Ce qui me frappe à chacun de mes séjours dans le village provençal où je passe mes vacances, c'est la convivialité.

Partout où on arrive, un retentissant " Bonjour(e) !" nous accueille. Et cela fait chaud au coeur !

Parce que ces petits mots magiques comme " Bonjour", " Merci ", "Pardon", " Au revoir"..... se perdent.

Ils se perdent davantage dans les villes que dans les campagnes...

Quoique...

Dans leur livre " Dis Bonjour à la dame !" paru chez Albin Michel ( 13.50) Christine Brunet et Aurore Aimelet remettent gentiment les pendules à l'heure.

Elles expliquent comment transmettre les petits mots d'échange, qui font tant plaisir aux adultes.

Dès l'âge de 18 mois, l'enfant est en mesure de répéter ce qu'il a entendu dire.

Si tous les matins vous lui aurez lancé en souriant " Bonjour, ma chérie !" et en partant travailler " Au revoir loulou", le bébé, avant même de parler est bercé par des éléments de ce code de politesse et prêt à se les approprier.

Les auteures expliquent l'importance du savoir-vivre, des repères pour favoriser l'harmonie.

Car enfin, est-ce donc si compliqué, si pénible, si douloureux de dire tout simplement " Bonjour" ?

On ne demande pas d'embrassades démonstratives. Un simple signe de tête, une main qui se tend, une joue peut-être, accompagné d'un regard relève de la plus élémentaire des politesses, règle de base du savoir-vivre, largement bafoué en ce moment !

Qu'on me dise si je suis "vieux jeu" !  Que l'indifférence, le manque d'écucation, la grossièreté ou la distraction sont de mises aujourd'hui !

Si de l'enfant qui refuse de  dire Bonjour, on dit " Cela lui passera !", que dire de l'adulte qui  vous nie ?

Du "collègue", qui s'assoit à 3m de vous, ouvre son ordi sans dire mot et brille toute la journée par son mutisme. Et s'il sourit, c'est de temps en temps à ..son écran ?

De la caissière ou de la vendeuse ( coiffeuse....) qui poursuit une conversation avec sa collègue et pour laquelle vous êtes transparente ?

De la petite vieille qui se glisse subrepticement devant vous dans la file du supermarché, feignant de chercher un article près de la caisse, piquant ainsi deux, trois places...

De la ruée dans le dit-supermarché dès qu'une nouvelle caisse s'ouvre ( tous âges confondus !) ?

Du Papy qui traverse brusquement devant vous, hors du passage pour piétons en levant bien haut un bras pour bien montrer qu'il prend son droit ?

Prenez le métro et comptez sur le doigt d'une main, la femme enceinte à qui on cèdera la place, les personnes âgées debout et les ados assis,qui écoutent yeux fixés au sol, la musique qui déferle en hurlant des écouteurs vissés à leurs oreilles ....

Le savoir-vivre se perd, le bien-vivre avec lui et cela n'a rien de ringard !

C'est pourquoi ce livre incite les parents à une autorité porteuse de valeurs, autant pour les tout-petits que pour les ados.

Je terminerai par un exemple concret. Eugenio, le professeur de judo de mon petit-fils Benji, interdit l'entrée sur le tatami à quiconque n'a pas d'abord salué aussi bien le professeur que les autres élèves par un " Bonjour !" sonore, suivi du salut japonais. En début d'année, plus de la moitié des enfants  se font ainsi exclure du premier cours.

Après, cela ne se reproduit pas.....

Et vous, vous en pensez quoi ?

Au Revoir ! Passez une bonne journée !

Merci au journal " La Libre" qui m'a inspiré cet article en publiant la critique du livre.