21 juin 2011
Dansent les petits pieds
Rareté indéniable dans notre immédiate proximité, le spectacle donné en cette mi-juin par les élèves de l’école de danse de Vayrac valait forcément le déplacement. C’était en tout cas notre sentiment dès que Manon du haut de ses sept ans nous lançait une invitation pour le samedi soir.
A l’approche du cinéma l’Uxello situé sur la route de la bataille d’Uxellodunum (comme je le soulignais récemment ici même), vu le nombre inhabituel de voitures en stationnement, on savait que parents, voisins et amis des petites danseuses avaient saisi l’occasion de s’émerveiller du talent des petites lotoises (et corréziennes proches) qui fréquentent assidument le cours de danse, pour certaines depuis plusieurs années déjà.
- Sont-ils venus ? semblaient s’interroger les petits minois curieux apparaissant sous le grand rideau rouge;
- Oui ! Oui ! Ils sont tous là, répondaient les petits pieds nus gigotant à qui mieux mieux, visibles depuis les gradins de la salle sous le rideau majestueux.
On imaginait ainsi, bruissement des voix enfantines aidant, que les danseuses n’attendaient que la musique pour faire démonstration de leur jeune talent.
L’auteur de ces lignes, sans doute intimidé par l’atmosphère qui se dégageait de l’ambiance, n’osera pas sortir l’appareil photo bien calé au fond de sa poche. Les lecteurs de cet article devront donc se contenter des
illustrations glanées sur Google images
Non, danser n’est pas sorcier ! semblait acquiescer le premier groupe de débutantes parmi lesquelles ma moitié m’indique laquelle est Manon, notre petite voisine. “L’impressionnisme” nom donné à cette première prestation méritait bien son nom par les couleurs chatoyantes des costumes et les longs rubans qui s’agitaient en sarabande effrénée, maniés avec adresse par les six petites danseuses suivies sur la scène des “débutantes” dans un tableau nommé “Degas”.
Les petits pieds nus s’imaginent-ils un jour avec de vrais chaussons de danse?
Le néophyte ne saurait vous décrire les tableaux successifs dont le programme nous dit qu’ils sont à classer dans l’art abstrait. Cependant, le spectacle était de qualité, notamment avec les plus grandes filles qui exécutaient des figures sans la moindre anicroche ou tâtonnement apparent pendant des chorégraphies qui duraient jusqu’à huit minutes.
Enchainements parfaits, absence de temps mort, les thèmes se succédaient, avec utilisation judicieuse de bâtons, cerceaux, longue toile noire sur lesquels se projetaient tour à tour les jeunes corps plus tard enveloppés dans des grands sacs qui leur donnaient l’aspect de fantômes déambulant sur scène. D’une durée d’une heure et quart, le spectacle dont était absent tout commentaire est passé à la vitesse de l’éclair, ponctué des applaudissements que ne ménageaient pas les spectateurs privilégiés dont nous étions grâce à l’invitation de Manon.
Ces cours d’initiation, débutants, intermédiaires ou avancés selon les termes du programme susciteront-ils des vocations de danseuse étoile
pour une interprétation du Lac des Cygnes ?
Où utiliseront-elles leur savoir-faire pour émerveiller les yeux des spectateurs lors de concours de
salsa à moins que ce soit de country?
Ce spectacle n’a lieu, parait-il que tous les deux ans. Selon mes informations, Annick, l’animatrice ne bénéficie pas de subvention et ce sont les parents qui financent les cours de danse, les recettes de ce samedi soir couvrant guère plus que les frais d’organisation, vidéo, sonorisation, location de la salle, costumes…
Nous avons un peu regretté que l’animatrice n’ait pas pris la parole pour donner des informations au public présent, féliciter les jeunes danseuses, mais l’organisation du spectacle, le maintien de la discipline indispensable et pas forcément acquise d’avance avec la trentaine d’élèves suffisaient peut être à la peine de la valeureuse animatrice. Nous l’excuserons donc bien volontiers !
Je laisserai le mot de la fin à Céline, maman de Manon : la participation au cours de danse est une aide appréciable dans la scolarité de l’enfant , ainsi libérée de sa timidité… et pour rien au monde, elle ne voudrait rater le cours de danse du mardi soir !
Manon, nullement lassée de l’exercice de la veille, esquissait des pas de danse depuis le matin : dansent les petits pieds !
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Tu retranscris avec beaucoup de saveur l'excitation de ces petits pieds qui s'agitent. J'aime comment tu nous racontes cette soirée
Tout à fait d'accord avec le commentaire de Sherkane, pour l'avoir vécu régulièrement tu retranscris bien l'ambiance de ces spectacles en milieu rural. Et puis comme le dit la maman de Manon danser et donner un spectacle sur scène libère de la timidité et comme tu l'as souligné, la danse c'est en plus beaucoup de discipline! merci pour ce sympathique article Catsoniou
A l'heure de Google et de Facebook, quel rafraîchissement que ces petits pieds qui dansent !
Que du bonheur que tu nous a fait partager !
L'importance et la beauté de l'expression du corps par la joie de la danse permettant de se libérer sur plein de choses comme la timidité. Tellement précieux pour les enfants.
Un beau texte, merci catsoniou.
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