07 mars 2010
Chien ou chat ?
Peut-être hésitez-vous sur le choix de votre prochain animal de compagnie.
Si vous souhaitez donner le sentiment que vous êtes intelligent et cultivé, et faites partie des professions intellectuelles supérieures : choisissez un chat. Une étude récente a démontré que les CSP+ avaient plutôt des chats, et que les autres, dits des classes inférieures, préféraient les chiens.
(Je sais, il y a des statisticiens qui n'ont rien à faire, mais que voulez-vous... Il faut bien que tout le monde vive).
Faut-il en déduire que le chien est moins intelligent que le chat ? Que la conversation avec ce dernier atteint des raffinements intellectuels totalement inaccessibles à Médor ?
Je vous laisse juge.
En revanche, l'impact écologique de votre animal de compagnie est désormais à prendre en considération.
Deux architectes spécialisés dans le développement durable, Brenda et Robert Vale (université Victoria de Wellington, Nouvelle-Zélande), ont mesuré l'empreinte écologique du chien, c'est-à-dire la surface productive nécessaire à son existence. Elle se mesure en hectares : plus le terrain est grand plus la pollution est forte.
L'alimentation d'un chien de taille moyenne, soit 160 kilos de viande et 95 kilos de céréales par an, représente une empreinte écologique de 0,84 hectare. Soit, rapporté à la production d'énergie, deux fois plus qu'une Toyota Land Cruiser roulant 10 000 km par an !
Autrement dit, votre chien, à lui tout seul, pollue autant que deux bagnoles !
Pouah !
En cette époque apocalyptique de crise climatique, il serait temps que chacun réfléchisse à ses choix citoyens !
Enfin, si vous êtes encore indécis, vous pourriez vous laisser guider par cette phrase de Jean Cocteau : « Si je préfère les chats aux chiens, c'est parce qu'il n'y a pas de chat policier ».
Mais, si vous voulez vraiment faire quelque chose pour sauver la planète : nous vous suggérons plutôt le hamster (0,014 ha seulement de pollution).
crédit photo : pratique.fr
05 mars 2010
Exode rural...
Non,
ce n'était pas des allumeuses, mais des ouvrières de l'usine
d'allumette de l'ère Victorienne : sous-payées, sous-nourries,
surexploitées, amendes couramment données par les employeurs pour des
broutilles.
Elles souffraient souvent de maux incurables dus au
phosphore jaune beaucoup plus toxique que le phosphore rouge. La
mâchoire de celles atteintes brillait d'un jaune luminescent dans le
noir et la seule cure alors était l'excision des os atteints qui les
laissaient défigurées et souvent de surcroit avec des infections
immondes.
N'oublions pas que la pénicilline ne date qu'après la guerre de 14.
Leur grève de 1888, soutenue pas Annie Besant (une intellectuelle engagée et humaniste de l'époque), marque l'histoire ouvrière de revendications pour de meilleures conditions de travail. Ce fut paraît-il, le premier modèle de syndicats pour femmes.
J'ai
connu l'usine abandonnée comme un point de repère sur l'autoroute que
j'empruntais chaque jour pour aller au boulot : une haute bâtisse de
briques rouges, surmontée d'une tour qui me rappelait les miradors ou
l'idée que je m'en faisais.
Les fenêtres béantes ouvertes à tous les vents, aux pigeons et graines passagères ; je la croyais vouée à la destruction depuis que les promoteurs avaient envahi notre East End et s'appropriaient chaque parcelle bâtissable, pour des bureaux ou des logements de luxes.
Il y a longtemps que je ne me suis pas baladée à pied dans les recoins éloignés de mon Borough. Je profite de l'emménagement de ma nouvelle locataire pour lui faire découvrir certains lieux où elle risque de pouvoir postuler pour du bénévolat administratif tout en se cherchant du boulot rémunérateur.
Aujourd'hui nous sommes allées aux studios de films-télévisions qui occupent une ancienne brasserie, également ancien moulin du moyen-âge. Les paysages d'accès plutôt rébarbatifs pour des piétonnes : il faut traverser une autoroute urbaine par des couloirs rarement entretenus qui sentent la pisse et la stagnation d'eau de pluie.
Au retour, au lieu de 'choper' un bus au passage, je décide de rejoindre une artère principale en coupant par des rues rarement empruntées dans le passé. Elle s'émerveille de l'architecture des petites maisons toutes jointes les unes aux autres, que je trouve non seulement banales, mais dont certaines sont toujours en état de décrépitude que j'ai toujours connu dans ces quartiers de l'Est de la Tower of London.
On dépasse le dépôt des bus ; la route 'dip' (descend) sous un pont ferroviaire et on remonte brusquement sur le tronçon final où je ne suis jamais passée. Nous nous émerveillons d'un long mur de briques rouges, d'un rouge plus vif que la plupart des bâtiments construits ainsi.
Une sorte de guinguette m'attire l'œil. Je me demande quelle est cette
bâtisse et quelle peut être son histoire. Une plaque en laiton indique
qu'il s'agit de Bow Quarter.
Of course! The penny drops! (Bien sûr ! La lumière se fait !) Il s'agit de l'usine d'allumettes, devenue une 'Gated community'. Quand ces 'communautés' ont commencé à apparaître dans les quartiers pauvres, beaucoup se sont insurgés. Indéniablement elles rehaussent la valeur immobilière du territoire, mais leur sécurité à outrance crée une division sociétale. Il y a beaucoup d'ironies dans la vie, mais celle de cette 'Gated community' dans l'ancienne usine des pauvresses Dickensiennes, ne finit pas de me faire sourire sardoniquement. Ceux-là même qui peuvent se permettre les loyers absolument exorbitants de ce lieu, je les soupçonne d'être loin d'avoir une conscience sociale les incitant à militer contre la pauvreté du Tiers-Monde, voire mieux, celle encore très présente dans certaines poches de ce même Borough, un des plus pauvres de Londres il y a à peine deux décennies.
A moins que les résidents de Bow Quarter soient des réincarnations des anciennes Match Girls, prenant revanche dans cette vie de leurs souffrances de l'ancienne ?
Quoiqu'il en soit, il change vite, 'mon' East End. Et il changera encore plus rapidement dans les deux années à venir au vu des travaux pour les Jeux Olympiques.
Je vous y ferai participer au cours de mes futures ballades.
04 mars 2010
Evolution d'un métier
Dire que la paysannerie a évolué est un lieu commun. A partir de mes
souvenirs et de trois photos, l'approche sera-t-elle plus réaliste ?
Dans
cette petite ferme, vivait en 1955 la « Demoiselle du Chastang ».
Quelques années auparavant, les terres et prés qu'on voit sur la photo
lui permettaient d'assurer ses moyens de subsistance, ainsi qu'à sa
sœur, vieille fille comme elle et, luxe suprême, un domestique les
assistait dans leurs travaux. Peut-être, avaient-elle retiré quelque
petite rente au partage avec leurs deux frères, de la ferme implantée
sur la colline en face ? Toujours est-il qu'on les appelait
demoiselles. Ce qui me conforte dans l'idée d'aisance de cette famille.
Jusqu'en 1956 – j'avais dix ans- j'ai côtoyé Clotilde, qui atteindra
quasiment les 100 ans. Je gardais les vaches sur le coteau en face du
Chastang, dans les prés loués par mon père au frère ainé de la
Demoiselle. Sans doute vivait-elle chichement, car à l'époque, elle
avait seulement une vache et une chèvre, vendait quelques noix, 500 kg
au maximum. Cependant, elle se distinguait des vieilles femmes voisines
par des vêtements quotidiens plus recherchés. Dame, il fallait bien
tenir son rang !
Quant à mes parents, fermiers de la
propriété dont était originaire la Demoiselle, ils avaient ajouté 17
hectares de terres et prés aux cinq hectares achetés en 1918 par ma
grand-mère
paternelle.
La ferme du Chastang en 2009
Ce fermage durera dix-huit ans de 1938 à 1956. On peut considérer que ce sont les années les plus fastes de ce couple de paysans et leurs enfants. Comment parvenaient-ils à faire valoir ce bien ? A la signature du bail, un an avant la seconde guerre mondiale, ils avaient six enfants dont les deux ainés étaient âgés respectivement de neuf et dix ans. Ils effectueront les travaux des champs comme des grandes personnes, plus tard rejoints par leurs cadets. Moi, le dernier (catsoniou!), je peux en témoigner: à partir de sept ans, avec ma sœur neuf ans, on nous confiait le cheptel à garder au pacage ou dans les près débarrassés du foin, et nous donnions également la main avec houe, fourche pour biner, sarcler, faner ou aider à rentrer le fourrage.
La baste et la machoque
Bon
an, mal an, aidés par les allocations familiales et les tricots et
chaussettes faits à façon pour une clientèle diverse par ma mère, le
ménage, avec ses neuf enfants, a pu vivre, non pas aisément, mais en
mangeant à sa faim. Seulement, le recours à la main-d'œuvre familiale
décèle en lui-même ses limites.
Tant qu'il y avait obligation, les
enfants du couple de fermiers effectuaient les travaux sans trop
rechigner. Mais dès que leur scolarité était terminée (douze ans pour
les deux ainés et quatorze à partir de la troisième), le travail
gratuit devenait insupportable; Et l'un après l'autre, ils quittaient
le foyer familial, le plus souvent de façon orageuse. L'autre difficulté est venue de l'inadéquation de cette ferme
avec le modernisme qui s'annonçait, par l'utilisation du tracteur et
l'épandage d'engrais chimiques. L'image du père foulant dans la
comporte le raisin avec la « machoque » (sorte de massue) en 1955 est
sans doute révélatrice du retard pris, car les voisins utilisaient déjà
le broyeur mécanique pour ce travail. Refusant l'incontournable
adaptation ou désemparé par le départ de sa main d'œuvre, mon père
jetait l'éponge à 50 ans en ne renouvelant pas le bail des terres
louées au frère de la demoiselle.
Et c'est ainsi que s'est éteint
une lignée de paysans remontant avant la Révolution : Pierre, un aïeul
né en 1762 était classé sur le registre paroissial de « journalier ». A
mon tour, à 14 ans, je débuterai la vie active par un travail similaire
: domestique dans une ferme voisine du Chastang...
Franchissant
allègrement un demi-siècle, voici la ferme de la Lèbre. Les bâtiments
abritent 110 vaches, 160 veaux de laits, l'outillage agricole et les
récoltes. Un seul agriculteur fait « tourner » cette entreprise. Son
épouse occupe un emploi dans un laboratoire à 25 km de la ferme. Et
selon lui, les revenus dégagés ne lui permettent pas de payer un
ouvrier agricole payé au SMIC et aux charges sociales allégées...
Du
point de vue de la charge de travail, est-il mieux loti que son père ou
son grand-père ? Qu'on en juge: en hiver, quand il doit alimenter les
160 veaux, matin et soir individuellement avec un seau empli de poudre
de lait et eau préalablement chauffée et malaxée, dérouler le foin
devant les 110 vaches, faire circuler la machine à enlever les
excréments des bovins, donner ici et là des rations aux bêtes à
l'engraissement, il doit œuvrer sans relâche de 4 heures du matin à
neuf heures du soir, dimanches compris … Plus tard, au printemps, il
sera plus tranquille, mais voilà que s'annoncent les foins: 50 hectares
à couper, faner, botteler, rentrer en trois semaines.
Certes, il a
des satisfactions: il est cité en exemple pour son savoir-faire,
l'entretien sans faille de ses prairies, la beauté de son cheptel de
race limousine et la qualité de ses veaux de lait consommés dans les
beaux quartiers de Paris. L'impeccable rangement de sa ferme, la
propreté des tracteurs et outillage est stupéfiante. Mais au bout du
compte, est-il reconnu ? Avec le marché submergé par les viandes en
provenance du Brésil ou d'Argentine, il a du mal à renouveler son
cheptel, et assurer les rentrées financières nécessaires. Quant au
salaire, je ne sais pas exactement, mais je suis persuadé qu'il est
dérisoire au regard du travail fourni.
A 50 ans il se dit qu'il sera vraisemblablement le dernier d'une longue lignée de paysans.
Voilà
l'évolution de la paysannerie dans ce secteur du Bas-Limousin. Le
Chastang et la Lèbre sont distants de douze kilomètres, ils sont tous
deux riverains du Quercy.
La ferme de la Lèbre en février 2010
26 février 2010
Le trolleybus, un véhicule de transport écologique.
On connait l’autobus, qui circule pratiquement dans
toutes les villes, grandes ou petites ; le tramway qui roule sur rails,
après avoir disparu dans beaucoup de localités, refait un retour en
force, notamment en France. Par contre on connait moins le trolleybus.
Le
trolleybus est un bus électrique qui capte le courant sur deux lignes
aériennes par l’intermédiaire de deux perches amovibles fixées sur le
toit.
Le premier véhicule de ce type a été inventé par Siemens à Berlin en 1882. Le trolleybus s’est développé au milieu du 20ème siècle, surtout depuis la guerre en raison de la crise du pétrole et en France pour remplacer les lignes de tramways. Ensuite, ce mode de transport devenait désuet, et il y avait de moins en moins de constructeurs.
En France, seul St-Etienne, Lyon et Limoges possèdent encore des
trolleybus. Gand vient de supprimer la dernière ligne belge de
trolleybus.
Son inconvénient est qu’il est limité dans ses trajets
par le tracé de la ligne aérienne et le véhicule lui-même est plus cher à
l’achat qu’un autobus. Des critiques sont également émises en raison de
l’esthétique des lignes aériennes. Toutefois, les avantages sont que
c’est un véhicule non polluant, très silencieux et d’une durée de vie
beaucoup plus longue qu’un autobus. En Suisse, à Lausanne, des véhicules
datant de 1981 circulent encore de nos jours sans problème.
Dans les
pays de l’Est et en Suisse, Le trolleybus est toujours présent dans un
bon nombre de villes et continue à se développer, comme à Genève en
Suisse, ou à Salzbourg en Autriche. Ce n’est pas l’importance de la
ville qui fait foi. Il peut être le maillon central des petites,
moyennes et grandes agglomérations comme La Chaux-de-Fonds (3 lignes),
Limoges (5 lignes), Lausanne (10lignes), et même dans les très grandes
villes, il est complémentaire du réseau de trams ou du métro, comme à
Lyon ou Vancouver au Canada (Très grand réseau possédant 250 véhicules).
A noter qu’il ne remplacera jamais le tram, car ce dernier peut transporter beaucoup plus de voyageurs par véhicule. Toutefois, en Suisse, 4 villes ont de longs trolleybus avec double articulation avec 4 essieux, le premier ayant circulé en 2006 à Genève (Image ci-dessous).
Ainsi, les réseaux qui ont développé ces derniers temps leurs lignes de trolleybus ou qui vont le réaliser, ont devant eux un outil performant, confortable, économique et respectueux de l’environnement.
Pour en savoir plus :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Trolleybus
L’historique des trolleybus français : http://www.amtuir.org/06_htu_bus_trolley_france/06_htu_tb_francais_index.htm
Techniquement comment fonctionne les aiguilles de la ligne aérienne : http://www.legenevois.ch/bulletin/BulletinInfo19.pdf de la page 2 à la page 5.
06 février 2010
La trace
Merveille de la trace, fragile, immaculée, rassurante, temporaire.
Ces derniers jours, il a beaucoup neigé sur les Vosges ; quatre vingt centimètres à la Rothlach, un point de départ de circuits de ski de fond.
Manifestement – sans doute la veille – un skieur de fond avait ouvert une trace, devenue aujourd’hui un fil rassurant.
Il faisait grand froid : - 6° et un vent soufflant en blizzard.
Et il le fallait, car la force du vent, la réalité du froid ressenti, l’abondance de la neige, le silence de la forêt, créaient une ambiance où surgissait comme une évidence la force profonde de la nature. Les Vosges sont un massif montagneux et tout rappelait que ce paysage d’habitude si paisible et au cas particulier si connu, pouvait se transformer en peu de temps en un milieu hostile où les repères les plus ordinaires perdaient de leur évidence.
Restait la beauté sublime d’une nature soudainement vierge soulignée d’une trace, ponctuée ici et là de figures étonnantes.
09 janvier 2010
Méprise
« L’animal ne possède rien, sauf sa vie, que si souvent nous lui prenons. » - Marguerite Yourcenar -
Au
début du mois de décembre, au cours d’une battue au sanglier dans la
commune d’Esparron en Hautes Alpes, un chasseur a abattu… une louve !
Drôle de méprise qui a couté la vie à un des rares représentants de
cette espèce, qui malgré un retour indéniable sur le territoire
français, demeure encore vulnérable.
L’homme a déclaré avoir été « surpris par l’arrivée du loup ».
Même
réaction que celle qui avait vu disparaître Cannelle, la dernière
représentante des ours de souche pyrénéenne, également au cours d’une
battue au sanglier ! Curieuse réaction que celle de l’Homme, armé pour
la chasse au gros gibier (le sanglier), qui, sous le coup de la
surprise, tire sur ce qui se présente !
Accusé de tous les maux,
victime des maladroits, savez-vous que dans le Cantal s’est constituée
une cagnotte qui sera attribuée au chasseur qui abattra l’unique loup
recensé dans la région et accusé de détruire les populations de
chevreuils ?
Dès l’origine, le loup suscite des réactions
contradictoires et la perception que l’homme a de cet animal est
ambivalente. Sa représentation change selon les peuples, les croyances
et les cultes. Selon que l’on s’intéresse aux traditions des chamans
amérindiens ou sibériens, aux légendes scandinaves ou asiatiques, aux
mythologies grecque ou romaine, à la religion chrétienne ou aux
anciennes doctrines hébraïques, le loup endosse tous les rôles : passeur
d’âmes, divinité, auxiliaire des dieux, instrument de la fondation de
Rome, il devient au Moyen Âge en Occident, l’animal de la nuit, symbole
du mal et du diable. C’est lui l’ennemi séculaire, le méchant des
histoires….
Ces représentations mentales survivent au plus profond
de notre inconscient collectif et la réintroduction récente du loup a
créé une situation conflictuelle. Aujourd’hui encore le loup repousse et
fascine à la fois. Il a ses fervents admirateurs qui le protègent et
louent sa force, son intelligence, sa rapidité, son aptitude à survivre à
toutes les persécutions, et ses détracteurs féroces qui n’hésitent pas à
braconner une espèce protégée et dénoncent la bête malfaisante, sa
férocité, le prédateur des troupeaux, la ruine des bergers et des
chasseurs…
Contrainte de cohabiter avec le loup, les populations
rurales n’admettent pas qu’une espèce qui avait disparu de leur
environnement depuis des décennies soit maintenant de retour et menace
la survie même de leur mode de vie. « Pourra-t-on encore se promener dans les bois avec nos enfants ?
» est une question qui montre la méconnaissance grave de la faune et du
loup en particulier. Cette méconnaissance laisse les gens démunis et au
lieu d’utiliser les moyens de protection qui existent ou de se
renseigner, ils avancent des revendications peu défendables comme
l’éradication totale de l’espèce incriminée. Selon Roberto
Hartasanchez*, « il ne serait pas vain qu’éleveurs et bergers se
convertissent en fins connaisseurs de l’écologie du loup et, en
apprenant à connaître leur ennemi, adoptent les meilleurs stratégies
pour protéger leurs intérêts. Et en même temps, ceux qui ont ces
connaissances et optent pour une attitude passive en prétextant qu’il
sera plus facile de résoudre les problèmes une fois que les bergers se
seront épuisés, devraient offrir leurs connaissances. »
Pour moi, une chose est sûre, le jour où l’ours et le loup disparaîtront, l’homme perdra une grande part de son humanité.
* Roberto Hartasanchez, président du Fapas (Fonds asturien pour la protection des animaux sauvages)
18 décembre 2009
Noël en plastique
À Paris, la rue de Richelieu sera illuminée par des bouteilles plastiques de récupération.
De même, quatre arbres de Noël réalisés avec ces mêmes bouteilles décoreront la place André-Malraux.
Il paraît que c'est pour sensibiliser le public au tri des déchets et au recyclage.
L'opération est notamment sponsorisée par Coca-Cola.
(Source : « journal Le Monde »).
On le sait, Noël est la grande fête annuelle de l'hyper consommation. Bon nombre d'entreprises réalisent alors l'essentiel de leur chiffre d'affaires. Les fêtes de Noël génèrent donc de la richesse, du profit, et, accessoirement, des milliers de tonnes de déchets. Un grand gâchis généralisé et délibérément voulu par tous.
Dès le lendemain,
bien des personnes se précipiteront sur les sites Internet de revente,
pour essayer de refourguer les horribles cadeaux et les cochonneries
qui leur ont été offerts la veille. Comme tout ne pourra pas être
revendu, tout cela finira dans les poubelles.
Il serait temps d'instituer un tri sélectif des cadeaux de Noël sans intérêt...
Pendant ce temps, à Copenhague, on tente de regarder comment lutter contre le réchauffement de la planète, comment mettre fin à une économie de gaspillage permanent qui génère de plus en plus de déchets polluants dans l'atmosphère.
À Paris, à Noël ou au soir du 31 décembre, on pourra aller danser sous les bouteilles plastiques et remercier Coca-Cola qui, on le sait, n'est strictement pour rien dans la pollution ambiante...
Cet article aurait pu évoquer, la joie de
Noël, l'enfant Jésus dans la crèche, l'espérance qui renaît, les
contes, le traîneau du Père Noël, et l'ensemble des guimauves
habituelles que l'on nous sert généralement entre dinde et foie gras.
Mais voilà, en levant les yeux, nous ne verrons pas le ciel étoilé de
la nuit de Noël qui réveille en nous l'espérance ou suscite la
nostalgie des temps anciens. En levant les yeux, nous verrons des
bouteilles plastiques de récupération.
Nouvelle magie d'un monde dit « post-moderne » !
































