Kaléïdo'blog

Blog journalistique à plusieurs mains

01 octobre 2011

Louis Plamandon et le Rifveh

Louis Plamandon est québécois, juriste-sociologue, épicurien et artiste.
Professeur et homme d'action, il allie la rigueur anglo-saxonne et l'inventivité latine, la conception du droit des plus vulnérables et l'analyse scientifique vécue.

Il a lancé dans la décennie 1980 un mouvement de défense des retraités québecois dont le gouvernement voulait réduire la pension ( eh oui, déjà !), puis a entrepris une étude sur la réalité des " aînés" pour constater que leur vie n'était pas rose : peu de visites et cela peut aller jusqu'à la maltraitance !

Louis Plamandon a développé des moyens très pragmatiques pour déceler les situations et accompagner les proches, y compris vis-à-vis des personnes en situation de handicap.

Je suis allée l'écouter parler de LA VIGILANCE. Comment être vigilants ? Quelles en sont les limites ?

Louis Plamandon n'est pas un maître à penser, mais une bel esprit qui aide à penser. C'est aussi un excellent cuisinier et un aquarelliste sensible à la beauté féminine. Cet homme parle vrai.

Je me suis laissée séduire par son humanité, par ses idées positives et son humour.

Il commence par stimuler son auditoire avec sa phrase-clé teintée d'accent québecois ( j'adore ! ) : " Mais on a mille ans pour l'faire ! alors, commençons !"

Et de rappeler qu'il y a , mettons 5O ans il était impensable  pour une femme battue par son mari d'aller porter plainte à la police ! Le policier lui aurait répondu " Mais moi, je fais d'même !"

Tout comme il était hors de question pour un petit garçon de se plaindre d'attouchements douteux de la part d'un prêtre ou d'un évêque...

Aujourd'hui, il nous demande d'être vigilant par rapport aux "aînés" ( les personnes de plus de 75 ans, plus ou moins ) ainsi qu'aux personnes en situation de handicap.

Si nous ne réagissons pas devant une situation où une telle personne se trouve en danger, nous sommes tous coupables !

Et de rappeler que dans la pyramide de Maslow ( établie pour évaluer en importance les besoins de l'humain), le besoin de sécurité arrive en second lieu, juste après les besoins vitaux ( manger, boire etc..)

Or, les personnes citées plus haut , voire nous-même, sommes en permanence en situation précaire. Sauf qu'eux sont les plus vulnérables et ce , après une étude menée par plus de 8OO chercheurs en Suisse, en France, en Belgique et au Canada.

Au Québec, par ex. quand une personne décèdait dans une maison de retraite, il n'y avait aucune enquête. Jusqu'à ce que Louis Plamandon et son équipe commence à porter systématiquement plainte auprès du coroner, après avoir déceler des cas suspects ( une personne ébouillantée dans sa baignoire, des chutes mortelles mais non accidentelles etc...)
Aujourd'hui, la loi a changé, grâce à ces interventions.

Les dangers sont multiples : problèmes de vue, d'audition, d'escroquerie à l'héritage, de vulnérabilité dans le domaine du logement ( quartiers à risques ), de compréhension et autres...

Au fur et à mesure, je me dis que tout le monde, finalement est en danger. Il me répond " Oui, tsé, mais si tu vois un p'tit gosse qui monte ou descend un escalier, tu vas t' précipiter pour l'aider, l'mettre en garde, non ? Le fais-tu donc pour tous les autres-là, ("lo" !) les p'tits vieux dans la rue ou la personne handicapée qu'on bouscule dans l' métro et qui s'ra la première à être volée, agressée, parce que plus faible ?"

Et de constater que nous sommes "frileux" par rapport à ce devoir de vigilance. Peur d'intervenir, peur de se faire taper sur les doigts par la famille ou les "responsables" qui s'occupent de ces cas, peur aussi de la personne elle-même qui a le droit de dire " Laisse-moi tranquille" car elle ne mesure pas la dangerosité de la situation.

C'est ainsi ( et c'est courant) que bon nombre de personnes souffrant d'un handicap mental léger, ne se considèrent pas comme telles et sont ainsi amenées à se mettre en danger. Comme les personnes âgées qui vous disent " Mais ça, je peux le faire seul(e)", puis engendrent des catastrophes.

Louis Plamandon va loin et n'a pas peur lui. Une jeune femme handicapée se voit juste donner la pilule par son médecin, après plusieurs avortements. Elle ne peut pas gérer la prise de médicaments et le médecin le sait. Plamandon va trouver le médecin et lui demande d'intervenir. Le médecin refuse et Louis amènera la jeune femme voir un autre médecin qui prendra, lui, ses responsabilités. Cet exemple montre que nous tous, pouvons agir, vaincre le carcan des " cela ne se fait pas !"

Il faut simplement " 5 minutes de courage...."

Si le sujet vous intéresse, surfer sur Google  et vous en saurez plus : www. rifveh.org ( réseau internet francophone Vulnérabilité et Handicap )

 

 

 

 

Posté par Amandannie à 08:00 - Culture - Vos réactions [5] - Articles rédigés par :


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