Kaléïdo'blog

Blog journalistique à plusieurs mains

10 avril 2011

Rencontre d’un photographe et d’un écrivain

L’écrivain Pierre Présumey (né en 1952) est issu par sa mère d’une longue lignée d’instituteurs ardéchois. Son père a été médecin dans les années 50 à Sainte-Eulalie, sur le haut plateau ardéchois.
Après avoir exercé au Puy-en-Velais, il enseigne les lettres classiques à Clermont Ferrand.
Ses poèmes sont parus en recueil : Territoires toujours repris, La Grande Aiguille, Cela convient, cela suffit. Le cœur besogneux. La bonne épaule. Lettres aux amis du bord de l’eau, etc… mail


Deux fois, au cours des étés 1953 et 1961, Robert Doisneau photographie l’Ardèche.

Il ne fait, semble-t-il, que passer. Il la photographie du bord de la route, comme sans s’attarder. Les images semblent obéir à un étonnement léger, plus sensibles aux petites surprises du cœur qu’aux grandes interrogations de l’esprit.

 5
Doisneau se rapproche peu des gens qu’il photographie, sauf des enfants.

 4Il se contente de saisir les hommes à quelques mètres, en dehors de tout drame, de toute tension, de toute inquiétude.

2
Dans ces années l’Ardèche n’est pas encore devenue cette éponge à touristes qui se dilate en été pour se vider en automne. 1
La civilisation technicienne fait encore bon ménage avec celle des vieux outils. 3
Dans ce livre les merveilleuses photos de Doisneau marient miraculeusement la légèreté et l’attention. 

        7

Posté par kaleido-blog à 08:00 - Lectures - Vos réactions [4] - Articles rédigés par :


08 avril 2011

Tranche de vie

Il est des moments comme ça où le hasard fait se télescoper les évènements sans apparente relation entre eux, mais confortant ou modifiant la conception que vous avez de la vie, qu’il s’agisse de la votre ou de la vie de la société.

L’arrivée du printemps 2011, des élections que d’aucuns auraient bien voulu placer sous l’éteignoir ou encore la réussite d’une soirée associative, sans oublier le privilège de pouvoir égrener certaines tranches de vie au cours d’un  mémorable  marathon, voici ce qui peut  passer pour des broutilles, mais qui ont émaillé ma vie du 21 au 28 mars et dont je souhaite vous entretenir, si toutefois vous avez la patience d’aller jusqu’au bout de ma narration…

                          Les bords de Dordogne le jour du Printemps

avril 2011 tranches de vie 001      avril 2011 tranches de vie 002

Le Printemps était au rendez-vous : ciel déserté de tout nuage, soleil rayonnant de plaisir devant l’éveil tout en douceur de la nature, conditions idéales, si vous en aviez le loisir, de vous risquer à une mini randonnée sur le proche rivage de la Dordogne. Vous en voyez ici une image, sans le son particulier des colverts qui s’en donnaient à cœur joie dans le cancan .

                                                               Cacophonie électorale ?

                                                         imagesCAPEOA9N

Etait-ce la douceur du printemps qui tenait éloignée des isoloirs une majorité d’électeurs appelés à réélire leurs conseillers généraux? Possible … Bien qu’à mes yeux, cela ne saurait constituer une excuse suffisante, surtout quand le lendemain, ceux qui ont boudé les urnes paraissent s’inquiéter de la montée du score de représentants d’idées qui, même si elles sont rendues plus présentables par la fille de l’homme au bandeau, n’en sont pas moins aussi  nauséabondes qu’hier ou avant-hier, du temps de l’holocauste…

Mais là n’est pas l’essentiel de mon propos : les 26 et 27 janvier dernier, j’évoquais ici même l’évolution du cinéma dans la 2ème ville de la Haute-Vienne. Très exactement deux mois plus tard, Marc , directeur du ciné-bourse pilotant le passage de “son” cinéma au 3D, est brillamment élu conseiller général… Pas grâce à mon suffrage , puisque j’ai quitté cette commune depuis dix ans!

imagesCAZDIH96

Péripétie sans grand intérêt  au delà de ce canton, me direz-vous ? Certes ! Cependant, parce qu’il est l’antithèse du notable, et aussi parce qu’il est mon ami, le fait valait d’être signalé. Ouvrier du bâtiment, responsable syndical avant d’œuvrer  dans le cinéma – enfin  exploitation d’une salle ! – son parcours ne déroge pas d’un iota de la ligne qu’il s’est fixé : défendre, au cours de trente années de militantisme, les intérêts des humbles, soutenir de grandes causes, tout en restant fidèle aux idées qu’il croit justes, gardant ce qu’il faut de réalisme pour porter un regard sans concession dans le rétroviseur.

S’il s’est élevé intellectuellement, ce qui est palpable quand on observe ses capacités d’organisation et de ténacité pour faire aboutir des projets (le cinéma par exemple), il est indéniable que cette pratique n’a généré ni fortune ni confort, la preuve en étant qu’il ne dispose pas du temps suffisant pour restaurer la maison héritée de ses grands parents : un comble pour un ouvrier du bâtiment !

Amis lecteurs, réfléchissez un instant… Gardons-nous de de jeter le bébé avec l’eau du bain : il existe dans ce pays la possibilité de “faire de la politique” en tout bien tout honneur…imagesCAJGETOQ

La vie associative est- elle une concurrente ou un autre volet de la vie démocratique ? En l’occurrence, le prosélytisme n’est pas mon propos, et au risque de passer pour immodeste, je tiens à vous faire part de la relative satisfaction d’une Association de village. Nous sommes en bonne voie pour parvenir à notre  objectif initial concernant l’exploitation d’une carrière d’extraction de pierres: le nouvel exploitant dit vouloir à brève échéance remettre  le site en état, sécuriser celui-ci (clôture) et  le transformer en aire de stockage de matériaux à destination des travaux publics.

                                                                    Eloignez-donc bruit et fureur …

                                                                 imagesCA394S9O

Peut-être dans cette perspective d’évolution satisfaisante tant pour les proches riverains, les deux communes limitrophes  que pour  notre Association, les esprits chagrin catalogueront notre action  comme celle de la mouche du coche de Jean de La Fontaine… Cependant, je vois dans cet aboutissement la possibilité de défendre sans  outrance une cause juste.

Lien de cause à effet ? Les convives de notre repas festif du 26 mars étaient en nombre, l’équivalent de la moitié de la commune. Bénévoles, organisateurs, dineurs – danseurs ou encore  musicien, tout un chacun clamait haut et fort sa satisfaction … Oui, les moyens existent encore dans ce pays pour fédérer les bonnes volontés, manger, rire et danser , sans exclure la réflexion.

   La soupe est versée,                                               le pain est cuit…                                             015                             014

 

                      V’là le musicien !!!

                154

En parallèle, l’auteur de ces lignes se devait de figurer sur la ligne de départ du marathon d’écriture 2011 sous l’œil vigilant de alainx. Qu’il soit ici remercié de nous offrir l’occasion d’affuter notre inspiration ou puiser en sa mémoire des souvenirs, et se donner la possibilité de porter un autre regard sur des péripéties de notre vie qu’on croyait enfouis à jamais. Pour ma part, je crois que la Muette ou la Maria ne seraient pas outrées de revenir sur le devant de la scène sous la plume d’un gamin insignifiant de leur temps…

                                                    Marathoniens en recherche d’inspiration …

                                                             imagesCA8UWXYV

Voilà!  Voilà   quelques éléments glanés par un  chroniqueur de kaléïdo Blog qui ne sont certainement que poussières inconsistantes au regard du plus grand nombre, mais qui font partie de  la vie d’un retraité provincial .

Posté par catsoniou à 08:00 - Politico - Vos réactions [3] - Articles rédigés par :

06 avril 2011

Les photographes voyageurs : Ella Maillart

Du 1er au 30 avril se déroule à Bordeaux, une manifestation intitulée « Itinéraire des Photographes Voyageurs ».

Chaque année, depuis vingt ans, les œuvres d’une vingtaine d’artistes sont exposées dans différents lieux à travers la ville. Elles ont en commun le thème du voyage.
Cette année, pour sa vingtième édition, le festival rend hommage à l’une des voyageuses les plus étonnantes du XXème siècle : Ella Maillart. Elle avait inauguré la première exposition en 1991 et c’est sa rétrospective « Sur les routes de l’Orient » qui a ouvert cette année, l’exposition à la Base sous-marine.
Cette exposition privilégie la facette « photographe » de cette femme étonnante, tour à tour, sportive de haut niveau (elle a pratiqué le ski en compétition, et la voile en participant notamment aux Jeux Olympiques de Paris en 1924), journaliste, photographe, cinéaste, écrivain et ethnologue, en quête de vérité, elle va parcourir les régions les plus reculées de l’Asie, dans des conditions qui relèvent de l’aventure la plus pure.
Sur les murs de béton de la Base sous-marine, les photos en grand format alternent avec les photos ordinaires des petits carnets de voyage, annotées par la photographe, en vue de ses récits futurs et avec des panneaux explicatifs lumineux qui retracent la vie extraordinaire de cette grande voyageuse.
Née à Genève en 1903, Ella Maillart se passionne dès son jeune âge pour les récits d’aventures et les cartes géographiques. De santé délicate, elle pratique les sports comme une thérapie. A vingt ans elle a déjà connu plusieurs aventures à bord de voiliers de plus en plus importants, aventures qu’elle racontera plus tard dans un livre « La vagabonde des mers ».
A partir de 1925 elle exerce différents métiers, entre autres, dactylo, voyageur de commerce, modèle d’un sculpteur à Paris, actrice au Studio d'art dramatique à Genève, professeur de français au Pays de Galles, doublure sportive dans des films à Berlin… "Excepté quand j'étais en mer ou quand je faisais du ski, je me sentais perdue, je ne vivais qu’à moitié… »
Dès 1930 ses aventures « sérieuses » vont commencer. Empruntant des chemins jamais répertoriés sur des cartes, traversant des régions interdites sans autorisation, elle va se consacrer à l’exploration des cultures ancestrales en train de se transformer, suite aux bouleversements mondiaux, pendant l’entre-deux-guerres. Elle raconte en images – et plus tard dans ses récits – sa découverte de l’inconnu, de la liberté extrême et aussi la découverte de soi-même. « Dans ce désert immense, sous ce ciel vibrant, il semble que l'âme se concentre, et pendant un instant avec force, je me sens loin de tout, séparée de tout ce que je sais, et comme arrivée au bout de moi-même. »
Voici le détail des pays parcourus et les titres des récits qui s’y rapportent :
1930 : la Russie soviétique raconté dans « Parmi la jeunesse russe »,


1932 : le Turkestan « Des Monts célestes aux Sables rouges ».

1934 : la Mandchourie occupée par les Japonais, comme journaliste pour Le Petit Parisien.

1936 : le Liban
1937 : De Pékin au Cachemire, en empruntant la Route de la Soie. « Oasis interdites »

1939 : l'Iran et l’Afghanistan. « La voie cruelle »
Ella Maillart passe les années de la deuxième guerre mondiale en Inde, où elle suit l’enseignement de maîtres spirituels. Expérience qu’elle relate en 1950 dans « Croisières et caravanes » "… J'étais au début d'un voyage tout nouveau qui devait me conduire plus avant vers la vie complète et harmonieuse que je cherchais instinctivement. Pour entreprendre ce voyage, il me fallait apprendre d'abord à connaître les 'terres inconnues' de mon propre esprit." Elle raconte cette période déterminante de sa vie dans son livre « Ti-Puss ou l'Inde avec ma chatte » (1952).
Elle rentre en Europe en 1946 et en 1951 se rend au Népal qui vient de s’ouvrir aux étrangers. « The Land of the Sherpas »
De 1957 à 1987 elle organise des voyages culturels pour des groupes de touristes à qui elle fera découvrir différents pays d’Asie.
De 1989 à 1997 Le Musée de l'Elysée à Lausanne, auquel Ella Maillart a confié ses négatifs, organise une première exposition rétrospective de ses photographies. L'exposition deviendra itinérante et sera montrée dans de nombreuses villes en Europe. Elle s’accompagne d’un nouveau livre, La Vie immédiate (1991), qui réunit quelque 200 photographies.

Ella Maillart nous a quittés le 27 mars 1997, à l’âge de 94 ans, mais celle qui affirmait «Le sort m’a donné des yeux qui aiment voir» nous a laissé une œuvre qui témoigne d’un monde disparu et nous enrichit dans la connaissance de l'histoire de notre temps.

Posté par kaleido-blog à 08:00 - Culture - Vos réactions [6] - Articles rédigés par :

04 avril 2011

le Barbershop Quartet

J’ai récemment assisté à un spectacle très original que je voudrais vous faire découvrir si vous ne le connaissez pas. Il s’agit du Barbershop Quartet, quatuor vocal assez extraordinaire qui reprend un style très prisé dans les pays anglo-saxons.

En effet, au début du XXème siècle aux USA, les clients des échoppes de barbiers, pour tromper leur attente, entonnaient des chansons à la mode ou improvisaient à plusieurs voix qui se superposaient selon les subtiles harmonies de ce qui allait devenir le style « barbershop ».
Quand en 1994, Bruno, comédien/musicien, auteur et animateur du groupe, crée le Barbershop Quartet, ce style, qui n’a jamais rencontré un grand succès dans les pays latins, est tout à fait inconnu en France.
Après des succès de « proximité » auprès des amis et collègues, le succès est au rendez-vous et les propositions affluent. Le tournant se produit en 2008 avec une tournée nationale qui remporte un grand succès et en 2010 les choses sérieuses commencent avec, plus d’une centaine de spectacles à travers la France et une escapade à Chicago et au Canada. De temps à autre le groupe revient, le temps d’un spectacle, sur les terres de ses origines, la Gironde.


Le Barbershop Quartet, « Groupe vocal jubilatoire », est formé de deux hommes, Bruno Buijtenhuijs, ténor en casquette et Bertrand Antigny, baryton, bruiteur, auxquels viennent se joindre deux chanteuses : Marie Cécile Héraud, soprano lyrique qui semble tout juste sortie d’une émission de radio des années 40 et Isabelle Drault, alto, qui conjugue les talents de comédienne avec ceux de chanteuse.
La variété des timbres et des tessitures, alliée au talent de chacun leur donne une très large palette de sonorités. Il faut y ajouter les bruitages vocaux et la capacité de Bertrand à imiter divers personnages (l’animateur de jeux télés abruti et survolté, le rappeur de base, le présentateur de radio new-yorkais...). Le répertoire navigue entre l’univers des mélodies américaines d’antan et les créations personnelles humoristiques où, satyre, dérision et parodie font bon ménage, le tout soutenu par de véritables performances vocales.
La complicité avec le public s’établit dès le premier morceau et quand arrive la fin de la soirée, les spectateurs ont du mal à laisser partir les artistes, d'où de nombreux rappels exécutés avec le même humour qui a présidé à tout le spectacle.
Pour vous donner une idée plus précise, rendez-vous sur:
http://www.barber-shop-quartet.com/

Posté par kaleido-blog à 08:00 - Culture - Vos réactions [1] - Articles rédigés par :


  1  2