30 mai 2011
Communiquer autrement (1)
Durant ces derniers mois, j’ai participé à des ateliers d’initiation à la Communication Non Violente, l’objectif était de communiquer autrement, plus efficacement et surtout dans le respect de soi et de l’autre.
Mais encore me direz-vous, c’est quoi communiquer autrement ? Les participants avaient des objectifs différents mais tous voulaient communiquer sans violence, éviter les conflits à répétition avec leurs enfants, leur conjoint, leurs collègues ou leur directeur.
Comment faire pour communiquer sainement, se créer un espace de liberté intérieure dans lequel on peut inviter l’autre, pour qu’à son tour il communique plus librement et que se dénouent les tensions relationnelles ?
Ici pas de recettes magiques à appliquer à toute situation et toute personne mais une sorte de synthèse de différentes pistes explorées et des différents outils utilisés par l’Ecole des Parents de la Drôme www.epedrome.com qui réalise cette initiation, pistes et outils issus principalement du mouvement de la CNV (communication non violente selon les bases de Marshall ROSENBERG et Thomas GORDON les fondateurs) et de l’IFMAN (Institut de recherche et de formation du mouvement pour une alternative Non-Violente). Chacun s’est largement inspiré des réflexions de Carl Rogers http://fr.wikipedia.org/wiki/Carl_Rogers, psychologue humaniste américain, père de l’approche centrée sur la personne (ACP) et de la non-directivité.
Avant de vous présenter les principales étapes de cette méthode et de ces outils, je vais rappeler quelques repères pour faciliter la communication :
S’affirmer sans agresser c’est :
• Donner des informations sur des faits concrets, si possible datés, en nommant les différents acteurs et en évitant d’asséner une étiquette
• Donner des informations sur le cadre dans lequel on se trouve (je n’ai pas le droit ou les moyens, je me suis engagée à…)
• Prendre le temps d’observer son attitude et celle de l’autre, le non verbal a également son importance et il est courant de voir une communication qui « ne passe pas » parce que le regard ou le ton de la voix est en contradiction avec les paroles (par exemple : je t’écoute mon chéri, je suis là pour toi en levant les yeux au ciel ou tapotant du doigt sur la table avec fébrilité !)
• Donner des informations sur soi, son ressenti (j’ai peur de, je me sens blessé, je suis étonné de…) ses besoins personnels et ses limites (j’ai besoin d’être entendue, je me sens capable de gérer cette situation…)
• Se positionner dans le conflit quand il y en a un : (en tant que responsable de, je vous demande, je refuse de cautionner cet acte… en tant référent éducatif de cet enfant, je propose que…)
• Ecouter le point de vue de l’autre en essayant de comprendre comment il vit la situation, ce qui est important pour lui.
• Ecouter ne veut absolument pas dire être d’accord et il est important de reconnaitre que parfois il n’y a pas de solution trouvée immédiatement, selon l’intensité émotionnelle de la situation, il est parfois préférable de remettre la décision à plus tard et de prévoir un temps d’échange ultérieur où chacun pourra être plus en capacité de prendre du recul par rapport à la situation génératrice de tensions et/ou conflits.
Les quatre points principaux sont :
• L’observation
• L’identification des besoins
• Nommer le sentiment
• Formuler une demande
Je détaillerais chacune des étapes dans de prochains articles pour celles et ceux que ça intéresse.
26 mai 2011
En voiture pour Aurillac !
Il est parfois des expositions qui, rappelant un passé plus ou moins lointain, sont néanmoins ancrées dans le présent. C’est le cas de celle qui se termine ce jour
en gare de Bretenoux-Biars (Lot).
Biars qui se dit “capitale européenne de la confiture”…
La construction de la ligne Aurillac St-Denis-près-Martel est classée parmi les chemins de fer d’intérêt général déclarés d’utilité publique en 1875.
De l’eau a coulé sous les ponts de la Cère. Selon un tract syndical adressé aux élus et usagers du rail, “le train ne fera plus l’heure” si l’on en croit l’avertissement des cheminots…
Mais revenons à notre expo et le contexte de cette fin de 19ème siècle.

La ligne St-Denis à Aurillac, tout au long de la vallée de la Cère emprunte un itinéraire où il a fallu creuser les tunnels, construire les ponts, bref, réaliser avec les moyens de l’époque de véritables prouesses dans une région particulièrement accidentée.
Si vous observez la photo de droite –la gare de St-Denis - vous voyez en haut à droite des falaises: elles sont similaires à celles que devra franchir la ligne St-Denis Souillac par Martel…
Quant au travail fourni par le rail, il était important : 100 cheminots œuvraient en gare de St-Denis, il n’y a pas si longtemps. Puis, il y avait les postes particuliers comme celui où l’homme dans chaque wagon ou voiture freinait sur ordre du mécanicien de la locomotive et son sifflet…
Cette carte postale ancienne représente la gare de Turenne dont je parlerai dans un prochain article.
En amont, à la gare de Brive-la-Gaillarde, les jours de foire, côté marchandises, l’animation était de mise…
Côté desserte des localités, la compagnie de chemin de fer s’évertuait à répondre aux besoins des voyageurs: la preuve avec cet indicateur de 1893.
Autres temps, autres mœurs ! Excusez mon esprit chagrin, au vu des projets cités plus haut, je me dis parfois que la SNCF, à l’instar d’autres services publics, semble prendre des décisions prenant le contre-pied des besoins des gens aujourd’hui !
Les propositions du syndicat des cheminots sont-elle excessives ?
A proximité de la gare de Biars, le chantier des traverses emploie encore une centaine de personnes. Selon les anciens du secteur, l’effectif a grimpé jusqu’à 500 hommes qui exerçaient un travail pénible, mais relativement bien rémunéré. Aujourd’hui, la traverse bois est tombée en désuétude; et le comble : à 90% , elle est acheminée par camion !
En voiture pour Aurillac, fermez les portières s’il vous plait !
23 mai 2011
Les facteurs du ciel
Si je vous dis : « les premières heures de la poste aérienne internationale », vous pensez à l'Aéropostale, bien entendu...
celle de Mermoz, de Guillaumet, et bien sûr celle qu'a si bien raconté Antoine de St Exupéry. Mais qui se souvient de la naissance de cette incroyable épopée ?
Le 18 février 1911, un pilote inconnu, Henri Péquet, transporte un sac de courrier de 15 kilos, entre Allahabad et Naini (au nord de l'Inde). Un petit saut de puce au-dessus du Gange, un vol de 27 minutes exactement. On avait déjà transporté des lettres par avion, lors de meetings aériens, mais jamais pour un service postal régulier. Quelques jours plus tard, quelques londoniens reçoivent du courrier qui a voyagé depuis l'Inde par train, par bateau, mais aussi par avion ! Elles portent la mention « first aerial post » (premier courrier aérien) et sont les toutes premières d'un genre qui va se populariser tout au long du vingtième siècle. À cette date, l'avion devient un moyen de transport postal comme un autre, comme avant lui le cheval (dès 500 ans av. J.C. chez les perses), le train (1830 en Gde-Bretagne), le paquebot (1835 en France), sans oublier … le ballon et le pigeon !
Eh oui, on a tendance à l'oublier pourtant l'épisode est célèbre : envahis par les prussiens, en 1870, les Français passèrent par les airs pour communiquer entre zones libres et zones occupées. Depuis le ciel de Paris, ce furent près de deux millions de messages qui s'envolèrent vers la province, à bord de montgolfières et autres dirigeables, alors que des pigeons voyageurs assuraient le vol retour. Des microfilms (appelés à l'époque ''pigeongrammes'') étaient fixés à la queue des volatiles. Leur contenu était ensuite projeté par des lanternes magiques aux Parisiens assiégés, ainsi tenus informés de la situation dans le reste du pays. Du James Bond sous le Second Empire !
Mais revenons en 1911. Cette année-là, on recense d'autres vols postaux en Grande-Bretagne, en Italie, aux États-Unis. Deux ans plus tard, un avion chargé de lettres relie Villacoublay à Pauillac, en Gironde. Le courrier, posté la veille dans la capitale, est embarqué le jour-même sur un paquebot partant pour les Antilles. Gain de temps : 15 jours !
Malgré cette avancée remarquable, l'avion n'a pas encore les faveurs des autorités postales mondiales. Un moyen rapide, certes, mais pas assez sur, ni assez régulier.
Mais d'énormes progrès verront le jour pendant la Première Guerre Mondiale et la paix revenue, l'avion devient un des moyens les plus fiables d'acheminer du courrier. Si l'aviation commerciale se développe dans l'entre-deux-guerres, c'est uniquement grâce à l'aéropostale, aux États-Unis encore plus qu'ailleurs.
Dès mai 1918, les dirigeants de la poste fédérale se lancent dans l'aventure aérienne et posent les premiers jalons du réseau américain, portés par leur foi dans l'avion et l'exigence de leur activité. Le courrier doit passer, coûte que coûte ! L'US Air Mail Service apprivoise l'Amérique. Peu importe les Rocheuses, New York est relié à San Francisco en 1920. Plus fort : la poste américaine inaugure les vols de nuit. On installe sur les aérodromes des phares géants, les « plus importantes sources de lumière artificielle jamais produites par l'homme » Le courrier posté le soir à New York est distribué dès le lendemain matin à Chicago.
Après avoir étendu sa toile à travers tout le pays, l'US Air Mail Service passera le relais aux compagnies privées, qui continueront à étendre et populariser le service postal et surtout l'activité passagers.
Ailleurs aussi, les « facteurs du ciel » défrichent les continents, dessinant sur le Globe les routes aériennes bientôt empruntées par les passagers. Les Anglais rêvent de relier par les airs Londres à ses lointaines possessions : Karachi en 1929, Singapour en 1933, Hong Kong en 1936. le courrier est prioritaire, un seul passager inaugure l'escale hongkongaise, inconfortablement assis au milieu de 16 sacs postaux ! Les Hollandais relient Amsterdam à Batavia (Jakarta), les Belges Bruxelles à Léopoldville (Kinchasa au Congo), et les Français Paris à l'Indochine (en 1931) ou à Madagascar (en 1934). Et surtout, tous participent à la formidable épopée de l'Histoire de l'aviation commerciale : la conquête aéropostale de l'Amérique du Sud.
C'est l'aventure de l'Aéropostale chère à St Exupéry. Un projet insensé porté par Pierre-Georges Latécoère puis Marcel Bouilloux-Laffont : une liaison postale entre Toulouse et Santiago du Chili ! Plus de 13000 km par-delà le désert saharien, l'Atlantique Sud et enfin le massif des Andes ! Avec un matériel poussif et des pilotes dévoués : Mermoz, Guillomet, Vachet ou St Exupéry, tous embauchés par Didier Daurat, directeur d'exploitation, qui leur dit :
« n'oubliez pas que la fantaisie, l'héroïsme, n'ont pas de sens ici. Vous êtes des ouvriers. Pas d'éclat, pas d'exploit possible. Le public doit toujours ignorer votre nom sinon par une ligne dans le journal, le jour où vous serez assez maladroits pour vous faire tuer. »
Une mystique du courrier se développe. Quel que soit le temps, le précieux chargement doit passer, et à l'heure prévue. En 1929, le courrier circule entre Toulouse et Santiago, par avion et par bateau. L'aventure se poursuivra sous les couleurs d'Air France, en 1933, héritière de l'Aéropostale.
À la veille de la Seconde Guerre Mondiale, le monde entier est relié par les airs. L’Atlantique Nord – la voie royale – est « vaincu » le 20 mai 1939 par la PanAm, qui relie New York à Marseille avec 820 kg de courrier !
L'âge d'or de la poste aérienne est pourtant révolu. En 1938, le transport aérien du courrier représente 50% des recettes du trafic aérien. Il ne pèse plus que 9% en 1950, 4% en 1970, et à peine 1% de nos jours.
21 mai 2011
Une pie, tant pis ! Deux, tant mieux !
J’ai été amenée à m’intéresser aux pies grâce à deux spécimens particulièrement
fidèles et un rien intéressés, qui, chaque matin, viennent profiter de la distribution de croquettes au chat libre de ma résidence. Il ne m’a pas fallu longtemps pour m’apercevoir qu’une pie, souvent deux, venaient se percher sur le toit du garage, pour attendre les restes. Impatiemment, elles faisaient des allées et venues le long de la gouttière et poussaient même quelques "tchack-tchack-tchack-tchack-tckack" criards, qui avaient le don d’intimider le chat. Celui-ci, dégoûté de tant de hardiesse, ne tardait pas à délaisser sa pitance pour laisser le champ libre aux deux gourmandes….
J’ai pris l’habitude, pour éviter les contrariétés animalières, de leur réserver une poignée de croquettes que j’ai lancées, de plus en plus près de moi, avec l’arrière pensée de faire des photos de ces très beaux oiseaux…
Au début, la méfiance était de rigueur, ensuite elles m’ont laissé approcher à moins de deux mètres, si j’avais les mains vides, mais pas question de le faire si j’avais l’appareil dans les mains… Patience, patience et les choses s’améliorent un peu : j’arrive à voler quelques clichés quand elles sont occupées à picorer les croquettes généreusement distribuées… J’aimerai les fixer en vol quand on peut les admirer, ailes déployées, mais ceci est une autre histoire et pour l’instant, je « cale »…

Tout le monde reconnaît la pie à son plumage blanc et noir irisé de reflets métalliques bleu-vert, sa longue queue et son puissant bec. Les deux sexes sont identiques, même si le mâle est un peu plus grand (61 cm d’envergure contre 56 chez la femelle). De la famille des corvidés, elle peut vivre jusqu’à 15 ans. C’est un oiseau intelligent
Un couple de pies est uni par des liens solides et au moment de la parade nuptiale, le mâle offre de la nourriture à la femelle. Si l’offrande est acceptée, le couple construit un nid en cinq ou six semaines.
Dans un arbre, à quelques mètres du sol, dans une structure volumineuse faîte de solides branchages et constituant à la fois, l’assise et le toit, les oiseaux, bâtissent une coupe de boue tapissée de brindilles, de racines, et d’herbes. La structure est pourvue d'une entrée latérale protégeant le nid contre les attaques d'autres corvidés.
La pie bavarde est peu prolifique. La femelle pond et couve de cinq à neuf œufs gris-vert, tachetés de brun. Pendant cette période, elle est nourrie par le mâle. Puis, après l’éclosion (au bout de 16 à 21 jours) les deux parents nourrissent les petits qui quitteront le nid lorsqu’ils seront âgés d’environ un mois. Les familles restent unies jusqu’à l’automne…

La pie est un des nombreux exemples de victime de préjugés néfastes. Ne dit-on pas « bavarde comme une pie », « curieuse comme une pie » ou « voleuse comme une pie » ? Cela à cause de son chant qui n’a rien de mélodieux (tout le monde ne peut pas avoir la voix du rossignol), et de son habitude de subtiliser les objets brillants qui l’attirent et dont elle orne son nid, peut-être dans le but de séduire Madame…
Les amoureux de la nature lui reprochent de piller les nids de passereaux, oubliant qu’elle est elle-même victime des coucous et des corneilles qui détruisent ses petits. Plusieurs travaux sérieux menés en Angleterre et en Allemagne, montrent qu'il n'y a pas de corrélation entre la densité des petits passereaux et celle de la pie bavarde. Les pies ne représentent donc pas une menace réelle pour les effectifs des autres oiseaux. Son régime alimentaire est en effet constitué à 94% d'invertébrés dont 86 % d'insectes. Et il faut ajouter à ce menu des fruits, des graines, des petits rongeurs et divers déchets organiques d'origine humaine (elle apprécie le pain, la viande, les céréales, les fruits, les noix…)

Contrairement à une opinion communément répandue, la population des pies est globalement en régression. Certes, depuis une cinquantaine d’années, celle des pies citadines a augmenté et il n’est pas rare de les côtoyer dans les parcs et les jardins notamment au début de l’été, au moment de l’apprentissage du vol par les jeunes …
Il faut dire que leur situation à la campagne était devenue carrément sinistre. Toujours classée, en France, comme « oiseau nuisible » la pie peut être chassée ou piégée. En France, les piégeurs sont organisés en association, agréée en 2003 au titre de la protection de l’environnement par le Ministère de l’écologie…
D’après « Le monde de l’Ornithologie » "on estime à 2 225 000 couples reproducteurs la population des pies en France. Pour la seule saison 99-2000, les statistiques officielles font état de 180 000 pies piégées et 220 000 tirées… Et ce chiffre est largement sous-estimé puisque tous les oiseaux tués ne sont pas déclarés, loin de là. Si l’on estime à 500 000 le nombre de pies réellement tuées, on voit que l’on dépasse largement 10 % de la population détruite. Or à partir de 8 % de destruction, une population est vouée à décliner puis disparaître…
…Chaque année les associations scientifiques demandent le retrait de certaines espèces de la liste des animaux dits « nuisibles », et chaque année cela est refusé, comme en 2006 pour la martre, la belette, et le putois. La pie a la chance d’avoir réussie à se rabattre sur les villes où elle retrouve une – relative – sérénité. Au fond, la pie est bonne fille… Bien que nous ne le méritions pas, elle nous fait l’honneur, pas toujours désintéressé il est vrai, de vivre à nos côtés et d’accepter notre voisinage… Pour nous citadins, c’est l’occasion d’observer à notre porte la vie quotidienne d’un remarquable oiseau qui lutte courageusement pour sa survie…"
(jour de grand vent par vent arrière...)
Pour terminer sur une note plus optimiste, je vous livre quelques dictons « météorologiques » liés à la présence très ancienne de la pie dans nos campagnes :

Une pie au printemps, annonce le mauvais temps
Quand la pie bâtit bien haut,
Bon signe pour un été chaud.
Mais, si par malheur, elle bâtit bas,
Du mauvais temps tu verras.
Pie dans la ferme,
neige à court terme
Quel temps qu'il fasse, en fait d'oiseau,
préfère la pie au corbeau
19 mai 2011
Amanda à Aix-en-Provence
Puisque certains en redemandent, je me fais un plaisir de vous emmener à Aix-en-Provence.
Ancienne capitale de la Provence ( département des Bouches du Rhône et de la région Paca -j'adore ce nom !- Provence, Alpes, Côte d'Azur ), fondée en 122 av JC, 3e aire urbaine de France après Paris et Lyon, 3OO jours de soleil par an, à 3O min de Marseille ( embouteillages non compris mais garantis !), à 3h1O en TGV ( sauf grève SNCF indépendante de votre volonté !) de Paris, ça vous suffit à donner envie...
Commencons donc par déguster un rafraîchissement à la terrasse des " Deux Garçons" sur le Cours Mirabeau. Entrons et regardons les photos des célébrités qui passaient par là, dont celle d'Emile Zola et de son ami Paul Cézanne, le peintre assez fou et génial pour reproduire pas moins de 187 fois la Montagne Ste Victoire qui surplombe la ville.
187 tableaux tous différents suivant les saisons et les lumières dont certains visibles au Musée Granet, le "must" des Musées d'Aix.
Aix, la Florence de Provence ( dixit " Des racines et des ailes" récemment vu sur France 3 ), bien digne de ce surnom avec ses hôtels particuliers, ses façades luxuriantes aux portes " chocolat" ( comme dit mon cousin qui y vit, le veinard !) et ses innombrables fontaines dont la plus connue est celle des Dauphins, précédée de celle de La Rotonde, point de départ du Cours Mirabeau.
Sans doute une des villes françaises que je préfère ( mais je n'ai pas fini d'en découvrir...!)
Pour les paresseux ou moins valides, prenez donc la " Diaboline", la voiturette électrique qui passe dans les innombrables ruelles et vous emmènera jusqu'à la Place de la Mairie....
...pour ensuite remonter le Cours Mirabeau !
J'adore cette fontaine moussue sur le Cours Mirabeau qui est à Aix, ce que sont les Champs-Elysées à Paris, avec ses boutiques de luxe et ses grands cafés.
Sauf qu'à Aix, on prend son temps, on est moins pressé, les discussions estudiantines ( pas moins de 4O.OOO étudiants surtout en droit et en arts ) ou autres prennent le pas sur la bousculade parisienne.
Le Cours Mirabeau, ( datant du 17e siècle ) anciennement réservé aux calèches, invite à la ballade, aux rendez-vous et a un petit air de " ramblas " barceloniennnes, l'agitation en moins ! Tournons à gauche, c'est la Place Cardaire, ses restos en terrasses toujours pleins, midi et soir.
Plus loin, la Place Albertas, la Tour de l'Horloge, l'Archevêché.....
Universitaire, conservatrice, intrigante, élégante, hautaine, insouciante, que de qualificatifs entendus à son encontre !
A part les portes "chocolat" ( ci-contre !), Aix est spécialisée dans les Calissons, friandises à pâtes d'amandes ( comestibles, elles , pas comme les portes !) et qui sont dans les vitrines une tentation permanente pour la gourmande que je suis et tant pis pour les rondeurs....
A mes yeux, Aix est parfaitement à l'image de la France, séductrice, fantasque mais ciel, quelle culture, quel raffinement !
La Cathédrale St Sauveur lui donne ses lettres de noblesse avec son triptyque,
ses vitraux et ses grandes orgues !
L
Les Marchés d'Aix sont un régal de couleurs, surtout le Marché aux fleurs,
et de saveurs provençales.
Place aux herbes ou sous la Tour de l'Horloge, les boutiques d'Antiquités regorgent de trésors.
Mais surtout, surtout, les gens sont accueillants. J'ai eu la chance ( mais photos interdites ) de visiter l'intérieur d'un hôtel particulier appartenant à une dame de la noblesse, qui joue la guide avec gentillesse. Elle m'a même montré sa chambre à coucher ! Quant à la beauté de la cour intérieure, c'était une petite merveille !
Car les Aixois ont le sens du beau.
Chaque année le Festival International de Musique qui allie musique classique et opéra se déroule en été dans des lieux divers comme la Cour de l'Archevêché ou le jardin d 'une Bastide. Il attire un public nombreux et connaisseur.
Aix sert aussi très souvent de décor pour les tournages de films, dont entre autres " Boudu sauvé des eaux" avec Gérard Depardieu.
Ce qui me valut d'être arrêtée par la gendarmerie dans une rue de la ville ( Je le confesse, je roulais sans ceinture !) et fut priée manu militari de me ranger sur le côté pour m'entendre dire " Madame, vous allez avoir le privilège de voir passer ici Môssieur Gérard Depardieu" avé l'assent !!!
Soulagée, à peine le temps de tourner la tête et hop il était déjà parti !!!!
Comme quoi cette ville peut vous réserver bien des surprises !!!!!
17 mai 2011
Minuit à Paris
Un régal. Un moment malicieux. C’est ainsi que je qualifierai la séance de cinéma à laquelle je viens d’assister. Je n’étais pas à Cannes mais dans mon cinéma favori , et j’ai regardé le dernier film de Woody Allen “Minuit à Paris”. De très belles traversées de Paris de jour ou de nuit, sous le soleil et sous la pluie, sont offertes à nos yeux qui ne se lassent pas! La musique est envoûtante, les dialogues savoureux, une intrigue cocasse, tous les éléments sont présents pour passer un moment savoureux…et Paris, Paris, Paris!
L’histoire est à rebondissements ou plus exactement s’enfonce dans les méandres de la création artistique ou dans les arcanes du temps. Avec beaucoup de jubilation. C’est l’histoire d’un jeune couple d’Américains venus à Paris pour quelques jours. Gil ( Owen Wilson) est un auteur de séries télé et travaille sur un roman; bohème il se trouve un peu perdu dans le monde d’aujourd’hui. Inez (Rachel McAdams) est riche et frivole. Elle rêve de vivre à Malibu après leur mariage, Gil se verrait bien à Paris ( et dans les années 20 et sous la pluie…!) Nous sommes chez Woody Allen et tout est possible bien sûr. L’espace-temps est élastique: il suffit d’être assis sur des marches d’escalier, au pied d’une église, d’attendre les douze coups de minuit et de se laisser emporter par une voiture d’un autre temps! Gil se retrouve à côtoyer Scott et Zelda Fitzgerald, Hemingway, Gertrude Stein, Picasso et Adriana ( Marion Cotillard) un modèle de peintres, dont il tombe bien évidemment amoureux. Il passe ses nuits dans la féerie de ce passé et se trouve un peu en difficulté dans la réalité diurne. La magie de Paris officie. On se laisse emporter par cette fable, ce conte de fées et la musique de Cole Porter ou Sidney Bechet.
On sort du film avec le sourire, ce qui n’est déjà pas si mal, puis avec une envie irrésistible d’aller à Paris, d’arpenter encore et encore cette ville envoûtante, de marcher la nuit et de trouver ces fameuses marches magiques, d’attendre les 12 coups de minuit et de rêver que oui, tout est possible!
16 mai 2011
Mme la Marquise et Innocent VI…
Sans oublier Fayriland II et Marie Capelle
Il est des randos qui vous laissent un souvenir impérissable de par la beauté des paysages, d’autres où passé et présent s’entremêlent. C’est le cas de Pompadour et sa petite voisine St-Sornin-Lavolps, qui, mais cela n’engage que moi (!), se devrait d’envisager un jumelage avec une bourgade irlandaise à cause de son rhododendron géant qui embellit le cimetière.
Sur le circuit, un joli point de vue sur un petit lac dont la couleur de l’eau rappelle une mare victime de ce début de sècheresse.
Et au retour de la rando-promenade, pique-nique à proximité du château de Pompadour, généreusement octroyé par Louis XV à une certaine Jeanne-Antoinette Poisson qui, à 23 ans, noue une relation très affective avec Sa Majesté. Celle-ci ne pouvait faire moins que l’anoblir. Le récent achat de Pompadour par la Couronne tombait à pic pour faire de la jolie favorite une honorable Marquise. Honorabilité qui ne l’empêchera pas, quand la relation avec le Roi se fait platonique, de lui fournir des jeunes femmes ou jeunes filles logées au Parc aux Cerfs, avant que le souverain vieillissant ne s’amourache de la Du Barry dont je vous parlais ici récemment.
L’enchainement est tout naturel pour vous parler Maintenon, maintenant du haras de Pompadour,
riche en étalons de grande valeur, notamment en matière de saillies : jusqu’à 3 500 euros pour féconder une jument…
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Il y a celles qui ont déjà donné naissance à de mignons petits poulains et s’autres qui vont le faire incessamment sous peu, en témoigne le turban enjolivant la queue de cheval, en lien avec la technique permettant d’informer de l’instant précis où le jument va mettre bas.
Les poulains naissent ici même, à la jumenterie, où un personnel hautement qualifié doté d’un matériel sophistiqué mène à bien sa mission, notamment garder pour elle-même ou vendre à des éleveurs français des pouliches arabes convoitées par de riches étrangers. La jumenterie fournit également à l’Administration des Haras des étalons arabes d’origine française, performants pour les courses qu’elle ne peut acquérir, vu leur prix élevé, sur les marchés internationaux.
A Pompadour une célébrité locale repose sous la stèle qui lui a été dédiée,
cet étalon, Fayriland II,
a engendré une lignée très soigneusement répertoriée dont les rejetons doivent se négocier à prix d’or.
Cependant, la médaille a son revers, où plus exactement, tous les étalons ne sont pas logés à la même enseigne. En témoigne
Koheillian, dit étalon souffleur ou boute en train dont la mission consiste à détecter l’état de chaleur de la jument. Si ce n’est pas le bon moment, elle est d’une agressivité qui serait dangereuse pour le Roméo chargé de passer un moment agréable avec à la clef (au bout de onze mois) la naissance d’un joli petit cheval susceptible d’arrondir le pécule de l’heureux propriétaire.
Personnellement, je trouve la méthode particulièrement injuste… Avis sans doute partagé par l’étalon du box voisin qui est peut être à l’origine de l’expression “ronger son frein” !
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Et pendant ce temps, les randonneurs mâles à quatre pattes, agacés par cette révélation incongrue, en décousaient en toute fraternité…
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Il était temps pour nous de rendre hommage à un autre enfant du pays : le pape Innocent VI
Né Etienne Aubert à Beyssac en 1285 ou 95, tout à côté de Pompadour, il exercera son pontificat à la cité des Papes d’Avignon ( 1352-1362). Il rétablira la discipline chez les Franciscains, n’hésitant pas à faire traduire devant l’Inquisition les plus réticents ! Il sera également en conflit avec les Chevaliers, Hospitaliers de Saint Jean qu’il voulait voir quitter Rhodes. On dit aussi de lui qu’il ne respectera pas ses engagements, à savoir réduire le nombre de cardinaux… Tiens, tiens, je connais aussi des grands de ce monde, ne portant pas le doux nom d’Innocent, qui ne respectent point leurs promesses !
De la droite du Seigneur où une place lui a certainement échu, il doit contempler avec une certaine amertume l’environnement de sa maison natale aux Monts de Beyssac, propriété des Haras de Pompadour : écuries désaffectées…
Il nous restait à rendre l’incontournable visite à la Chartreuse du Glandier fondée en 1219 par Archambaud VI, vicomte de Comborn en expiation de ses modestes fautes : simple assassinat…
Tour à tour dépendant des Abbayes de Solignac, Tulle, Vigeois, Obazine, saccagé à la Révolution, abandonné, le Glandier fut racheté par la famille Lafarge qui y implante une forge industrielle.
Marie Capelle, qui de par sa grand-mère, descendrait de Louis XIII, épouse à 23 ans, en 1839, Charles Lafarge, maitre de forges du Glandier.
Outre ses origines nobles, l’union avec Marie présentait un grand avantage : elle apportait 80 000 F en dot… au Charles dont on disait qu’il était “vil et corrompu”.
Il décède le 14 janvier 1840; Sa mère fait courir le bruit qu’il a été empoisonné à l’arsenic par Marie, son épouse.
Bien qu’une seule des quinze analyses toxicologiques décèle une dose minime d’arsenic, Marie Capelle, épouse Lafarge, sera condamnée aux travaux forcés à perpétuité, peine qui sera commuée en détention perpétuelle à perpétuité.
Libérée par le Prince-Président Louis Napoléon Bonaparte, elle décède le 6 septembre 1852.
Un ouvrage récent retrace tout le procès sans cependant livrer une solution à cette énigme du 19ème siècle.
La Chartreuse du Glandier, propriété de la Ville de Paris abrite aujourd’hui des adultes handicapés.
14 mai 2011
Berlin: contrastes
La porte de Brandebourg (1791) fut le symbole de la séparation Est-Ouest de la ville
Celui qui recherche une ville avec un vieux cœur historique et ses imposants monuments, comme Rome ou Paris, risque d'être déçu.
En effet, Berlin n'a pas un vrai centre ville comme on le connait dans la plupart des autres grandes cités. C’est du à la fusion de plusieurs autres communes, dont Charlottenburg qui joignit Berlin en 1920 formant ce qu'on appelait à l'époque Grossberlin. Puis après la guerre, le mur a partagé la ville pendant 29 ans (J'y reviendrais certainement cette année en août à l'occasion du cinquantenaire de cet évènement). Le mur tombé, le 9 novembre 1989, c'est le début de la nouvelle ère de cette ville pour en arriver à la ville d'aujourd'hui avec ses contrastes.
Le palais du Reichstag (1894) abrite le parlement allemand: il fut incendié volontairement en février 1933. Il n’est pas établi qui sont les auteurs, il y a plusieurs thèses. Il se pourrait que ce soit le résultat d’une manœuvre nazi. Il fut ensuite abandonné, et lorsque les armées russes pénétrèrent à Berlin en 1945, ils hissèrent leur drapeau. C’est après la chute du mur qu’il retrouva sa vocation première, en s’intitulant le Bundestag.
Le Palais du Reichstag aujourd’hui: au centre, le dôme transparent, érigé en 1999, contraste avec le reste du bâtiment.
Encore un contraste, en face du Reichstag, la chancellerie fédérale construite en 2001 
Il faut dire que les contrastes architecturales sont liés à l’histoire de la ville comme ici à la Potsdamer Platz :
Avant la guerre, un important carrefour avec au centre
la première signalisation lumineuse routière d'Europe
source Wikipedia
Pendant la période du mur, un no man’s land : il n'y a plus de bâtiment, à part les miradors.
source Wikipedia
Et comme je l'ai vu lors de mon séjour en décembre 2010
12 mai 2011
Balade à PEZENAS
Pézenas, au carrefour des plages du Bas Languedoc et de l’arrière pays de l’Hérault,
a hérité de son passé un riche patrimoine.
Cette ville possède beaucoup de charme et de caractère.
Ville de foires elle fut un lieu de séjour de prédilection pour Molière et son illustre Théâtre. D’autres personnalités ont également émaillé l’histoire locale parmi lesquelles le chanteur Boby Lapointe et le Chimiste Venel.
Son centre historique garde le charme de ses hôtels particuliers du XVIIème et XVIIIème siècles.
Il est fort agréable de se promener dans ses ruelles pavées pour y découvrir un
patrimoine architectural très riche.
Tout au long de la visite, l’art du menuisier et du serrurier s’illustre dans les anciennes portes, à chaque coin de rue.
On y trouve aussi de magnifiques galeries d’art et des librairies ainsi que des boutiques artisanales :
Bijoux, poteries, vaisselles, objets en cuir… Ces petits magasins attirent l’œil et c’est un passage obligatoire pour les passionnés de créativité manuelle. 
Ces échoppes sont installées dans de vieilles caves ou granges donnant sur des patios fleuris avec quelquefois des escaliers de pierres en colimaçon.
Chacune possède son enseigne au goût d’autrefois.
Pour finir les gourmets n’échapperont pas à l’incontournable boutique des « berlingots », bonbons durs et translucides confectionnés à base de sirop de fruits confits.
10 mai 2011
Sécheresse – Humeur du jour
Désespérément BEAU
..........................Désespérément CHAUD
................................................Désespérément SEC
.....................................................................Désespérément VENTEUX
Quels Dieux invoquer pour quelques gouttes de pluie ?
Quels Dieux ricanent de nous du haut du Ciel ?
Zeus, qui d’un index négligent, bloque l’anticyclone au dessus de nos têtes ?
Eole, qui nous envoie un vent chaud et desséchant ?
Dionysos, qui impatient de boire le vin nouveau, provoque une avance de trois semaines ?
Dieu, qui se rappelle à nous ? Comme il s’est rappelé aux Egyptiens avec les sept plaies d’Egypte ?
Nous ne savons plus danser la danse de la pluie
..........................................Nous ne savons plus évoquer les Dieux
Je me lève chaque matin et c’est un triste ciel bleu qui m’accueille au pied du lit.
Je parcoure les routes, mon cœur serré à voir les ronds brulés dans les champs, les céréales se dessécher et s’éclaircir de plus en plus au fil des jours.
Je discute avec des éleveurs inquiets de l’avenir. Comment nourrir leurs troupeaux cet hiver alors que le foin va être plus que rare ?
Désespérément BEAU
..........................Désespérément CHAUD
................................................Désespérément SEC
.....................................................................Désespérément VENTEUX
DEMETER ! Où te caches-tu ?













































