En cette fin d'année scolaire, beaucoup d'enfants auront à présenter des textes pour leur évaluation orale de Français.

Notre mascotte Benji en fait partie et a choisi trois poèmes du célèbre auteur belge Maurice Carême ( étudié aussi par ses parents et grand-parents en Belgique mais aussi dans l'hexagone) 

Maurice Carême (1899-1978) était un instituteur belge de langue française. 
Il est surtout connu comme poète pour les enfants. 

Il ne s'agit pas ici des habituelles " récitations" mièvres mais de véritables écrits, porteurs de messages. Le préféré de Benji est celui-ci :

 

L’Homme

 

L’homme et l’oiseau se regardèrent.

- Pourquoi chantes-tu ? lui dit l’homme.

- Si je le savais, dit l’oiseau,

Je ne chanterais plus peut-être.

 

L’homme et le chevreuil se croisèrent.

-  Pourquoi joues-tu ? demanda l’homme.

 -  Si je le savais, dit la bête,

Est-ce que je jouerais encore ?

 

L’homme et l’enfant se rencontrèrent.

  -    Pourquoi ris-tu ainsi ? dit l’homme.

  -    Si je le savais, dit l’enfant,

Est-ce que je rirais autant ?

 

Et l’homme s’en alla, pensif.

Il passa près du cimetière.

-   Pourquoi penses-tu ? dit un if

Qui poussait dru dans la lumière.

 

Et,  pas plus que l’oiseau dans l’ombre,

Que le chevreuil dans sa clairière

Ou que l’enfant riant dans l’air,

L’homme ne put rien lui répondre.

Maurice Carême «  Défier le destin »

En voici un autre....                                                            

 

 L'ECOLE

L’école était au bord du monde, 
L’école était au bord du temps. 
Au dedans, c’était plein de rondes ; 
Au dehors, plein de pigeons blancs.
 
On y racontait des histoires 
Si merveilleuses qu’aujourd’hui, 
Dès que je commence à y croire,
Je ne sais plus bien où j’en suis.
 
Des fleurs y grimpaient aux fenêtres
Comme on n’en trouve nulle part, 
Et, dans la cour gonflée de hêtres, 
Il pleuvait de l’or en miroirs.
 
Sur les tableaux d’un noir profond, 
Voguaient de grandes majuscules 
Où, de l’aube au soir, nous glissions 
Vers de nouvelles péninsules.
 
L’école était au bord du monde, 
L’école était au bord du temps. 
Ah ! que n’y suis-je encor dedans 
Pour voir, au dehors, les colombes !

 La flûte au verger

 Et celui-ci aussi ...
 
LE FOU
 
Croisant un superbe pommier,
Il dit sans rire au jardinier :
" Prêtez-le moi pour me raser,
Je n'ai chez moi qu'un bout de marbre
Pour me faire au matin la barbe."
 
Dépassant plus loin un chat noir,
Il dit à la propriétaire :
"Voulez-vous me le tenir en l'air,
Je ne connais pas de miroir
Où je puisse aussi bien me voir."
 
Enfin, se dirigeant vers moi,
Il me dit d'un ton cavalier :
" Je n'ai jamais vu plus belle oie
Se promener dans une allée."
Je lui répondis : " Je vous crois,
 
Mais vous le dites un peu tard.
Je vois venir trois léopards
Qui n'ont pas l'air de vous aimer.
Courez, vous êtes en danger."
Ce qu'il fit sans me remercier.
 

 Au clair de la lune

 

 En cette fin d'année scolaire, un vent de fraîcheur, cela fait un bien fou, n'est-ce-pas ?