28 octobre 2011
Ceci n'est pas une péniche (1re partie).
Ou pour vous embrouiller un peu, ça l'est dans le même temps que ça ne l'est pas.
En effet, ce qu'on nomme familièrement une péniche, comme celle-ci à gauche, est en fait un automoteur et plus précisément, un automoteur de canal.
Je vous sent un peu dubitatifs. Un automoteur, donc, mais alors, qu'est-ce qu'une péniche et qu'est-ce qu'un automoteur ?
Je vais vous expliquer la différence entre ces deux bateaux en commençant par aborder ce qu'est une péniche pour finir avec les automoteurs. Par contre je n'aborderais pas les mondes des vedettes, petites embarcations et autres barques, yoles ou Pédalos.
Avant de commencer, je vais préciser un détail, je parle ici de bateaux et de non de navires, les deux ne sont pas tout à fait équivalents. Un navire est un bateau destiné à la navigation maritime, on peut donc dire que tous les navires sont des bateaux, mais pas l'inverse, les bateaux ne sont pas tous des navires.
Pour commencer, une péniche est un bateau à fond plat adapté à la navigation sur les fleuves et canaux pour le transport de marchandises, dixit Wikipedia. À l'origine construite en bois, d'environ 39 mètres de long pour 5 mètres de large et halée ou tractée, elle a évolué en adoptant la construction métallique et la motorisation embarquée. Ce format très courant étant devenu un standard de fait, servant de base ou de référence pour la construction d'une nombreuse variété de bateaux de commerce (pour le transport de marchandise), il est devenu un terme génériques regroupant autant les barges modernes en acier que les chalands (bien que certains chaland soient aujourd'hui équipés de moteurs) ou gabares. De même qu'il n'est pas évident pour un œil non averti de faire la différence entre une vrai péniche, une barge ou un authentique automoteur, l'appellation péniche a fini par désigner tout les bateaux fluviaux larges et allongés servant autant au transport de marchandise que de logement flottant. Ci dessous, deux exemples de péniches, venant du projet Babel, où l'on distingue le chemin de halage. Bien que très ressemblantes aux automoteurs de canal, celles-ci ne sont pas motorisées.
Ceci ne doit pas faire oublier qu'à côté des péniches, il existe une grande variété de bateaux chacun adapté à son bassin d'origine. Cette variété trouve sa raison dans le fait que la navigation sur les fleuves comme la Seine ou le Rhône n'est pas la même que celle d'un canal, et que ces canaux pour des raisons pratiques ou politiques n'avaient pas à l'origine les mêmes dimensions. C'est ainsi que l'on parle de gabare de Charente, de Courreau ou gabare de Dordogne, de Chaland de Loire et son évolution le gabarot de Mayenne, de gabare de Port d'Envaux, de Saint-Simon, de Sèvre, de Chaland de Vire, de toue du canal du Centre et j'en passe.
Pour les faire avancer autrement que par le courant, il existe trois méthodes, du halage à la voile, en passant par la perche et les rames. A ces trois méthodes, je vais un ajouter une quatrième bien que quasiment disparue, le touage. Les bateaux les plus récents, notamment les barges, sont par contre prévues pour être poussés, soit par un automoteur, soit par un pousseur.
Le halage, qui se fait principalement sur les canaux et pour le passage d'écluse, désigne toutes les techniques de traction d'un bateau depuis la berge et un chemin de halage. Il fait appel soit à la force humaine quand le marinier tire lui-même son bateau, à moins qu'il ne délègue cette tâche à un âne ou un cheval, soit par un moyen mécanique, tracteur ou petite locomotive.
Le touage est à peu près la même chose à ceci près que le bateau n'est pas tiré depuis la berge, mais par un autre bateau spécialement aménagé (sans être un remorqueur). "À l'origine, le touage désigne un treuillage quand celui-ci s'effectue depuis le bateau lui-même. Par extension, le mot a pris un sens plus répandu, désignant une technique de remorquage de convoi faisant appel aux services d'un bateau très particulier, le toueur" (dixit Projet Babel). Il permet, à l'aide d'un grosse chaîne posée sur le lit de la rivière ou du canal, de tracter des bateaux dans certains passage difficile, comme les tunnels ou certains passage de rivière où il est impossible de le faire depuis une berge. De nos jours, deux toueurs travaillent encore aux voûtes de Mauvages, non loin de Nancy, et de Riqueval, près de Saint-Quentin, mais leurs jours sont comptés.
Le poussage permet de réunir plusieurs barges en un convois unique de grande dimension, sur les grands fleuves comme la Seine, le Rhin ou le Rhône. Plusieurs barges sont assemblées les unes derrières les autres sur une ou deux colonnes de deux ou trois barges derrière lesquelles est placé un pousseur ou un automoteur, bien que la réglementation semble autoriser un pousseur en milieu de convois (jamais en tête, réservé au remorquage). On peut ainsi voir passer des convois de plusieurs milliers de tonnes et plus de 140 mètres de long, mélangeant portes-conteneurs, céréaliers, transports d'hydrocarbures et bien d'autres sortes de marchandises.
Avec ces convois, nous avons commencé à aborder le thème des automoteurs. Je vous donne donc rendez-vous dans le prochain épisode pour la suite des ces aventures.
Sources : Wikipedia, Wikimedia, Projet Babel

















