30 novembre 2011
Kal’manach d’automne: Semaine du 20 novembre au 4 décembre 2011
Le dicton du jour: « La première fois se pardonne, la seconde se bâtonne… »
Le saint de la semaine : XAVIER, fêté le 3 décembre, est un prénom d’origine basque : c'est le nom d'un village en Navarre, près de Pampelune où est né, en 1506, le futur saint François (de) Xavier qui évangélisa les Indes.
Ce jour-là : Souviens-toi du vase de Soissons !
Le 27 novembre 511, Clovis meurt à Paris, ville dont il avait fait sa capitale. Il avait 45 ans, avait régné 30 ans. Sa veuve, la reine Clotilde, se retira près de l’Abbaye de Saint Martin de Tours, où elle passa le reste de ses jours. Clovis avait su gouverner en usant de la ruse, mais aussi de la force. Il fut souvent, au cours de l’Histoire, critiqué pour ses méthodes ‘barbares’. Cependant, il laissait derrière lui une œuvre imposante : en 486, date à laquelle Clovis accéda au pouvoir, les Francs n’étaient qu’une petite tribu confinée sur les berges de l’Escaut. En 511, elle était parvenue à se rendre maîtresse de la Gaule entière.
Trucs et astuces : Ajoutez deux morceaux de sucre et une cuillerée de vinaigre à l’eau de cuisson des lentilles : cela les rendra plus savoureuses.
J’ai testé pour vous (recette de cuisine) : Salade de lentilles au curry
Pour 4 personnes, il vous faut : 200 g de lentilles vertes du Puy ; 2 carottes ; 3 échalotes ; 1 oignon ; une gousse d’ail ; un bouquet garni (laurier, thym, persil) ; une cuillerée à soupe d’huile ; une cuillerée à soupe de vinaigre balsamique ; une cuillerée à café de poudre de curry ; sel, poivre.
>Pelez l’ail et l’oignon. Rincez les lentilles sous l’eau courante dans une passoire. Mettez-les dans une casserole avec le bouquet garni, l’ail et l’oignon. Couvrez d’eau et faites cuire à petits bouillons pendant 45 mn (rajoutez de l’eau si nécessaire).
>Pendant ce temps pelez les échalotes, faites-les cuire 10 à 15 mn à la vapeur, jusqu’à ce qu’elles soient tendres. Ensuite, émincez-les finement et réservez. Epluchez les carottes, coupez-les en rondelles.
>Quinze minutes avant la fin de la cuisson des lentilles, ajoutez les carottes dans la casserole.
>Préparez la vinaigrette dans un bol avec l’huile, le vinaigre, le sel, le poivre, le curry et une cuillerée à soupe d’eau.
>Retirez la casserole du feu. Enlevez le bouquet garni, l’ail et l’oignon. Egouttez les lentilles et les carottes. Mettez-les dans un saladier avec les échalotes, versez la vinaigrette et servez tiède.
Le saviez-vous ? L’hellébore que l’on appelle rose de Noël est une magnifique fleur à floraison hivernale. Dans l'antiquité, on croyait les graines d’hellébore propres à guérir la folie. Leur élégance se décline en de subtils camaïeux blancs, roses, pourpres ou verts. Attention, ces beautés contiennent des substances toxiques pour le cœur et le système nerveux.
Origine de l’expression : Jeter le bébé avec l'eau du bain
Dans les années 1500 Pour se baigner, on utilisait une grande cuve remplie d'eau très chaude. Le maître de maison jouissait du privilège d'étrenner l'eau propre; suivaient les fils et les autres hommes faisant partie de la domesticité, puis les femmes, et enfin les enfants. Les bébés fermaient la marche.
A ce stade, l'eau était devenue si sale qu'il aurait été aisé d'y perdre quelqu'un... D'où l'expression « Jeter le bébé avec l'eau du bain » !
Jeu : Pour changer un peu, cette semaine il s’agit de trouver la fleur présente dans le titre d’un film ainsi que le réalisateur.
Ce film américain, sorti en 1985 est une fable surréaliste, une invitation à remonter le temps pour tenter de retrouver une magie perdue.
L'histoire: Cecilia mène une existence morne et tourmentée. Le cinéma est son seul refuge et sa seule évasion. Lors d'une projection, Tom Baxter, le héros d'un mélo, sort de l'écran et l'entraîne dans une aventure aux rebondissements imprévus.
Le réalisateur, qui, fait exceptionnel, n’apparaît pas en temps qu’acteur dans son film, rend ici hommage à la comédie américaine des années 30. Il dit s'être surtout attaché à décrire les «charmes de l'imaginaire en opposition à la douleur de vivre », thème récurrent de toute son œuvre. Ses films présentent souvent des antihéros, atteints (comme lui?) d'inadaptation à la réalité, cultivée avec une délectation presque masochiste.
Solution du jeu de la semaine dernière : la fleur à trouver était le chrysanthème. Le roman « Madame Chrysanthème » de Pierre Loti.
Animaux et êtres fantastiques du folklore : MORGANE
La plus vieille de nos fées est d’origine celtique et s’appelle Morgane. Dans les romans de la Table Ronde, qui reprennent de vieilles légendes populaires, c’est elle qui veille sur le roi Arthur enfant, séduit et enchaîne l’enchanteur Merlin, suscite des armées de la moindre nuée et guérit toute blessure. Elle se déplace sans peine dans les airs, et est aussi chez elle au fin fond des eaux. C’est une magicienne à la fois redoutable et bienfaisante.
Sans bruit, sous le miroir des lacs profonds et calmes,
Le cygne chasse l'onde avec ses larges palmes,
Et glisse…
(Sully Prudhomme)
26 novembre 2011
Kal’manach d’automne Semaine du 21 au 27 novembre 2011
Le dicton du jour : « Tout ce qui éclaire n’est pas soleil. »
Le saint de la semaine : CATHERINE est un prénom d’origine grecque ( Katharos signifie pure, en grec). Vierge et martyre à Alexandrie en Égypte, au quatrième siècle, elle est honorée le 25 novembre. Elle est la patronne des jeunes filles à marier et à l’origine d’une ancienne coutume. Autrefois, ce jour-là, les demoiselles célibataires, âgée de 25 ans et plus se rendaient à l’église pour changer la coiffe de la statue de la sainte. D’où l’expression « coiffer sainte Catherine » qui signifie que la jeune fille n’est pas encore mariée.
Ce jour-là : C’est un scandale !
Le 22 novembre 1928 voit la création du Boléro de Ravel à l’opéra Garnier de Paris. Ida Rubinstein, ancienne danseuse des Ballets Russes de Diaghilev y incarne une danseuse de flamenco d’une troublante sensualité. La chorégraphie fait d’ailleurs scandale.
Trucs et astuces : Pour écaler plus facilement un œuf dur, faites-le cuire dans de l’eau bouillante que vous aurez préalablement salée ou bien dans laquelle vous aurez ajouté deux cuillerées à soupe de vinaigre.
J’ai testé pour vous (recette de cuisine) : TARTE aux PRUNEAUX
Pour 6 personnes, il vous faut : deux rouleaux de pâte feuilletée toute prête ; 500g de pruneaux cuits et dénoyautés ; 50g de sucre en poudre.
>Etalez un rouleau de pâte dans le moule. Faites une purée avec 200g des pruneaux cuits et placez-la en couche mince sur le fond de tarte.
>Disposez par-dessus le reste des pruneaux entiers dénoyautés.
>Coupez l’autre rouleau de pâte en bandes assez larges (1 à 2cm) et quadrillez-en le dessus de la tarte.
> Mettez à four chaud (th 6, 180°C). Saupoudrez de sucre un peu avant la fin de la cuisson.
Le saviez-vous ? Les fleurs sont apparues au crétacé, au temps des dinosaures, il y a plus de 100 millions d’années. Le magnolia est la plus vieille plante à fleur de la Terre. Après viennent les lauriers.
Origine de l’expression : FAIRE LE PIED DE GRUE
La grue se distingue des autres échassiers par sa capacité de rester debout des heures sans bouger, souvent même sur une seule patte, à chasser à l’affut ou à dormir. Cette position immobile interminable est à l’origine de l’expression actuelle « faire le pied de grue », pour parler d’une attente qui s’éternise. Au 16ème siècle, on disait « faire la grue », puis, au 17ème, « faire la jambe de grue ». On employait également le verbe « gruer » dans le sens d’attendre.
Jeu : Quelle est la fleur qui se cache dans le titre de ce roman et quel en est l’auteur ?
« Au petit jour naissant, nous aperçûmes le Japon. Juste à l'heure prévue, il apparut, encore lointain, en un point précis de cette mer qui, pendant tant de jours, avait été l'étendue vide. » Voici la première phrase de ce roman qui participa à l’engouement pour le Japon qui marqua les milieux artistiques européens et en particulier français de la fin du 19ème siècle. Un officier de marine français tombe amoureux d'une geisha... le choc de deux civilisations et l’occasion pour l’auteur de présenter les mœurs japonaises de l'époque, très raffinées, empreintes de cérémonies compliquées. "Et tout ce monde, en entrant chez moi, se confond en politesses réciproques : et je te salue - et tu me salues, - et je te resalue et tu me le rends - et je te resalue encore, et je ne te le rendrais jamais selon ton mérite, - et moi je me cogne le front par terre, et toi tu piques du nez sur le plancher ; les voilà toutes à quatre pattes les unes devant les autres ; c'est à qui ne passera pas, à qui ne s'asseoira pas, et des compliments infinis se marmottent à voix basses, la figure contre le parquet."
L’auteur, né en 1850 à Rochefort, a mené parallèlement sa carrière d’écrivain et celle d’officier de marine. Une grande partie de son œuvre est autobiographique et inspirée de ses voyages.
Solution du jeu de la semaine dernière : l’animal à trouver était le renard, personnage principal de l’ouvrage collectif « le Roman de Renard ». Renard est d’ailleurs le nom du personnage, car, à l’époque l’animal était le goupil.
Animaux et êtres fantastiques du folklore :LE MENEUR DE LOUPS
Le meneur (« meneux » en vieux français) de loups n’est pas un loup-garou, mais un homme, un sorcier parfois, qui, ayant pactisé avec le diable, bat la campagne à la tête d’une meute de loups. Cela lui permettait de « racketter » les habitants terrorisés, les bêtes lui obéissant au doigt et à l’œil. Seuls des charmes puissants pouvaient faire cesser ses exploits dus à des pouvoirs se transmettant de père en fils.
Près de l’étang endormi
Le grillon fredonne d’exquises romances
Sous le ciel qui semble tristement rêver.
(Marie Krysinska, « Symphonie en gris »)
19 novembre 2011
"Une étoile de pierre au milieu des marais"
En arrivant à Brouage par la départementale 3 qui relie Rochefort et Marennes, on a du mal à imaginer que jusqu’au 17ème siècle, l’océan, aujourd’hui distant de 3 km, venait lécher ses remparts
En effet Brouage n’a pas toujours été cette petite commune de Charente Maritime, que les dépliants touristiques qualifient « d’étoile de pierre au milieu des marais ».
A la fin du Moyen Age, Brouage, située sur un large estuaire, était un des plus beaux ports de France et le marché du sel le plus important de toute l’Europe. Le sel est à cette époque le seul moyen de conservation des aliments, d’où l’importance des marais salants exploités autour de Brouage.
En 1555, Jacques de Pons, fait édifier une ville, Jacopolis, pour accueillir les marchands et les navires et permettre l’approvisionnement et la réparation des navires. A l’origine, la ville n’est pas fortifiée, mais sous la pression des évènements la petite cité commerçante, deviendra une place forte. Prise dans les troubles des Guerres de Religions, la place fut disputée à partir de 1568 entre catholiques et protestants. Fortifiée une première fois par Charles IX puis par Richelieu alors gouverneur de la ville, Brouage fut le théâtre d’épisodes sanglants entre les deux camps.
Le plan actuel de la ville est celui imaginé par Vauban
A la mort de Richelieu, en 1642, la ville est à son apogée mais, déjà, le déclin s’annonce. Malgré la venue de Vauban en 1685, avec le double projet de renforcer les remparts et d’aménager le port par des travaux commencés en 1687 et se poursuivant jusqu’en 1720, le port continue à s’envaser et devient impraticable. Le commerce du sel périclite, les maisons, abandonnées, tombent en ruines ; les marais, non entretenus deviennent des marais « gâts », rendant la contrée insalubre et précipitant son dépeuplement.
A partir de la Révolution les bâtiments désaffectés servent de prison et les poudrières reprennent ponctuellement du service pour entreposer des réserves de poudre et d’armes.
A la fin du 19ème siècle les marais salants sont
presque entièrement abandonnés et progressivement les Brouageais se lancent dans l’ostréiculture qui deviendra jusqu’à nos jours, l’activité unique.
A plusieurs reprises à l’époque moderne, les remparts ont servi de carrière pour empierrer les routes et quand on a vu Brouage pratiquement en ruines dans les années 1950, on mesure le remarquable travail de restauration accompli et on a beaucoup de plaisir à visiter et revisiter le Brouage d'aujourd'hui. Renaissance illustrée par les vers écrits sur le vitrail au dessus du maître autel de l’église :
La mer au loin
s’est retirée
comme l’histoire
au fond des temps
et la forteresse oubliée
ne vit plus
qu’au souffle des vents.
Mais voici qu’elle peut renaître
la cité des rêves perdus
son lourd passé
a cessé d’être
une moisson d’espoirs déçus.
En parcourant les remparts, de courtines en échauguettes...
la poudrière
la glacière
accès au port souterrain
De poudrières en glacière, de magasin aux Vivres en tonnellerie, de bastions en poternes, de forge prison en port souterrain, de porte Royale en escaliers de pierres, de la rue du Québec à l’église saint Pierre, nous avons marché sur les traces des hommes et des femmes disparus. Certains, anonymes, seulement évoqués par d’émouvants graffitis que le temps efface.
D’autres, célèbres, parmi lesquels se détache Samuel Champlain,
Né à Brouage en 1570. Homme de la Renaissance aux multiples facettes, d’abord officier de l’Armée et capitaine de Marine, il devient explorateur et s’enfonce dans l’Ouest canadien. De toutes ses expéditions, il ramène des récits détaillés, précis, illustrés de dessins, de cartes et de plans dans des domaines aussi variés que la géographie, l’ethnologie, la botanique, la zoologie. . . Témoignant de respect et d’humanité dans ses rapports avec les Indiens et grâce à ses qualités de chef et d’administrateur, il exerce, de fait, les fonctions de lieutenant général pour la Nouvelle France.
Il ne reviendra à Brouage qu’une fois, en 1630, pour une affaire de succession. Une plaque à l’intérieur de l’église signale qu’à cette occasion, Champlain, alors chassé du Canada par les Anglais, a prié dans l’église St Pierre, promettant de faire construire un sanctuaire à Notre Dame de la Recouvrance à Québec si le Canada lui était rendu. Il fut exaucé et s’est acquitté de son vœu.
Il meurt en 1635 au cours de son 11ème voyage au Canada.
A partir de 1643, les Brouageais émigrent régulièrement vers la Nouvelle-France. Certains y font souche et leurs descendants viennent parfois visiter la ville d’où sont partis leurs ancêtres.
Partout on retrouve des traces de ces relations privilégiées : devant l’église une colonne a été érigée à la mémoire de Champlain et l’église, elle-même, a été restaurée grâce à la générosité des habitants de Québec.
A l’intérieur, les vitraux offerts par les Canadiens déversent des flots de lumière sur le dallage parsemé de pierres tombales. Des plaques apposées par leurs descendants, rappellent le nom de plusieurs émigrants qui laissèrent Brouage pour découvrir le Nouveau Monde.
En descendant l’escalier de Marie Mancini, adossé à la forge Royale, nous ne pouvions manquer d’évoquer un épisode romantique avant la lettre, celui des amours contrariés de Louis XIV et Marie Mancini.
Mazarin, oncle de Marie, soucieux d’éviter une mésalliance au roi, envoie celle-ci à Brouage, avec ses deux sœurs, tandis qu’il prépare le mariage du roi. L’année suivante, le « mariage espagnol » est célébré ; la cour, ramenant la jeune reine, fait étape à St Jean d’Angély. Et Louis XIV, marié seulement depuis quelques jours, vient à Brouage pour passer la nuit dans la chambre même que Marie avait occupée quelques mois auparavant. Philippe Mancini fera à sa sœur le récit de cette visite : « Le roi a fort pleuré, en se promenant le soir, près de la mer. Il est resté fort tard dans la nuit, ne voulant pas se coucher et faisant de longs soupirs. Il a voulu habiter ta chambre. »
(image Wikipédia)
Aujourd’hui, venir à Brouage pour la première fois est un émerveillement. Le calme de la nature toute proche et la sérénité qui baigne la ville, appellent à une plongée dans l’Histoire. Avec un peu d’imagination, les rues rectilignes du 17ème siècle se peuplent de soldats, de commerçants, de navigateurs de tous horizons… Les sabots des chevaux résonnent sur les pavés et la cloche de l’église rythme, comme alors, la vie de la cité.
17 novembre 2011
Balade en Périgord
Depuis le parking, par dessus une maison joliment restaurée, on aperçoit le sommet du château de Castelnaud la Chapelle à quelques kilomètres de Sarlat la Canéda. C’est ici que nous allons randonner ce dimanche de la mi-novembre.
La soleil est de la partie, le ciel sans nuage et la température se veut estivale. La luminosité périgourdine sera idéale pour capter les images que nous laissera le temps de prendre le rythme de la marche donné par les marcheurs aguerris… ou plus pressés.
Le soir, devant le clavier, il n’y a plus qu’à assembler les vues du jour et leur accorder une signification plus ou moins fantaisiste.
Esthétique ou géométrie ? A son gré, on peut imaginer que l’échafaudage a précédé la construction de cette demie lune interne au château et qu’on a sollicité la permission de la foret pour ériger cette maison.
Et ce groupe d’habitations sert de faire valoir aux vallonnements mis en valeur par le soleil paresseux de novembre. Quant à la gariotte, ne vous y trompez pas, le chevron n’est là qu’en complice des pierres préférant l’inclinaison à la ligne horizontale…
Au détour d’un chemin, cette bâtisse en réparation n’a-t-elle rien à craindre du godet qui se tend par dessus le mur voisin comme un poing menaçant?
Et Plus loin, à proximité du château de Lacoste, motards et randonneurs se salueront pacifiquement au passage: chacun son style, mais un objectif commun: tirer le meilleur profit du spectacle s’offrant à votre regard…
Communauté de vue selon qu’on soit à l’intérieur de l’enceinte du château, tout au bord de la tour ou par la grille d’entrée du cimetière: vous surplombez la Dordogne.
Cependant, n’oubliez pas qu’ici, la zizanie s’invitait dans les relations entre châtelains qui à défaut de civilités, pouvaient étaler leur panoplie*, arbalètes, canons, catapultes et autres joyeusetés.
ressentez-vous pas le soulagement du serveur du canon confortablement revêtu de sa cape à l’idée qu’il aurait pu enfiler la curieuse tenue métallique pourvue d’un logement susceptible d’accueillir un organe qui est l’apanage du sexe fort ?
Au Moyen Age, il arrivait qu’on se restaure. Tout est là sur la table, tourte de pain, sac à jambon, cruche de vin. Mais que vois-je? N’y a-t-il pas en bout de table des mains enfantines qui s’apprêtent à transgresser l’interdiction. Mais la transgression n’est-elle pas l’intérêt premier de l’interdiction ?
Il n’est pas dit qu’au Moyen Age, la couleur kaki s’imposait dans les combats. En ce 21ème siècle, le kaki, fruit du plaqueminier s’est bien acclimaté en Périgord. Mais en ces temps reculés de l’époque de la catapulte, on se contentait du jardin dont la symétrie rendrait jaloux un géomètre: j’ai cru comprendre qu’on s’inspirait là des jardins de curé…
Il y avait bien besoin de lui pour absoudre les servants de la catapulte quand adresse et hasard se combinaient pour atteindre leur but et expédier ad patres les assaillants chez Saint-Pierre sans autre forme de procès… Il me plait d’imaginer qu’en ces temps reculés, on savait déjà apprécier le jus de la treille glorifié à Castelnaud par des artistes contemporains. Et parait-il, les enfants connaissaient déjà la piringuette (toupie) qui est aujourd’hui fabriquée en un tour de main par le tourneur sur bois.
Ainsi se termine notre balade en Périgord. En guise de cadeau, s’offre à notre regard de curieux insatiable cette rose esseulée sur une façade à l’apparence d’abandon et la Dordogne, rivière Espérance qui, imperturbable, s’étire paresseusement vers l’Océan…
* l’art de la guerre au Moyen-Age s’expose au château de Castelnaud
14 novembre 2011
Kal’manach d’automne Semaine du 14 au 20 novembre 2011
Le dicton du jour : « Celui qui a passé le gué sait combien la rivière est profonde. »
Le saint de la semaine : MARGUERITE, prénom d’origine grecque Margareta signifiant perle, pierre précieuse. La Marguerite honorée le 16 novembre est une reine d'Écosse, du 11ème siècle. Cette princesse mis sa puissance au service du bien, donnant l'exemple de la piété la plus sincère et de la charité la plus active. Elle mourut de douleur trois jours après la perte de son époux, le roi Malcom, et celle de son fils, tués le même jour sur le champ de bataille.
Parmi les femmes illustres qui ont porté le nom de Marguerite, on peut citer Marguerite de Provence (1219-1295), épouse du roi de France Louis IX ; Marguerite, reine de Norvège, de Danemark et de Suède (1358-1412), surnommée la Sémiramis du Nord, à cause de ses grandes qualités; Marguerite de Valois (1492-1549), reine de Navarre, sœur de François 1er, protectrice des arts et des lettres; Marguerite de France ou de Valois (1553-1615), la célèbre Reine Margot, reine de France (1589 - 1599), première épouse de Henri IV…
Ce jour-là : Le sixième continent
Le 18 novembre 1820 le navigateur américain Nathaniel Brown Palmer découvre une terre qu’aucune carte ne mentionne : il s’agit de l’Antarctique, continent d’environ 13 millions de kilomètres carrés presqu’entièrement recouvert de glace. En réalité, ils sont trois à avoir atteint cette nouvelle terre dans la même période. Outre l’Américain, croisent dans les mêmes parages, un Russe, von Bellingshausen, capitaine de la marine impériale et un Britannique, Edward Bransfield, capitaine dans la Royal Navy.
Trucs et astuces : Pesez sans balance alimentaire.
Si vous ne possédez pas de balance, ces équivalences peuvent vous aider :
1 c. à café rase correspond à 3 g de farine et à 5 g de sucre en poudre.
1c. à soupe rase correspond à 12 g de farine et à 15 g de sucre en poudre.
1 morceau de sucre pèse 5 g.
1 noix de beurre pèse 15 g.
1 grand bol contient environ ½ litre ;
1 verre à moutarde ordinaire contient 1 dl.
J’ai testé pour vous (recette de cuisine) : Gâteau Ardéchois
Pour 6 personnes, il vous faut 300 g de crème de marrons ; 3 œufs ; 70 g de sucre en poudre ; 50 g de beurre ; une cuillerée à soupe de rhum ; 120 g de farine ; une cuillerée à soupe de levure chimique ; une pincée de sel.
>Séparez les blancs des jaunes d’œufs.
>Dans un saladier, mélangez les jaunes d’œufs, le sucre, le beurre fondu, une pincée de sel et le rhum.
>Incorporez à la préparation la farine mélangée à la levure.
>Battez les blancs en neige ferme, ajoutez-les délicatement au mélange.
>Versez la pâte dans un moule à manqué beurré, couvrez de papier sulfurisé. Enfournez et laissez cuire de 35 à 40 mn (th.6 : 180°C)
>Démoulez à la sortie du four et servez froid.
Le saviez-vous ? Le sureau noir, arbuste vigoureux dont les milliers de fleurs blanches parfumées donnent des baies dont on fait sirop et confiture, était l’un des emblèmes des sorcières ; parfois même elles élisaient domicile parmi ses rameaux enchantés…Sont nom latin, sambucus signifie flûte.
Origine de l’expression : MENAGER LA CHEVRE ET LE CHOU
Cette expression qui signifie « accorder deux parties dont les intérêts s’opposent », est employée depuis le 13ème siècle, époque à laquelle on disait « savoir passer la chèvre et le chou ». En effet, sitôt qu’elle se trouve face à un chou, la chèvre le mange ! La locution née de ce constat, exprime la difficulté et l’intelligence à déployer pour garder intact le chou sans agacer la chèvre…
Jeu : Cette semaine, il s’agit seulement de trouver l’animal qui se cache dans le titre du livre, puisque son ou ses auteurs sont restés anonymes. « C’était un peu avant Noël, à l’époque où l’on sale les jambons. Le ciel était clair et étoilé. L’étang où Isengrin devait pêcher était si gelé qu’on aurait pu y danser la farandole… »
Parodie des romans de chevalerie, satire de la société et de la politique de son temps les vingt sept récits ou « branches » de ce roman dérivé de fables datent de la fin du 12ème siècle ou du début du 13ème.
Solution du jeu de la semaine dernière. Le roman à trouver était « Le lion » de Joseph Kessel
Animaux et êtres fantastiques du folklore : LA FILEUSE DE NUIT
La fileuse de nuit est une revenante nocturne. Elle est toujours armée de sa quenouille, et elle fut fréquemment châtelaine de son vivant. Elle file sans bruit de longues heures. Lorsqu’enfin, elle disparaît, quelques pierres du château où elle vivait s’écroulent. Aussi, menaçait-on autrefois les enfants indisciplinés d’avoir affaire à la fileuse. Ils auraient risqué d’être écrasés par elle sous les pierres.

Surface brune du lac
miroitant soudain
écarlate, orange… une carpe koï
(Bernard Gadd)
10 novembre 2011
Boîtes à lire et livres en liberté…
L’idée de faire circuler les livres n’est pas nouvelle, le concept américain du bookcrossing a vu le jour aux USA en 2001 avec un succès immédiat. Arrivé en France en 2003 il s’est rapidement développé grâce aux articles de presse. Une version simplifiée totalement déconnectée d’Internet et baptisée « Boîte à Lire » fleurit dans plusieurs villes de France, dont Bordeaux et son agglomération.
Ici, la première Boîte à lire a été inaugurée en 2009, dans le parc du quartier Saint Genès, à l’initiative de « Bordeaux 5 de Cœur », association de quartier qui œuvre pour le renforcement du lien social et le « mieux vivre ensemble ».
La seconde vient d’être installée en septembre dernier, dans le square de la basilique Saint Seurin, par la Mairie en partenariat avec l’association « Village Saint Seurin. » Elle affiche tout de suite la couleur grâce à un petit panneau de présentation: « ICI, découvrez la première « boîte à lire », 100% écologique.
Partagez vos lectures, c’est simple !
Déposez le livre, le magazine ou le journal que vous venez de lire : une autre personne en profitera !
Au fil du temps les dépôts équilibreront les emprunts.
La bibliothèque aura trouvé son équilibre. Le prêt est gratuit.
Cette boîte 100% écologique est une réalisation des services municipaux de la ville de Bordeaux. Elle est fabriquée en chêne massif.
La boîte à lire est accessible aux personnes à mobilité réduite….»

Le principe est simple : une armoire en plexiglas pour la première, en bois et vitrée pour la seconde, dans laquelle, en libre accès, on peut déposer ou prendre un ouvrage.
On peut y laisser les livres que l’on a lus tout en ne souhaitant pas les garder, ou les livres que l’on aimerait que les autres lisent… Les revues et magazines sont aussi les bienvenus.
Elles sont installée toutes deux dans des lieux agréables, au cœur de deux jardins publics, non loin des aires de jeux pour les enfants et avec des bancs à proximité pour ceux qui souhaitent lire sur place tout en surveillant les enfants du coin de l’œil.
Le concept plaît aux habitants des quartiers concernés, des livres s’en vont, d’autres arrivent… 
Quand je m’y suis rendue, j’ai constaté que le contenu des boîtes à lire est très éclectique : de la comtesse de Ségur au roman à la mode ou à la Bible en passant par de nombreux manuels scolaires (il faut dire que le collège Saint Genès est à deux pas !). On peut y trouver Stephen King, un bon vieux Delly, des romans policiers, des revues, des traités scientifiques….
Les enfants ne sont pas oubliés et ainsi l’idée du partage des livres se met en place dès le plus jeune âge.
Contrairement à Saint Seurin ou la boîte est librement accessible jour et nuit, le parc de Saint Genès est fermé la nuit. Ce qui explique peut-être que la boîte à lire y a subi moins de dégradations.
En effet celle de saint Seurin a été taggée ce qui ne l’empêche nullement de remplir son office, sauf en ce qui concerne le panneau de présentation par la Mairie, qui est devenu quasiment illisible.
D’autres boîtes à lire sont implantées dans différentes localités d’Aquitaine, et face au succès remporté de nouvelles vont être disséminées dans différents quartiers de Bordeaux et de sa banlieue. Initiative à encourager et à suivre…
07 novembre 2011
Kal’manach d’automne : Semaine du 7 au 13 novembre 2011
Le dicton du jour : « Ne donne pas de conseil à qui n’en demande pas. »
Le saint de la semaine : LEON, prénom d’origine latine « leo » signifiant « lion ».
LEON, surnommé le Grand,, fut pape, le premier de ce nom, au cinquième siècle.
Sous son pontificat, Attila, roi des Huns, après avoir dévasté l'Italie, s'avançait vers Rome. Les habitants étaient consternés et l'empereur Valentinien s'était enfermé dans les murs de Ravenne. On ne savait à quoi se résoudre, lorsque Léon se chargea de la périlleuse mission d'aller trouver le roi barbare pour le convaincre de faire la paix. Persuadé que Dieu dispose à son gré des cœurs les plus inflexibles, le pontife parut avec assurance devant le redoutable conquérant, et lui demanda, dans un langage respectueux et digne, de rendre la tranquillité à l'Italie. Le prince barbare, étonné, dit à ceux qui l'entouraient : « Je ne sais pourquoi les paroles de ce prêtre m'ont touché. » Il promit la paix et se retira avec son armée.
Léon est honoré le 10 novembre
Ce jour-là : L’avez-vous vu ?
Le 12 novembre 1932, Hugh Gray, commerçant d'un petit village d'Ecosse, aperçoit pour la première fois un "monstre" dans le Loch Ness. La légende de Nessie est née.
Les touristes et les curieux vont se presser autour de ce lac écossais pour apercevoir, photographier ou filmer le monstre qui le hante. Les scientifiques lancent campagne sur campagne pour apporter la preuve qu'une bête préhistorique a choisi le Ness comme lieu de villégiature. Même si l'auteur de la plus célèbre photo de Nessie a reconnu le trucage - il s'agissait de la trompe d'un éléphant franchissant une rivière - la chasse ne s'interrompt pas.
Le Loch Ness est devenu un lac fort visité et Gray n'était peut-être qu'un publicitaire de génie !
Trucs et astuces : Les pelures de pomelo posées sur un radiateur parfument l’atmosphère d’une pièce.
J’ai testé pour vous (recette de cuisine) : Poêlée aux poireaux et aux céleri-rave.
Pour 4 personnes, il vous faut : 1 céleri-rave ; 2 poireaux ; 50 g de beurre ; une cuillerée à soupe d’huile d’olive ; sel, poivre.
>Pelez le céleri-rave, coupez-le en lamelles, puis en petits dés.
>Otez la base et la partie supérieure des feuilles de poireaux. Fendez-les en deux dans la longueur et lavez-les. Essuyez et coupez-les en rondelles fines.
>Faites fondre le beurre et l’huile dans une sauteuse. Mettez à cuire les poireaux et le céleri à feu doux et à couvert pendant 20 mn en remuant régulièrement.
>Salez en cours de cuisson. Poivrez à la fin.
Le saviez-vous ? La chèvre fournit en moyenne 700 litres de lait par an. Dans le monde entier, le lait de chèvre, produit surtout dans les pays pauvres, représente plus de la moitié de la production laitière. Le lait de chèvre est plus digeste que le lait de vache
Origine de l’expression : A BRIDE ABATTUE
La bride est « la pièce du harnais placée à la tête du cheval, servant à le diriger et à le conduire. ». Cette locution décrivait la façon dont les cavaliers procédaient pour laisser à leurs montures tout leur élan et leur impétuosité. L’idée concerne tant la rapidité que la puissance. En d’autres termes nos ancêtres ne pouvant mettre « l’accélérateur au plancher » se déplaçaient à bride abattue.
Jeu : Quel animal se cache dans le titre? L’intrigue se passe aux pieds du Kilimandjaro " Il me semblait que j'avais retrouvé un paradis rêvé ou connu par moi en des âges dont j'avais perdu la mémoire. Et j'en touchais le seuil. Et ne pouvais le franchir.
De rencontre en rencontre, de désir en désir frustré, le besoin était venu - sans doute puéril, mais toujours plus exigeant - de me voir admis dans l'innocence et la fraicheur des premiers temps du monde. "
Ainsi parle le narrateur, voyageur au long cours qui a décidé cette fois-ci de s'arrêter au Kenya pour toucher du doigt la faune, libre et inaccessible qui le fascine. Celte plongée dans la vie sauvage va se doubler d’une étude de la vie coloniale, des relations entre les Massaïs et la famille de l’administrateur blanc, dont la fille a noué des relations particulières avec un animal de la réserve qui donne son titre au roman.
L’auteur est un journaliste et romancier français, né en Argentine en 1898.
Correspondant de guerre en 1939-40, il rejoint la Résistance et s’engage dans les Forces Françaises Libres. Il finira la guerre, capitaine d’aviation, dans une escadrille. A la libération il reprend son activité de grand reporter. Grand voyageur et écrivain très prolifique, il a écrit près de 80 romans, dont plusieurs, très célèbres, ont été adaptés pour l'écran, parfois même par ses soins. Elu à l'Académie Française le 22 novembre 1962, il est mort le 23 juillet 1979 dans le Val d'Oise.
Solution du jeu de la semaine dernière : Bravo à Brigou et à Amanda qui avaient trouvé « Vipère au Poing » d'Hervé Bazin.
Animaux et êtres fantastiques du folklore : LA VOUIVRE
La Vouivre est une naïade qui vit dans les lacs et les cours d’eau du Jura. Elle attire les hommes, non seulement par sa beauté, mais aussi par l’escarboucle étincelante qu’elle porte au milieu du front et dont elle tire tous ses pouvoirs. Elle s’en sépare, parfois, pour aller se baigner. Celui qui s’en emparerait à minuit, en prenant toutes les précautions d’usage, serait sûr de faire fortune. Gare au voleur maladroit, il serait aussitôt attaqué par un serpent, incarnation animale de la Vouivre. Sous cette forme elle hante les eaux mais sa fonction principale est de garder les trésors enfouis dans les ruines des vieilles forteresses.
Quand automne en saison revient,
La forêt met sa robe rousse....
Samivel (1907/1992)
05 novembre 2011
A la découverte du MAS
Portée par l'Escaut et dynamisée par son port, la ville d'Anvers en Belgique est depuis des siècles un lieu de rencontres et d'échanges.
Inauguré en mai 2O11, son nouveau musée, le MAS recueille les traces de ces échanges pour en tirer des histoires nouvelles sur la ville, le fleuve et le port, mais aussi sur le monde et sa diversité, sur les liens essentiels entre Anvers et le monde.
Le bâtiment du Musée est un projet du bureau néerlandais Neutelings Riedijk. Ce projet fut plébiscité parmi 55 autres venus du monde entier. A première vue, cet empillage de briques rouges, séparée par des vagues de verre, choque, étonne.
Surtout qu'il se situe à l'emplacement de l'ancienne Maison de la Hanse, un entrepôt construit au XVIe siècle.Il redonne ainsi vie au quartier d'Anvers, appelé l'Ilot, quelque peu abandonné depuis des années.
MAS ou MUSEUM AAN DE STROOM signifie Musée près de l'eau. Et mérite bien son nom, situé entre les différents bassins créés artificiellement pour empêcher l'Escaut d'inonder la ville et ainsi générer une multitude de petites rades où les gros paquebots disputent la place aux les bateaux de plaisance.
Comme à Beaubourg, à Paris, une grande place a été imaginée devant le bâtment, une grande mosaïque de 16OOm " Dead skull" . Luc Tuymans, son concepteur se réfère ainsi à la plaque commémorative du peintre primitif flamand Quentin Metsys sur la façade de l'Eglise Notre-Dame d'Anvers. Cet espace se veut un pont entre présent, passé et avbenir, un pôle de rencontres. Elle fut l'objet de plusieurs spectacles, notamment de danse largement diffusés sur le Net.
Le Mas est accessible gratuitement, seules les salles de musée proprement dites sont payantes.
En plus de celles-ci, il ne faut pas rate le dépôt accessible où se trouvent toutes les pièces non exposées, visibles soit en vitrine ou alors par un astucieux jeu de tiroirs que l'on ouvre et referme à son gré. Pêle-mêle, instruments de navigation, armes, sacaphandres, statues, marionnettes, vaisselles.... Une vraie caverne d'Ali-Baba.
Le Musée comporte 9 étages et au 1Oe, une terrasse panoramique
avec une vue absolument phénoménale sur Anvers et les environs.
De gigantesques escaliers roulants vous emmènent entre les différents étages et un ascenseur est prévu pour les personnes souffrant d'un handicap. Un restaurant étoilé et une salle de fêtes,au 9e étage, un café -brasserie au rez de chaussée, en font le rendez-vous incontournable des Anversois, pour un petit déj', un verre ou un dîner plus sophistiqué !
Sur la façade du Musée, on remarque une multitude de petites mains argentées, une pour chacun des généreux donateurs anonymes qui ont contribué au financement du Musée.
Parmi les expos proprement dites, la plus remarquable est certainement celle consacrée à Anvers, port mondial : commerce et navigation. Ici, en plus du defilement permanent de films, et de la mutltitude des maquettes de bateaux et autres instruments de navigation, le visiteur subit d'abord un choc. Dès l'entrée, il se trouve dans l'eau de l'Escaut. Les rives défilent, le vent et le courant emporte le spectateur ( en réalité, le film fut élaboré par 3 cameramen sur des petites barques naviguant sur le fleuve) pour une sacrée ballade dans le port. Cela tangue vachement, surtout quand on se cogne presque au cargo où sont entassées les voitures destinées à l'Afrique... Brr !
Mais cette visite se termine d'une jolie façon interactive : on peut glisser un message dans une bouteille posée sur un tas de sable. Ces bouteilles iront vivre leur vie dans l'eau un peu plus tard.
Interactifs aussi les post-its tout au long des étages : des petits mots qui se succèdent et forment une histoire écrite au fur et à mesure par des enfants ou des adultes. J'ai adoré :
" J'ai demandé à la baleine, mais elle devait partir en voyage..." " Alors je suis allé chez l'otarie qui a rit..." " Et donc j'ai trouvé le dauphin qui ne savait rien de rien..." etc....
J'ai découvert ce Mas avec étonnement, avec éblouissement, avec l'espoir d'y retourner très vite...
Car sur le Boulevard du Mas ( sa suite de couloirs...) il y a tant et tant de choses à voir....
04 novembre 2011
Ceci n'est pas une péniche (2ème partie).
Dans la précédente partie je vous exposais ce qu'est réellement une péniche. Pour résumer, elle fait partie - avec quelques autres tel que les gabares, chalands, barges etc. - de la catégorie des bateaux à fond plat adaptés au transport de marchandises. A l'origine en bois, certaines sont maintenant en acier et embarquent parfois un ou plusieurs moteurs. Je finissais avec une présentation de convois fluviaux conduit par des automoteurs ou des pousseurs.
Je vais donc, aujourd'hui, vous raconter ce qu'est justement cet automoteur, ou plutôt, ces automoteurs.
Les automoteurs que nous connaissons tous pour avoir regardé la série télévisuel Highlander (sur TF1 et M6 dans les années 90, bateaux Nobile ou Amadeus) ou le film "Le dernier voyage" avec Annie Girardot (bateau Ravir II), sont pour ainsi dire les plus emblématiques de la navigation commerciale de la deuxième moité du XXème siècle. Ils sont en acier et surtout motorisés. Ce qui fait qu'il leur arrive régulièrement de remplacer les pousseurs pour convoyer les barges et chalands, formant ainsi des convois faisant jusqu’à 27000 tonnes (L'équivalent de 710 camions de 38 tonnes), 34 m de large et 285 m de long en Allemagne, sur le Rhin, la Belgique, les Pays-Bas. Ce qui peut parfois poser quelques problèmes quand ces géants viennent en France où les gabarits usuels sont nettement plus petits.
Un petit reportage (1minute40) de VNF Nord-est illustre ce genre de difficulté : http://www.sn-nord-est.developpement-durable.gouv.fr/spip.php?article3379 .
Pour être plus précis, il faudrait évoquer les différents types d'automoteurs. En France, nous en connaissons un en particulier qui est le Freycinet, ou automoteur de canal, faisant environ 39 mètres de longueur pour 5,05 à 5.10 mètres en largeur. Son nom vient du gabarit donné au ouvrages d'arts fluviaux, tel que les écluses, canaux et certains ponts à la fin du 19ème siècle, instauré par Charles Louis de Saulces de Freycinet, ministre des Travaux Publics, de 1877 à 1879. Il a contribué à normaliser bon nombre de règles du transport. Sa loi Freycinet de 1879 prévoyait entre autre la forme parallélépipédique de 40 mètres sur 5,20 m des écluses, ce qui définira par la suite le gabarit universel des "bateaux de canal" appelés depuis Freycinet. C'est ainsi devenu le format le plus répandu, à tel point qu'il en éclipse d'autres comme le Berrichon, la Flûte de l'Ourcq, le sablier de basse Loire ou l'automoteur du midi et j'en passe faisant entre 28 et 30 mètres de long pour 2,60 à 6 mètres de large.
Un exemple de Berrichon à côté d'un bateau hollandais qui permet d'apprécier les différences de gabarits :
Pour finir je vais aborder avec un bateau très courant qui est un hybride entre la péniche et l'automoteur, la barge, dont il est aussi question dans le reportage de VNF. C'est un hybride dans le sens où elle garde la fonctionnalité d'une péniche - absence de partie habitable ou timonerie - et est motorisée comme un automoteur. Enfin, pas tout à fait motorisée, puisque ses moteurs ne servent pas pour sa propulsion, mais pour faciliter ses manoeuvres lorsque qu'elle est très chargée ou couplée à d'autres barges. On la croise souvent en convois de quatres à six, plus exceptionnellement neuf barges - comme le montre la première illustration de cet articles - très rarement seule, en attente ou chargement ou transformée en ponton, mais là nous abordons la triste histoire des fins indistrielles tel celles des industries minières ou textiles en France.
A tout ceci, il faut ajouter les bateaux venant de Hollande - l'autre pays du fromage qui est aussi l'autre pays des bateliers, pour ne pas dire le spécialiste des bateaux fluviaux - et dans une moindre mesure de Belgique ou d'Italie. On y trouve une vie batelière, tant commerciale que de loisirs ou d'habitation, plus développée qu'en France. De Hollande on croise principalement deux modèle d'automoteurs, le Luxemotor, très proche d'une Freycinet, et le Tjalk ; sans compter les innombrables vedettes, house-boat et autre coches de plaisance que je n'ai pas évoqué pas tant ils s'éloignent du monde des bateliers pour n'occuper presque exclusivement que celui de la navigation de loisirs.
Un exemple de coche de plaisance. Il se rapproche du format d'une vedette tout en gardant la forme et l'habitabilité d'un bateau de rivière ou canal :
Sources : Wikipedia, Wikimedia, Projet Babel
02 novembre 2011
Les heures souterraines de Delphine de Vigan
C’est l’histoire de Mathilde et Thibault. Elle est cadre dans une entreprise. Il est médecin. Ils ne se connaissent pas mais le cheminement douloureux de leur vie les pousse l’un vers l’autre.
A travers Mathilde, c’est la vie dans l’entreprise qui nous est présentée. L’entreprise qui peut nous propulser très haut mais qui peut aussi nous faire chuter. Par des bruits
de couloir, par un chef qui nous a pris en grippe, par une fatigue lancinante de la routine, des mêmes gestes.
Toute la douleur, toute la détresse de Mathilde m’a frappée de plein fouet. Le harcèlement, l’humiliation dont est victime Mathilde sert simplement de prétexte, je pense, pour rendre compte de la facilité avec laquelle on peut dégringoler dans ce monde absurde qu’est la vie dans l’entreprise.
Thibault lui, parcourt la ville. Il est médecin itinérant. Il rend visite à 3000 patients par an. Les embouteillages, les klaxons, les rhinopharyngites mais surtout la solitude, font partie de son quotidien. Des vielles dames qui n’ont plus la force, des schizophrènes en plein délire, des petits bobos et des maladies graves…
L’histoire de Thibault se déroule en parallèle et fait écho au mal être et à la solitude désespérée de Mathilde. Son histoire d’amour malchanceuse et la misère humaine, morale, qu’il rencontre quotidiennement en tant que médecin urgentiste, la colère qu’il ressent, la fatigue aussi, m’ont profondément touchée.
Je me suis complètement laissée emporter par ce récit et par l’écriture de Delphine de Vigan. Elle utilise des phrases courtes, simples, intenses, qui sonnent comme une mélopée et qui intensifient encore plus la banalité de l’histoire.
Quelques passages :
« Ce jour là, à la fin du mois de septembre, en l’espace de dix minutes, quelque chose avait basculé. Dans l’organisation précise et performante qui régissait leurs rapports, quelque chose s’était immiscé qu’elle n’avait ni vu ni entendu. Cela avait commencé le soir même quand Jacques s’était étonné à voix haute, devant plusieurs personnes, de la voir partir à dix-huit heures trente, feignant d’oublier les nombreuses soirées qu’elle avait sacrifiées à l’entreprise.
Ainsi s’était enclenchée une autre mécanique, silencieuse et inflexible, qui n’aurait de cesse de la faire plier. »
« Elle a cru qu’elle pouvait résister. Elle a cru qu’elle pouvait faire face. Elle s’est habituée, peu à peu, sans s’en rendre compte. Elle ne savait pas que les choses pouvaient basculer ainsi, sans retour possible. Elle ne savait pas qu’une entreprise pouvait tolérer une telle violence, aussi silencieuse soit-elle. Admettre en son sein cette tumeur exponentielle. Sans réagir, sans tenter d’y remédier. »
« Il y a des journées fluides où les choses se suivent, s’enchaînent, où la ville lui ouvre le passage, se laisse faire. Et puis des jours comme celui-ci, chaotiques, harassés, où la ville lui refuse toute évidence, où rien ne lui est épargné. Ni les embouteillages, ni les déviations, ni les livraisons interminables, ni les difficultés pour se garer. Des jours où la ville est si tendue qu’il lui semble, à chaque carrefour, que quelque chose peut arrive. Quelque chose de grave, d’irréparable. »



























