Après 3 nuits à Dho à 4000 mètres d’altitude et 2 jours passés à explorer la vallée, les choses sérieuses commencent !
Nous devons passer deux cols à plus de 5000 mètres d’altitude pour rejoindre le lac Phoksumdo. Deux jours à marcher sur le toit du monde ! Une appréhension qui étreint tout un chacun même si personne ne dit rien. Supporterons-nous l’altitude ?
1ère étape :
Monter à 4800m, lieu du bivouac prévu avant de franchir le lendemain le 1er col à 5300m. L’approche se fait doucement dans des pâturages où le rouge des pédiculaires domine. Puis petit à petit le sommet des montagnes environnantes se découpe dans le ciel, offrant au regard des pentes minérales de couleur grise.

L’herbe se fait plus rare et plus rase.

 

De ci de là le jaune éclatant des crémanthodium (genre de tournesol !) attire l’œil.

 

 

 

 

Mais c’est aussi le bleu profond des aconits et celui plus clair des delphiniums qui m’enchantent.



Gestion de l’altitude oblige, arrivés au bivouac, notre guide nous oblige à monter encore un peu plus haut (50m d’altitude en plus) puis à redescendre.
Ce que je craignais arrive. En fin d’après midi un mal de crâne commence à me marteler les tempes. Premier signe du mal des montagnes. Je ne suis pas surprise et je m’y attendais. 3 fois que je pars en trek d’altitude et je réagis toujours de la même façon.
800m de différence d’altitude entre le bivouac de la veille et celui d’aujourd’hui, c’est trop pour moi. On dit qu’il ne faudrait pas plus de 350m de différence entre deux bivouacs consécutifs. On peut dans la même journée monter de 4000m à 5000m mais il est fortement conseillé de redescendre et de coucher à 4350m maximum. Une règle qui s’applique parfaitement à moi. Dès que la différence entre deux bivouacs est supérieure à 300-350m j’ai un mal de crâne le soir. Mal de crâne qui disparait avec un cachet d’ibuprofène et une bonne nuit de sommeil.
Cette fois ci, en plus du mal de crâne, je me sens vaseuse. Au repas du soir auquel je ne touche quasiment pas, j’entends les conversations comme dans de la ouate. Drôle d’impression qui m’angoisse un peu. La conversation roule autour du mal des montagnes, de ses manifestations et de l’utilisation du caisson hyperbare. Notre guide nous conseille de nous reposer, de ne pas prendre de somnifères pour dormir afin d’être attentifs à toute manifestation anormale liée à l’altitude et de ne pas hésiter à le réveiller si on ne se sent pas bien.
C’est dans ce contexte que nous allons tous dormir. Pour ma part, le sommeil tarde à venir. Si le mal de crâne tend à se fondre et à disparaitre, j’ai toujours cette impression de flotter légèrement. Cela m’inquiète un peu et je me force à respirer calmement et à me détendre. Finalement je finis par m’endormir et c’est en pleine forme que je me réveille le lendemain matin !
2 heures pour avaler les 500m de dénivelé qui nous amènent au col. Chacun à son rythme. Souffle court et nez dans les chaussures.
A chacun sa méthode ! Faire de tout petits pas, presqu’à poser le pied juste contre l’autre, mais garder un rythme régulier et ne jamais s’arrêter. Marcher à plus grandes enjambées en zigzagant dans la pente mais s’arrêter régulièrement pour reprendre son souffle.
Après une dernière pente abrupte, nous finissons par arriver au col. Dans la grisaille ! Nous ne verrons rien de ce qui nous entoure. Ce qui fruste plusieurs d’entre nous. Pourtant c’était écrit dans la fiche technique du voyage ! « Une vue fantastique sur la vallée de Tarap et le Tibet ainsi que sur plusieurs géants de l’Himalaya »
Pour moi l’important n’est pas là ! Il est ailleurs…. Le passage d’un col n’est jamais anodin. Que l’on soit touristes, porteurs, guides… A l’arrivée ce sont des cris de joie, des hourras, des « V » de la victoire. Les touristes attachent quelques drapeaux de prières. Les photos souvenirs fusent aussi bien du coté des touristes que de l’équipe népalaise.