Alors que nous quittions Borobudur, alors que les derniers rayons de soleil embrasaient le mandala, que les 72 bouddhas de pierre enfermés dans leurs stupas ajourés retrouvaient silence et paix, que les kms de galeries ornés de bas relief se vidaient de ses touristes, il est arrivé comme par enchantement. Ce petit homme au visage ridé et à l’âge indéfinissable.

 

Il nous a regardé en souriant, déjà conscient du spectacle qu’il allait nous donner. Il a parlé à notre guide puis a commencé à grimper au cocotier.
Souple comme un chat, il a enserré le tronc de ses mains, plaqué ses pieds nus dans de minuscules encoches et s’est élevé rapidement. A mi hauteur il s’est arrêté tout sourire, posant pour les photos. Puis agile comme un singe il a poursuivi sa montée traînant derrière lui deux morceaux de bambou accrochés à sa ceinture.

          

Arrivé à la cime, il s’est installé à califourchon sur une tige de palme. D’un coup de massette il a coupé les fleurs et a fixé les bambous de façon à y recueillir la sève s’écoulant par la plaie béante.
Avant de redescendre il a récupéré les deux bambous installés le matin et remplis de jus de palme. Il en a versé une partie dans une petite bouteille en plastique et nous l’a offerte. Un gout douceâtre et sucré. Fermenté il se transformera en alcool. Bouilli doucement il donnera du sucre de palme.