04 septembre 2011
Le fort du Portalet (3)
Nous voici redescendu sur la terrasse principale, prenons l’escalier qui se trouve dans
ce bâtiment.
J’en profite pour vous faire un peu d’historique. En 1941, sur ordre de Pétain, des personnalités de la IIIème république y sont emprisonnés.
Ces prisonniers politiques célèbre ne sont autres que
- Léon Blum(chef du gouvernement en 37/37, 38 et 46)
- le Général Maurice Gamelin (commandant de l’armée française en 40)
- Edouard Daladier (ministre de la défense en 40)
- Paul Reynaud (président du conseil et ministre des affaires étrangères en 40)
- Georges Mandel (ministre de l’intérieur en 40)
Condamnés pour avoir déclaré la guerre à l’Allemagne, ils vont séjourner au fort entre 1941 et 1943. Certains y resteront quelques mois, d’autres 2 ans. Ils seront ensuite envoyés en Allemagne.
Petite anecdote: Lorsque la presse annonce l’emprisonnement au Portalet, la presse qui n’a jamais entendu parlé de cette prison, se précipite dans la vallée d’Ossau pour faire déccouvrir à ses lecteurs l’endroit. On peut alors lire dans les journaux que le fort en surnommé l’enfer (pourtant les conditions des prisonniers politiques sont privilégiées, nous le constaterons dans la suite de la visite). Il est écrit aussi qu’on entre dans chaque village de la vallée d’Asp comme dans une prison, tant cette vallée est sombre et triste. Il faut venir en vallée d’Asp pour constater à quel point le parisianisme est ridicule, et les propos de l’époque foutaises.
Mais revenons à la véritable histoire:
Le maréchal Philippe Pétain sera à son tour emprisonné dans le fort du Portalet durant 3 mois, au lendemain de son procès (août 1945)
Allons sur la terrasse inférieure, celle-là même qui servit de promenade quotidienne aux prisonniers politiques. il y a d’ailleurs une photo célèbre de Pétain sur cette même terrasse, accompagné d’un geôlier.
Visitons les pièces qui donnent sur cette terrasse
Dans la pièce principale se trouve la pompe à eau

L’eau était pompé depuis le Gave par un système de tuyaux qui montaient jusqu’au fort .
On aperçoit sur la photo suivante, sous les arbres, contre le rocher, une maisonnette dans laquelle on avait construit le système hydraulique; Il amenait l’eau au fort et permettait aussi de chauffer les bâtiments.
Se trouve aussi dans cette pièce un évier
Une partie du bâtiment est composé de grands dortoirs contigus
L’autre partie possède un long couloir qui dessert plusieurs pièces,
Dont l’une nommée atelier
A l’autre bout du bâtiment se trouve un four à pain, immense
Approchons-nous du foyer
L’intérieur du foyer
De chaque côté du four, un passage
Poussons la grille et pénétrons à l’intérieur, il y a juste le passage pour une personne. Ce passage fait le tour du four, d’un côté la roche, de l’autre le mur du four lui-même. Au dessus de nous la roche. Le toit du four est fait de tuiles. Vous distinguez sur la photo suivante, au dessus des tuiles qui forment le toit du four, le mur qui l’entoure et nous entoure. C’est très impressionnant. Nous pouvons ainsi faire le tour du four. Un peu compliqué a expliquer mais génial à voir.
Sortons à nouveau sur la terrasse, vous voyez sur la photo suivante, une sorte de tuyau de poêle, sur le bâtiment du fond
C’est la cuisine 
ici, on devait pouvoir confectionner des repas pour 4000 hommes, n’oublions pas!
Quittons cette pièce pour descendre un étage en dessous. Au demi étage, les toilettes
Voici la partie inférieure du fort
elle se trouve sous la terrasse inférieure. Les couloirs sont éclairés par les puits de lumière
Et de grandes fenêtres donnant sur le Gave
Sur ce niveau là se trouve, les chambrées
Le niveau juste en dessous est celui des cellules. Il y en a 5, identiques
Intérieur de la cellule numéro 8
Les prisonniers y étaient, contrairement à ce qui a été dit, très bien traités. Ils avaient fait installer des poêles ou des cheminées dans leurs chambres, en témoigne ce foyer
Ils avaient chacun un lit, un bureau, une grande fenêtre donnant sur le Gave. ils aveint des livres à profusion, certains ayant fait transporter leur bibliothèque de Paris. dans le couloir, en face des chambres, de grands placards leur permettaient de ranger leurs affaires. Les familles étaient logées à Bielle, dans un auberge et elles pouvaient leur rendre visite quand elles le souhaitaient. Les prisonniers avaient droit à une promenade quotidienne sur la terrasse inférieure. ils avaient alors tout le loisir de méditer en admirant les vautours cendrés qui nichaient sur le rocher leur faisant face.
De retour en cellule, ils lisaient ou écrivaient, ou tout simplement s’inspiraient du carré de ciel qu’ils voyaient de leur fenêtre.
Sous leurs pieds, à même le rocher, les cachots où on enfermait les prisonniers bien moins célèbres. Cette partie là ne sera visitable qu’en 2013. Mais vous pouvez en avoir un aperçu, ainsi que du fort entier dans la visite virtuelle qui se trouve ICI .
Si le sujet vous a intéressé, j’ai mis d’autres photos sur mon blog, visible ici.
J’espère vous avoir donner envie de découvrir ce fort, lors d’un de vos passages dans ces Pyrénées que j’aime tant.
03 septembre 2011
Le fort du Portalet (2)
Vue de l’ensemble des bâtiments, qui s’étend sur plusieurs niveaux
En voici un croquis, pas terrible je sais, mais il a l’avantage de montrer les différentes parties que nous allons visiter:
2: bâtiments construits sur la terrasse principale
3: cuisine
4: terrasse promenade des prisonniers
5: chambrées
5b: cellules officiers
6: cachots
7: four
8: ateliers et intendance
9: chemin de ronde et poudrière
10 emplacements canons
Ouvrons maintenant la porte et rentrons dans le fort
Juste après l’entrée sur notre droite nous avons un bâtiment qui nous permet de descendre vers la partie inférieure du fort, que nous visiterons demain
Nous allons contourner ce bâtiment pour accéder à la terrasse principale
Ces vues sont prises depuis le fond de la terrasse principale. Il y a donc sur cette terrasse des bâtiments, probablement un poste de garde, et peut être l’appartement des officiers?
Si nous nous penchons au dessus de la terrasse, nous pouvons voir la terrasse inférieure
Les terrasses sont garnis de puits de lumière, en voici un
Vue de la partie supérieure, que nous allons visiter aujourd’hui.
Retournons près de l’entrée pour prendre l’escalier que vous voyez sur cette photo
Il nous mène à la terrasse herbeuse qui se trouve au dessus
De cette terrasse prenons quelques photos
La terrasse principale
La vue vers la vallée
La partie supérieure du fort
Ouvrons une porte et prenons l’escalier
Nous arrivons sur le chemin de ronde
Il est époustouflant de beauté
Vue sur la route qui va vers Bedous, on distingue l’ancien fortin dans le fond
Allons visiter la poudrière
L’endroit étant très sombre, sans fenêtre, je n’ai pu prendre de photo, c’est une pièce ronde dans laquelle on stockait des tonnes de poudre à canon. Pour la petite anecdote, toutes les marches des escaliers (qui étaient en pierre) étaient recouvertes d’une seconde marche en bois, pour éviter que les bottes des soldats, qui étaient ferrées, ne provoquent des étincelles qui aurait fait sauter le fort et ses habitants.
Prenons un nouvel escalier pour monter à l’étage supérieur
Un autre chemin de ronde 
Puis un autre escalier, le dernier
Sortons sur la terrasse supérieure
Vue sur la porte que nous venons de passer
Les fenêtres du bâtiment
Le rocher qui se trouve derrière le bâtiment
La terrasse inférieure herbeuse
Les bâtiments inférieurs 

Rentrons à nouveau visiter la partie défensive du fort .
Une fois les volets et les portes fermés On pouvait voir l’ennemi venir par la montagne sans être vu
Voici où étaient positionnés les canons
Les photos suivantes sont floues, mais elles permettent de voir le gros volet de bois, fermé lorsque les canons n’étaient pas en position
Et au dessus de longs crochets qui servaient à accrocher ces volets lorsqu’on positionnait le canon
Vue d’une des meurtrières
A suivre ICI
02 septembre 2011
Le fort du Portalet (1)
C’est dans un endroit exceptionnel que je vous emmène aujourd’hui. Exceptionnel parce que ce fort n’est ouvert aux visites guidées que depuis quelques semaines, et ce jusqu’à fin septembre. Il est en restauration depuis plusieurs années et les travaux ne seront pas achevés avant deux ans. 

Il y a tant à dire et tant à voir que je vais vous le présenter en trois articles, si vous le permettez. Aujourd’hui, ce sera la présentation du fort dans son ensemble. Demain, nous visiterons la partie supérieure (partie défensive). Le jour suivant, nous visiterons la partie inférieure (prison et intendance). La première photo est la partie visible de la route, c’est la partie inférieure du fort. Les parties supérieures sont en retrait.
Le fort du Portalet se trouve dans la vallée d’Asp, sur la route qui mène au tunnel du Somport. Il est creusé à même le rocher, sur la rive droite du Gave.
Le Portalet est à l’origine un poste de péage commercial “Le fortin du Poutou”. Il a été construit au Moyen-âge sur la route qui longe le Gave en réponse aux espagnols qui ont eux-même construit un péage de l’autre côté de la frontière. Le fortin n’est à cette époque qu’un petit fort qui se prolonge au dessus de la route. il perdurera jusqu’à la révolution de 1789. Il est aujourd’hui en ruine. Le peu qui reste du fort a été restauré il y a peu. On le voit sur cette photo, au loin (marquée d’une flèche):
Le 22 juillet 1842, le roi Louis-Philippe 1er ordonne la construction d’un fort censé
protéger la frontière des Pyrénées en cas d’invasion espagnole (qui n’aura jamais lieu). Le nouveau fort, construit en plusieurs parties, à 800 m d’altitude pour la partie la plus haute est mis en service en 1870. Il prend tout naturellement le nom de l’ancien poste de péage.
Armé d’une dizaine de canons, le fort devait pourvoir abriter plus de 4000 hommes et tenir au moins une semaine de siège en totale autonomie.
Les solutions techniques mises en œuvre pour sa construction, l’aménagement de ses espaces intérieures et l’ampleur des falaises environnantes donnent à l’ensemble du site une ambiance spectaculaire et envoûtante.
Les garnisons s’y succèdent jusqu’en 1925. Après cette date et jusqu’en 1939, il sert de colonies de vacances. Pendant la guerre, le fort devient prison (nous le verrons lors de la visite de la partie inférieure). En 1944, il est pris par le maquis, puis après la guerre, l’armée le réintègre jusqu’en 1952. Le fort est déclassé officiellement en 1962. Mis aux enchères il est racheté par une enfant du pays, propriétaire d’un ensemble hôtelier. Elle refuse de voir partir le fort dans des mains étrangères et l’achète en 1966 pour un peu plus de 150 000 francs. Elle pense en faire un hôtel ou pourquoi pas une maison de retraite. Cela ne se fera jamais, le lieu ne s’y prêtant guère (des centaines de marches à monter ou descendre et un coût de travaux colossal) Elle gardera les clefs du fort plus de 30 ans, sans jamais y remettre les pieds. En 1999, il est racheté par la communauté des communes de la vallée d’Asp pour 500 000 francs.
Il est classé monument historique en 2005, ce qui accélère les travaux, couteux.
Visite:
Avant de traverser le Gave, quelques vues de la route:
Pour accéder au fort, il faut d’abord traverser le Gave sur ce pont: 
C’est la première restauration qui a été faite, le pont permet d’accéder à l’unique chemin qui monte au fort. Après le pont, il a fallut restaurer ce chemin, et notamment le muret de pierre qui le longe. Il fait face au chemin de la mâture, très connu par les touristes et les gens de la région (qui fera l’objet sans doute d’un prochain article) .
Après deux ou trois virages, on aperçoit le fort.
Encore un petite côte pour accéder à la seule entrée:
Nous voici aux portes du fort du Portalet.
Je vous promet une visite inoubliable.
N’hésitez pas à cliquer sur les photos pour les voir de plus près!










































