Kaléïdo'blog

Blog journalistique à plusieurs mains

04 novembre 2011

Ceci n'est pas une péniche (2ème partie).

Dans la précédente partie je vous exposais ce qu'est réellement une péniche. Pour résumer, elle fait partie - avec quelques autres tel que les gabares, chalands, barges etc. - de la catégorie des bateaux à fond plat adaptés au transport de marchandises. A l'origine en bois, certaines sont maintenant en acier et embarquent parfois un ou plusieurs moteurs. Je finissais avec une présentation de convois fluviaux conduit par des automoteurs ou des pousseurs.

 Je vais donc, aujourd'hui, vous raconter ce qu'est justement cet automoteur, ou plutôt, ces automoteurs.

convoi fluvial et son pousseur, l'Aigle

Les automoteurs que nous connaissons tous pour avoir regardé la série télévisuel Highlander (sur TF1 et M6 dans les années 90, bateaux Nobile ou Amadeus) ou le film "Le dernier voyage" avec Annie Girardot (bateau Ravir II), sont pour ainsi dire les plus emblématiques de la navigation commerciale de la deuxième moité du XXème siècle. Ils sont en acier et surtout motorisés. Ce qui fait qu'il leur arrive régulièrement de remplacer les pousseurs pour convoyer les barges et chalands, formant ainsi des convois faisant jusqu’à 27000 tonnes (L'équivalent de 710 camions de 38 tonnes), 34 m de large et 285 m de long en Allemagne, sur le Rhin, la Belgique, les Pays-Bas. Ce qui peut parfois poser quelques problèmes quand ces géants viennent en France où les gabarits usuels sont nettement plus petits.

Un petit reportage (1minute40) de VNF Nord-est illustre ce genre de difficulté : http://www.sn-nord-est.developpement-durable.gouv.fr/spip.php?article3379 .

 Pour être plus précis, il faudrait évoquer les différents types d'automoteurs. En France, nous en connaissons un en particulier qui est le Freycinet, ou automoteur de canal, faisant environ 39 mètres de longueur pour 5,05 à 5.10 mètres en largeur. Son nom vient du gabarit donné au ouvrages d'arts fluviaux, tel que les écluses, canaux et certains ponts à la fin du 19ème siècle, instauré par Charles Louis de Saulces de Freycinet, ministre des Travaux Publics, de 1877 à 1879. Il a contribué à normaliser bon nombre de règles du transport. Sa loi Freycinet de 1879 prévoyait entre autre la forme parallélépipédique de 40 mètres sur 5,20 m des écluses, ce qui définira par la suite le gabarit universel des "bateaux de canal" appelés depuis Freycinet. C'est ainsi devenu le format le plus répandu, à tel point qu'il en éclipse d'autres comme le Berrichon, la Flûte de l'Ourcq, le sablier de basse Loire ou l'automoteur du midi et j'en passe faisant entre 28 et 30 mètres de long pour 2,60 à 6 mètres de large.

 Un exemple de Berrichon à côté d'un bateau hollandais qui permet d'apprécier les différences de gabarits : 
Deux Berrichons à côté d'un bateau hollandais

Pour finir je vais aborder avec un bateau très courant qui est un hybride entre la péniche et l'automoteur, la barge, dont il est aussi question dans le reportage de VNF. C'est un hybride dans le sens où elle garde la fonctionnalité d'une péniche - absence de partie habitable ou timonerie - et est motorisée comme un automoteur. Enfin, pas tout à fait motorisée, puisque ses moteurs ne servent pas pour sa propulsion, mais pour faciliter ses manoeuvres lorsque qu'elle est très chargée ou couplée à d'autres barges. On la croise souvent en convois de quatres à six, plus exceptionnellement neuf barges - comme le montre la première illustration de cet articles - très rarement seule, en attente ou chargement ou transformée en ponton, mais là nous abordons la triste histoire des fins indistrielles tel celles des industries minières ou textiles en France.

A tout ceci, il faut ajouter les bateaux venant de Hollande - l'autre pays du fromage qui est aussi l'autre pays des bateliers, pour ne pas dire le spécialiste des bateaux fluviaux - et dans une moindre mesure de Belgique ou d'Italie. On y trouve une vie batelière, tant commerciale que de loisirs ou d'habitation, plus développée qu'en France. De Hollande on croise principalement deux modèle d'automoteurs, le Luxemotor, très proche d'une Freycinet, et le Tjalk ; sans compter les innombrables vedettes, house-boat et autre coches de plaisance que je n'ai pas évoqué pas tant ils s'éloignent du monde des bateliers pour n'occuper presque exclusivement que celui de la navigation de loisirs.

Un exemple de coche de plaisance. Il se rapproche du format d'une vedette tout en gardant la forme et l'habitabilité d'un bateau de rivière ou canal :
Un coche de plaisance à Wambrechies

 

Sources : Wikipedia, Wikimedia, Projet Babel

Posté par feuille-de-the à 08:00 - Culture - Vos réactions [2] - Articles rédigés par :


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Tant de culture m'impressionne et ton article pour instructif qu'il est n'en reste pas moins facile à lire pour la néophyte que je suis. Merci pour le travail de documentation et d'écriture Feuille

Réaction de plumentete, 06 novembre 2011 à 10:45

Deux articles passionnants et instructifs Feuille !
Je ne connaissais rien sur le sujet. Je me souviens, enfant, avoir suivi avec intérêt ce feuilleton des années 60 "L'homme du Picardie" et du coup j'ai toujours regardé les péniches d'un autre oeil

Réaction de brigou, 06 novembre 2011 à 16:23







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