28 juin 2011
Le Causse Aveyronnais et ses bergers entrent au patrimoine mondial de l’UNESCO
"Roda que rodaras, totjorn al païs tornaras"
[voyage tant et plus, toujours au pays tu reviendras]
Aveyron mon pays, toi si discret, avec tes immenses étendues de causse qui t’habillent,
Avec ton Larzac qui te coiffe,
Aveyron mon amour, témoin de mes premiers mots, de mes premiers pas,
Aujourd’hui, tu es honoré, aujourd’hui tu es reconnu.
Aujourd’hui tu deviens une étoile, au sein du patrimoine de l’humanité.
Tes vastes étendues, tes plateaux pelés, tes massifs granitiques, seront inscrits sur la prestigieuse liste de l’Unesco.
Aveyron mon amour, tes bergers, qui ton tracé au fil des saisons tes sentiers, construit tes ponts pour mener les bêtes d’un pacage à l’autre, ces hommes rudes à la tâche, chevillés à leur causse, arpentant le Larzac d’un bout à l’autre, ne tomberont pas dans l’oubli.
C’est aussi eux que l’Unesco met en valeur, car sans berger, point de vie en ses terres arides.
Aveyron mon amour, si riche en paysages, en beautés sauvages, et pourtant si peu peuplé, je suis fière de t’appartenir.
Aveyron mon amour, toi que j’ai arpenté durant mon enfance, d’un bout à l’autre de ton causse, tu m’as envoûtée quand j’étais gosse, et je n’ai cessé de retourner vers toi, pour boire à ta source, et repartir vaillamment encore.
Aveyron mon amour, je suis fière de savoir que parmi tes bergers il y eut un temps ma mère, quelques années durant la guerre. Et que quelque part, l’Unesco, en te protégeant, laisse son souvenir hanter encore pour longtemps une immense étendue rocailleuse, près d’une croix, aux quatre vents.
Enfant j’ai vécu dans une maison qui portait bien son nom : Beauregard, c’est bien ce regard que poseront sur toi les visiteurs qui oseront s’aventurer en ton sein, pour découvrir un diamant inscrit au patrimoine de l’humanité.
Sources ICI
23 juin 2011
Les larmes du saule blanc
Soleil radieux-
Sous la frondaison du saule
Bitume détrempé
Gouttes d’eau sur le visage
Des promeneurs étonnés
« Normal ! Tous les saules pleurent ». L’affirmation catégorique de ma compagne de marche me laisse sceptique. Je pourrais même dire que mon ego en prend un coup ! Moi qui me targue de connaitre les arbres, j’aurais pu passer à coté d’une telle évidence ! « Tous les saules pleurent » !?
Ce n’est pas le moment d’épiloguer. Nous devons détendre les chiens avant que le
stage d’obérythmée ne commence.
De retour chez moi, je surfe sur le Net. Comme pour tout, je dois trier le bon grain de l’ivraie. Il ne manque pas d’explications farfelues. Et dans le genre la meilleure est la suivante : « Quand il fait chaud le saule évacue son trop plein de sève et c’est ce qui goutte ».
La sève des arbres est l’équivalent du sang chez l’homme. Vous vous imaginez voir votre sang s’égoutter quand il fait trop chaud !!
Heureusement je lis une explication qui me semble beaucoup plus rationnelle. Mais impossible de vérifier. Je suis à 500kms du saule en question.
Un an après, mai 2011
Je me promène en bordure d’un lac quand je reçois quelques gouttes sur la peau alors qu’il fait un soleil radieux. Je lève la tête : je suis sous un saule blanc. Je regarde le sol : il est détrempé. Mes neurones ne font qu’un tour. Cette fois-ci j’en aurais le cœur net !
Je sais quoi chercher et je repère très vite les nombreux crachats de coucou sur les branches du saule.
A l’aide d’un petit bâton je tripatouille dans ce manchon d’écume et je mets la main sur les coupables. 
Assoiffés de sève
Bien à l’abri dans l’écume
Chapelets de larves
Et voilà ! Mystère résolu ! Il s’agit bien des larves d’un insecte de la famille des cercopes. Probablement Aphrophora salicina. Insecte piqueur-suçeur, sa larve se nourrit de la sève du saule. La sève étant surtout riche en eau, la larve doit en consommer une très grande quantité afin de trouver tous les éléments nutritifs dont elle a besoin pour son développement. Du coup elle rejette par l’anus la sève en excès et de plus elle y injecte de l’air pour former cet amas d’écume que l’on nomme crachat de coucou. Ce crachat spumeux la protège des prédateurs et des rayons de soleil. Et au passage s’égoutte allégrement sur le sol et sur les passants inconscients…
Un mois plus tard, j’ai l’occasion de repasser par ce petit lac.
Je m’arrête un instant. Les saules ne pleurent plus.

Il ne reste plus
Comme seules traces témoins
Que ces exuvies
21 juin 2011
Dansent les petits pieds
Rareté indéniable dans notre immédiate proximité, le spectacle donné en cette mi-juin par les élèves de l’école de danse de Vayrac valait forcément le déplacement. C’était en tout cas notre sentiment dès que Manon du haut de ses sept ans nous lançait une invitation pour le samedi soir.
A l’approche du cinéma l’Uxello situé sur la route de la bataille d’Uxellodunum (comme je le soulignais récemment ici même), vu le nombre inhabituel de voitures en stationnement, on savait que parents, voisins et amis des petites danseuses avaient saisi l’occasion de s’émerveiller du talent des petites lotoises (et corréziennes proches) qui fréquentent assidument le cours de danse, pour certaines depuis plusieurs années déjà.
- Sont-ils venus ? semblaient s’interroger les petits minois curieux apparaissant sous le grand rideau rouge;
- Oui ! Oui ! Ils sont tous là, répondaient les petits pieds nus gigotant à qui mieux mieux, visibles depuis les gradins de la salle sous le rideau majestueux.
On imaginait ainsi, bruissement des voix enfantines aidant, que les danseuses n’attendaient que la musique pour faire démonstration de leur jeune talent.
L’auteur de ces lignes, sans doute intimidé par l’atmosphère qui se dégageait de l’ambiance, n’osera pas sortir l’appareil photo bien calé au fond de sa poche. Les lecteurs de cet article devront donc se contenter des
illustrations glanées sur Google images
Non, danser n’est pas sorcier ! semblait acquiescer le premier groupe de débutantes parmi lesquelles ma moitié m’indique laquelle est Manon, notre petite voisine. “L’impressionnisme” nom donné à cette première prestation méritait bien son nom par les couleurs chatoyantes des costumes et les longs rubans qui s’agitaient en sarabande effrénée, maniés avec adresse par les six petites danseuses suivies sur la scène des “débutantes” dans un tableau nommé “Degas”.
Les petits pieds nus s’imaginent-ils un jour avec de vrais chaussons de danse?
Le néophyte ne saurait vous décrire les tableaux successifs dont le programme nous dit qu’ils sont à classer dans l’art abstrait. Cependant, le spectacle était de qualité, notamment avec les plus grandes filles qui exécutaient des figures sans la moindre anicroche ou tâtonnement apparent pendant des chorégraphies qui duraient jusqu’à huit minutes.
Enchainements parfaits, absence de temps mort, les thèmes se succédaient, avec utilisation judicieuse de bâtons, cerceaux, longue toile noire sur lesquels se projetaient tour à tour les jeunes corps plus tard enveloppés dans des grands sacs qui leur donnaient l’aspect de fantômes déambulant sur scène. D’une durée d’une heure et quart, le spectacle dont était absent tout commentaire est passé à la vitesse de l’éclair, ponctué des applaudissements que ne ménageaient pas les spectateurs privilégiés dont nous étions grâce à l’invitation de Manon.
Ces cours d’initiation, débutants, intermédiaires ou avancés selon les termes du programme susciteront-ils des vocations de danseuse étoile
pour une interprétation du Lac des Cygnes ?
Où utiliseront-elles leur savoir-faire pour émerveiller les yeux des spectateurs lors de concours de
salsa à moins que ce soit de country?
Ce spectacle n’a lieu, parait-il que tous les deux ans. Selon mes informations, Annick, l’animatrice ne bénéficie pas de subvention et ce sont les parents qui financent les cours de danse, les recettes de ce samedi soir couvrant guère plus que les frais d’organisation, vidéo, sonorisation, location de la salle, costumes…
Nous avons un peu regretté que l’animatrice n’ait pas pris la parole pour donner des informations au public présent, féliciter les jeunes danseuses, mais l’organisation du spectacle, le maintien de la discipline indispensable et pas forcément acquise d’avance avec la trentaine d’élèves suffisaient peut être à la peine de la valeureuse animatrice. Nous l’excuserons donc bien volontiers !
Je laisserai le mot de la fin à Céline, maman de Manon : la participation au cours de danse est une aide appréciable dans la scolarité de l’enfant , ainsi libérée de sa timidité… et pour rien au monde, elle ne voudrait rater le cours de danse du mardi soir !
Manon, nullement lassée de l’exercice de la veille, esquissait des pas de danse depuis le matin : dansent les petits pieds !
17 juin 2011
Les mots d'Ingrid B.
Enfin, enfin, j'ai terminé la lecture tant attendue du livre d'Ingrid Betancourt " Même le silence a une fin !"
Enfin, car ce n'est pas un "livre de chevet", c'est un récit bouleversant qui vous poursuit après lecture, vous remet en question, assez "dur" à lire d'une traite ! Car la détention d'Ingrid B. ne fut pas une partie de plaisir, les conditions souvent atroces, les tensions entre les gardiens Farc et les prisonniers parfois insoutenables.
Les multiples changements de campement, les longues marches dans la jungle, les insectes, serpents et autres caïmans complètent une histoire hallucinante.
Le courage, la détermination et la générosité d'Ingrid, sa foi en Dieu et dans les hommes, son inébranlable force de caractère forcent l'admiration.
Malgré d'autres versions écrites par Clara, sa co-détenue ou encore par son ex-mari ! A vérifier, je ne prendrai pas position sur ce plan.
Laissons la parole à Ingrid :
" Je suis devenue un être complexe. Je n'arrive plus à sentir une émotion à la fois, je suis partagée entre des contraires qui m'habitent et me secouent. Je suis maîtresse de moi-même, mais petite, fragile, humble car trop consciente de ma vulnérabilité et de mon inconséquence. Et ma solitude me repose...."
" ....car n'est-ce pas cela que Dieu offrait en récompense dans le Cantique des Cantiques, le repos. Il faut vieillir pour apprécier la paix..."
" Dans la jungle, on ne pouvait pas contrer le manque de considération d'autrui. Il n'y avait pas d'antidote à l'agressivité et au "sans-gêne" J'étais instinctivement contre la brutalité, j'avais cru qu'il était possible de s'expliquer. J'ai vite compris que raisonner était vain lorsque l'autre tenait à imposer son bon vouloir. Nous vivions en huis clos, sans lois et sans juges "
" La Jungle a fait de nous des cancrelats; La cohabitaiton obligatoire tourna au supplice. Clara, enceinte, fait l'unanimité contre elle. L'enfer, c'est les autres !"
" Je me découvrais dans le miroir des autres. La haine, la jalousie, l'envie, l'avarice, l'égoïsme, c'est en moi que je les observais. J'ai été choquée de m'en rendre compte et je n'aimais pas ce que j'étais devenue ! Maintenant quand j'écoutais les critiques des autres à mon égard, je me taisais. Moi aussi j'avais couru aux marmites pour avoir les meilleurs morceaux, moi aussi j'avais envié une paire de chaussettes ou une écuelle plus grande et accumulé des petits stocks de nourriture pour assouvir ce qui ne peut que s'apparenter à l'avarice "
" il y avait dans notre psychologie de prisonnier, une tendance masochiste à croire que ceux qui luttaient pour notre liberté le faisaient pour des raisons opportunistes : nous ne pouvions pas croire que nous étions encore dignes d'être aimés"
Ingrid parle des liens d'amitié tissés au fil des années de détention avec Lucho, un politicien colombien, arrêté bien avant elle, avec Marc ( plus ou moins une amitié amoureuse mais qui s'arrêtera à leur libération), avec ses gardien(ne)s. Ils ( elles ) lui apprennent la couture, le tissage. Elle leur apprend le Français. Quand tout va bien et que le chef de camp est permissif...
Elle n'évite pas le sujet délicat de Clara. Clara l'a suivie de son plein gré dans sa campagne et dans l'expédition qui leur vaudra leur emprisonnement. Ingrid et Clara n'étaient pas des amies, elles ne le sont pas devenues. Et pourtant Ingrid sera la marraine du bébé né dans la jungle, elle s'en occupera jusqu'à ce qu'il soit confié aux gardiennes. Clara et elle seront complices dans diverses tentatives d'évasion, toujours rattrapées !
Pour conclure, je dis ici mon admiration devant la ténacité de cette femme, son amour des autres et son instinct de survie absolument incroyable.
Vous apprendriez, vous,, un dictionnaire poar coeur en pleine jungle, le ventre vide ? Vous liriez la Bible en souffrant d'un hépatite grave jusqu'à ce que vos yeux se ferment de fatigue ?
16 juin 2011
Communiquer autrement (4) Les besoins
Nous avons vu jusque là que nos émotions et sentiments nous invitaient à prendre conscience de nos besoins.
En matière d’études sur les besoins, impossible de ne pas citer le psychologue Abraham Maslow et sa célèbre pyramide des besoins, il s’agit en fait d’une étude sur la motivation dans laquelle il utilise cette classification.
Maslow classe les besoins en 5 catégories :
Les besoins physiologiques (indispensables à notre survie biologique, boire, manger, dormir, etc.)
Le besoin de sécurité (celui d’avoir un abri, d’être à l’abri des agressions, de pouvoir assumer son quotidien matériel, etc.)
Le besoin d’appartenance auquel est associé celui d’aimer et d’être aimé d’un conjoint, d’un groupe dans lequel on est reconnu. Ce besoin est également souvent associé au besoin de reconnaissance sociale mais ne peut se confondre avec lui.
Le besoin d’estime, avoir confiance en soi et être reconnu des autres, avoir une activité sociale (dans le travail, les loisirs, la vie associative, etc..) qui soit valorisante à nos propres yeux et selon nos critères personnels.
Le besoin de s’accomplir, le besoin d’engagement, de trouver du sens à ce qu’on fait, d’accomplir une œuvre quelle qu’elle soit.
Pour Maslow, il est important de ne pas chercher à satisfaire un niveau de besoin avant d’avoir satisfait les précédents.
En CNV, on dit que les émotions sont là pour nous alerter sur nos besoins, pour qu’on en prenne conscience et qu’on puisse les communiquer à l’autre. La contre partie est qu’on puisse aussi avoir conscience que l’autre en face de nous, celui-là même qui manifeste une émotion plus ou moins forte, a également des besoins. Il est donc nécessaire de décrypter ce qui se passe en nous pour prendre conscience de nos besoins et y répondre.
Et c’est là que ça se corse un peu ! Prendre conscience de nos besoins, les exprimer et y répondre ce n’est pas la porte ouverte à la tyrannie et à l’égoïsme, bien au contraire. L’objectif est toujours d’avoir une communication plus saine, plus respectueuse de soi et de l’autre et de ne pas répéter indéfiniment les mêmes conflits, les mêmes comportements qui reproduisent toujours les mêmes voies sans issue.
Pour cela il faut avoir dépassé le stade de l’esclavage affectif et bien se demander à qui appartient le problème.
La première prise de conscience indispensable à toutes les autres c’est qu’être dans une relation positive avec l’autre ce n’est pas faire passer ses besoins avant les nôtres. Hors c’est souvent le cas dans les relations, qu’elles soient de couple ou parentales.C’’est le meilleur moyen pour faire de l’autre un fardeau, un poids trop lourd à porter quand il ne devrait être qu’un autre avec lequel partager dans la joie. En effet si chaque fois que l’autre est mécontent nous pensons en être responsable et devoir agir pour changer cet état d’insatisfaction chez lui, nous nous rendons responsable d’un poids énorme tout en ne lui laissant guère d’autonomie ! Et au passage, on ne s’occupe pas de nos propres besoins et donc on se met la plupart du temps dans une position d’attente vis-à-vis de l’autre supposé comprendre à demi-mots, voire sans mots, nos besoins et nos attentes. Ainsi on entre dans un cercle vicieux de dépendance affective où personne ne s’occupe de ses propres besoins et où les attentes vis-à-vis de l’autre sont démesurées. Voilà ce n’est pas très joyeux mais je viens de vous décrire le premier temps d’une relation de dépendance, voire de tyrannie affective, celui qu’on appelle la soumission, soumission au désir de l’autre.
La phase suivante n’est pas beaucoup plus joyeuse, on l’appelle d’ailleurs la Phase Exécrable : Force et Pouvoir ! Généralement dans cette phase, on réalise qu’endosser la responsabilité des besoins et désirs des autres revient très cher. Cela soulève en principe tristesse et colère et entraine des réactions plutôt violentes et excessives. On veut absolument faire entendre ses besoins et ses attentes, on revendique plus qu’on ne s’exprime positivement et on écarte les attentes de l’autre, voire on s’en moque car elles engendrent toujours peur et culpabilité. Bref, une période délicate où on est plus proche du sale gosse capricieux que d’un conjoint aimable pour ne parler que des incidences dans le couple !
Enfin, on peut arriver avec un peu de volonté, de l’amour pour soi et pour l’autre, tout au moins de la bienveillance, un peu de patience et l’envie d’aller mieux à une phase de libération affective où on recherche la coopération.
A partir de ce moment là, on a pris conscience de ses besoins (besoins d’écoute et de respect, de soutien, de considération, de trouver du sens à ce qu’on vit et fait, de cohérence, de liberté, de mouvement, de confiance, d’information, de contribuer à, besoin d’aimer et d’être aimé, etc etc) Alors on peut les exprimer à l’autre sans violence et entendre les siens sans se sentir menacé, on peut poser une demande sans exiger qu’elle soit satisfaite, on peut répondre à la demande d’un conjoint par bienveillance et gentillesse, par envie de lui faire plaisir et de prendre soin de la relation et non par peur de le perdre ou par obligation et devoir. Nous avons autant conscience que nous ne pouvons assouvir nos besoins au détriment d’autrui que du fait que nous ne sommes pas responsables de l’ensemble de ses besoins ou sentiments.
Ce jour là on se sent plus léger parce qu’on ne porte que la responsabilité de nos choix et de nos actes et que nous pouvons poser des demandes respectueuses de nous-même et de l’autre.
Je vous propose de parler des conditions de cette demande et des possibles modalités de résolution des conflits dans le prochain article.
13 juin 2011
Impressions de Venise
Ils sont déjà tant et tant à avoir tenter de dire un peu de Venise que je me sens toute petite à vouloir glisser quelques mots supplémentaires sur cette ville rêvée. Peut-être évoquer le sentiment de bonheur qui me traversa lorsque, sortant du tunnel du Fréjus, les notes de Nabucco de Verdi retentirent dans la voiture: j’ai du sang italien qui coule dans mes veines et je lui rend hommage. L’arrivée sur Venise elle-même se fera le lendemain matin, après l’installation dans notre logement situé à vingt minutes de Venise en train, avec un propriétaire aux petits soins pour nous.
On sort de la gare Santa Lucia: Et quand nous arrivons dans cette ville singulière, nous la contemplons infailliblement avec des yeux prévenus et ravis, nous la regardons avec nos rêves *. On se tient sur les marches, la foule nous frôle, cela fait cinq ans que ce séjour est imaginé, fantasmé,abandonné, ressuscité et je crois que même là devant le ponte degli Scalzi qui enjambe le Grand canal, je ne suis pas entièrement sûre que j’y suis enfin…. En plein Santa Lucia, Venise se retient encore, diffère son ultime fois de s’offrir. Sitôt dehors, la ville s’ouvre comme une coquille qui découvrirait somptueusement le plus troublant des secrets. L’instant du regard prend alors valeur d’infini **.
C’est à pied que je souhaitais m’initier à son labyrinthe. Je crois que je souhaitais me perdre. Prendre le temps de l’errance et de la surprise. Le guide bleu au fond du sac, l’appareil photo autour du cou, je gravis les marches du premier pont, sursautant en voyant la signature de Pitr et Ella sur l’une des marches, des artistes de chez moi ,et que je retrouverai à plusieurs reprises dans les rues de la ville….Je déambule, j'e regarde, je sens, je souris, je murmure que le bonheur c’est peut-être simplement cela , cette intense présence à soi-même. Je passe de la foule à la solitude en un virage à droite, du soleil à l’ombre en un virage à gauche, de la chaleur à la fraîcheur en poussant la porte d’une église où je peux aussi me reposer…Et les églises ne manquent pas à Venise….heureusement pour moi, même si de nombreuses sont payantes… mais pleines de trésors…L’église San Polo fut la première où j’entrai et déposai un peu ma fatigue. J’ai le souvenir d’un Chemin de croix de Giandomenico Tiepolo exposé dans l’oratoire.
Je ne suis pas spécialiste d’art alors je me laisse simplement happée par une lumière, un regard, une brume, une mélancolie…Les églises sont chargées à mon goût mais tout au long de ces visites, j’ai appris à les aimer, à les laisser me montrer ce qu’elles avaient à dire. Même si, feuilletant au retour guides et livres d’art , je m’aperçois que je n’ai rien vu ou presque. Mais c’est ainsi que j’avais décidé de m’approcher de la ville car je sais déjà au fond de moi que j’y retournerai….
On revient déambuler entre les canaux, on se laisse séduire par les reflets , hypnotiser par les changements de couleurs, les résilles d’ocre où s’arriment les songes.
On ne retrouve pas la trattoria repérée un peu plus tôt sur une petite place isolée, tant pis on ira sous une autre enseigne déguster un foie de veau à la vénitienne avec sa polenta, tout simplement délicieux. Un espresso, à l’italienne bien sûr, et les batteries sont rechargées pour la suite du périple. Ensuite, sans entrer dans la basilique Saint Marc, car ce n’est pas encore le bon moment, on rejoint la place, puis on longe le Grand Canal et son agitation, on se glisse dans la houle qui veut voir l’incontournable Pont des soupirs qui relie le Palais des Doges aux cachots des Prigioni nuove que nous visiterons un autre jour.
Le pont des Soupirs est un sarcophage qui s’envole.***
La fin d'après-midi nous trouve épuisés, assis sur des marches à déguster une glace. Nous n'avons pas encore pris le rythme, mais le bonheur est là!
Si je devais résumer cette première journée ce serait lumière et ombre, rouges et ors, cuir et chèvrefeuille , foule et silence, marbre et eau, rêve et réalité….
*Guy de Maupassant
**Yves Peyré
***André Suares
Ces trois citations proviennent du livre de Gabriella Zimmermann “ Venise au fil des mots” qui est un véritable florilège de textes écrits sur Venise.
11 juin 2011
Albi, la rouge*
inscrite au Patrimoine mondial de l’Unesco depuis le 31 juillet 2010…
La cathédrale fortifiée Sainte Cécile qui domine le centre ville historique. Elle fut édifiée par les catholiques pour lutter contre l'hérésie cathare
Ses petites rues avec ses maisons à colombage
Il est hébergé dans le magnifique palais de la Berbie, ancien palais des archevêques d'Albi, qui domine la rivière.
Le Palais de la Berbie et ses jardins forment avec la cathédrale l'ensemble de la cité épiscopale édifiée après la croisade contre les Albigeois.
L'édification d'une telle construction permit de protéger les évêques d'Albi, devenus les maîtres de la ville, des hostilités des cathares et des bourgeois d'Albi. ![clip_image002[14] clip_image002[14]](http://storage.canalblog.com/11/57/682456/65442328.jpg)
Elle permit aussi de se protéger d'éventuelles attaques extérieures et de renforcer la présence de l’inquisition. Le nom de Berbie vient de l'occitan bisbé qui signifie évêques. ![clip_image002[22] clip_image002[22]](http://storage.canalblog.com/55/92/682456/65442333.jpg)
Au XIIIe siècle, l'évêque Bernard de Castanet est le personnage décisif dans la construction de cet ensemble. Il fait construire le donjon haut de cinquante mètres, les quatre tours et les murailles. Il entoure le palais de courtines et de remparts extérieurs jusqu'auTarn. C'est à l'origine un château-fort qui se transforme au fil des siècles en résidence. En 1905, le palais devient le domaine du département et le maire Andrieu y installe le musée d'Albi. Il devient ensuite après la mort d'Henri de
Toulouse-Lautrec en 1922 le musée en l'honneur de Toulouse-Lautrec avec la dotation de ses œuvres par sa mère à la municipalité
Intérieur de la bâtisse magnifique, toiles et dessins de Toulouse-Lautrec superbes
La vue sur les berges du Tarn est superbe sous un soleil digne d’un soleil d’été. Certains se croient même à Albi Plage
Albi, ville de lumière, ville de naissance de Henri de Toulouse-Lautrec, Jean-Jaures, Georges Pompidou…
Pour faire un visite virtuelle de’Albi, cliquez sur la photo suivante:
*: Merci à ma sœur et à ma nièce Lucie pour les photos et le reportage.
09 juin 2011
Communiquer autrement (3)
Émotions et sentiments
Nous avons vu dans les précédents articles que pour bien communiquer, il était important de se baser sur l’observation des faits et de parler avec ce qu’on appelle (selon les principes de la CNV) des messages "Je", lesquels obligent à se centrer sur son propre vécu et ressenti au moment des faits.
Parlons un peu d’émotions et de sentiments... Des mots mis à toutes les sauces d’un vocabulaire approximatif pour ne pas dire appauvri (mais là je digresse et divague, donc revenons à nos moutons). On parle beaucoup dans les différents médias traitant de développement personnel et psychologie du bien-être, des émotions ; de la nécessité de les écouter et de leur faire confiance (sic !) et chacun y va de sa propre définition qu’il croit universellement partagée.
Je vais donc vous livrer les définitions sur lesquelles nous nous sommes accordés dans ces temps d’échange et de formation. Je ne dis pas qu’elles sont justes et vraies, simplement nous les avons tenues pour telles afin d’avoir un support commun à partir duquel travailler.
Émotion :
On distinguera ici 4 grandes familles d’émotion : la Peur, la Colère, la Joie, la Tristesse.
On part du principe qu’une émotion est une réaction physiologique plus ou moins consciente et involontaire à une stimulation extérieure. Elle est transmise par le corps et a une première fonction d’alerte interne destinée à nous permettre de préserver notre intégrité physique.
Émotion vient de l’ancien français et se décompose comme suit :
é : vers l’extérieur
motion : mouvement.
Il s’agit donc bien d’un mouvement de l’intérieur vers l’extérieur qui se décompose en 3 temps : la charge, la tension, la décharge.
Certains parleront d’intelligence émotionnelle, je dirais pour ma part qu’il est nécessaire de prendre compte l’émotion comme signal ou alerte d’un « quelque chose qui se passe en nous », quelque chose à décrypter car l’émotion nous alerte sur nos besoins.
Une réaction très vive, voire trop, a le plus souvent deux causes possibles :
- C’est l’évènement de trop, un qui se reproduit pour la énième fois (une fois de plus votre conjoint a oublié de faire les courses, une fois de plus votre patron vous a demandé un travail important à la dernière minute, etc etc)
- Nous revivons une situation de souffrance liée à notre passé et qui le plus souvent n’est pas connue de l’autre ( par exemple votre fils a oublié de vous appeler pour vous souhaiter votre anniversaire et vous revivez les déceptions de votre enfance quand votre père oubliait de vous souhaiter votre anniversaire, votre collègue a plaisanté sur votre nouvelle tenue et vous êtes retrouvée dans la cour de l’école quand vos petits camarades se moquaient des tenues excentriques imposées par votre mère qui ne jurait que par l’originalité et la nécessité de se démarquer…)
Le sentiment :
C’est la résultante d’éléments émotifs et imaginatifs, c’est un état plus ou moins stable et clair pour celui qui le vit et il persiste en l’absence de toute stimulation concrète (le sentiment d’aimer qui perdure au-delà de la présence de l’être aimé, le sentiment de culpabilité qui persiste au-delà de l’acte déclencheur).
Le plus souvent, le sentiment est une association de plusieurs facteurs complexes y compris d’émotions associées. Si on reprend l’idée du sentiment de culpabilité, on y retrouve la peur et la colère retournée contre soi.
Les sentiments et leur identification par celui qui les ressent sont la seconde composante importante de la CNV pour nous attirer notre attention sur ce qui se passe en nous. Il est important d’être conscient de nos sentiments et de pouvoir les verbaliser clairement.
Il est donc nécessaire d’avoir un vocabulaire adapté, le plus développé possible car parler de ses émotions puis de ses sentiments peut suffire à dénouer certains conflits, notamment dans le cercle familial ou affectif. Montrer sa vulnérabilité en exprimant ses sentiments est nécessaire à l’établissement d’une relation de confiance où chacun est reconnu dans ce qu’il vit.
Attention à ne pas élargir trop vite ce type d’attitude, notamment dans la sphère professionnelle et sociale ; quand les deux ne sont pas initiés à la CNV, son usage peut être contre-productif et soulever des émotions très vives chez l’autre ou lui donner des atouts pour nous manipuler.
Donc, on y va doucement avec les émotions, les sentiments et l’annonce qu’on peut en faire à un autre, pas forcément prêt à les recevoir !!!
Émotions et sentiments sont des messages, des indicateurs que quelque chose se passe en nous qui est comblé, satisfait ou qui demande de l’attention, n’est pas satisfait. Ce quelque chose en CNV se nomme le BESOIN.
Nos sentiments et nos besoins sont liés, ils proviennent non pas tant des évènements extérieurs que de nos besoins.
Mettre en lien nos émotions, sentiments avec nos propres besoins, ne pas en attribuer la responsabilité à l’autre sera le thème du prochain article.
07 juin 2011
TEST : MACHISTE ou pas ?
Thème d'actualité : LE MACHO....
Si vous voulez savoir si vous vivez avec un macho ou si, vous-même, en tant qu'homme êtes un tant soit peu machiste, faites ce test !
1. Une conductrice doit s'y prendre à deux fois pour se garer et bloque le passage. Vous grommelez :
a) Rien du tout : ça vous arrive aussi. 5 points
b) " Le créneau, c'est pas sa spécialité, à celle-là !" 1O points
c) " Femme au volant, mort au tournant !"15 points
2. Samedi 18h. Vous avez faim. Vous dites à votre compagne :
a)" T'as envie de manger quelque chose de spécial ce soir ?" 5 points
b) " Qu'est-ce tu nous fais de bon à manger ce soir ?" 1O points
c) " Qu'est ce qu'on mange ce soir ?"15 points
3. Vous avez acheté un cadre. Il n'y a plus qu'à planter un clou dans le mur. Vous dites à votre compagne :
a) "Tu le fais ou je le fais ?" 5 points
b) " Je vais le faire, j'ai l'habitude ! " 1O points
c) " Ne t'approche pas de ce marteau, malheureuse !" 15 points
4. Vous avez besoin de votre superbe chemise bleue, ,mais elle sort du sèche-linge. Vous dites à votre compagne :
a) " Tant que j'y suis, t'as encore d'autres choses à repasser ?" 5 points
b) " Bon, tu me la repasses cette chemise, s'il te plaît ?" 1O points
c) " Comment se fait-il que je n'ai jamais rien à me mettre dans cette baraque ?" 15 points
5. Grande première à la télé, c'est une journaliste qui va commenter la finale de la Coupe des Coupes de Foot. Votre commentaire :
a) " A cette heure-là, je regarde " Les Desperate Housewives" 5 points
b) " Encore un coup de pub de la Chaîne !" 1O points
c) " Elle sait que ça se joue à 11 contre 11 ?"15 points
Scores :
- entre 25 et 35 points :
Pour vous l'égalité des sexes , c'est une évidence ! Depuis le bac à sable, vous avez compris que la gentillese, la méchanceté, l'intelligence ou la connerie n'est pas une question d'avoir ou pas un "zizi" entre les jambes !
- entre 40 et 50 points :
L'androcentrisme ( préjugé selon lequel mes femmes sont inférieures biologiquement et socialement ) a la vie dure ! C'est regrettable ! Un peu d'humour et de décontraction...Sinon, essayez donc de montrer votre (in-)aptitude à vivre plus d'une semaine sans elles dans la maison....
- au-delà de 5O points :
Au boulot, au volant, sur un terrain de sport, partout vous vous sentez supérieur à la femme, objet uniquement décoratif à vos yeux ! Vous êtes un macho parfait et qu'on n'aille pas vous rabattre les oreilles avec un pseudo-complexe d'infériorité et votre besoin de réaffirmer votre virilité en permanence : tout ça ce sont des bêtises pour magazines féminins !
Attention toutefois : la loi du 1O mai 2OO7 interdit toute discrimination entre homme et femme.
La phallocratie est punissable !
Source : Organisation pour la défense des Droits de la Femme/ Machomania / Le Soir 4 juin 2O11
PS. Par manque de place, je n'ai mis ici que la moitié des questions du test. Je tiens les autres à votre entière disposition au cas où ce sujet vous intéresse....
Amanda
05 juin 2011
Le train d’Yvette
Comme une rivière irriguant une vallée, le passage du train, en cette fin de 19ème siècle, pouvait donner naissance à une petite ville, en tout cas fortifier l’économie balbutiante.
Le tracé de la voie ferrée pouvait se heurter, comme aujourd’hui pour autoroutes ou voies rapides, à l’hostilité des édiles et des populations locales.
Lors de la création de la ligne reliant Brive la Gaillarde à Toulouse via Capdenac, le passage par les vallées de la Tourmente et de la Sourdoire pouvaient être envisagées. Deux châteaux les surplombaient: Curemonte
et Turenne
Selon Jean Lalé dans son livre sur Curemonte,
“La ligne de chemin de fer Brive-Toulouse par Capdenac aurait du passer par la vallée de la Sourdoire. Suivant là quelques exemples célèbres: Orléans et Tours entre autres, les riverains, et la municipalité de Curemonte la première, s’y sont farouchement opposés. Sur son tracé actuel, elle a semé la prospérité, faisant même naitre une localité qui n’existait pas: Les Quatre-Routes du Lot.
La commune des Quatre Routes a été créée autour de la gare de chemin de fer récemment établie. Son territoire provient du démembrement des communes de Cazillac, Condat, Cavagnac et Strenquels. La gare, place essentielle où l’on expédiait tous les biens agricoles produits dans les environs (bestiaux, noix, arbres fruitiers). L’économie de la commune s’est ainsi rapidement développée par le regroupement des populations environnantes, services, commerces, notamment bars, restaurants et autres lieux de réjouissance dont l’activité culminait les jours de foire. Négoces, professions libérales ont rapidement vu le jour ainsi que des industries de transformation (vêtements, menuiserie, pépinière fruitière et ornementale).
On dit ( http//:fr.wikipedia/Wiki/Les_Quatre-Routes-du-Lot ) que cette expansion fulgurante n’est pas sans rappeler, par son côté romanesque, l’imagerie de l’Ouest américain.
Au fil de l’histoire, la commune s’est enrichie avec l’afflux d’immigrés (Espagnols, Italiens, Portugais) fuyant le totalitarisme ou la guerre. plus tard, il y aura même, à l’appel de l’industrie locale du bois, une communauté turque qui se stabilisera. Et au cours de la seconde guerre mondiale, la commune hébergera un fort foyer de résistance.
Mais dans les années 70, un fort ralentissement économique s’est fait ressentir, portant le taux de chômage à 15,6%. La gare de chemin de fer n’est plus ce qu’elle était encore dans les années 50 du 20ème siècle.
La décrépitude du panneau à l’intention des usagers en témoigne… Et la gare située en amont –Turenne Gare, quasiment abandonnée, est
.
dans un état plus lamentable encore…
Pour avoir un témoignage de ces années cinquante, j’ai rencontré Yvette qui était dans sa prime jeunesse, employée par l’usine de confection des Quatre-Routes, puis suite aux premiers licenciement annonçant le déclin de cette industrie locale, est “montée” à Brive pour une activité similaire.
Et bien sûr, le train était le seul moyen de locomotion pour se rendre à la cité gaillarde éloignée de 26 km. La différence de salaire - 16 000 francs grimpant à 19 000 F -devait permettre de payer la carte hebdomadaire SNCF délivrée chaque lundi matin par le chef de gare. Le train tractée par la locomotive
était quasiment plein les jours de semaine, embarquant hommes et femmes pour œuvrer dans les entreprises industrielles ou du bâtiment. Et Yvette se rappelle de ces voyages journaliers qui donnaient l’occasion aux jeunes de plaisanter tout au long du chemin. Plus tard, la micheline remplacera la loco
Ici en gare de Brive.
Mais déjà, la mutation économique commençait, marchant de pair avec la désertification rurale liée à la rentabilité insuffisante des propriétés agricoles? Une importante coopérative agricole achetant et expédiant les produits fermiers locaux avait fermé ses portes dans les années quarante.
Vers la fin des années cinquante, Yvette rejoindra son mari entré à la RATP sur concours. Elle débutera son séjour parisien de plus de trente ans dans les profondeurs du métro. Elle y exercera notamment la profession chère à Gainsbourg…
Veuve à quarante ans de son mari conducteur de rame, elle poursuivra son activité à la RATP pour terminer chef de poste dans le RER . Et là, c’était le travail en surface, voyant enfin ciel et nuages. Ce ciel bleu du Quercy qui lui avait tant manqué quand elle travaillait en sous-sol…
Yvette coule aujourd’hui une retraite bien méritée dans l’immédiate proximité des Quatre-Routes où elle y a tant de souvenirs…
Le déclin économique de cette localité (la population en nombre est quasiment stable) qui s’apprête pour mai 2012 à fêter son 100ème anniversaire va de pair avec celui de sa gare. Néanmoins, la ligne Brive-Toulouse par Capdenac a été maintenue par l’action soutenue des cheminots, usagers, élus qui refusent de voir disparaitre cette voie d’irrigation quasiment aussi naturelle que la Tourmente qui, avant de rejoindre la Dordogne, serpente dans la vallée précédant les Quatre-Routes du Lot.






















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