Bali l’hindouiste
Nous quittons Java et ses muezzins, ses mosquées et ses maudits hauts parleurs répercutant dans toutes les directions  les prières quotidiennes, d’autant plus longues que nous sommes en période de ramadan.
Un court transfert en ferry  et nous voici sur Bali l’hindouiste !
Plus de mosquées mais des milliers de petits autels disséminés au bord  des routes, sur les rives d’un lac, au pied d’un arbre. Des offrandes déposées au pied des statues drapées de tissu : bâton d’encens, simple petite barquette tressée en feuille de bananiers ou de palmiers et remplies de fleurs ou de nourriture, ou offrande tressée plus sophistiquée.











Des dieux nombreux, omniprésents et vénérés.
Les longs « penjor » à l’entrée des temples, près des habitations, au bord des greniers de riz,  en hommage aux Dieux dragons qui assurent la protection.




Dans les rizières, pour honorer Dewi Sri la déesse du riz et solliciter une bonne récolte, de petits autels faits de quelques pieux de bambous et décorées de divers objets tressés en feuille de bambou.
 
 
Bali l’ile aux milliers de temples. Temples de famille, temples de village, temples mères… Tous, quelque soit leur taille, sont construits selon le principe spatial balinais. Demeures des divinités et des ancêtres, les montagnes désignent la direction « kaja », la plus pure et la plus sacrée. C’est de là que provient l’eau, source de fertilité et de purification de l’ile. A l’opposé, la mer reçoit les eaux polluées et les cendres humaines : l’aval (« kelod ») indique donc la direction de l’impur, du profane. Au cycle « kaja-kelod » de l’eau et des âmes répond le cycle solaire qui commence à l’est (« kangin »), pôle positif, pour s’achever à l’ouest (« kauh »), son pendant négatif.
Aussi la répartition des édifices dans les temples suit ce principe spatial selon la nature plus ou moins sacrée de l’édifice.
Dans tous les cas, on accède à un temple coté « kelod-kauh » par un porche fendu symbolisant la base de la montagne sacrée le mont Meru. Les porches et les statues des temples sont construits en pierre de lave (« paras »), tuf volcanique gris-noir très tendre. A s’y méprendre avec du ciment gris ! A l’intérieur, les « merus » autels à toits multiples en chaume sombre, un « padsamana » (trône au lotus) et divers autres édifices.