19 août 2011
Un livre: un homme
Je vais vous parler d’un livre et d’un homme.
Commençons par l’homme : Frédéric LENOIR.
Je l’ai découvert par hasard à Montélimar lors d’une conférence donnée à partir d’un de ces derniers livres de philosophie, intitulé Petit Traité de Vie Intérieure. Le thème de la conférence était « Exister est un fait, Vivre est un Art ».
Tout un programme qui ne manqua pas de m’allécher et je ne fus pas déçue. Durant une heure trente furent évoqués de façon légère mais pleine de sens, des thèmes comme la prédestination au bonheur, comment vivre sa religion, comment peut-on être heureux dans ce monde sans fermer les yeux sur sa réalité. Et Frédéric LENOIR de nous rappeler que nous vivons depuis peu dans un monde où la liberté individuelle existe, où notre part de responsabilité dans notre bonheur est importante et de rattacher chacun de ses propos à l’histoire de la religion ou à une pensée philosophique. Il réussit tout cela sans être pédant ou assommant et me donna envie d’en savoir plus sur lui, de relire ou découvrir certains grands philosophes. Frédéric LENOIR est à la fois, un philosophe et un historien des religions. Il est directeur de publication du Monde des Religions, produit et anime une émission hebdomadaire sur France Culture : Les Racines du Ciel. Pour en savoir plus sur lui, je vous conseille d’aller voir son site : http://www.fredericlenoir.com
C’est également un écrivain talentueux auteur de nombreux ouvrages philosophiques et sur l’histoire des religions et de romans qui ont eu un grand succès et je le comprends fort bien. Ce sont pour la plupart des thrillers historiques. Je viens de terminer L’Oracle della Luna et vous le recommande chaleureusement malgré ses 617 pages !
On trouve tout dans ce roman : une intrigue fort bien menée, elle tient le lecteur en haleine et on ne connait l’issue que dans les toutes dernières pages, une réflexion sur le sens à donner à sa vie, habilement étayée par la présentation de thèses philosophiques que nous présentent les personnages, de solides connaissances historiques, des sentiments nobles et moins nobles, bref tout ce qu’il faut pour ne pas lâcher ce livre malgré son poids respectable et je ne suis pas vraiment une adepte des romans fleuves !
Giovanni petit paysan calabrais né au début du XVIème siècle a croisé la route de la fille des Doges, en est tombé follement amoureux et en a été sévèrement puni. A partir de là sa vie entière est transformée, ou plutôt il fait le choix de transformer sa vie et prendra la route de Venise pour retrouver la belle Elena. S’en suivra un périple qui nous mènera des Abruzzes à Venise, du Mont Athos à Jérusalem et au bagne de Chypre. Pourquoi Giovanni est poursuivi par ces mystérieux hommes en noir qui veulent sa perte, que contient cette lettre écrite par maitre Lucius érudit qui enseigna l’histoire de la philosophie et l’astrologie à ce petit paysan, qui est la belle Luna ? Autant de questions nous taraudant durant la lecture de ce roman passionnant qui nous transporte dans une quête initiatique. A travers l’Oracle della Luna on s’instruit sur les questions religieuses qui hantent ce siècle, on réfléchit sur des questions essentielles sans jamais se lasser et on participe à un fabuleux voyage dans le temps, des contrées plus ou moins lointaines, à travers l’histoire de la Kabbale et du soufisme, de l’astrologie, de la pensée d’Erasme et de Platon et bien d’autres encore. Au final c’est aussi en nous même que nous voyageons car comme le dit LENOIR « tout le chemin de la vie c’est de passer de la peur à l’amour »
16 juin 2011
Communiquer autrement (4) Les besoins
Nous avons vu jusque là que nos émotions et sentiments nous invitaient à prendre conscience de nos besoins.
En matière d’études sur les besoins, impossible de ne pas citer le psychologue Abraham Maslow et sa célèbre pyramide des besoins, il s’agit en fait d’une étude sur la motivation dans laquelle il utilise cette classification.
Maslow classe les besoins en 5 catégories :
Les besoins physiologiques (indispensables à notre survie biologique, boire, manger, dormir, etc.)
Le besoin de sécurité (celui d’avoir un abri, d’être à l’abri des agressions, de pouvoir assumer son quotidien matériel, etc.)
Le besoin d’appartenance auquel est associé celui d’aimer et d’être aimé d’un conjoint, d’un groupe dans lequel on est reconnu. Ce besoin est également souvent associé au besoin de reconnaissance sociale mais ne peut se confondre avec lui.
Le besoin d’estime, avoir confiance en soi et être reconnu des autres, avoir une activité sociale (dans le travail, les loisirs, la vie associative, etc..) qui soit valorisante à nos propres yeux et selon nos critères personnels.
Le besoin de s’accomplir, le besoin d’engagement, de trouver du sens à ce qu’on fait, d’accomplir une œuvre quelle qu’elle soit.
Pour Maslow, il est important de ne pas chercher à satisfaire un niveau de besoin avant d’avoir satisfait les précédents.
En CNV, on dit que les émotions sont là pour nous alerter sur nos besoins, pour qu’on en prenne conscience et qu’on puisse les communiquer à l’autre. La contre partie est qu’on puisse aussi avoir conscience que l’autre en face de nous, celui-là même qui manifeste une émotion plus ou moins forte, a également des besoins. Il est donc nécessaire de décrypter ce qui se passe en nous pour prendre conscience de nos besoins et y répondre.
Et c’est là que ça se corse un peu ! Prendre conscience de nos besoins, les exprimer et y répondre ce n’est pas la porte ouverte à la tyrannie et à l’égoïsme, bien au contraire. L’objectif est toujours d’avoir une communication plus saine, plus respectueuse de soi et de l’autre et de ne pas répéter indéfiniment les mêmes conflits, les mêmes comportements qui reproduisent toujours les mêmes voies sans issue.
Pour cela il faut avoir dépassé le stade de l’esclavage affectif et bien se demander à qui appartient le problème.
La première prise de conscience indispensable à toutes les autres c’est qu’être dans une relation positive avec l’autre ce n’est pas faire passer ses besoins avant les nôtres. Hors c’est souvent le cas dans les relations, qu’elles soient de couple ou parentales.C’’est le meilleur moyen pour faire de l’autre un fardeau, un poids trop lourd à porter quand il ne devrait être qu’un autre avec lequel partager dans la joie. En effet si chaque fois que l’autre est mécontent nous pensons en être responsable et devoir agir pour changer cet état d’insatisfaction chez lui, nous nous rendons responsable d’un poids énorme tout en ne lui laissant guère d’autonomie ! Et au passage, on ne s’occupe pas de nos propres besoins et donc on se met la plupart du temps dans une position d’attente vis-à-vis de l’autre supposé comprendre à demi-mots, voire sans mots, nos besoins et nos attentes. Ainsi on entre dans un cercle vicieux de dépendance affective où personne ne s’occupe de ses propres besoins et où les attentes vis-à-vis de l’autre sont démesurées. Voilà ce n’est pas très joyeux mais je viens de vous décrire le premier temps d’une relation de dépendance, voire de tyrannie affective, celui qu’on appelle la soumission, soumission au désir de l’autre.
La phase suivante n’est pas beaucoup plus joyeuse, on l’appelle d’ailleurs la Phase Exécrable : Force et Pouvoir ! Généralement dans cette phase, on réalise qu’endosser la responsabilité des besoins et désirs des autres revient très cher. Cela soulève en principe tristesse et colère et entraine des réactions plutôt violentes et excessives. On veut absolument faire entendre ses besoins et ses attentes, on revendique plus qu’on ne s’exprime positivement et on écarte les attentes de l’autre, voire on s’en moque car elles engendrent toujours peur et culpabilité. Bref, une période délicate où on est plus proche du sale gosse capricieux que d’un conjoint aimable pour ne parler que des incidences dans le couple !
Enfin, on peut arriver avec un peu de volonté, de l’amour pour soi et pour l’autre, tout au moins de la bienveillance, un peu de patience et l’envie d’aller mieux à une phase de libération affective où on recherche la coopération.
A partir de ce moment là, on a pris conscience de ses besoins (besoins d’écoute et de respect, de soutien, de considération, de trouver du sens à ce qu’on vit et fait, de cohérence, de liberté, de mouvement, de confiance, d’information, de contribuer à, besoin d’aimer et d’être aimé, etc etc) Alors on peut les exprimer à l’autre sans violence et entendre les siens sans se sentir menacé, on peut poser une demande sans exiger qu’elle soit satisfaite, on peut répondre à la demande d’un conjoint par bienveillance et gentillesse, par envie de lui faire plaisir et de prendre soin de la relation et non par peur de le perdre ou par obligation et devoir. Nous avons autant conscience que nous ne pouvons assouvir nos besoins au détriment d’autrui que du fait que nous ne sommes pas responsables de l’ensemble de ses besoins ou sentiments.
Ce jour là on se sent plus léger parce qu’on ne porte que la responsabilité de nos choix et de nos actes et que nous pouvons poser des demandes respectueuses de nous-même et de l’autre.
Je vous propose de parler des conditions de cette demande et des possibles modalités de résolution des conflits dans le prochain article.
09 juin 2011
Communiquer autrement (3)
Émotions et sentiments
Nous avons vu dans les précédents articles que pour bien communiquer, il était important de se baser sur l’observation des faits et de parler avec ce qu’on appelle (selon les principes de la CNV) des messages "Je", lesquels obligent à se centrer sur son propre vécu et ressenti au moment des faits.
Parlons un peu d’émotions et de sentiments... Des mots mis à toutes les sauces d’un vocabulaire approximatif pour ne pas dire appauvri (mais là je digresse et divague, donc revenons à nos moutons). On parle beaucoup dans les différents médias traitant de développement personnel et psychologie du bien-être, des émotions ; de la nécessité de les écouter et de leur faire confiance (sic !) et chacun y va de sa propre définition qu’il croit universellement partagée.
Je vais donc vous livrer les définitions sur lesquelles nous nous sommes accordés dans ces temps d’échange et de formation. Je ne dis pas qu’elles sont justes et vraies, simplement nous les avons tenues pour telles afin d’avoir un support commun à partir duquel travailler.
Émotion :
On distinguera ici 4 grandes familles d’émotion : la Peur, la Colère, la Joie, la Tristesse.
On part du principe qu’une émotion est une réaction physiologique plus ou moins consciente et involontaire à une stimulation extérieure. Elle est transmise par le corps et a une première fonction d’alerte interne destinée à nous permettre de préserver notre intégrité physique.
Émotion vient de l’ancien français et se décompose comme suit :
é : vers l’extérieur
motion : mouvement.
Il s’agit donc bien d’un mouvement de l’intérieur vers l’extérieur qui se décompose en 3 temps : la charge, la tension, la décharge.
Certains parleront d’intelligence émotionnelle, je dirais pour ma part qu’il est nécessaire de prendre compte l’émotion comme signal ou alerte d’un « quelque chose qui se passe en nous », quelque chose à décrypter car l’émotion nous alerte sur nos besoins.
Une réaction très vive, voire trop, a le plus souvent deux causes possibles :
- C’est l’évènement de trop, un qui se reproduit pour la énième fois (une fois de plus votre conjoint a oublié de faire les courses, une fois de plus votre patron vous a demandé un travail important à la dernière minute, etc etc)
- Nous revivons une situation de souffrance liée à notre passé et qui le plus souvent n’est pas connue de l’autre ( par exemple votre fils a oublié de vous appeler pour vous souhaiter votre anniversaire et vous revivez les déceptions de votre enfance quand votre père oubliait de vous souhaiter votre anniversaire, votre collègue a plaisanté sur votre nouvelle tenue et vous êtes retrouvée dans la cour de l’école quand vos petits camarades se moquaient des tenues excentriques imposées par votre mère qui ne jurait que par l’originalité et la nécessité de se démarquer…)
Le sentiment :
C’est la résultante d’éléments émotifs et imaginatifs, c’est un état plus ou moins stable et clair pour celui qui le vit et il persiste en l’absence de toute stimulation concrète (le sentiment d’aimer qui perdure au-delà de la présence de l’être aimé, le sentiment de culpabilité qui persiste au-delà de l’acte déclencheur).
Le plus souvent, le sentiment est une association de plusieurs facteurs complexes y compris d’émotions associées. Si on reprend l’idée du sentiment de culpabilité, on y retrouve la peur et la colère retournée contre soi.
Les sentiments et leur identification par celui qui les ressent sont la seconde composante importante de la CNV pour nous attirer notre attention sur ce qui se passe en nous. Il est important d’être conscient de nos sentiments et de pouvoir les verbaliser clairement.
Il est donc nécessaire d’avoir un vocabulaire adapté, le plus développé possible car parler de ses émotions puis de ses sentiments peut suffire à dénouer certains conflits, notamment dans le cercle familial ou affectif. Montrer sa vulnérabilité en exprimant ses sentiments est nécessaire à l’établissement d’une relation de confiance où chacun est reconnu dans ce qu’il vit.
Attention à ne pas élargir trop vite ce type d’attitude, notamment dans la sphère professionnelle et sociale ; quand les deux ne sont pas initiés à la CNV, son usage peut être contre-productif et soulever des émotions très vives chez l’autre ou lui donner des atouts pour nous manipuler.
Donc, on y va doucement avec les émotions, les sentiments et l’annonce qu’on peut en faire à un autre, pas forcément prêt à les recevoir !!!
Émotions et sentiments sont des messages, des indicateurs que quelque chose se passe en nous qui est comblé, satisfait ou qui demande de l’attention, n’est pas satisfait. Ce quelque chose en CNV se nomme le BESOIN.
Nos sentiments et nos besoins sont liés, ils proviennent non pas tant des évènements extérieurs que de nos besoins.
Mettre en lien nos émotions, sentiments avec nos propres besoins, ne pas en attribuer la responsabilité à l’autre sera le thème du prochain article.
01 juin 2011
Communiquer autrement (2)
L’observation :
Dans un premier temps, pour toute situation qui pose problème, la première étape consiste en une observation des faits et seulement des faits, sans interprétation, sans y mettre tout de suite de l’émotion. Il est urgent d’attendre et de bien prendre conscience qu’il y a là une émotion qui se manifeste (colère, peur, tristesse….) et qu’il s’agit donc d’un message à entendre. En effet les principes de la Communication Non Violente, s’ils sont très intéressants et efficaces, ne sont pas vraiment innés. La faute à notre éducation sans doute et à une ambiance générale actuelle sans aucun doute mais justement, il est préférable de différer le moment où on va tenter les premières communications en mode CNV. Et il vaut mieux commencer sur des faits et situations pas trop graves, pas vraiment conflictuels et qui ne nous affecte pas au plus profond de nous.
Commençons plutôt par l’observation des faits sans généralisation. Par exemple plutôt que dire à son concentré d’ado, voire à son conjoint : « tu laisses traîner tes affaires partout, y en a ras le bol, si tu continues je vais tout jeter à la poubelle !» tentez plutôt : je constate qu’il y a tes Converses éparpillées dans l’entrée, ton sac à dos en vrac sur le canapé, ton MP3 sur la table basse et de la nourriture un peu partout sur la table de la cuisine.
La différence me direz-vous ? Ainsi on se base sur des faits irréfutables et on n’accuse pas l’autre de tous les maux. On ne le rend pas responsable de toute notre colère et de tous les dysfonctionnements de la maison. Autre avantage pendant qu’on pose ce constat on prend le temps d’observer ce qu’on reproche à l’autre et donc d’être plus objectif, enfin autre bénéfice non négligeable, on prend conscience des faits et de notre ressenti et on distingue les deux.
En fait dans l’observation la difficulté réside dans la séparation entre l’observation de faits concrets et la notion d’évaluation et jugement.
Observation mêlée de jugement ou évaluation :
• Ma fille traine dans son travail, elle y met de la mauvaise volonté
• Tu es trop gentil avec tes amis
• Ce gosse est un menteur
• De toute façon quoique je dise tu ne m’écoutes jamais
Traduction en observation sans jugement: ma fille commence ses révisions la veille de l’examen.
• Quand je te vois donner tout ton argent de poche à tes amis, j’ai peur que tu sois trop généreux
• Il m’a dit qu’il était malade mais je l’ai vu jouer au football avec ses copains le jour même
• Hier soir, j’ai voulu te parler de l’organisation de nos prochaines vacances mais tu ne m’as pas écouté et tu es parti écouter de la musique
Ensuite viendra le moment de repérer ses émotions et sentiments puis d’identifier ses besoins pour formuler une demande précise, réaliste et surtout élaborée avec l’autre dans un moment de calme !
Ce sera l’objet des prochains articles très prochainement
30 mai 2011
Communiquer autrement (1)
Durant ces derniers mois, j’ai participé à des ateliers d’initiation à la Communication Non Violente, l’objectif était de communiquer autrement, plus efficacement et surtout dans le respect de soi et de l’autre.
Mais encore me direz-vous, c’est quoi communiquer autrement ? Les participants avaient des objectifs différents mais tous voulaient communiquer sans violence, éviter les conflits à répétition avec leurs enfants, leur conjoint, leurs collègues ou leur directeur.
Comment faire pour communiquer sainement, se créer un espace de liberté intérieure dans lequel on peut inviter l’autre, pour qu’à son tour il communique plus librement et que se dénouent les tensions relationnelles ?
Ici pas de recettes magiques à appliquer à toute situation et toute personne mais une sorte de synthèse de différentes pistes explorées et des différents outils utilisés par l’Ecole des Parents de la Drôme www.epedrome.com qui réalise cette initiation, pistes et outils issus principalement du mouvement de la CNV (communication non violente selon les bases de Marshall ROSENBERG et Thomas GORDON les fondateurs) et de l’IFMAN (Institut de recherche et de formation du mouvement pour une alternative Non-Violente). Chacun s’est largement inspiré des réflexions de Carl Rogers http://fr.wikipedia.org/wiki/Carl_Rogers, psychologue humaniste américain, père de l’approche centrée sur la personne (ACP) et de la non-directivité.
Avant de vous présenter les principales étapes de cette méthode et de ces outils, je vais rappeler quelques repères pour faciliter la communication :
S’affirmer sans agresser c’est :
• Donner des informations sur des faits concrets, si possible datés, en nommant les différents acteurs et en évitant d’asséner une étiquette
• Donner des informations sur le cadre dans lequel on se trouve (je n’ai pas le droit ou les moyens, je me suis engagée à…)
• Prendre le temps d’observer son attitude et celle de l’autre, le non verbal a également son importance et il est courant de voir une communication qui « ne passe pas » parce que le regard ou le ton de la voix est en contradiction avec les paroles (par exemple : je t’écoute mon chéri, je suis là pour toi en levant les yeux au ciel ou tapotant du doigt sur la table avec fébrilité !)
• Donner des informations sur soi, son ressenti (j’ai peur de, je me sens blessé, je suis étonné de…) ses besoins personnels et ses limites (j’ai besoin d’être entendue, je me sens capable de gérer cette situation…)
• Se positionner dans le conflit quand il y en a un : (en tant que responsable de, je vous demande, je refuse de cautionner cet acte… en tant référent éducatif de cet enfant, je propose que…)
• Ecouter le point de vue de l’autre en essayant de comprendre comment il vit la situation, ce qui est important pour lui.
• Ecouter ne veut absolument pas dire être d’accord et il est important de reconnaitre que parfois il n’y a pas de solution trouvée immédiatement, selon l’intensité émotionnelle de la situation, il est parfois préférable de remettre la décision à plus tard et de prévoir un temps d’échange ultérieur où chacun pourra être plus en capacité de prendre du recul par rapport à la situation génératrice de tensions et/ou conflits.
Les quatre points principaux sont :
• L’observation
• L’identification des besoins
• Nommer le sentiment
• Formuler une demande
Je détaillerais chacune des étapes dans de prochains articles pour celles et ceux que ça intéresse.
09 octobre 2010
Une Plume et une Sherkane aux Cafés Littéraires de Montélimar
Une Plume et une Sherkane aux cafés littéraires de Montélimar (texte écrit à 4 mains)
Une
plume en entrainant une autre, nous nous retrouvons samedi après midi 2
octobre à Montélimar pour participer aux 15ièmes cafés littéraires
organisés par la ville.
Nous voilà bon pied bon œil au premier
rendez-vous au « Couleur Café ». L’affiche est alléchante : « Le bureau
vide » de Frank De Bondt, journaliste et éditorialiste belge. Un livre
sur le monde de l’entreprise traitant de la résistance d’un cadre
supérieur lorsque son poste est supprimé. Il n’est pas licencié mais la
direction ne lui donne plus aucun travail.
Aucune de nous deux ne l’a lu mais nous sommes impatientes d’entendre l’auteur en parler.
Nous
nous installons tranquillement Une bière et un panaché plus tard, le
café se remplit de plus en plus. Beaucoup de cheveux blancs et
d’anciens.
La moyenne d’âge est franchement élevée, à croire que le monde de l’entreprise n’intéresse que ceux qui en sont sortis ! ».
A
ma grande surprise, le livre est abordé sous un angle politique (sans
doute en raison de l’actualité) le modérateur de la rencontre souligne
l’abondance de livres sur le même thème pour cette rentrée littéraire.
Le débat ne décolle pas et vire à la conversation de comptoir, mes
attentes d’un échange vif et nourri restent vaines ! Frank de Bondt a eu
l’idée de cet ouvrage en 2002, il était donc un précurseur à l’époque, à
tel point que les éditeurs refusent de le publier. Entre temps, il
écrira et publiera deux autres ouvrages et reviendra à la charge auprès
des maisons d’éditions. On peut donc en déduire qu’il tenait à son idée
et à son livre, il ne réussit pas à me faire passer sa conviction. Le
débat tourne peu autour de la façon dont il a écrit et conçu son livre
et lorsqu’il est interrogé sur ce point là, il me donne l’impression
d’esquiver et de bâcler sa réponse. Pourtant l’idée d’écrire sur un
cadre de haut niveau qui voit son poste supprimé et organise une
véritable résistance à partir de son bureau vide (c’est tout de même le
titre de l’ouvrage !!!) me paraissait très intéressante. Les premières
remarques sur la corrélation entre le type de porte de votre bureau et
le niveau de responsabilité qu’on vous confie était bien vues. L’idée de
ce responsable des ressources humaines qui lutte avec acharnement
contre son éviction aurait pu être un vrai régal mais Frank de Bondt ne
nous dira ni comment son personnage met en œuvre son opposition ni quels
sont ses ressorts. A tel point que j’ai l’impression qu’il a également
négligé son ouvrage et que toute envie de l’acheter a disparu !!
Franchement,
j’attendais plus et je ne cache pas ma déception à Sherkane, quand je
pense qu’elle a fait une centaine de kilomètres pour ça !!!!!
L’interview
commence et prend tout de suite une tournure inattendue. Il est vrai
que le sujet est d’actualité avec la crise économique, les suicides dans
certains grands groupes, les grèves et les manifestations de ces
dernières semaines. Le débat s’oriente immédiatement vers un coté «
politico-économique » avec tous les poncifs que l’on peut imaginer. Nous
ne parlerons pas écriture.
Nous apprendrons seulement que Frank De
Bondt a écrit ce livre en 2002 mais sans rencontrer de succès auprès des
éditeurs. Tenant à ce livre (mais nous ne serons pas pourquoi) il est
revenu à la charge plusieurs fois avant que finalement il ne soit édité
début 2010, le monde de l’entreprise devenant un sujet porteur.
Nous
apprendrons aussi qu’il l’a écrit comme un roman, tout en fiction : «
Je n’ai pas fait de recherches spécifiques. Durant ma vie
professionnelle j’ai côtoyé des chefs d’entreprises et des ministres et
j’ai vu comment ils fonctionnaient. J’ai eu envie d’écrire un livre à
partir de là et mettant en scène un haut cadre pour éviter de tomber
dans le misérabilisme. »
L’interview terminée, nous restons sur
notre faim. L’une perplexe, l’autre frustrée. En tous les cas, toutes
les deux déçues et n’ayant plus vraiment envie ni d’acheter ni de lire
ce livre.
Après un petit tour à travers les ruelles de ma ville (je
m’improvise guide touristique… !) il est temps de se restaurer un peu,
autant le faire directement au Café des Clercs où aura lieu la prochaine
rencontre. D’autant que la salle est toute petite et que le personnel
est largement débordé par son succès, le propriétaire en perdrait
presque son amabilité ! On nous installe en terrasse (et oui c’est ça
Montélimar, il est 19h le 02 Octobre et vous mangez en terrasse, si si
!), face à une délicieuse salade aux ravioles (spécialité drômoise
succulente) après quoi, je prends ma chaise sous le bras, Sherkane fait
de même et nous installons assez confortablement à l’intérieur,
fermement décidées à bien entendre le prochain débat.
Je suis un
brin fébrile et anxieuse : et si c’était pas mieux que la première
rencontre, et si les gens ne se taisent pas et continuent à manger sans
prêter attention à la rencontre qui se déroule sur leurs yeux et si
l’auteure était une calamité et….Et la rencontre commence, et le silence
se fait. L’interview est conduite par un journaliste qui maitrise sa
technique, Carole Fives est une jeune femme moderne, timide qui me
charme aussitôt. Elle est très impressionnée par le nombre de personnes
présentes, il faut dire que vu l’exigüité du lieu, certains sont à moins
d’un mètre d’elle. Yann NICOL est un journaliste lyonnais qui collabore
à de nombreuses revues en lien avec la littérature, ça se sent dans la
façon qu’il a de conduire la rencontre. Il amène Carole Fives, qui a de
multiples talents (elle est plasticienne) à nous parler de l’histoire de
ce premier livre et de sa façon d’écrire. QUAND NOUS SERONS HEUREUX est
un petit bijou de portraits, en peinture aussi elle fait des
portraits….Les personnages qu’elle nous brosse ici sont plein de
désenchantement et de lâcheté, ils sont tous à un tournant de leur vie
et ont le point commun d’avoir échoué dans leurs rêves. J’apprends
qu’elle a beaucoup de sympathie pour ses personnages et qu’elle ne veut
pas les enfoncer par un jugement sans appel, ils souffrent déjà bien
assez comme ça. Oui, il y a un peu d’elle dans chaque personne qu’elle
nous décrit mais elle n’est pas schizophrène….Décidément Carole Fives a
de l’humour, elle est aussi vivante et impliquée dans son livre, son
travail et cette rencontre que Frank de Bondt était absent.
Elle me
réconcilie avec Les Cafés Littéraires et les auteurs et sitôt la séance
finie, je me précipite pour acheter le livre, je ne suis pas la seule
!!!Je renonce à la dédicace par manque de patience.
Je suis ravie de
la qualité de l’échange, d’avoir découvert cette auteure simple,
touchante et intéressante. Sherkane partage mon avis, je suis soulagée.
On
chemine à travers les rues de la ville jusqu’à nos voitures. Je rentre
rejoindre mon ado (qui a profité de l’aubaine pour inviter une amie à la
soutenir dans la délicate épreuve de la solitude !)
Le
deuxième rendez-vous a lieu au « Café des Clercs ». La salle est petite.
Les gens s’entassent comme ils peuvent. Dès le premier mot de
l’animateur, le silence s’installe. Nous resterons alors sous le charme
de l’auteur : Carole Fives, jeune femme plasticienne et écrivaine dont «
Quand nous serons heureux » est le 1er livre.
Carole Fives nous
avoue avoir écrit plusieurs romans qui n’ont jamais trouvé grâce auprès
des éditeurs. En envoyant le dernier, elle y a rajouté une nouvelle. La
réponse est sans appel : « roman trop court, nouvelle trop longue, mais
persévérez dans le court, cela semble vous convenir. »
De là est né
son livre « Quand nous serons heureux ». Une trentaine de portraits
d’hommes et de femmes à un tournant de leur vie ou à un moment de
vérité. Pour cela elle a fait le choix du monologue écrit au « Je » afin
que le lecteur rentre à l’intérieur de chaque personnage. Personnages
pour qui, nous dit-elle, elle a de l’empathie et ne souhaite pas les
enfoncer encore plus. Par ces portraits, nous dit-elle encore, elle a
souhaité pousser la logique jusqu’au bout concernant certaines
expressions communes.
Question écriture, elle nous dit écrire d’un
jet puis retravailler ses textes en élaguant. Pour elle, écrire et
couper vont de pair.
Cela passe auprès du public. Le silence est
complet. Elle parle simplement, dans un langage de tous les jours.
Timide, écarlate lorsqu’elle nous lit à haute voix un de ses textes,
elle nous captive par un débit rapide et nerveux.
L’interview
terminé, nous nous précipitons acheter son livre à la table d’à coté. Il
n’y en aura pas assez pour tout le monde, mais nous, on a eu les nôtres
!!
La queue est trop longue pour une dédicace. Nous repartons
tranquillement dans les rues de Montélimar dans la douceur de la nuit.
Le lendemain après-midi, je me retrouve avec deux ados de 14 ans
sur le parvis de la médiathèque, où se trouvent installés les pavillons
du Village des Cafés. On fait un petit tour auprès des bouquinistes des
alentours et on déniche quelques BD et autres livres. Les deux miss
souhaitent participer au jeu de piste littéraire. Seulement, les
animateurs nous expliquent qu’après plusieurs tentatives de séduction
infructueuses auprès de ce public délicat que constitue les adolescents,
ils ont réservé le jeu de piste aux plus jeunes. Qu’à cela ne tienne,
elles testent l’atelier dessin version illustration de livre puis la
technique de l’aérographie. Le principe parait simple et permet de
souffler de l’encre sur une feuille au moyen d’une plume reliée à un
compresseur. Le maniement se révèle un peu plus complexe. L’effet
produit est proche de celui du tag et nécessite une certaine préparation
similaire aux pochoirs. Technique jugée intéressante et plutôt marrante
par les deux filles même si elles ne porteront pas leurs œuvres à la
postérité !
Il est finalement pas loin de 16h quand nous quittons la
ville, les Cafés Littéraires se terminent et moi je me dis que l’année
prochaine j’y retourne….
15 septembre 2010
Les 15èmes Cafés Littéraires de Montélimar
Ce premier week-end d’Octobre comme tous les premiers week-ends
d’Octobre depuis 15 ans, auront lieu les Cafés Littéraires de
Montélimar.
Les Cafés Littéraires de Montélimar, c’est d’abord une
association de passionnés du livre, de la lecture et de l’écriture.
Certains membres sont des professionnels du livre mais d’autres viennent
d’univers autres (enseignants, journalistes…) c’est peut-être pour cela
que cette manifestation est si particulière et que sa programmation
vaut tant par sa qualité que par son éclectisme….
Durant tout un
week-end Montélimar accueille des auteurs qui viennent parler de leur
livre et plus généralement de leur rapport à l’écriture, de leur vision
du thème abordé par leur œuvre. Cela se passe dans des lieux qui n’ont
pas forcément l’habitude de recevoir des écrivains et c’est là le pari
et la force des Cafés Littéraires de Montélimar. En effet, toute la
ville (et depuis plusieurs années maintenant de nombreux villages
alentours) participent et ce sont de multiples cafés et restaurants (et
même d’autres lieux plus insolites comme le hall de la gare ou une
chapelle, si si !) qui ouvrent leurs portes aux différents auteurs.
Aucun droit d’entrée, aucune obligation de consommation même si celle-ci
encourage les participants à la manifestation et soutient donc
l’action. La volonté de l’association a toujours été d’offrir une
manifestation conviviale, capable de toucher le plus large public
possible tout en privilégiant la qualité.
Le festival a grandi au
fil des années, son succès va croissant et c’est en moyenne une
vingtaine d’auteurs qui sont désormais accueillis dans la capitale du
nougat. Les festivités débutent dès le jeudi dans les villes et villages
environnants, toujours plus nombreux. Dès le mois de septembre, des
comédiens sont présents dans les bibliothèques et médiathèques de Drôme
et Ardèche pour lire des extraits d’œuvres des auteurs invités.
Tisser
des liens entre différentes formes d’expressions artistiques est
également l’objet de l’association. La photo, la peinture, le cinéma
sont également à l’honneur, soit par les auteurs invités (par exemple
Olivier BELLAMY et son livre Martha ARGERICH ou Yves HENRY et Jean-Yves
PATTE pour leur livre LES ETES DE FREDERIC CHOPIN A NOHANT ou encore
Jean-Claude SEINE et Lionel BOURG pour Un prolétariat rêvé).
Des
projections de films, des expositions, des tables rondes et des
rencontres avec les artistes sur des faits de sociétés ou sur leur
travail constituent également les temps forts de la manifestation.
Le
jeune public n’est pas oublié, les cafés grenadines sont faits pour lui
et des spectacles sont organisés en sa direction. Tous les genres
littéraires sont représentés, roman policier, beau livre, livres
jeunesse, monographie, poésie, nouvelles…..
Bref, tous ceux qui
aiment les livres et l’écriture, à petites ou fortes doses peuvent
trouver leur bonheur durant les Cafés Littéraires et avoir le plaisir de
rencontrer un auteur, d’une façon simple et détendue. Alors ne vous
privez pas et pour en savoir plus sur le programme ou l’organisation
pratique, rendez-vous sur le site en cliquant ICI
30 août 2010
La chronique de Plume: les tribulations amoureuses de Solenn sur le Net
Pour rappel, voici les liens des épisodes précédents
8ème et dernier épisode
Tranquillement
installées sur les quais de Saône, deux femmes regardent la rivière
s’écouler lentement. Elles papotent comme à l’accoutumée, la lumière se
reflète dans l’eau et tout le tableau respire l’harmonie et la sérénité.
- Ah Plume si tu savais comme je me sens bien en cette fin d’été,
je vais attaquer la rentrée avec plaisir et surtout sans angoisse.
-
Vraiment, plaisir et sans angoisse, tu es sûre ? Pourtant c’est
rarement ce que les gens voient dans la rentrée. En principe, il n’y a
que les publicités qui emploient ces termes !
- Ben oui mais d’abord
je pars les deux premières semaines de septembre en Croatie. Donc le
stress de la rentrée, les cohues dans les magasins, les collègues qui
font la tête, le patron qui stresse et vous met la pression sous
prétexte de booster son équipe, bref toutes ces joyeusetés de la
rentrée, j’y échappe. Quand je rentrerais tout le monde aura repris son
rythme et moi j’aurais la forme et de belles images plein la tête.
- Oui, en effet c’est une excellente idée de voir la rentrée comme ça !
- Oui et ce n’est pas tout. J’ai des projets et des envies et surtout je me sens bien.
- Ça se voit ma petite Solenn, ça se voit et, puis-je savoir à quoi c’est dû ?
-
Mais oui, pas de problème Plume, en fait tout ceci est dû
principalement à moi et au chemin que j’ai parcouru ces derniers mois.
-
Euuuh, tu peux être plus précise Solenn ? Je te rappelle que la semaine
dernière tu m’as laissée pleine d’interrogations. Tu étais entre Joël
et Bernard comme la Presqu’Île entre le Rhône et la Saône et maintenant
tu affiches toujours une mine épanouie mais en plus il émane de toi une
vraie sérénité.
- Eh Plume, une vraie sérénité émane de moi parce
que je suis vraiment sereine. J’ai passé un merveilleux été durant
lequel j’ai fait de belles rencontres. J’ai eu des échanges très riches
avec des hommes qui étaient tous sincères. J’ai pris beaucoup de
plaisir, j’ai renoué avec ma séduction, ma féminité, je me suis
découverte aussi.
- Tout cela me fait très plaisir à entendre et encore plus à observer Solenn. Pourquoi tu dis que tu t’es découverte ?
-
Je ne sais pas comment dire ça….Peut-être qu’en fait avec chacun de ces
hommes, même ceux avec lesquels je n’ai eu que quelques échanges autour
d’un verre, oui je crois que dans chaque discussion, dans chaque regard
partagé, j’ai découvert des images de moi que j’ignorais ou que j’avais
laissé de côté. J’ai appris à entrer en relation de différentes façons,
à m’impliquer de manière différente. Petit à petit dans chaque
rencontre, dans chaque caresse, dans chaque discussion, dans chaque
éclat de rire j’ai appris à partager, à entendre mes différences et
celles de ces hommes. Je me suis constitué un patchwork d’émotions dans
lequel je suis désormais enveloppée, plus qu’une couverture protectrice
j’ai fabriqué mon kaléidoscope de l’amour. Si je me sens perdue, si je
me sens incapable d’aimer ou d’être aimée, je n’aurais qu’à regarder au
travers pour m’apercevoir que tout est possible, que tout est là en moi.
- Ben là Solenn, je ne sais plus quoi te dire, c’est beau ce que tu
dis là. Il me plait bien ce kaléidoscope, je crois que je devrais m’en
fabriquer un…Et alors, finalement tu pars avec qui en Croatie ? Vous
avez fini par vous engager un peu plus Bernard et toi ?
- Ah Plume,
je pars en Croatie avec Charlène, elle a bien besoin de se changer les
idées en ce moment. C’est définitivement terminé avec son mari, au bout
de 12 ans de mariage même sans enfant, ça n’est pas vraiment pas facile à
vivre pour elle.
- Et Bernard, et Joël que deviennent-ils dans cette histoire ?
-
Rien, rien de plus avec moi en tout cas. Joël est toujours aussi
charmant et plein d’esprit mais sans plus d’échanges affectifs, sans
plus d’attentions prêtées à ma personne et sans qu’il me laisse lui
donner plus, mon désir s’est émoussé. Il restera un bon copain avec qui
faire la fête ou passer un moment de délire. Quant à Bernard, j’apprécie
sa sensibilité, j’apprécie son calme et je partage bon nombre de ses
valeurs mais je ne peux m’engager avec quelqu’un qui ne se sent pas prêt
à cela. Je n’ai pas envie de porter seule la relation et de la faire
vivre toute seule, je sais désormais que c’est un leurre alors je ne
reverrais plus Bernard. Je suis arrivée trop tôt dans sa vie parait-il.
J’ai mis un terme à ces relations et je me suis désinscrite du site.
Aujourd’hui j’ai d’autres choses à vivre ailleurs, je sais que je suis
capable de plaire et que je suis prête à aimer. L’essentiel est là, j’ai
avancé avec plaisir et joie cet été et maintenant je passe à autre
chose, autrement.
- Je ne m’attendais pas à ça, je m’étais laissée
prendre au jeu de ta romance avec Bernard. Finalement tu as certainement
raison, l’essentiel c’est que tu te sentes bien, épanouie et sûre de
toi. Et là, il suffit de te regarder pour s’en convaincre. Il ne me
reste plus qu’à te souhaiter de bonnes vacances ma petite Solenn.
- Merci Plume et moi je te souhaite une bonne rentrée…
23 août 2010
La chronique de Plume: les tribulations amoureuses de Solenn sur le Net
Pour rappel, voici les liens des épisodes précédents:
Episode 7
Retour sur
la terrasse de Solenn, un thé à la menthe, des makhrouts aux dattes et
des cornes de gazelles, le doux soleil d’une fin de journée qui descend
sur la Saône et deux femmes ravies de se livrer aux confidences…
- Alors ma petite Solenn, tu en es où dans tes tribulations amoureuses ? Tu as revu Bernard ou Joël ou les deux ?
-
Les deux, laisse échapper Solenn dans un léger éclat de rire. Oui, je
vais t’expliquer mais laisse moi me resservir une tasse de thé, tu en
veux ?
- Oui, je sens qu’on est parti pour un petit moment et au passage donne-moi une corne de gazelle ! Les deux, donc ?
-
Oui j’ai revu Joël d’abord. Il m’a envoyé un texto pour me dire qu’il
avait quelques heures devant lui et des hypothèses à vérifier avec moi
alors si j’étais disponible, il saurait l’être pour moi.
- Des hypothèses à vérifier ? C’est quoi cette histoire ?
-
Oh, c’est tout à fait le style de communication du personnage ! La
dernière fois qu’on s’est rencontré, il a manifesté une certaine
surprise face à l’attirance qu’il éprouvait pour moi. Il a enchainé en
se demandant si c’était dû à sa cuisine, ma robe violette, mon parfum ou
je ne sais plus quoi d’autre…
- Ah oui effectivement, un brin décalé
ce garçon ! ça ne m’étonne pas que tu ais mordu à l’hameçon. Et alors
quelles hypothèses avez-vous vérifié ?
- Nous avons testé la cuisine
japonaise, je ne portais pas de parfum et j’avais une robe noire.... Et
l’attirance fut la même, sauf que j’ai pris un certain plaisir à
tempérer ses ardeurs et à faire durer la séquence séduction…
- Ah ah, je te reconnais bien là ! Et ensuite, comment a réagi ce garçon ?
-
Oh, très habilement, il s’est prêté au jeu et m’a entrainé là où il le
voulait en quelques réflexions pleines d’humour et quelques caresses
bien amenées ! Résultat une excellente soirée pleine de rires et de
plaisirs avec un goût d’inachevé malgré tout.
- C'est-à-dire ?
-
C'est-à-dire que Joël ne me livre rien de lui, ne se laisse pas
approcher émotionnellement et que le partage est limité au moment
présent. La preuve, je n’ai même pas dormi chez lui ! Il ne m’a pas
ouvertement demandé de partir, il est plus subtil que ça mais j’ai bien
compris qu’il n’y tenait pas.
- Et tu es déçue ? Tu sais peut-être
n’a-t-il rien à t’offrir émotionnellement, ça existe aussi Solenn et ça
ne fait pas de lui un goujat ou un monstre.
- Je sais Plume, je sais.
Joël n’est pas un monstre, il a même une certaine élégance dans sa
façon d’être, il en faut pour ne pas être un goujat et avoir autant de
désinvolture. Simplement, je prends peu à peu conscience de ce que je
veux vivre et de ce qu’il représente pour moi.
- Ah ben c’est plutôt intéressant ça. Et Bernard dans tout ça ?
-
Bernard, je l’ai revu avant-hier. Nous sommes allés manger ensemble
dans un charmant petit restaurant traditionnel puis il m’a emmené
marcher dans la forêt. Il voulait me montrer des arbres qu’il
affectionne particulièrement. Il m’a expliqué les différences dans les
essences, ce qu’on peut faire ou non avec chacune et je l’ai écouté sans
me lasser. Il m’emmène petit à petit dans son univers et je suis sous
le charme.
- Bon alors tout va bien et les jours de ce Joël sont comptés…
- Il ne te plait guère Joël, n’est ce pas ?
-
Non, ce n’est pas ça Solenn. Je ne le connais pas, ce que tu m’en dis
me fait seulement penser que Joël n’a rien à donner à une femme comme
toi. Je pense qu’il n’est tout simplement pas capable d’apprécier ce que
tu es, la magie que tu mets dans les choses et c’est dommage pour vous
deux.
- Tu as sans doute raison Plume. Bernard lui, il met de la
magie dans sa vie et il est attentionné envers moi-même si on ne se voit
pas. Joël lui ne me contactera que s’il espère me voir rapidement,
c’est rare qu’il m’envoie un petit signe gratuitement. En fait, Joël
même si cela ne me plait pas vraiment de le reconnaitre…Oh et puis à
toi, je peux bien le dire. Joël, il est encore là juste parce que j’ai
peur d’être trop vite amoureuse de Bernard !
- Ah ben nous y voilà ! Tu as la trouille ma petite Solenn, mais pourquoi ? il a l’air très bien ce Bernard.
-
Oui, il est très bien, trop même. Non, ne hurle pas s’il te plait. J’ai
la trouille parce que je t’ai dit que nous n’avions pas le même rythme
et que j’ai peur qu’il n’aille jamais sur le terrain de l’engagement
alors que moi je rêve déjà qu’il me dise à quel point il m’aime !
-
Et oui ma belle, tu es bien plus pressée que lui c’est sûr, mais
fais-toi un peu confiance pour une fois. Laisse le venir à toi à son
rythme, apprécie la confiance qu’il te fait et prends le temps de le
découvrir et de te laisser découvrir aussi. Il n’est pas pressé parce
qu’il sait apprécier le plaisir de la découverte, ce n’est pas un
consommateur, c’est plutôt un bâtisseur lui.
- Pfff, tu m’énerves
Plume, tu m’énerves parce que tu as raison. Mais tu sais, je crois que
j’ai quand même changé un peu à son contact. Maintenant je me dis qu’il
ne se passera que ce que nous serons capable de vivre et que de toute
façon, je préfère me brûler un peu que de ne rien vivre du tout.
-
Waouh, alors là, j’suis bluffée. Ça mérite une autre tasse de thé et
surtout j’espère bien que tu vas continuer comme ça. Et si tu dois voir
encore un peu Joël pour t’autoriser à savourer ton homme des bois, ne te
culpabilise pas, fais juste attention à ce qu’il n’en sache rien.
Quelque chose me dit que l’ours ne doit pas être partageur…
- Mais la Sevillana est prudente ! A la tienne Plume
(Dernier épisode le lundi 30 août)
16 août 2010
La chronique de Plume: les tribulations amoureuses de Solenn sur le Net
Episode 6
Bar de la Ficelle, fin d’après-midi. L’ombre de la terrasse abrite les deux femmes des ardents rayons du soleil …
-
Bon cette fois Solenn, tu n’y couperas pas : je veux tout savoir de ta
rencontre avec Bernard ! Et d’ailleurs, peut-être y-a-t-il eu plusieurs
rencontres ??...
- Attends un peu Plume, il faut que je te raconte ça
tranquillement, Bernard c’est un homme calme et pas pressé du tout. Je
ne sais pas si c’est de travailler le bois qui lui donne ce côté
apaisant mais toujours est-il que face à lui, j’ai un peu l’impression
d’être une sorte de petite poupée qui agite vainement les bras à grands
renforts de moulinets inutiles. Et lui, il sourit gentiment…En tout cas,
je me sens bien à ses côtés, en sécurité et pas uniquement à cause de
son mètre 85 et de sa carrure de rugbyman. En plus, il a une voix que
j’adore, chaude et basse, il pourrait me lire l’annuaire de Lyon que je
continuerais à l’écouter.
- Bref, tu as complètement craqué pour ton homme des bois !
-
Ah c’est sûr qu’il m’attire beaucoup par certains côtés, après il faut
voir…Je l’ai rencontré pour la première fois il y a seulement deux
semaines, nous avons beaucoup parlé. Il est sensible et ça me touche
mais il est aussi très prudent et ça me met en alerte.
- En alerte,
tu peux préciser pour mon petit cerveau, tu sais bien que moi je ne
connecte qu’en bas débit ! Fabien lui, ne te met pas en alerte, alors
pourquoi Bernard ?
- Mais enfin Plume, c’est évident ! C’est
totalement différent ce que je peux vivre avec l’un et l’autre. La seule
alerte que peut déclencher Fabien, c’est celle de mon hémisphère Sud
(pour celles qui sont dépassées merci de vous référer au film Sex and
the City 2 !) alors que Bernard c’est à toute ma personne qu’il
s’adresse du nord au sud en passant par toute la carte du Tendre !
- Du calme, du calme Solenn, s’exclame Plume dans un grand éclat de rire. Aie pitié d’une non initiée post quadra, de surcroit.
-
Bernard me met en alerte parce que dès que je l’ai vu, debout sur les
quais de Saône, contemplant la rivière comme s’il la voyait pour la
première fois, qu’il s’est retourné lentement vers moi pour m’offrir un
sourire lumineux ; j’ai senti quelque chose en moi qui se réveillait,
quelque chose de très doux comme les premières brumes d’octobre. J’ai eu
soudain très envie qu’il me prenne dans ses bras pour poser ma tête sur
son épaule très simplement. Il s’est adressé à moi comme si j’étais la
personne la plus importante de la terre et nous sommes partis nous
promener sur les quais pendant un long moment. J’avais l’impression de
le connaitre depuis toujours.
- C’est plutôt bon signe tout ça non ?
-
Et bien je ne sais pas, peut-être que nous n’avons pas le même rythme.
Il est encore très marqué par sa précédente histoire, il a du mal à
faire confiance et ne veut pas se tromper. Et moi, je ne suis pas de
concevoir les relations de la même manière. D’un autre côté, je ne suis
pas pressée avec lui, je veux bien prendre du temps pour vivre une belle
histoire à ses côtés.
- Ah quand même ! Ne commence pas à tout
compliquer en notant le moindre décalage entre vous deux Solenn !
Inutile d’élaborer un tableau Excel de vos différences et ressemblances
et d’établir une courbe de compatibilité, là tu es dans la vraie vie, ok
?
- Ok, ok madame Plume, je vais essayer le carpe diem amoureux.
- Voilà, c’est une sage résolution ! Et tout en prenant ton temps avec Bernard, continues à prendre du bon temps avec Fabien.
Eclat de rire de Solenn.
-
Fabien est moins disponible, je crois qu’il a commencé à rencontrer la
fameuse femme dont il m’avait parlé et comme il se déclare fidèle, je
vais certainement devoir renoncer à nos rencontres. Mais, il y a Joël…
- Joël ! Ooh là la, mais je vais m’y perdre moi. Il est nouveau celui là !
- Pas tant que ça en fait, je suis en contact avec lui depuis le début de mon inscription sur ce site.
- Ouuh là, alors ça cache quelque chose si tu ne m’en as pas parlé avant !
-
Non, pas vraiment. En fait, je ne sais jamais où je mets les pieds avec
lui. Il me déstabilise complètement et du coup, il m’attire beaucoup
aussi !
- Ben voyons ma petite Solenn, tu as un goût prononcé pour la
simplicité ! Si tu développes le même pour le bonheur, tu finiras dans
l’extase !
- Rooh Plume tu exagères ! Joël, il dit qu’il ne peut pas
se fixer parce qu’il est instable mais qu’il peut se concentrer quelques
heures d’affilée, qu’il n’a pas un type de femme mais veut bien être le
« type » de toutes les femmes parce qu’on a chacune quelque chose et
qu’il ne sait pas comment le définir et il est toujours en contact avec
moi 3 mois après…
- Bref, un malin qui te garde sous la main par
prudence ou un prudent qui n’a pas envie de se mouiller mais préfère le
présenter autrement ! Dans tous les cas un homme intelligent !
- C’est bien ça le problème, il est intelligent, il a un sens de la répartie désopilant et me fait beaucoup rire.
-
Alors, il n’y a que les problèmes que tu inventes. Prends ce que la vie
t’apporte au jour le jour, fais juste attention à ne pas faire des
choses qui ne te ressemblent pas ! Et n’oublie pas de les raconter à ta
vieille Plume sage et rangée.
- C’est ça, ma vieille Plume sage et rangée….Elle est bien bonne celle-là
















