26 mai 2011
En voiture pour Aurillac !
Il est parfois des expositions qui, rappelant un passé plus ou moins lointain, sont néanmoins ancrées dans le présent. C’est le cas de celle qui se termine ce jour
en gare de Bretenoux-Biars (Lot).
Biars qui se dit “capitale européenne de la confiture”…
La construction de la ligne Aurillac St-Denis-près-Martel est classée parmi les chemins de fer d’intérêt général déclarés d’utilité publique en 1875.
De l’eau a coulé sous les ponts de la Cère. Selon un tract syndical adressé aux élus et usagers du rail, “le train ne fera plus l’heure” si l’on en croit l’avertissement des cheminots…
Mais revenons à notre expo et le contexte de cette fin de 19ème siècle.

La ligne St-Denis à Aurillac, tout au long de la vallée de la Cère emprunte un itinéraire où il a fallu creuser les tunnels, construire les ponts, bref, réaliser avec les moyens de l’époque de véritables prouesses dans une région particulièrement accidentée.
Si vous observez la photo de droite –la gare de St-Denis - vous voyez en haut à droite des falaises: elles sont similaires à celles que devra franchir la ligne St-Denis Souillac par Martel…
Quant au travail fourni par le rail, il était important : 100 cheminots œuvraient en gare de St-Denis, il n’y a pas si longtemps. Puis, il y avait les postes particuliers comme celui où l’homme dans chaque wagon ou voiture freinait sur ordre du mécanicien de la locomotive et son sifflet…
Cette carte postale ancienne représente la gare de Turenne dont je parlerai dans un prochain article.
En amont, à la gare de Brive-la-Gaillarde, les jours de foire, côté marchandises, l’animation était de mise…
Côté desserte des localités, la compagnie de chemin de fer s’évertuait à répondre aux besoins des voyageurs: la preuve avec cet indicateur de 1893.
Autres temps, autres mœurs ! Excusez mon esprit chagrin, au vu des projets cités plus haut, je me dis parfois que la SNCF, à l’instar d’autres services publics, semble prendre des décisions prenant le contre-pied des besoins des gens aujourd’hui !
Les propositions du syndicat des cheminots sont-elle excessives ?
A proximité de la gare de Biars, le chantier des traverses emploie encore une centaine de personnes. Selon les anciens du secteur, l’effectif a grimpé jusqu’à 500 hommes qui exerçaient un travail pénible, mais relativement bien rémunéré. Aujourd’hui, la traverse bois est tombée en désuétude; et le comble : à 90% , elle est acheminée par camion !
En voiture pour Aurillac, fermez les portières s’il vous plait !
Réagissez à l'article
Encore un bel article, qui me touche particulièrement.
Mon grand-père paternel était chauffeur mécanicien dans les années 1950 sur la ligne Capdenac-Gare/Brive (entre autre) Le temps de la machine à vapeur... Il est d'ailleurs mort sur le ballast de cette même ligne (tombé de la loco) en 1958.
Un article qui plaira aussi à notre Trainmusical ;o)
A moi aussi il plaît, Catsoniou, tu m'emportes dans un domaine que j'ignore....Merci !
Oh que oui Cassy, que ça me plait, et surtout écrit par Catsoniou. C'est très intéressant l'histoire locale liée au chemin de fer, et c'est très bien exprimé dans cet article de même que la construction de l'époque. MERCI Cats, car tu m'apprends bien des choses.
"Puis, il y avait les postes particuliers comme celui où l’homme dans chaque wagon ou voiture freinait sur ordre du mécanicien de la locomotive et son sifflet…"
Ce n'est pas une blague, dans un train historique à vapeur, nous avons du procéder une fois de la sorte, en raison de problème de freins. Chacun d'entre nous sur une voiture, avec le frein à vis. Le mécanicien de locomotive utilisa le sifflet de la locomotive pour nous transmettre les signaux "serrer" (3 coups de sifflet) et "desserrer" (2 coups de sifflet)les freins à main... comme dans le temps, décrit par Henri Vincenot dans un de ses livres, et sans problème
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