Passé le week-end de l’Ascension à Villard de Lans dans le Vercors. Pas de paysages extraordinaires ni de grands sommets à me laisser sans voix. De simples balades au gré de mes envies. La tête non pas tournée vers les hauteurs mais plutôt au ras du sol à observer les plantes printanières. Un printemps qui tarde à venir mais déjà de nombreuses fleurs sont au rendez-vous.
Coup de cœur pour trois plantes !
Le premier coup de cœur ?

 

 

 

Jaune éclatant
Des primevères à oreilles d’ours
Nichées dans le rocher

 

 

 

Impossible que l’œil ne soit pas attiré par ces fleurs qui égayent de leur jaune profond les rochers calcaires. Je dois en avoir le cœur net et je quitte le sentier pour les observer de plus près. Des primevères. Incontestable. Mais je n’ai encore jamais vu des primevères avec de telles feuilles larges, arrondies et coriaces. Cela m’intrigue. Bizarre. Pourtant la fleur est bien celle d’une primevère !
Une recherche ultérieure me donnera la clé. C’est bien une primevère mais une spéciale ! Une espèce protégée, reliquat de l’époque glaciaire. Elle est fréquente sur les hauteurs de Villard de Lans et me ravira l’œil pendant les trois jours de mon escapade.
Le deuxième coup de cœur ex-æquo l’est pour une toute autre raison.

 

 

 

 Vulgaire plantain ? Peut-être… 

Mais quelle explosion d’étamines
Mouchetant la prairie

 

 

Jamais je n’aurais cru qu’un plantain puisse autant me subjuguer. Jusqu’à présent je ne peux pas dire que j’en avais une bonne opinion ! Une plante quelconque, moche et triste. A passer son chemin et à la piétiner sans remords. 

Mais là ! Alors que je longe ces prairies au retour d’une balade avec la hâte d’arriver rapidement à la voiture, j’ai devant moi comme un tableau d’impressionniste. Quelque chose de léger, de délicat, de suranné. Pourtant je ne vois pas de fleurs. Qu’est ce qui donne alors cette impression de floraison légère et discrète ? Il me faudra du temps pour me décider à poser le sac et à observer de plus près.
Et c’est la découverte et l’émerveillement ! Ne cherchez ni les pétales ni les sépales ! Ils sont si minuscules qu'on ne les voit pas. Ce sont les étamines qui s’ouvrent au vent et qui explosent de vie, donnant cet aspect moucheté à la prairie.
Promis ! Je ne regarderai plus jamais un plantain de la même façon qu’avant.
Le troisième coup de cœur ex-æquo est une plante qui m’a fait sourire. Vous me direz que j’ai les idées mal placées mais des images grivoises ont traversé mon esprit et j’imaginais déjà les remarques de certains hommes si jamais je leur envoyais les photos.
Je vous laisse juge !

 

 

 Dressés comme des sexes 

Ils percent fièrement la terre
Vératre ou gentiane ?

 

 

 

 

 

Vératre, gentiane jaune, deux plantes courantes dans le Vercors, ayant le même habitat et se ressemblant beaucoup. Facile à distinguer à la floraison et en tige herbacée (la gentiane jaune à les feuilles opposées et le vératre les feuilles alternes) mais beaucoup plus difficile lorsqu’elles sortent de terre comme ici.
Sans doute que la 1ère photo est de la gentiane jaune et la deuxième du vératre.

 

 

 

A coté de ces trois coups de cœur, deux jolies découvertes.

 

 

Si discret et si fin
Qu’il passe inaperçu
Le scille à deux feuilles

 

 

  

Au bord du ruisseau
Tapis de dorines en fleur
Cascade végétale