait perdu toute aspérité mais en même temps, son corps n’avait plus rien de tendre. Au contraire il était devenu dur et sec comme de la pierre dont il avait la couleur grise.
Bercé par le léger clapotis de l’eau, réchauffé par le soleil, il put enfin lever la tête et regarder autour de lui. Il n’était pas seul ! Comme lui, de nombreux autres bois flottés se laissaient balloter au gré du courant qui peu à peu les fit se rejoindre et s’agglomérer. Ils provenaient de tous les coins du massif alpin, coté suisse ou coté italien. Morceau de hêtre ou de pin, débris de chêne ou de mélèze, chacun y allait de sa propre histoire, racontant son vallon secret, sa descente aux enfers.
Qu’allaient-ils devenir maintenant? Notre morceau de souche ne voulut pas y penser préférant savourer à sa juste valeur ces instants de calme.
Répit de bien courte durée ! Des mâchoires d’acier vinrent rapidement les extirper de l’eau et les balancer sur un tas de bois flotté qui grandissait de plus en plus. Bientôt de nouvelles mâchoires les bennèrent de nouveau sans ménagement à l’arrière d’un camion. Destination l’Italie ! Pour être transformés en granulés de bois, voués à alimenter une chaudière. Funeste destinée pour tous ces bois qui avaient vu tant de choses, qui connaissaient tant de secrets.
Ce triste cycle aurait pu durer la nuit des temps si notre morceau de souche ne s’était pas révolté. Pas question qu’ils finissent ainsi ! L’homme leur devait plus de respect, l’homme devait écouter ce qu’ils avaient à dire ! Emporté par le camion, son cri « Indignez-vous ! » se répercuta dans tout le massif alpin, rebondissant de falaises en falaises, se démultipliant sans fin en échos successifs qui s’entrechoquèrent, se télescopèrent, pénétrant au plus profond des bois et des cavernes, rejaillissant sur les plateaux. « Indignez-vous ! Indignez-vous ! Indignez-vous…. »
Et si notre morceau de souche finit sa triste vie dans une chaudière à granulés de bois, sa révolte ne fut pas vaine. Son cri fit réfléchir le monde des arbres et les bois flottés décidèrent de prendre leur destinée en main et de montrer à l’homme tout ce qu’ils pouvaient apporter au monde.
Tous les Evianais présents se souviendront longtemps de cette après midi de décembre. Ils ne se lasseront pas de la raconter encore et encore à leurs enfants, petits enfants et arrière petits enfants qui à leur tour la raconteront à leurs enfants, petits enfants, arrière petits enfants…
Goélands, mouettes, poules d’eau, tous les oiseaux avaient fui le lac à grands renforts de battements d’aile. L’air était étrangement calme. Il y régnait comme une attente, quelque chose d’indéfinissable qui avait amené les Evianais à se masser sur les bords du Léman. L’eau se rida d’abord doucement puis de plus en plus profondément. Un maelstrom se forma au centre du lac et tous les Evianais présents virent s’élever des eaux « GOULAMAS - le mangeur de terre », immense créature de bois flottée. Bouche bée ils durent lever la tête pour apercevoir son visage et s’écartèrent en silence pour le laisser aborder le rivage. L’eau ruisselait sur son corps, ses pieds pesants faisaient trembler le sol. Il marcha ainsi jusqu’au centre de la place, se retourna face au lac et s’écria d’une voix profonde et grave : « Voici la naissance du premier village des flottins ! ».

A ces mots, sous les yeux éberlués des Evianais, une multitude d’êtres de bois flottés jaillirent du lac dans un joyeux désordre. Lutins, farfadets, oiseaux, animaux préhistoriques, dahu, tout un monde merveilleux vint emplir le village.


« RAPDES – le pteropherocis » s’installa face à l’Est, ses pieds fermement campés sur le pavé, tandis que « NABIS – le lutin » préférait la cime des arbres.


Quant à « LEO LEONIS – le félin », il sauta d’un bond sur le toit d’une maison et dressé sur ses jambes musclées passera son temps à haranguer la foule, se frappant la poitrine à intervalles réguliers.

La nouvelle de la naissance du premier village se propagea dans tout le monde des bois flottés. De nombreux flottins voulurent être de la fête. Tous les moyens de locomotion leur furent bons ! A ski, en barque, en kayak ou en traineau ils arrivèrent de tous les pays.



Ici et là, les flottins construisirent des tables et des chaises, des cahutes, des manèges pour le plus grand plaisir des enfants des hommes. La nuit venue, le village s’éclairait et s’animait. Et alors que les enfants grimpaient sur leur dos ou pénétraient dans leur gueule grande ouverte, les flottins leur racontaient l’histoire secrète de leur combe, les nuits glacées, la première neige, le passage des oiseaux…




Un monde merveilleux et enchanteur où tout allait pour le mieux ? Oui mais un village ne serait pas un village s’il n’y avait pas son lot de désespoir et de tristesse.
Ceux qui déambulaient dans les ruelles de la ville n’ont pu manquer de croiser cette sirène échouée à l’écart de la place du village des flottins. Sur quoi pleurait-t-elle ? Regrettait-elle les profondeurs du lac où elle vivait heureuse ? Pleurait-elle son amour perdu ? Et son amour était ce lui, cet homme harassé, au visage creusé et aux cotes saillantes qui n’en pouvait plus et dont les jambes s’étaient dérobées sous lui ? Il avait jeté ses dernières forces dans la bataille et tentait de ramper mais même cela lui devenait impossible. Personne pour l’aider, personne pour entendre son cri silencieux.


Les seuls flottins qui auraient pu l’aider étaient tournés vers le lac. Immobiles depuis des heures, ne sentant même pas les goélands qui les avaient pris pour des perchoirs, ils gardaient les yeux fixés sur l’eau et sur les montagnes au loin. Faits de bois recomposés, faits d’origines différentes, ils étaient là en quête de leur histoire, à la recherche de leur identité, sous l’œil indifférent d’un rêveur solitaire.


Hé oui ! En marge de la joyeuse fête qui régnait au centre du village il y avait ces ruelles à explorer, ces rencontres furtives dans l’embrasure d’une porte, au détour d’un square ou d’un escalier.
La baleine de Moby Dick, le joueur de luth, un dromadaire, un oisillon lové dans son nid, un flottin si saoul qu’il s’était avachi le long d’un sapin de Noël illuminé, une autruche, et sur un petit muret, proche des toilettes, les incontournables commères du village : Maurice et Mauricette.

La nuit est bien avancée. Il est temps de laisser le village des flottins s’endormir.
Merci à la ville d’Evian, à ses partenaires, aux sculpteurs professionnels et amateurs qui m’ont fait rêver le temps d’une soirée…

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02 juillet 2011

Il y a balade et balade


J’aime me balader. Je refais rarement les mêmes. J’aime varier et découvrir d’autres sentiers, d’autres régions.
Si je devais les classifier ?
Il y a les balades superbes mais que je n’ai pas envie de refaire.
Il y a les balades sympas mais sans plus
Il y a les balades superbes que j’ai envie de refaire et de faire découvrir à d’autres
Il y a les balades galères
Peu nombreuses mais combien marquantes tant la panoplie des sentiments est vaste ! Passant dans l’ordre par l’émerveillement, la plénitude, puis le stress et une certaine panique, suivis d’un long moment galère et enfin l’apaisement et le retour du guerrier.
Il y a les balades alimentaires
Celles pour détendre mon chien ou pour me déstresser. Balades machinales. Le moindre chemin fera l’affaire ou les quelques balades pas trop loin et pas trop longues que je connais par cœur aux alentours.
Il y a les balades franchement nulles
Tant pis ! On ne peut pas toujours gagner !
Et puis………..
Il ya les balades où la magie s’invite !
Celles là sont rares mais précieuses. Toujours inattendues. Subtile alchimie entre le moment présent, le paysage, le temps et mon état d’esprit. Par définition non reproductibles.
C’est une de ces balades que je voudrais partager. Une balade qui ne devait être qu’« alimentaire ».
Devant la perspective de passer une semaine dans l’Ouest de Paris du lundi midi au vendredi midi enfermée dans une salle à ingurgiter des plans marketings, des stratégies produits et des conditions commerciales, j’avais décidé de partir le dimanche soir.
Mon plan ? Une petite balade de 3 heures le lundi matin. Dans la forêt de Rambouillet, autour de Poigny la Forêt pour être précise. Juste ce qu’il me fallait avant d’aller m’enfermer quelques 40 kms plus loin.


Je ne connaissais pas cette balade et je n’en attendais pas grand-chose, hormis prendre un bol d’air pour la semaine.  
A 8H précises je commençais la balade et là la magie s’est invitée tout de suite….
Ciselé ou brouillé
Dans le miroir des étangs
Le printemps s’invite

 Sous l’œil du guetteur
Tambourinent les piverts-
Un chevreuil aboie

Soudain trois «miroirs*»
Traversant l’allée au loin
En bonds gracieux
(*miroirs = zone de poils blancs érectiles situés sur l'arrière-train du chevreuil)

 

 

 

                                                 Photo du Net

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23 juin 2011

Les larmes du saule blanc

Soleil radieux-
Sous la frondaison du saule
Bitume détrempé
Gouttes d’eau sur le visage
Des promeneurs étonnés

« Normal ! Tous les saules pleurent ». L’affirmation catégorique de ma compagne de marche me laisse sceptique. Je pourrais même dire que mon ego en prend un coup ! Moi qui me targue de connaitre les arbres, j’aurais pu passer à coté d’une telle évidence ! « Tous les saules pleurent » !?
Ce n’est pas le moment d’épiloguer. Nous devons détendre les chiens avant que le stage d’obérythmée ne commence.
De retour chez moi, je surfe sur le Net. Comme pour tout, je dois trier le bon grain de l’ivraie. Il ne manque pas d’explications farfelues. Et dans le genre la meilleure est la suivante : « Quand il fait chaud le saule évacue son trop plein de sève et c’est ce qui goutte ».
La sève des arbres est l’équivalent du sang chez l’homme. Vous vous imaginez voir votre sang s’égoutter quand il fait trop chaud !!
Heureusement je lis une explication qui me semble beaucoup plus rationnelle. Mais impossible de vérifier. Je suis à 500kms du saule en question.
Un an après, mai 2011
Je me promène en bordure d’un lac quand je reçois quelques gouttes sur la peau alors qu’il fait un soleil radieux. Je lève la tête : je suis sous un saule blanc. Je regarde le sol : il est détrempé. Mes neurones ne font qu’un tour. Cette fois-ci j’en aurais le cœur net !
Je sais quoi chercher et je repère très vite les nombreux crachats de coucou sur les branches du saule.


A l’aide d’un petit bâton je tripatouille dans ce manchon d’écume et je mets la main sur les coupables.

 

Assoiffés de sève
Bien à l’abri dans l’écume
Chapelets de larves

 

 


Et voilà ! Mystère résolu ! Il s’agit bien des larves d’un insecte de la famille des cercopes. Probablement Aphrophora salicina. Insecte piqueur-suçeur, sa larve se nourrit de la sève du saule. La sève étant surtout riche en eau, la larve doit en consommer une très grande quantité afin de trouver tous les éléments nutritifs dont elle a besoin pour son développement. Du coup elle rejette par l’anus la sève en excès et de plus elle y injecte de l’air pour former cet amas d’écume que l’on nomme crachat de coucou. Ce crachat spumeux la protège des prédateurs et des rayons de soleil. Et au passage s’égoutte allégrement sur le sol et sur les passants inconscients…
Un mois plus tard, j’ai l’occasion de repasser par ce petit lac.

Je m’arrête un instant. Les saules ne pleurent plus.

 

Il ne reste plus
Comme seules traces témoins
Que ces exuvies

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10 mai 2011

Sécheresse – Humeur du jour

Désespérément BEAU
..........................Désespérément CHAUD
................................................Désespérément SEC
.....................................................................Désespérément VENTEUX
Quels Dieux invoquer pour quelques gouttes de pluie ?
Quels Dieux ricanent de nous du haut du Ciel ?
Zeus, qui d’un index négligent, bloque l’anticyclone au dessus de nos têtes ?
Eole, qui nous envoie un vent chaud et desséchant ?
Dionysos, qui impatient de boire le vin nouveau, provoque une avance de trois semaines ?
Dieu, qui se rappelle à nous ? Comme il s’est rappelé aux Egyptiens avec les sept plaies d’Egypte ?
Nous ne savons plus danser la danse de la pluie
..........................................Nous ne savons plus évoquer les Dieux
Je me lève chaque matin et c’est un triste ciel bleu qui m’accueille au pied du lit.
Je parcoure les routes, mon cœur serré à voir les ronds brulés dans les champs, les céréales se dessécher et s’éclaircir de plus en plus au fil des jours.
Je discute avec des éleveurs inquiets de l’avenir. Comment nourrir leurs troupeaux cet hiver alors que le foin va être plus que rare ?
Désespérément BEAU
..........................Désespérément CHAUD
................................................Désespérément SEC
.....................................................................Désespérément VENTEUX

DEMETER ! Où te caches-tu ?

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02 mars 2011

Voyage au Népal (21) : La complainte du chien

Ceux qui me connaissent ne seront pas étonnés si je clos ce récit de voyage en évoquant les chiens.
Le chien ! Le meilleur ami de l’homme, partout présent dans tous les pays où j’ai pu aller en trek. Efflanqués et en bandes dans les villes/bidonvilles. Mis au travail dans les montagnes…
Je suis un chien
De la vallée de Katmandou
La rue est mon territoire
Allongé ou roulé en boule
Sur ma place, mon trottoir
Calé dans un coin
Je reste des heures
Sans bouger
Indifférent aux centaines de pas
Qui me frôlent, m’évitent
Attendant que la journée passe
Que la chaleur décline

Je suis un chien
De la vallée de Katmandou
La rue est mon territoire
Allongé ou roulé en boule
Sur ma place, mon trottoir
Calé dans un coin
Je parais inoffensif
Ne vous méprenez pas
Je veille !
Dès qu’un impudent à quatre pattes
Se risque sur mon territoire
Poursuites, aboiements, bagarres
L’intrus doit dégager
Je suis un chien
De la vallée de Katmandou
La rue est mon territoire
Mais gare aux voitures
Elles sont sans pitié
Efflanqué, le poil plus ou moins galeux
Je fouille les détritus
A la recherche de nourriture
Effluve de viande !
Nez palpitant, je m’assois,
Regard rivé sur le boucher
A bonne distance…

A trop m’approcher des étals
A trop suivre les gens
Je me fais rabrouer
Je m’enfuis
Tête basse, échine courbée,
Et pourtant !
Il parait que j’appartiens à quelqu’un
Je suis un chien
Un pur, un vrai, un mustangui,
Je vis en altitude
Dehors
Au pays des moulins à prières
Et des monastères
Poil fourni, laineux à souhait
Calé dans un coin
Aux abords d’une maison
Au toit plat
Je passe la journée à dormir
La nuit venue
Je m’active
Avec mes congénères
Je veille sur le village
En un concert d’aboiements

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28 février 2011

Voyage au Népal (21) : Fête du Teej

Notre périple au Mustang est terminé. Nous redescendons sur Pokara puis Katmandou. Et là quelle surprise ! Nous revenons juste à temps pour assister à la fête du Teej.
Fête du Teej = Fête des femmes. Ce jour là, toutes les femmes descendent en ville toutes de rouge vêtues. Un vrai raz de marée !
Elles viennent honorer Shiva, demandant longue vie et protection pour leurs maris.
Une fête à la fois décriée et encensée ! Les journaux regorgent d’articles pour ou contre ! Féministes contre traditionnalistes ! Je vous laisse aisément imaginer la teneur des articles.
En tout cas, pour nous touristes, les rues grouillantes de saris rouge est un vrai régal.

Femmes par milliers
Dans les rues de descendre
Toutes de rouge vêtues

Trempées jusqu'aux os
Pressées l'une contre l'autre
Ciel déchainé

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26 février 2011

Voyage au Népal (19) : Un dernier regard sur le Mustang et ses habitants

Le trek au Mustang touche à sa fin. Ne pas partir sans évoquer une dernière fois ses habitants. Une population de cultivateurs - éleveurs dont la préoccupation principale est d’assurer sa subsistance au jour le jour. Une vie de labeur, courbé en deux dans les champs de sarrasin ou de blé. Il y si peu de temps pour assurer semis et récolte. Si peu de temps et tant de champs ! C’est toujours frappant d’observer un village du haut d’un col. Il semble si petit et si perdu au milieu des terrasses qui se déploient tout autour sur une immense superficie. C’est qu’il en faut des récoltes pour nourrir toute une famille !
Les trois outils qui accompagnent tout mustangui dans les champs : la binette, la serpette courbe et le doko (panier en osier porté sur le dos par une ceinture enserrant le front).
Vous connaissez la pénibilité de la binette ! Chez nous on lui préfère bien vite un petit motoculteur.
Quant au doko ! Essayez donc d’en porter un rempli de fumier de chèvre ou d’herbe ! Les premières secondes vous semblent faciles. Vous ne sentez aucun poids sur le dos. Normal ! Toute la charge se porte sur la nuque. Et puis brusquement une douleur intense irradie votre nuque. Vous avez l’impression qu’on vous l’arrache ! Le doko enlevé prestement, c’est un mal de crâne qui vous suit pendant encore un certain temps. Et pourtant vous n’aurez porté le doko que… 5 secondes à tout casser !
Comment s’étonner alors de ces corps prématurément vieillis, des douleurs dans le dos, de l’arthrose dans les genoux et les coudes !
Pas d’amchi (médecin) dans les villages traversés. Nous n’en rencontrerons qu’à Lo-Mantang (capitale du Mustang). Une médecine à base de plantes et de potions. Une médecine qui ne peut que soigner des maux bénins. Pour des problèmes plus sérieux, il faut descendre sur Jomoson voire Pokara.

Souvenir :
En haut du col
Au-dessus de Tangbe
Une vieille femme allongée
Sur les pierres
Au pied d’un chorten
Visage ridé, yeux fermés, jambes en ciseaux
A coté d’elle
Une jeune femme
Deux hommes
Un doko coupé en deux dans le sens de la longueur
Un sac de couchage ouvert à l’intérieur
La vieille femme est malade
Ils l’ont amené à Jomoson
A l’hôpital
Les médecins ne l’ont pas guérie
Ils la ramènent à Gering
Deux à trois de jours de marche
En la portant dans le doko

Une vie difficile que nous admirons, sans doute parce qu’elle nous parait « authentique », mais que l’on ne voudrait surtout pas vivre ! J’aurais cependant aimé passer quelques jours avec eux à travailler dans les champs. Apprendre et comprendre comment ils cultivent, irriguent ….
On peut aussi se demander, à juste titre, à quoi sert l’argent payé pour rentrer au Mustang ? Tous les randonneurs payent un droit de passage au Mustang. Une taxe versée à Katmandou. Quel pourcentage sert réellement à la population du Mustang ?


Pas ou peu d’amchis mais des écoles un peu partout. Des instituteurs souvent présents que pendant la belle saison. En effet, l’hiver beaucoup de mustangui redescendent à Jomoson ou dans la vallée de Pokara. Car si le Mustang a été fermé pendant de longues années aux étrangers, il n’est pas pour autant inaccessible géographiquement.
Lo-Mantang se vide alors d’une grosse partie de sa population. Ceux qui restent ici ou dans les villages ont accumulé les bouses de vaches pour se chauffer l’hiver. Un précieux combustible ! Car le bois empilé sur les toits ne sert pas au chauffage. Il sert à protéger les murs (faits d’argile) des infiltrations d’eau. Il serait aussi une indication de la richesse du propriétaire de la maison.
Souvenir :
Lo-Mantang au petit matin
Calée dans un coin
Assise contre un mur
J’écris
Sous les cris d’un homme
Des vaches se pressent dans la rue
Se bousculent pour passer le porche
Impatientes d’aller dans les pâturages
Quelques minutes plus tard
Le manège d’une femme m’intrigue
Elle ramasse une à une
Les bouses fraiches
Laissées par le troupeau


Tous les treks au Mustang empruntent le même itinéraire, font escale aux mêmes villages. Je me suis souvent demandé ce que les villageois pensaient de nous. On arrive chez eux, on leur squatte moyennant finances une pièce pour manger, un toit pour planter nos tentes, la cuisine pour que nos guides préparent le repas. C’est un défilé permanent de groupes de randonneurs d’avril à septembre. 1500 à 2000 randonneurs par saison pour une population estimée à 7000 mustangui.
La plupart des villageois nous ignorent purement et simplement. La barrière de la langue étant sans doute pour beaucoup. Nous avons pu discuter en anglais avec un instituteur dans un village et avec une amchi à Lo-Mantang.
Mais les mustangui ont bien compris tout ce que le tourisme pouvait leur apporter ! Des lodges se construisent un peu partout. Des boutiques de souvenirs se pressent les unes contre les autres dans une rue de Lo-Mantang.
Pas de mendicité mais la valeur de base semble être 100 roupies. 100 roupies pour toute visite de monastère, 100 roupies pour visiter des grottes, 100 roupies pour une douche, 100 roupies pour….
Sauf que l’on voit nettement se dessiner une fracture entre les mustangui. Il y a des villages pauvres et des villages qui semblent plus riches. Dans un même village il y a ceux qui manifestement tirent profit du tourisme et les autres, les oubliés. Cela a été particulièrement flagrant à Lo-Mantang.
Un voyage où j’ai tout aimé. Aussi bien la vallée de Katmandou que le Mustang. Mais c’est le premier trek où je me suis posé autant de questions existentielles sur ma condition de touriste, sur le rapport du touriste avec la population locale….
Questions sans doute accrues par le fait que dans notre groupe il y avait une femme connaissant très bien le Népal. Nous lui devons beaucoup. Elle nous a permis d’un peu mieux appréhender ce pays et surtout sous tous ses aspects. Indignée par la pauvreté du pays, par la corruption qui sévit à tous les étages du gouvernement. Elle nous expliqué le mouvement maoïste et nous a montré leurs slogans peints sur des pierres à 4000 m d’altitude. Elle nous a aussi mis en face d’incohérences. Une population pauvre, pas d’amchis, mais des programmes de restauration des fresques des monastères sollicités par le « roi » du Mustang et financés par des étrangers (souvent des italiens).
Il était temps aussi d’aller au Mustang. Dans quelques années gageons que des touristes arriveront à Lo-Mantang en 4X4 ! En effet, le gouvernement népalais a la volonté de construire une route ralliant Jomoson à Lo-Mantang. Sa construction est rapide et en 2009 elle allait déjà bien au delà de Kagbeni. 
J’ai eu la chance de réaliser ce trek dans un petit groupe. Nous n’étions que 4 filles ! Avec les guides, les porteurs, le cuisinier, notre groupe montait à 10 personnes. Plus les mules bien sûr.
A Kagbeni, sur le chemin du retour, nous avons croisé un groupe de trekkeurs russes. 37 trekkeurs ! Avec les guides, les porteurs, les cuisiniers, cela faisait 85 personnes !! Plus 47 mules !!
J’avoue avoir eu du mal à imaginer leur arrivée dans les villages mustagui. Ce n’est plus du tourisme, c’est une invasion !

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