Kaléïdo'blog

Blog journalistique à plusieurs mains

17 mars 2010

Devenez vous-même !

Vous vous êtes déjà demandé ce que vous étiez prêt à faire pour les autres, ce que les autres sont prêts à faire pour vous?
Sauriez-vous sur qui vous pouvez compter en toutes circonstances ?

Vous avez l’esprit d’équipe ? Vous êtes humble ?
Vous aimez vous mettre au service des autres ?
Vous êtes autant un homme de réflexion que d’action ?

Vous êtes-vous déjà demandé de quoi vous étiez vraiment capable ?
N'avez-vous jamais eu envie de tester vos limites, d’imaginer les repousser ?

Comment découvrir en vous un potentiel qui ne demande qu'à s'exprimer.
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Voilà des questions existentielles qu'il faut un jour nécessairement se poser.
Cependant, où trouver les réponses ?
quel penseur, quel psychologue, quel philosophe, quel religieux, quel bouddha de la Rive Gauche, quelle personnalité de renom, nous aidera sur ce chemin de trouver le sens de sa vie...

J'ai cherché pour vous...
J'ai trouvé la réponse.

Toutes ces questions figurent exactement comme je viens de les reproduire sur le site Internet de recrutement de l'armée de terre française.
Le slogan recruteur est  : Devenez-vous-même

Alors, vous êtes prêt à devenir vous-même?
Devenez soldats !  Engagez-vous dans l'armée !
LA Réponse est là ! Enfin !
C'est simple... Il suffisait d'y penser !

Lorsqu'enfin on connaît qui on est,
est-ce qu'alors on n'est pas prêt pour mourir ?

cadavresboches
légende : "cadavres boches" (sic)

photo extraite de :  "LE JOURNAL DE ROUTE D'UN ENGAGE VOLONTAIRE"
Carnets de guerre 14-18

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16 mars 2010

Rapport de l'ONPES

cam 022

Les faits :

Quelques chiffres de 2008 tirés du rapport de l’Observatoire National de la Pauvreté et de l’Exclusion Sociale :

Taux de demandeurs d’emplois non indemnisés :     38,5 %
Persistance des allocataires dans le RMI au delà de trois ans : 46,7 %
Part des demandes de logement social non satisfaites au bout d’un an : 45,8 % en 2006
Niveau de vie médian des personnes pauvres : 743 euros en 2007
Nombre de personnes pauvres : 8 034 000 en 2007

De 1998 à 2008, la situation des allocataires des minima sociaux s’est dégradée, en termes de pouvoir d’achat, par rapport aux salariés rémunérés au SMIC.

La Corse, le Languedoc-Roussillon et le Nord-Pas-de-Calais enregistrent un taux de pauvreté monétaire élevé : respectivement 20,4%, 18,7%, 18,5%. L’Alsace est la région la moins touchée, avec un taux de pauvreté inférieur à 11%.

La décennie 1998-2008 est marquée par la prise de conscience de la pauvreté en emploi.

Si l’emploi reste, en général, le meilleur rempart contre la pauvreté, il est de moins en moins protecteur. On ne constate pas d’augmentation des inégalités salariales entre travailleurs à temps plein, mais une croissance forte des très hauts revenus.

Le poids des dépenses de logement dans le budget des ménages pauvres et modestes s’accroît de façon significative. L’accès au logement social est de plus en plus difficile et par voie de conséquence les conditions de logement se dégradent  pour les ménages pauvres.

Les femmes restent sur-représentées parmi les personnes pauvres.

En France comme en Europe, la pauvreté et l’exclusion restent à un niveau inacceptable.

L’analyse :

Plusieurs obstacles doivent être levés pour que la situation s’améliore :
- Faire en sorte que davantage de français se syndicalisent. On y arrivera s’il y a avantage à se syndiquer comme c’est le cas en Allemagne où les prestations de chômage sont liées à une appartenance syndicale. Aujourd’hui les syndicats représentent principalement les fonctionnaires et les personnels des grandes entreprises. Ils ont des besoins de financement qui les maintiennent sous tutelle. Ils entretiennent les corporatismes. Structurellement, ils négligent les plus démunis. Il faut élargir la démocratie syndicale.
- Lutter efficacement contre le cumul des mandats et par voie de conséquence pour la création de davantage de contre-pouvoirs. Nous n’y sommes pas.
- Promouvoir l’égalité des places qui vise à réduire les inégalités de revenus et de conditions de vie. Ce n’est objectivement pas le programme de la droite. Quand le gâteau se rétrécit, il faut encore plus d’égalité dans le partage.
- Travailler à tout ce qui peut favoriser le rassemblement des gauches.

Il y a du pain sur la planche !

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27 février 2010

Du mécénat bien compris.

Mécène, était un homme d'État romain et ami d'Auguste, célèbre pour avoir encouragé les diverses manifestations de la vie de l'esprit.
Aujourd'hui, on parle de mécénat, vous savez, ces actions d'excessives générosité de la part de ces personnes fortunées, cultivées, esthètes, amoureuses du beau, des arts, qui sont prêtes à faire don d'une partie de leur fortune, à donner leur chemise, et pourquoi pas leur slip, pour permettre à des artistes inconnus et obscurs, qui ont pourtant un talent fou, d'accéder enfin à la célébrité et la notoriété.
Qu'un hommage intense soit rendu à ces bienfaiteurs de l'humanité artistique sans qui le monde des arts courrait rapidement à la catastrophe.

Oups ! On s'égare ! Revenons un peu à la réalité...

Poussin___Fuite_en_Egypte

Le tableau de Nicolas Poussin, la fuite en Égypte, classé trésor national, risquait de quitter la France. Il fallait récolter 17 millions d'euros (une misère, quoi !) pour qu'il en soit autrement.
N'écoutant que son coeur artistique, le dirigeant d'un cabinet d'expertise comptable rhône-alpien, racla son fonds de caisse et offrit 70 000 € pour l'opération de mécénat.

(Prière : Loué sois-tu cher PDG ! Jésus-Christ, bébé fuyant avec sa maman en Égypte, t'en sera reconnaissant à jamais, lui qui d'ailleurs n'imaginait pas que l'histoire de son passage sur terre générerait tant d'oeuvres d'art de par le monde, qui aujourd'hui valent, toutes accumulées, des milliards de milliards de milliards de dollars... Pauvre Jésus-Christ, qui était venu prêcher la pauvreté et botter le cul aux riches...)

Dans une revue spécialisée pour dirigeant d'entreprise, notre fameux PDG précise qu'il a fait ainsi une merveilleuse opération particulièrement rentable pour lui.
Grâce aux déductions fiscales de ce genre d'opération, cela ne lui a coûté que 7000 € ! Mais, chut ! Il ne faut surtout pas le répéter !
Une bagatelle que cette somme au regard de l'énorme publicité manigancée autour de l'opération (une centaine d'articles dans la presse dont deux tiers dans la presse régionale, une soirée privée dans le musée avec ses 300 clients, une augmentation de son chiffre d'affaires, une notoriété accrue, etc...).
Depuis, notre PDG altruiste est un chaud partisan du mécénat ! Il y a d'ailleurs déjà récidivé avec les vases d'Emile Gallé.

Ce qui est frappant dans cet article c'est l'engouement et l'admiration du journaliste pour ce froid PDG mercantile et profiteur de la situation à son unique profit.

Donc, calculons :  70 000 € - 7000 € = 63 000 € de cadeau fiscal.
D'où viennent ces 63 000 € ? : de vos impôts, et des miens...

J'attends toujours la lettre de remerciements du PDG d'avoir fait, grâce à mes impôts, du mécénat pour son cabinet d'expertise comptable...

(petit jeu : où est le sophisme ?)

Posté par Alainx à 08:00 - Politico - Vos réactions [3] - Articles rédigés par :

24 février 2010

Le stress au travail

DossierStress

Un rapport « bien-être et efficacité au travail », vient d'être remis au premier ministre.
Un des auteurs est Muriel Pénicaud, DRH chez Danone, et l'on sait que dans cette entreprise pas un seul salarié n'est stressé, mais vit un bien être parfait en même temps qu'une efficacité dans son travail.
Mmmmmmmmmmmmm Danone !

On peut y lire que "le stress est une affaire de manager". J'ignore combien de mois de recherches approfondies il aura fallu pour établir cette évidence. Il y a belle lurette que les salariés savent ce qu'il en est d'avoir un petit chef sur le dos, (pardon, je voulais dire un manager soucieux de l'émulation collective et individuelle en vue de la performance de l'entreprise).
Mais, soyons  optimistes, tout va changer, le rapport suggère que "la performance économique" ne soit plus le seul critère d'attribution de la rémunération variable des dirigeants. "La performance sociale doit aussi être prise en compte, incluant notamment des indicateurs de santé, de sécurité et de conditions de travail".
Autrement dit, les dirigeants auront un bonus/malus en fonction du bonheur supposé de leurs salariés au travail.
Il ne serait pas impossible que le critère de référence soit : les sept nains de Blanche Neige. Mais si, souvenez-vous :
« Sifflez en travaillant,
Et le balai paraît léger,
Si vous pouvez siffler !
Frottez en fredonnant,
Que ça va vite
Quand la musique vous aide à travailler.
sifflez en travaillant... »

Évidemment, comme on pouvait s'en douter, le patronat français a trouvé que ce rapport était de la connerie en branche.
""on [le patronat] ne veut pas bouger sur ces sujets, et on trouve toutes les raisons du monde pour dire que la question de la santé au travail n'est qu'une mode" (Christian Larose vice-président du Conseil économique, social et environnemental).

... N'est qu'une mode... Ça vous rappelle rien l'expression ?
C'est ce que disait l'ancien patron de France Telecom il n'y a pas si longtemps comme quoi il fallait arrêter la mode du suicide à France Telecom...

Les paris sont ouverts : que deviendra ce rapport ? :

1 - il fera l'objet d'un projet de loi avant les régionales, reprenant toutes les propositions pour leur donner force légale.
2 - il entraînera la création d'un adjoint au sous-secrétaire d'État chargé du bonheur dans l'entreprise, lequel réfléchira à la possibilité de tenter de constituer une commission tripartite en vue de réfléchir à l'éventuelle nécessité d'envisager un avant-projet permettant de définir les travaux préparatoires à la mise en place d'un collectif de suivi dudit rapport à travers les couloirs ministériels.
3 - il déclenchera, sous la pression des syndicats,  un Grenelle de l'environnement social en vue du réchauffement des relations dans l'entreprise.
4 - il servira de cale au bureau branlant de l'appariteur du Ministre du travail.
5 - il sera INTEGRALEMENT LU au moins par UNE personne... Afin de définir de son lieu de classement dans les archives nationales.

Posté par Alainx à 08:00 - Politico - Vos réactions [5] - Articles rédigés par :

11 février 2010

Anniversaire

nelson_mandela_freeC'était il y a 20 ans. J'ai l'impression que c'est beaucoup plus récent que ça. Une dizaine d'années, tout au plus. Mais non. 20 ans.
Le 11 février 1990, Nelson Mandela était libéré, après 26 années d'emprisonnement. Je me souviens de ce jour. J'ai regardé cet homme aux cheveux blancs marcher le long d'une longue allée, se dirigeant en souriant vers une horde de journalistes et d'hommes et de femmes en liesse. Calme. Presque serein. Je me souviens m'être dit : je suis en train de vivre un moment historique.
Je ne suis pas très calée, question histoire de l'Afrique du Sud. Je ne connais pas grand-chose à l'histoire de ce pays. Je me suis tout de même un peu renseignée, car l'histoire de cet homme m'a longtemps fascinée.

Rolihlahla Nelson Mandela est né le 18 juillet 1918. J'ai appris, grâce à Wikipedia, que son prénom signifie signifie « enlever une branche d'un arbre » ou plus familièrement « fauteur de trouble ». Une signification qui prend toute sa saveur, quand on survole sa vie...
Un fauteur de troubles, donc.
Son chemin de vie va mener cet homme à moitié "bochiman" (bushman, en anglais) à cheminer d'un village du Transkei (actuel Cap-Oriental) jusqu'aux salons de réception de la royauté norvégienne, pour y recevoir le prix nobel de la paix, en 1993 (prix également décerné à Frederik Willem de Klerk, récompensant leur action commune pour mettre fin à l'apartheid), et même à présider l'Afrique du sud, de 1994 à 1999.

Il a la chance, à la mort de son père, d'être confié par sa mère au régent du peuple Thembu, Jongintaba Dalindyebo, qui devient son tuteur. Il vit dès lors dans la résidence royale de Mqhekezweni, capitale provisoire du Thembuland. Cet état de fait lui permet d'accéder à une éducation que peu ont la chance d'avoir.
Élève doué, il obtient son brevet scolaire en deux ans au lieu de trois. En 1937, il intègre le lycée de Fort Beaufort puis l'année suivante la très élitiste université anglaise de Fort Hare, sorte de Cambridge local destiné à former les futurs cadres administratifs d'Afrique du Sud. C'est ici que Nelson Mandela prend véritablement conscience de la situation faite aux noirs dans leur propre pays. Désigné représentant du Conseil des étudiants, il y commence ses premiers combats contre l'administration blanche toute puissante, ce qui lui vaut d'être exclu de l'université.*

Il poursuit ses études à l'université de Witwatersrand jusqu'à l'obtention d'une Licence de Droit en 1942. C'est là qu'il se lie avec des représentants de l'ANC (Congrès National Africain) et entre dans la lutte anti-apartheid. Il co-fonde en 1944 la Ligue de la Jeunesse de l'ANC en compagnie de Walter Sisulu, Oliver Tambo et Anton Lembede. Il part vivre à Soweto. En 1948, le Parti National Afrikaner remporte les élections, et s'engage dans une intense politique d'apartheid.
Après le massacre de Sharpeville en 1960 qui voit la police sud-africaine tirer sur la foule et tuer 69 manifestants, le Congrès National Africain est officiellement interdit en Afrique du Sud. Nelson Mandela crée alors un mouvement armé clandestin baptisé "Umkhonto we Sizwe" (Lance de la Nation), dont il devient le commandant en chef. Il est arrêté en 1962 et condamné à cinq ans de prison pour avoir quitté le territoire sans autorisation et incité à la grève. L'année suivante, il est inculpé de sabotage et haute trahison, condamné en 1964 avec sept autres militants à la prison à perpétuité et incarcéré sur l'îlot-bagne de Robben Island, au large du Cap. Le détenu numéro 46664 croupit en prison pendant 26 ans, jusqu'en février 1990, après avoir toutefois bénéficié d'un régime de résidence surveillée à partir de 1988. Il devient au fil des ans le prisonnier politique le plus célèbre du monde.*

Je ne sais pas si Nelson Mandela était le meilleur représentant de la lutte anti-apartheid. Ou le plus impliqué. D'autres que lui ont croupi en prison, sans pour autant bénéficier de l'aide de toute la communauté internationale. Je ne sais pas s'il fut le meilleur des présidents de la jeune république sud-africaine. Si l'on doit retenir son action contre l'entrée en guerre des États-unis contre l'Irak, où il prendra violemment à partie le président Bush, l'accusant de vouloir « plonger le monde dans l'holocauste », l'accusant d'arrogance et de manque de vision et d'intelligence. Il pense que cette action va diminuer l'influence des Nations unies, soulignant que lui même aurait soutenu une action contre l'Irak si cela avait été demandé par les Nations unies, et encourage le peuple américain à manifester contre la guerre et les pays dotés d'un droit de véto au conseil de sécurité à l'utiliser. Nelson Mandela accuse Bush d'aller en Irak seulement pour le pétrole, insinue que son attitude et celle du premier ministre britannique Tony Blair de négliger les recommandations du secrétaire général Kofi Annan sont motivées par le racisme, et attaque les États-Unis sur leur passé de violations des droits de l'homme et pour les bombardements atomiques de Hiroshima et Nagasaki lors de la seconde guerre mondiale.« S'il y a un pays dans le monde qui a commis des atrocités indescriptibles, ce sont les États-Unis d'Amérique. Ils s'en fichent. »**

Ou si l'on doit retenir que c'est pendant son mandat que le pourcentage de femmes enceintes séropositives triplera, passant de 7.6 à 22.8%, le nombre de morts estimé par an passant la barre des 100 000 en 1999.
Il rectifiera d'ailleurs son manque d'attention de l'époque à l'épidémie du SIDA, en devenant le porte-parole de nombreuses organisations d'aide sociale ou de défense des droits de l'homme, et ira même jusqu'à fustiger en 2002 Thabo Mbeki à propos du SIDA, lui reprochant de « continuer à débattre alors que des gens meurent », quand Mbeki remet en encore question le lien entre le VIH et le SIDA. Il participera à plusieurs conférences internationales contre le SIDA et se prononcera plusieurs fois contre la maladie, notamment lors de la mort de son fils qui en a été lui-même victime le 6 janvier 2005.**

Non, je ne sais pas tout ça. Je sais juste qu'il fut celui que le monde a choisi pour représenter la lutte anti-apartheid, et qu'il aura su tenir ce rôle, son engagement et sa parole.

Nous fêtons aujourd'hui les 20 ans de sa libération. Puissions-nous nous aussi souhaiter que nos pays deviennent des "nations arc-en-ciel en paix avec elles-même et le monde".

* Sources : La république des lettres, Noël Blandin.
** Sources : Wikipédia
Image : Scrapview TV

Posté par patitouille à 08:00 - Politico - Vos réactions [7] - Articles rédigés par :

26 janvier 2010

Haïti : un signe des temps.

Nous avons un problème avec et au-delà de Haïti. Commençons par Haïti. Cette île a été exploitée par la France au cours du 18ème siècle. C’est le commerce triangulaire qui a fait la fortune de Nantes et de Bordeaux et plus largement de la France. En d’autres termes, nous avons utilisé à notre profit la richesse de la «perle des Antilles » et la main d’œuvre qui la créait.

Après la révolte de Toussaint-Louverture, Napoléon ne réussit pas en 1804 à empêcher l’indépendance de l’île. La France fera payer à Haïti entre 1825 et 1865 la reconnaissance de cette indépendance : 150 millions de francs-or, ce qui est considérable.

Lorsque nous regardons l’histoire de la France et d’Haïti, nous contemplons notre propre turpitude, celle d’un pays qui n’a jamais hésité, lorsqu’il était en situation de force, à s’enrichir sur le dos du plus faible. Cela a été vrai sous le premier empire où les impôts exorbitants levés dans les pays conquis ont fait la fortune de la France, cela s’est poursuivi lors de la colonisation où nous avons tout naturellement profité des richesses des pays colonisés et cela dure encore aujourd’hui sous une forme différente.

Et c’est le deuxième «regard » sur la honte qui est la mienne. Comme nombre de français, je cherche les produits globalement les moins chers, c’est à dire, finalement ceux produits par des masses laborieuses dont les coûts sont sensiblement inférieurs aux nôtres. Il ne s’agit pas d’esclavage au sens propre du terme, mais la mondialisation dans certains secteurs et dans certains pays n’en est pas loin.

Les crevettes importées d’Asie sont produites par une force de travail surexploitée. Les légumes produits en Italie ou en Espagne, le sont par des immigrés totalement vulnérables, on l’a encore vu ces jours-ci en Italie du sud. Les roses produites en Afrique le sont dans des conditions extrêmement préjudiciables à la santé des ouvriers qui les produisent et à l’environnement. Les biens fabriqués en Chine le sont par des paysans à la merci de tout retournement conjoncturel. Les immigrés de Dubaï sont dans la même situation. Le personnel des hôtels de tourisme en Tunisie, Turquie, Maroc et autres pays exotiques est, elle aussi - plus ou moins bien traité.

Ce que nous avons fait à Haïti hier et ce que nous faisons de façon indirecte à tous les autres aujourd’hui par notre mode de vie, font de nous des «exploiteurs » au sens le plus ordinaire du terme. Nous le sommes collectivement et individuellement. « Le Monde » d’avant-hier titrait sur la partie gauche de la première page : «Les sinistrés se comptent par millions en Haïti » et sur la partie droite : « Un milliard d’euros de bonus pour les traders parisiens ». Tout est dit.

Il ne s’agit même pas d’une question de gauche ou de droite. Sur cette dynamique du profit nous sommes tous égaux. A droite, les profiteurs libéraux qui n’hésitent pas à s’enrichir avec le cynisme le plus scandaleux, à gauche, toute la clientèle des personnels à «statut » : fonctionnaires, cheminots, électriciens, postiers, salariés des grandes entreprises, retraités – dont je suis - qui n’ont qu’un seul et même objectif, défendre leurs droits acquis et leur corporatisme étroit.

Sauveront l’honneur, les plus fragiles d’entre nous, précaires de toutes sortes, qui  ne seront pas les moins généreux pour Haïti.

Le tremblement de terre d’Haïti n’est qu’une catastrophe naturelle, les secours s’organisent, et c’est bien ainsi. Il faudrait simplement souhaiter que l’onde de choc physique, en traversant l’Atlantique se transforme en une prise de conscience de ce que notre développement, tel qu’il est aujourd’hui, n’a pu se construire, pour une large part, que sur le dos de ceux à qui nous avons volé leurs richesses, matérielles ou humaines.

Le drame, c’est que je n’ai pas de solution simple. Arrêter de manger des crevettes, d’offrir des roses à ma femme, de voyager dans des pays pauvres, ne résout rien ; me déplacer à vélo, éteindre l’électricité en sortant d’une pièce ou fermer le robinet d’eau revient à écoper l’océan avec une petite cuillère. C’est toutefois un point de départ en terme de prise de conscience. La solidarité avec Haïti autant qu’avec les autres populations éprouvées nous ramènera au réel : nous sommes en dette à leur égard et pas l’inverse.

De toutes les façons, «quand l’avoine vient à manquer, les chevaux se battent à l’écurie », comme dit le proverbe. C’est ce qu’ont peut prédire de plus sûr à nos concitoyens. Sauf qu’à l’évidence, le rapport de force est en train de se retourner, jusque et y compris dans le domaine militaire. Nous n’en sortirons même pas par une guerre !

J’aimerais être plus optimiste, mais tout finit un jour par se payer. « There is no free meal ! » 

Et pourtant, reste l’espérance : et c’est le peuple haïtien qui nous la présente aujourd’hui à travers la solidarité et la patience dans l’adversité dont il fait preuve. Ces hommes et ces femmes nous enseignent. Ce qui se passe là-bas, indépendamment des violences résiduelles, est époustouflant, et last but not least, les Etats-Unis font honneur à leur drapeau.

Et si je tends la main, c’est d’abord pour recevoir cette part d’espérance que nous offre le peuple haïtien sans même en être conscient. C’est un signe des temps, et je les en remercie.

Posté par kz19qg à 06:00 - Politico - Vos réactions [1] - Articles rédigés par :

21 janvier 2010

La video-surveillance à Strasbourg

2007

vid_osurveillance_2007

2009

vid_osurveillance

Les caméras de vidéo surveillance se multiplient à Strasbourg si l’on en juge par les deux cartes publiées par le CREP en 2007 et 2009.

Indépendamment du bénéfice électoral que pensent en tirer nos édiles, les avantages de l’outil restent à démontrer, et ce pour plusieurs raisons. La première tient à l’évolution de la technologie. Celle-ci n’est de loin pas terminée et nul ne sait réellement comment dans le futur évoluera le rapport entre une technologie plus performante et la diminution de la délinquance.

L’évolution des coûts, elle, est parfaitement prévisible : à peine installé le matériel n’est plus du dernier cri et le lobby des fabricants et prestataires n’aura de cesse de précipiter le remplacement des matériels existants par des ensembles toujours plus sophistiqués et onéreux.

Il semble que l’évaluation faite de l’expérience anglaise ne soit favorable ni en terme d’élucidation d’affaires délictueuses ni de prévention.

Des différentes informations qu’il est possible de glaner, il ressort quelques constantes :
   - la vidéo-surveillance aurait démontré son utilité dans les parkings publics dans lesquels les mouvements sont plus restreints et les accès mieux contrôlés ;
   - la vidéo-surveillance permettrait une meilleure organisation des ressources en permettant d’agir là où les problèmes semblent se poser, notamment en matière de circulation. Elles constituent sans aucun doute un atout informatif dans les lieux très fréquentés : gares, centre commerciaux et autres stades.
   - Elle va prendre toute sa place dans la répression des infractions routières, notamment grâce aux technologies d’identification automatique des plaques d’immatriculation.

Il s’avère donc qu’il n’y a lieu, ni de diaboliser l’outil, ni de le surévaluer, mais bien plus d’en assurer la transparence. Il s’agit d’une part de montrer aux citoyens que l’outil s’intègre dans une stratégie globale et non comme la panacée universelle contre la délinquance, qu’il n’est pas ; et d’autre part de rassurer ceux qui voient dans le déploiement de cette technologie une atteinte possible aux libertés individuelles. Sont ici inquiétantes toutes les techniques existantes ou à venir permettant de rapprocher automatiquement un visage d’une photo stockée dans un fichier vidéo vers une image enregistrée dans un fichier de police.

En d’autres termes, si la technologie n’est ni bonne ni mauvaise en elle-même, son usage peut poser question. Et à cet égard, la transparence de la municipalité sur sa stratégie serait un gage d’usage éthique de l’outil.
Nous n’en sommes pas là.

Posté par kz19qg à 08:00 - Politico - Vos réactions [3] - Articles rédigés par :

18 janvier 2010

Interdiction de construire des minarets en Suisse

Vous avez certainement entendu parler de la votation sur les minarets en Suisse le 29 novembre 2009.

Pourquoi un tel vote ?

En Suisse, lorsqu’une loi est votée au parlement, un référendum peut être lancé. Il suffit que 50'000 citoyens signent dans un délai de 100 jours une liste pour que l’objet en question passe par les urnes. S’il y a une majorité de Non alors la nouvelle loi ne peut pas entrer en vigueur

Cependant, nous pouvons aussi lancer une nouvelle loi ou la modifier. Un citoyen ou un groupe propose le nouveau texte, et si 100'000 suisses ayant le droit de vote la signent dans les 18 mois qui suit la proposition, elle passe en votation. Si le vote est accepté et que la majorité des cantons la soutiennent, alors le nouveau texte de loi entre en vigueur. Ça s’appelle une initiative populaire.

C’est ce dernier cas de figure qui s’est passé avec l’initiative sur les minarets qui avait été lancé par des partis populistes et soutenu par des partis d’extrême droite. Dès lors la loi interdit toute construction d’un nouveau minaret.
114’895 signatures ont été validées, et bien que les sondages donnent le Non gagnant, c’est par 57 % de voix que le Oui l’a emporté.

C’est choquant en effet de voir un tel résultat, surtout que les églises chrétiennes (Catholiques et protestantes) prônaient le non. Toutefois, je vais essayer de comprendre cet aboutissement.

Pourquoi ce résultat ?

Le minaret n’est qu’un symbole architectural et ça ne remet pas en cause les mosquées.

Il y a bien sur la xénophobie, le nationalisme et l’intolérance comme on en voit hélas partout dans le monde, dans les pays musulmans aussi.

Il faut voir aussi la peur montrer par un intégrisme de l’Islam et cet intégrisme est colporté par les médias. On en parle partout, pas de ceux qui sont musulmans « à bon escient ».

La place de la femme dans cette religion est aussi montrer du doigt, même si ce n’est peut-être pas ce qui est mentionné dans le Coran que je n’ai jamais lu. Bien que je manque de réelles connaissances à ce sujet, je suis souvent effaré de voir bon nombre de musulmanes dominées sur plusieurs points par leurs époux. On dit qu’elles acceptent, mais peuvent-elles vraiment faire autrement ?

En Suisse, il y a souvent de gros problèmes d’intégration avec des personnes d’origine des Balkans que je peux confirmer dans mon travail. Je ne vais pas m’attarder sur des causes qui sont surement dus à de mauvaises directives de part et d’autres, toutefois on met tous les Balkans en tant qu’êtres musulmans.

Un autre facteur ayant influencé le vote et peu connu en Europe, est la prise en otage de deux Suisses depuis juillet 2008 qui doivent se cacher à l’ambassade suisse à Tripoli. La raison de cette captivité est une mesure de représailles du gouvernement libyen, suite à l’arrestation à Genève d’un fils du colonel Khadafi pour avoir maltraité des « domestiques ».

Et ailleurs ?

Je ne me fais pas d’illusion, un tel vote aurait eu lieu en France, en Allemagne, en Belgique, etc, je ne pense pas que le résultat aurait changé. La preuve est un sondage d’opinion mené en Hollande, pays pourtant réputé ouvert, qui montra un résultat encore plus net pour le refus de minaret.

Et moi dans tout ça ?

J’ai voté non, donc contre l’interdiction des minarets. Seulement, je me suis aussi posé la question si je voudrais un tel monument devant chez moi. Je ne suis pas sur que je répondrais par l’affirmative, car le cadre des lieux ne s’y prêterait pas, mais alors je ne voudrais pas non plus d’un clocher d’église pour les mêmes raisons.

Il faudrait aussi une fois pour toute ne pas mélanger politique, environnement et religion.

Et quelle réaction dans les pays arabes ? Peut-on y construire des églises ? Je sais que c’est oui dans la plupart de ces pays.

J’espère tout de même que le climat va se détendre et qu’un dialogue se poursuive sans pensées extrêmes.

Une note positive.

En Tunisie, pays arabe et musulman, sur l’Îles de Djerba, il y a une synagogue juive. Tout se passe très bien sans la moindre anicroche.

Enfin plus prêt de chez nous, Pati relatait dans un message sur le forum :
« Il y a une belle église du XIIème siècle dans ma ville...
il y a une cathédrale, à 10 km de chez moi, dans la préfecture de mon département, une cathédrale récente, moderne et superbe.
Il y a une mosquée juste à côté de cette cathédrale...
et à la sortie de cette préfecture, il y a un temple bouddhiste en construction.
Je ne suis pas croyante, mais ces édifices sont tous beaux, et ne me gênent pas. Ils font partie de la richesse culturelle de la région où j'habite. en sont les représentants. et j'aime bien ça, moi, cette diversité.
»

Ces deux exemples confirment que l’on peut vivre ensemble dans la sérénité avec des religions diamétralement opposées. Il faut tout simplement le vouloir… Moi y compris…

Posté par kaleido-blog à 08:52 - Politico - Vos réactions [0] - Articles rédigés par :

04 janvier 2010

Demi-teinte

synagogue1Chaque jour qui passe me fait penser au président Sarkozy. Non pas à cause de ses coups médiatiques, mais du fait de la difficulté que j'ai à apprécier les réformes dont son gouvernement se prévaut.

Chaque jour, pourquoi ? Parce que, comme beaucoup de français, je regarde le journal de 20 heures et ensuite la météo sur france 2. Rien que de bien ordinaire. A la nuance près qu'en début d'année 2009, on nous annonçait, dans un certain désordre médiatique, la suppression de la publicité sur les chaînes publiques à partir de 20 heures. Pourquoi pas ?

Et tous les soirs je fulmine, car à 20 heures 30, je suis obligé d'absorber "Mon pharmacien est formidable..." sponsorisé par les laboratoires Biogaran, les trucs et astuces pour soigner les petits bobos de la vie généreusement produits par Axa, les avant premières technologiques exposées par Gitem, l'annonce du film d'après-demain proposée par la charmante idiote de Groupama, la présentation des prochaines séries déclinée par Jeff de Bruges, et last but not least, la météo sous-traitée à Darty; j'en oublie sans doute !

Il ne s'agit pas de publicité me dira-t-on mais de sponsoring. Don't acte, mais "at the end of the day" comme disent nos amis américains, c'est bien une autre forme de matraquage qui nous est infligé.

On nous a supprimé la pub, mais multiplié le sponsoring. C'est, ce que j'appelle une réforme en "demi-teinte". Il serait injuste de dire que rien n'a été fait, il serait illusoire d'affirmer que la publicité a disparue.

Pour se convaincre de ce qu'est une chaîne globalement sans publicité, il suffit de zapper sur Arte.

Ce sentiment de réformes en demi-teinte m'est assez général. Lorsque je regarde la réforme du service minimum dans les transports, c'est un peu la même chose. La communication officielle nous dit que la réforme a été mise en place, la réalité nous rappelle que ce qui a été institué relève d'une obligation de négociation et d'un devoir d'information. On joue un peu sur les mots.

Eric Le Boucher, dans un article sur Slate.fr (http://www.slate.fr/story/1597/les-reformes-ratees-de-nicolas-sarkozy) s'exprime assez bien sur la question en présentant le livre de Pierre Cahuc et André Zylberberg, «Les réformes ratées du président Sarkozy» chez Flammarion. Sûrement un livre à lire!

Posté par kaleido-blog à 09:01 - Politico - Vos réactions [0] - Articles rédigés par :


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