Le givre, phénomène bien connu et facilement compréhensible pour des néophytes en science météorologique comme moi.
Pour du futur bon et beau givre, prenons une journée d’hiver froide où la température est en dessous de zéro et où nous avons la présence d’une masse nuageuse humide contenant des gouttelettes d’eau en surfusion. C'est-à-dire que les gouttelettes d’eau dans le nuage restent sous la forme liquide malgré que leur température soit inférieure à zéro.
Eh oui ! C’est possible !! Ne me demandez pas comment et pourquoi mais l’eau peut rester sous forme liquide même quand sa température chute bien en dessous de zéro. Vous pouvez faire l’expérience vous-même avec une eau très pure. Refroidissez-la lentement en l’absence de toute vibration aussi légère soit elle. La température de l’eau pourra descendre bien en dessous de zéro mais il suffira d’une simple vibration ou d’une simple impureté pour déclencher sa solidification immédiate.
Bon, revenons donc à notre journée d’hiver où la température est en dessous de zéro et où nous avons la présence d’une masse d’air humide contenant des gouttelettes d’eau en surfusion. Rajoutons un bon petit vent et voilà toutes les conditions de givre réunies.
Sous l’action du vent, la masse d’air se déplace et vient heurter troncs d’arbres, rameaux, poteaux, fils électriques… Au contact de ces supports froids (< 0°C), les gouttelettes d’eau en surfusion passent instantanément de l’état liquide à l’état solide et se déposent sous forme de cristaux de givre opaque sur le support rencontré.
Comme sous l’action du vent la masse d’air continue de percuter le support, des cristaux de givre continuent de se déposer les uns sur les autres pour former finalement comme des draperies qui peuvent parfois mesurer plusieurs centimètres d’épaisseur. Vous comprenez aussi pourquoi le givre ne se dépose que sur un coté du support et qu’il indique la direction du vent !
Généralement, le plus beau givre est observé en montagne sur les crêtes, dans des horizons dégagés. Le vent y est souvent violent et peu freiné par une végétation dense. Aussi quand la masse d’air humide en surfusion rencontre un support le dépôt de givre peut être conséquent et donner lieu à un beau spectacle.
J’ai la chance de ne pas être très loin du massif du Pilat. Un massif isolé, sujet aux vents violents, aux brouillards et à la neige l’hiver. Mummmmm ! Des conditions idéales pour la formation de givre.
Comme cette fois ci, en janvier 2010, un jour d’hiver ambiance grand nord garantie ! Un ciel gris et plombé. De la neige jusqu’aux mollets pour les hommes et jusqu’aux museaux pour les rastacoères de chiens comme le mien. Et les branches d’arbres courbées sous le poids d’un givre opaque de plusieurs centimètres d’épaisseur !

Plus récemment en janvier 2012. Un temps magnifique, ensoleillé, et comme des lambeaux d’étoffes qui se sont collés aux arbres ! L’œuvre d’un designer ? De la ouate ? Le vent qui a plaqué des bouts de plastique sur les arbres ? Non ! Tout simplement du givre en « fin de vie » !


Sous la chaleur du soleil, le givre se décolle des rameaux, reste fièrement dressé un moment avant de s’écraser au sol dans un bruit de cristal brisé, au moindre souffle d’air ou au simple toucher.



Encore plus récemment, lors d’une virée au Mont Ventoux face Nord en mars 2012. Le Mont Ventoux, réputé pour ses conditions hivernales extrêmes et ses vents violents ! Quelle ne fut pas notre surprise de découvrir un paysage totalement givré en arrivant juste sous le sommet. Rien à voir avec de la neige ! Ce n’est ici que du givre qui s’est déposé sur les herbes au ras du sol et sur les arbres.



Mais le clou du spectacle fut ce télescope au col des tempêtes ! Pointé vers le ciel, pétrifié par le givre, Dieu ! Quelle solitude !