Kaléïdo'blog

Blog journalistique à plusieurs mains

30 avril 2011

Amanda à Malaucène

Un petit tour en Provence, ça vous dit ?

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Du côté du Ventoux,à Malaucène, dans le Vaucluse, à la limite de la Drôme provençale...

275O habitants ...Et le double en été, du moins, à en juger par le nombre de petits hommes jaunes, verts ou rouges, casques sur la tête, chaussures cloutées aux pieds, en nage, parlant le plus souvent le batave et se claquant sur l'épaule en se congratulant " Nous l'avons fait !" A la Obama " Yes, we can !"

Village méconnu sauf  des cyclo-touristes et coureurs professionnels à l'assaut du Mont Ventoux...

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Et pourtant, en ce printemps, le lieu vaut la ballade.

En suivant sur quelques centaines de mètres la route qui monte vers le Géant, une découverte, en pleine nature :

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La Source du Grozeau d'où coule l'eau fraîche et pure dans le calme de la nature si protégée ici.Mollans_Avril_1O11_051

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Le Restaurant vaut le détour : cuisine simple, provençale et accueil itou ! Un régal...Mollans_Avril_1O11_039

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Autre découverte : les Plâtrières, aujourdhui abandonnées en cours de restauration. Toute une activité d'un autre siècle qui faisait vivre le village bien avant que les touristes et le Roi Vélo ne viennent en perturber la paix.Mollans_Avril_1O11_040

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 Mollans_Avril_1O11_030Car Malaucène fut une véritable cité industrielle aux siècles passés Et la fermeture des Papeteries l'an dernier en sonna le glas....

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Retour au centre Ville ( ?), traditionnelle Place de la Mairie et du Marché, fontaine remarquable car en tuiles multicolores, ruelles....Mollans_Avril_1O11_057

Pas encore de cigales, des hirondelles, des lézards, déjà !

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Sinon, pour monter au Mont Ventoux, choisisez une autre alternative, pas moins belle par la route de Bédoin. Le paysage par là est tout aussi magique...Et le Marché du lundi matin vaut le déplacement !

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Et sinon un petit tour à Aix-en-Provence, ça vous dirait ?

 

A suivre ????

Posté par Amandannie à 08:13 - Blog_Trotter - Vos réactions [6] - Articles rédigés par :


27 avril 2011

Emportée

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Emportée, je le fus par ce récit que fait Paule Du Bouchet de la disparition de sa mère et de ce qui fut leur relation. Dernier livre acheté, il a doublé tous les autres sur la pile de livres à lire. Attirée par le titre , dans un premier temps, puis par la couverture où est représenté un détail d’une peinture de Nicolas de Staël “ Chemin de fer au bord de la mer, soleil couchant”, et enfin par la quatrième de couverture:

Je ne peux parler de ma mère sans évoquer les contours d’un paysage étrange qui me constitue. Celui que, parfois en toute conscience, parfois sans le savoir, je cultive comme un jardin secret. Celui de la disparition.

Comprenant ensuite que l’auteur était la fille du poète André du Bouchet que j’affectionne, je ne pus que m’immiscer dans ce récit dont on ne ressort pas indemne.

Le livre commence par la mort de la mère il y a une douzaine d’années , son agonie, sa souffrance entourée de ses deux enfants.

La lumière autour de son visage est indissociable de sa disparition. C’est cette image-là qui m’obsède, celle qui vient en premier, qui éclipse toutes les autres, toutes celles de sa vie. Ensuite, seulement, vient l’éclat d’une robe rouge disparaissant dans une porte.

Nait alors le récit de l’enfance, avec une acuité des émotions de cette période là – l’auteur avait six ans  - assez fulgurante. La mère , Tina Jolas, rencontre un homme qui va bouleverser sa vie: René Char. Un véritable ogre pour la petite fille qui raconte. Sa mère vient d’être emportée. L’enfant va alors grandir dans cet espace déséquilibré où l’abandon est maître. Peur de perdre sa mère, peur de perdre son père. Des souvenirs se livrent, puis disparaissent. Elle ne juge pas mais dit simplement la souffrance qui l’envahit durant de nombreuses années. En vacances avec son père elle cueille tous les soirs une “fougère “ qu’elle nomme mère et qu’elle accroche au-dessus de son lit pour dire la présence de celle qui n’est pas là.

Dans un entretien à la radio suisse romande, Paule du Bouchet confie: Entre le moment où j’ai pris la plume et le moment où le livre a été publié, oui j’ai eu le sentiment d’une sorte de réconciliation, c’est à dire qu’il s’est produit quelque chose d’inattendu…(…) J’ai été emportée tellement loin, en écrivant ce texte, que j’ai pu la retrouver. Elle m’a transmis cet emportement qu’elle portait en elle.

Ce court récit d’une centaine de pages, plein de tendresses, évoque dans la marge, la passion incandescente de Tina Jolas et René Char qui durera trente ans et qui s’écrira au long d’une correspondance de milliers de lettres.

Ce livre m’a habité après la lecture.Je retiens la force de cette écriture qui nous délivre des maux mais aussi un amour viscéral d’une femme pour sa mère sans chercher à  régler de comptes. Un portrait d’une femme entière.

Durant toutes ces pages, la sensation du malheur aura prévalu. Elle aura suivi le tracé sinueux d’une vie de manquement et d’errance. Et pourtant, brusquement, au sortir de ces notes, le socle qui me constitue, celui que j’ai voulu obstinément oublier, s’impose avec force: il est d’une joie sans mélange. Des sensations follement heureuses me reviennent, par je ne sais quelle grâce, peut-être celle d’avoir couché sur papier ce long parcours d’absence, sans doute par la grâce inattendue de l’oubli lui-même. Certainement, je ne peux m’y tromper, par sa grâce propre, à elle , ma mère. Qui m’a “tout pris, mais aussi tout donné”. Tout pris de l’amour, tout donné de l’amour. Tout donné de la joie. La joie profonde dont elle avait le secret, qu’elle portait en elle.

 

(Sur le site de Poezibao, un article plus complet pour ceux qui le souhaitent.)

"Emportée" de Paule Du Bouchet a été publié aux éditions Actes Sud en mars 2011

Posté par Bruyere à 08:00 - Lectures - Vos réactions [2] - Articles rédigés par :

25 avril 2011

Milladiou de Milladiou !

Quand le vin est tiré…

Le gouvernement a délivré ses arbitrages au regard de la loi portant sur la nouvelle organisation du marché de l’électricité (Nome), qui oblige EDF à céder 25% de la production électronucléaire à ses concurrents. la loi Nome devrait entrainer une hausse de l’ordre de 30% en cinq ans du tarif règlementé de l’électricité.

Dure loi du commerce et de la libre concurrence non-faussée chère à tout ce que comptent notre pays et l’Europe en penseurs et politiciens libéraux ? Permettez-moi d’imaginer…

On ne se souvient même plus comment était venue la réputation du vin des coteaux de l’Escoudrouillère. Toujours est-il que la culture de la vigne avait supplanté avoine et sarrasin qui étaient d’un maigre rapport. Il fallait trouver une solution en matière de fabrication de cuves, tonneaux et comportes pour résoudre le problème du stockage et continuer à vendre le vin à petit prix. pour le bonheur du consommateur et la rentabilité de la viticulture locale.imagesCAS18D3M

Producteurs et consommateurs étudièrent diverses possibilités. les tonneliers qui fournissaient la futaille, non sans se concurrencer sauvagement, tout en s’entendant pour maintenir le tonneau à un prix prohibitif, tentèrent vainement de s’opposer à la création d’une coopérative de tonnellerie. Peine perdue, l’intérêt général l’emporta aux dépens de leurs calculs boutiquiers.

Tout baignait si l’on peut dire sur les coteaux de l’Escoudrouillère: propriétaires des châtaigneraies, bucherons, viticulteurs, sans oublier les ouvriers tonneliers, chacun gagnait honnêtement sa vie. Et le vin n’était pas un produit de luxe. Il convenait cependant de ne   pas abuser, tout comme la lumière qu’il ne faut pas  laissée allumée sans raison…

Quant aux artisans tonneliers, leur bosse du commerce les orientait vers d’autres sphères autrement plus juteuses. Devenus des marchands,  ils ne cessaient de diversifier leurs activités et ne regrettaient  pas le temps où ils faisaient dans le tonneau.

Jusqu’au jour où … Jusqu’au jour où crise financière aidant, la bonne santé de la tonnellerie finit par leur porter ombrage. Usant de leurs appuis en haut lieu, ils purent enfin briser le monopole du tonneau, plus exactement s’introduire dans le capital de la société, entrainant un renchérissement du produit. Consommateurs, producteurs de vin, tous comprirent qu’un mauvais coup venait de leur être porté. cependant, l’enthousiasme du départ avait disparu, emporté par les divisions catégorielles, les  ouvriers tonneliers étant considérés comme des nantis, notamment en raison du prix de faveur auquel ils pouvaient acquérir leurs tonneaux. De plus, organisés en comité, ils bénéficiaient de sorties organisées à des prix ridiculement bas. Autant de raisons qui mirent fin au service public du tonneau : la tonnellerie redevenait enfin une entreprise ordinaire qui se devait de distribuer des dividendes aux actionnaires .

Ils ne restait plus aux buveurs de vin qu’à couper d’eau leur breuvage pour en diminuer le cout alors que les viticulteurs assistaient impuissants à l’inexorable progression des friches remplaçant leurs vignes jadis si belles dont subsistent seulement des “cheyrouillers” (tas de pierres).cheyrouiller-chronique

Certes , le lecteur comprendra que j’ai pris quelques libertés avec la véritable histoire de la viticulture locale. Cet accommodement est-il plus injustifiable et scandaleux que celui qu’on s’apprête à faire subir à l’EDF pour le bien exclusif de quelques privilégiés de la fortune.

                                          imagesCAK8ZVM1

J’allais oublier : les barrages produisant depuis des dizaines d’années la précieuse électricité tout au long de la vallée de la Dordogne pourraient eux aussi tomber dans le giron du privé qui, chacun sait, est passé maitre en matière de sécurité ! Comme en témoignent les malheurs du Japon …

Milladiou de Milladiou ! Va-t-on se moquer du monde encore longtemps ?

Posté par catsoniou à 08:00 - us et coutumes - Vos réactions [1] - Articles rédigés par :

23 avril 2011

Canal des Moines

En ce weekend de printemps ,  deux communes donnaient leur fête relative à l’agriculture – Bétaille dans le Lot – et foire aux chèvres à Aubazine en Corrèze.

De la première qui met en avant la vente de matériel agricole, le repas avec spectacle, et le concours de bovins limousins, je donnerais ces images coq-et-lama-de-gramatempereur-de-betaille

Pas vraiment du cru, le bestiau…      Belles fesses, on m’appelle Empereur !

loco-de-la-plagneaeropostale-s'expose

L’ancien et le nouveau cohabitent et s’exposent en toute fraternité…

Manifestement, Aubazine vise le grand public, celui des villes et les vacanciers comme en attestent les plaques minéralogiques des véhicules garés sur des km tout au long des flancs escarpés d’Aubazine.

La gent caprine elle-même  parait  blasée sur l’intérêt qu’on lui porte…boucs-d'aubazinecanal des moines et tacot 012

En fait, émission de télévision aidant (des racines et des ailes) , les visiteurs de la foire empruntaient par centaines la route les conduisant au Canal des Moines, ce qui constituait un excellent intermède aux bruits de la foule qui vaquait entre les étals diversifiés qu’on voit dans toutes les foires du genre.

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Ce monument, haut lieu du village , a été construit par les moines au XIIème siècle.

Un certain Etienne d’Obazine fonde alors un monastère d’hommes qui est aussitôt affilié à l’ordre cistérien et a généré au fil des siècles le bourg actuel d’Aubazine. Le site ne dispose que de sources. Les cistériens, grands spécialistes de la maitrise de l’eau, construisent  un canal pour alimenter le vivier du monastère, irriguer prairies et jardins et alimenter trois moulins.

A 500 m de là, subsistent ls vestiges d’un monastère de femmes sur les bords d’un torrent sauvage et irrégulier: le Coyroux.               le-coiroux

Le canal des moines, classé au titre des monuments historiques depuis 1966, est un ouvrage d’art et de technique exceptionnels unique en Europe dans sa conception et sa hardiesse 

 Epousant tous les contours du versant rocheux et escarpé de la vallée du Coyroux, ce canal constitue un véritable défi témoignant de la grande audace des moines.

Caractéristiques techniques: d’une longueur de 1 500 m avec une pente de 0,5%, le canal lui-même et la chaussée digue qui le longe sont retenus par des murs relativement épais et talutéspassage-difficile-1

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Certains passages présentent quelques petites difficultés pour les promeneurs,notamment si le sol est mouillé .

Par temps ensoleillé et face aux couleurs tendres de ce début de printemps, le

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canal des moines et tacot 023canal des moines et tacot 031

Au retour, vous redécouvrez le bourg d’Aubazine…*

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là où la fête bat son plein : le groupe folklorique de Lanteuil, commune voisine s’en donne à coeur joie !folklore-de-lanteuil

Et je ne résiste pas au plaisir de montrer en pleine action les “socques”  que j’évoquais dans un sujet récent .  canal-des-moines-et-tacot-0

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Tout comme, l’âne qui ne dit mot mais n’en pense pas moins, je considère qu’il est l’heure de regagner nos pénates.

*http://www.ville-aubazine.fr/spip/spip.php?page=article&id_article=2

Posté par catsoniou à 08:00 - Ecolo - Vos réactions [3] - Articles rédigés par :

21 avril 2011

Modeste arachnophile

Hier, sur mon balcon, dans la lumière du chaud soleil d’avril, j’ai surpris une éclosion. Une sortie de nid… Un nid sur un balcon, me direz-vous, quel est le volatile assez téméraire pour s’être installé, là ?
Détrompez-vous, il ne s’agit pas d’un nid d’oiseau, mais bien du cocon de soie abritant des centaines de bébés épeires diadèmes dont j’avais admiré la mère, l’été dernier.

Beurk ! Allez-vous vous écrier, des araignées !
Oui, je l’avoue, j’aime les araignées des jardins dont j’observe (et photographie) curieusement la vie, au fil des saisons, parmi mes pots de fleurs et autres jardinières…

Pour en revenir aux petites épeires, tout juste sorties du cocon, elles restent groupées en une minuscule grappe mais s’éparpillent au moindre effleurement : chaque individu essayant de trouver un abri. Si l’alerte ne se confirme pas, elles se regroupent pendant quelques jours encore. Aujourd’hui, par exemple, comme il souffle un petit vent froid, elles sont restées serrées les unes contre les autres, sans doute pour conserver une certaine chaleur.

Au soleil, il n’est pas rare de voir les bébés orbitèles (autre joli nom des araignées à toile géométrique) s’écarter du groupe comme pour prendre timidement leur indépendance. Sur le nombre, peu échapperont aux prédateurs qui les guettent. Ceux qui réussissent à trouver un abri sûr, sont aptes à construire leur première toile. A ce stade elle n’est pas plus grande qu’une pièce de monnaie et ne permet d’attraper que des moucherons microscopiques. Mais de moucheron en moucheron, l’araignée va grossir pour atteindre, par mues successives, sa taille adulte en été.

C’est en cette saison que l’on peut admirer les grandes toiles géométriques très régulières que l’épeire diadème (aussi appelée épeire porte-croix en référence aux petites taches blanches, en forme de croix, sur son abdomen) reconstruit chaque matin.

Selon les spécialistes le travail prend environ une heure, l’araignée utilisera 20m de fil pour une toile de 40cm de diamètre. L’ancienne toile est « recyclée » de façon extraordinaire : l’araignée en fait une boulette qui est avalée et digérée pour se retrouver dans les différentes fabriques de soie, à l’intérieur de l’abdomen, sous forme de liquides prêts à être de nouveau employés. La toile neuve est ainsi fabriquée à 90% avec les matériaux provenant de l’ancienne !
En effet l’araignée utilise deux sortes de fil pour construire sa toile. La première spirale ne sert que d’échafaudage pour donner des points d’appui. Elle est constituée de soie ordinaire. Ce fil part du centre où les rayons sont très serrés pour aboutir à la circonférence par des tours de plus en plus amples. Une fois la toile terminée, l’épeire détruira l’échafaudage en l’avalant, ne laissant que la partie centrale qui lui servira de lieu d’affût.
Une deuxième spirale, plus serrée, constituée de soie collante sert de piège pour capturer les insectes volants qui s’y laisseront prendre. Selon le célèbre entomologiste, J.H. Fabre, si l’araignée ne s’empêtre pas dans ses fils collants c’est grâce à la présence sur ses pattes d’une substance huileuse qui neutralise l’adhérence.
On observe aussi un espace vide entre la spirale gluante et le centre de la toile. Cette « zone libre » est très commode pour passer en un éclair d’un côté à l’autre de la toile en cas de danger.
Postée au centre de la toile ou à l’affut sous une feuille, mais toujours reliée par un fil appelé fil « d’alerte », notre araignée perçoit les moindres vibrations et va localiser l’endroit où un insecte vient de se prendre au piège. Les âmes sensibles peuvent passer le paragraphe suivant, mais qu’elles n’oublient pas que l’araignée détruit avant tout les insectes nuisibles que nous traquons à l’aide d’insecticides et autres désinsectiseurs.
Ayant repéré sa proie, l’araignée va la mordre pour l’engourdir grâce à son venin, puis elle la transformera en cocon en l’enroulant d’un fil de soie très serré et l’emportera dans son repaire pour savourer son festin à la manière de la plupart des araignées, c'est-à-dire en injectant l’intérieur de sa victime des sucs digestifs, puis en avalant la « soupe » ainsi obtenue…

La grosse épeire diadème que j’ai observée l’été dernier était une femelle. En effet, les mâles, sont beaucoup plus gringalets (trois fois plus petits que la femelle) et ils n’ont pas la vie facile, car la belle a l’habitude de profiter de l’accouplement pour le ficeler comme un vulgaire insecte, le mordre et lui injecter son venin. Aussi, chez les épeires, a-t-il l’habitude, pour arriver à ses fins, d’amadouer sa partenaire en lui offrant, prudemment, un insecte proprement emballé, afin d’assouvir momentanément l'appétit aveugle de cette vorace.
Pour protéger sa ponte, la femelle va tisser un cocon gros comme un œuf de pigeon, composé de deux enveloppes. Une, intérieure, destinée à garder la chaleur autour des œufs et une enveloppe extérieure chargée de protéger le nid de l’humidité. Celui-ci reste ensuite livré à lui-même car la mère meurt d’épuisement après l’avoir réalisé. L’épeire diadème ne vit qu’une seule saison alors que la tégénaire noire qui fréquente ma maison peut vivre quatre ans.
Il ne me reste plus qu’à souhaiter que mes bébés orbitèles vous donnent envie de regarder désormais les araignées d’un œil plus bienveillant en les considérant plutôt comme des auxiliaires que comme des ennemies.

Posté par kaleido-blog à 08:00 - Ecolo - Vos réactions [6] - Articles rédigés par :




19 avril 2011

André Du Bouchet

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Il suffit parfois de presque rien pour qu’un samedi qui s’annonçait ordinaire devienne une journée d’une densité rare , que l’on n’oubliera pas . Tout a commencé par un appel téléphonique vendredi midi d’une amie attentionnée qui m’informe que le lendemain après-midi se déroule à Dieulefit un hommage à André Du Bouchet avec des rencontres et une exposition autour du poète. Elle sait mon attachement à sa poésie.

Ce n’est qu’à deux heures et demie de route après tout, et je réalise que cela fera dix ans le 19 avril qu’André Du Bouchet est mort. Une envie très forte de me rendre dans la Drôme commence à sinuer dans mon esprit. Levée tôt ce samedi, un temps  lumineux, toutes les conditions sont réunies: je pars sans plus réfléchir pour une journée imprévue baignant dans la poésie! Fin de matinée Dieulefit me voilà: j’arpente les rues et ruelles , découvre une ville qui me séduit. Je découvre très vite la galerie d’art où a lieu l’exposition que je visite tranquillement avant l’inauguration (encore merci aux galeristes de leur accueil). Là des peintures de Giacometti, Tal-Coat, Bram van Velde, Gilles du Bouchet, Tapies…ainsi que quelques pages de carnets où André du Bouchet inscrivait de petites phrases lors de ses promenades dans cette si belle région drômoise. Je suis sous le charme….Je marche un peu, entre dans une librairie fort agréable où je déniche le dernier livre de Julien Gracq “manuscrits de guerre”, ressors , fais quelques photos en déambulant et attends tranquillement autour d’un bon repas la rencontre annoncée.

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En entrant dans la salle , on entend la voix du poète lire des extraits de ses poèmes avec un montage des pages de ses carnets. Après les remerciements d’usage a lieu la projection d’un film “Si vous êtes des mots, parlez” avec interview du poète réalisé par Michel Jacob. Un film dense qui suit les promenades d’André du Bouchet dans cet endroit où il s’était retiré et écrivait. Des silences, des conversations avec sa compagne Anne de Staël, des voisins, la contemplation des paysages, son bureau punaisé de poèmes sur lesquels il revenait sans cesse. Un film qui évoque l’homme dans sa simplicité, qui ne gomme pas la difficulté à entrer dans ses mots,ses  textes qu’il faut lire et surtout relire, selon les conseils de l’auteur lui-même. Je ne peux qu’approuver car je suis conquise  par cette écriture depuis déjà de nombreuses années.

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Après le film, l’émotion des témoignages: que ce soit une voisine, une femme de ménage, un éditeur, un photographe, Anne de Staël , Gilles du Bouchet son fils….. Des anecdotes de vie courante, des réflexions sur sa poésie et sa relation avec la peinture,la typographie de ses recueils, des souvenirs…On se sent bien , on vient dans la simplicité de nous parler d’un poète que l’on dit difficile à lire.

Je sais peu de choses de sa biographie, quelques jalons pour situer un peu: né en 1924, il s’installera aves sa famille aux Etats Unis où il terminera ses études, puis sera professeur à Harvard .En 1948, il revient en France,rencontre René Char,, Pierre Reverdy, Francis Ponge, animera des revues , sera traducteur de Celan , Hölderlin, James Joyce, Mandelstam, Faulkner…En 1971, il achète une maison à Truinas dans la Drôme et il partagera sa vie entre Paris et la Drôme provençale. Il disparait il y a dix ans aujourd’hui.

Son écriture c’est celle du souffle , des silences, d’un mouvement,  d’un voile déchiré par  le  regard qu’il pose sur ce qui l’entoure et qu’il nous renvoie par des éclats de mots.

Un texte issu de Carnet:

 

... aller jusq'au

bout de chaque mot

                               ouvrir son ciel

le ciel où finit sa racine

                                                   peser de tout son poids sur le

                                                                                         mot

                                   le plus faible

                                                     pour qu'il éclate

                                           et livre son ciel

 

Je suis repartie, par des routes buissonnières , ai pris le temps de regarder, d'écouter les silences où se murmurait le ciel.


Posté par Bruyere à 08:00 - Culture - Vos réactions [11] - Articles rédigés par :

18 avril 2011

Dialogus

Qui n’a pas rêvé un jour de dialoguer avec un personnage célèbre? De son vivant, vous avez moins de chance qu’après sa mort.

Pas logique? Mais si, lisez plutôt.

Vous prends l’envie tout à coup de demander à Jean Moulin qui l’a trahi, Refaire le monde avec Einstein ou demander à Rantanplan si il est aussi bête qu’il en a l’air.

Dialogus vous permet toutes ses folies!Dialogus

Oui! Ecrivez une lettre à un personnage célèbre, parlez lui de tout… Sauf de sa mort… Et il vous répondra. Ainsi une correspondance peut être suivie sur plusieurs mois si vous le souhaitez. Rien n’est impossible sur Dialogus.

Il fallait des amoureux de la littérature et de l’histoire pour avoir un idée aussi saugrenue. Ce projet s’adresse aussi bien à des classes qu’à des particuliers, il suffit de s’inscrire sur le site et d’envoyer un mail au(x) personnage(s) célèbre(s) de votre choix, il vous répondra en quelques heures, ou quelques jours, suivant ses disponibilités.

Dialogus 2

On ne peut que constater en visitant le site que les auteurs, derrière leur clavier, sont rudement bien renseignés, non seulement ils connaissent l’histoire sur le bout des doigts mais ils écrivent comme leur personnage parle.Dialogus3

On imagine le plaisir que les collégiens peuvent prendre à échanger ainsi avec un personnage, d’autant qu’ils sont tous représentés, de Robespierre à Tintin, en passant par Cyrano de Bergerac et la belle au bois dormant.

Embarquez sur Dialogus et remontez le temps! Et surtout ne vous offusquez pas si la personne ne vous répond pas dans l’heure:

La réponse de notre personnalité tarde à vous parvenir? N'en faites pas un drame. Quand on attend une lettre de Robespierre mise à la poste vers les 1794, on ne s'offusque pas de devoir attendre quelques semaines. Considérez je vous prie les choses dans leur contexte... (Dialogus)

Voici un exemple parmi d’autres d’un échange de courrier. Ici Freud répond à un inconnu:

Bonjour,
Dans ce qui touche la psychologie on trouve régulièrement des dizaines d'explications différentes pour expliquer le même sujet. Peut-on dire que cela est une science? En fait, ce qui touche aux émotions semble relever plus de la foi que de la science.


Cher Inconnu,
Votre questionnement est très vrai, d'ailleurs j'en serais presque à me poser la même question. Je vous rassure, il n'en est rien.
Cela dépend de quelle base nous partons. Effectivement, lorsque l'on définit la science, on la caractérise par le fait d'un ensemble de choses que nous savons au sujet d'un thème. Par exemple la biologie, nous observons le fonctionnement du corps et nous pouvons ainsi déterminer immensément de conclusions sur les organismes vivants. L'interprétation et l'observation en sont la clé.
Or, la psychologie est une science humaine et ne concerne pas l'observation matérielle, mais bien comportementale. Une théorie psychanalytique est déterminée par interprétation d'idées faites à partir du comportement d'autrui. C'est ainsi que nous pouvons faire des conclusions quant à l'évolution de la psyché des hommes. Mais rien n'est inventé, tout est observé. Nous ne déclarons aucune théorie sans avoir eu un minimum de preuves. Le complexe d'Oedipe, par exemple, a été découvert par contemplation de l'enfance.
Prenons une autre science pour justifier mon raisonnement, comme les mathématiques où tout n'est qu'imagé à partir d'une invention écrite. Cette science n'a été possible qu'à partir des créations de chiffres qui n'ont rien de concret, entendons-nous bien. On ne pourra jamais discuter avec le chiffre dix pour lui demander son avis s'il nous prenait l'envie de lui soustraire sa moitié. Mais je ne poursuivrai pas dans cette explication, je pense que vous avez compris mon raisonnement.
Venons en aux émotions, puisque vous affirmez que cela relève de la foi et non de la science.
Qu'est-ce qu'une émotion? C'est avant tout un ressentiment dû à un événement ou un facteur propre. Il ne faut pas être psychologue pour pouvoir déterminer quelle émotion on ressent à un certain moment. Le théâtre ou la comédie en sont une belle preuve. Si je vous demande de me mimer la tristesse, comment feriez-vous? Vous tendrez vos lèvres vers le bas, vous froncerez légèrement des sourcils et vous imiterez même des pleurs pour pouvoir accentuer le tout. Par contre, si je vous demandais de me représenter la joie, vous me feriez un grand sourire en écarquillant les yeux et en haussant légèrement les sourcils. Je ne vais pas énumérer toutes les émotions, mais vous voyez bien, en mon exemple, que de toutes les façons possibles que vous mimiez la tristesse ou la joie, n'importe quelle personne vous le représenterait sur presque les mêmes bases. Ce n'est donc pas par la foi, mais bien par l'observation que nous pouvons déterminer une émotion.
Je vous invite à lire les théories de mon confrère Charles Darwin, qui a longuement travaillé sur ce sujet et qui a récolté des observations dans le monde entier.
En espérant avoir répondu à votre questionnement. Si vous manquez de preuves ou si vous désirez que je développe un quelconque raisonnement sur une émotion ou sur la psychologie en tant que science, je me ferais un plaisir de vous répondre.
Cordialement.
S. Freud

Posté par cassymary à 08:00 - Culture - Vos réactions [1] - Articles rédigés par :

16 avril 2011

Rues au féminin

 

  

Louveciennes

Je ne saurais dire pourquoi si peu de rues, places, établissements publics portent des 446px-10noms féminins . Misogynie   des élus certainement,  mais avec des nuances, toutefois. Successivement, j’ai vécu dans deux villes : Louveciennes dans les Yvelines et Saint-Junien en Haute-Vienne.

 

 

Pavillon d’entrée du château de la Du Barry

 

Parti de la cité louveciennoise en 1977, j’ai du actualiser mes connaissances. lebrun

Aucune évolution : une seule femme s’est vue honorer d’un nom de rue

                                        Elisabeth VIGEE-LEBRUN

Peintre talentueuse, elle était la coqueluche des têtes couronnées : elle peignait leur portrait de façon relativement flatteuse…

 

Il y a bien une rue “de la Princesse” à Louveciennes, mais quelle est cette aristocrate   ainsi distinguée  ? Je l’ignore …

Quant à Mme Du Barry, favorite de Louis XV, on n’a pas jugé utile de lui attribuer , avenue, rue , place ou même impasse …220PX-~2

En revanche, l’admiration pour les hommes de guerre est patente. Ce qu’on peut comprendre avec le Maréchal,  qui y a son tombeau.                

            Mausolée du Mal Joffre

 

Mais je m’interroge : pourquoi une rue du Mal Gallieni ?

L’impressionnisme y est  honoré sans doute en souvenir de peintres qui ont vécu, aimé Louveciennes : rues Auguste Renoir et Claude Monet , pavillons Sisley et Pissarro …

Saint-Junien

Dès l’annonce de ma mutation pour la Haute-Vienne, la page de l’annuaire sur la cité du gant me frappait d’une évidence : j’entrais dans un autre monde !

Outre les références à la Commune de Paris , rue Eugène Varlin , Camélinat ou Vermorel , Résistance, places Guy Mocquet et Charles Michels, rue Gabriel Péri , avenue Jean-Moulin , les femmes étaient honorées . Certaines pour des faits locaux : cité et avenue Léontine Vignerie (bienfaitrice de la ville) Justine Teillet et Henriette Perucaud pour des raisons que j’ignore, d’autres noms attiraient mon attention .michel10

Collège Louise Michel

 

 

Louise Michel (1830-1905) militante de la Commune de Paris, plus tard anarchiste,   se consacra à l’éducation , notamment des Canaques , lors de sa déportation en Nouvelle-Calédonie.

 

Aérodrome Maryse Bastié                              220px-Maryse_bastie

Maryse Bastié (1898-1952) aviatrice française née à Limoges, décrocha de nombreux palmarès et s’illustra dans la lutte pour le vote des femmes.

Rue Françoise Dolto          FrancoiseDolto      

Pédiatre et psychanalyste française (1908-1988) pionnière en matière de 220px-Rosa_Luxemburgpsychanalyse de l’enfance , possède sa rue qui conduit à l’IME de la ville, n’est-ce pas là un bel hommage ?

 

 

Avenue Rosa Luxembourg(1871 – 1919)

militante, théoricienne marxiste polonaise, naturalisée allemande. Elle est assassinée par une unité de corps francs à Berlin, à la suite de l’échec de la révolution spartakiste.

 

220px-10

 

Hasard ? Cette voie démarre de l’avenue Jean Jaurès qui à son extrémité, débouche sur la rue     Suzanne Valadon   (1865 – 1938) . Née à Bessines sur Gartempe,                                                                  

Cette peintre française est la mère de Maurice Utrillo. Ici, portrait de Toulouse – Lautrec.

 

Et la littérature dans tout ça ? A proximité de la rue Suzanne Valadon , il y a la rue Georges Sand qui voisine avec la rue Pierre Loti et la rue Picasso …

Dans un autre lotissement, la rue Alfred de Musset croise la rue Colette .

Et Dieu, la religion , me direz-vous , complètement ignorés ?

Pas du tout : il y a le chemin de Saint Amand qui longe l’abbaye du même nom.Abbaye de St-Amandstaman10

Voici donc  deux villes de dimensions voisines  - 7 000 hab à Louveciennes et 11 000   à St-Junien – qui se caractérisent par une importante différence dès lors qu’il s’agit de baptiser édifices publics, places, avenues et rues au féminin .

A chacun(e) d’en concevoir une explication …

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14 avril 2011

Précieuse Angélique

Le Conservatoire Botanique National du Sud Atlantique (CBNSA) chargé de protéger les espèces en voie de disparition a lancé, en 2007, un vaste programme de sauvetage d’une plante devenue rarissime partout dans le monde : l’Angélique des Estuaires. Même si l’établissement a bien d’autres sujets d’étude dans ses dossiers que la « Géante Méconnue », les actions nombreuses et médiatisées en faveur de cette plante en ont fait une sorte d’emblème de la protection de la flore dans notre région.
L'Angélique des estuaires, (Angelica heterocarpa, à ne pas confondre avec Angelica archangelica une autre espèce aux vertus médicinales), est une ombellifère (de la même espèce que la carotte), liée aux estuaires des grands fleuves subissant des remontées d’eaux saumâtres dont elle colonise les berges argilo-vaseuses.
Elle est l'une des rares espèces endémiques de la France Métropolitaine. Connue sur les seuls estuaires de la façade atlantique (Loire, Charente, Seudre, Gironde, Adour, Nive) elle est encore localement abondante et bien connue des riverains, mais a pratiquement disparu des estuaires de la Seudre, d’une partie de la Charente et devient rare sur les rives de l’Adour.

 L'Angélique des estuaires est une très grande plante, pouvant atteindre 2,5 mètres de haut. Elle présente une robuste tige creuse, des grandes feuilles 2 à 3 fois pennées et des fleurs blanches en ombelles.

 
Longtemps considérée comme une plante vivace, on sait maintenant que son cycle de vie se déroule sur trois ans.
Durant trois ans, l’angélique accumule les réserves nutritives qui lui serviront à produire une immense inflorescence couverte de centaines de petites fleurs. La floraison qui se déroule entre juillet à aout n’intervient qu’une seule fois. Epuisée par la production de milliers de graines, la plante meurt. Beaucoup de graines seront emportées par les fleuves, d’autres seront déposées sur la vase des berges où elles germeront rapidement, donnant naissance à une nouvelle plante.

(photo mairie-vayres.fr)


Présenté sous cet angle, l’avenir de l’angélique semble assuré. Hélas de nombreuses menaces pèsent sur sa survie comme sur celle de nombreuses espèces végétales et animales qui peuplent les berges des grands fleuves.
Le fragile équilibre de ces milieux est menacé par l’industrie qui y déverse des substances polluantes telles que les métaux lourds, les hydrocarbures, les pesticides… Par l’arrivée et l’implantation de plantes exotiques invasives comme le baccharis sur le littoral ou la jussie à l’intérieur des terres. Par un aménagement des berges inadéquat comme les remblais ou les enrochements qui témoignent d’une artificialisation du milieu. Et aussi par l’inconséquence de certains riverains qui trouvent là un endroit commode pour se débarrasser des encombrants…
A plus long terme, les changements climatiques influeront sur les corridors écologiques que constituent les estuaires par la remontée du niveau marin qui entraînera un déplacement vers l’amont du front de salinité des eaux.
Comme le souligne un responsable du CBNSA « Les espèces ont toujours disparu. Le problème, actuellement, c’est l’échelle de temps. Cela va extrêmement vite : tous les ans des espèces disparaissent. »
Le conservatoire botanique, implanté à Audenge en Gironde, en collaboration avec les autres conservatoires de France (en particulier celui de Brest pour l’angélique) travaille dans les quatre axes suivants :
1 Connaissance : Puisque pour prévenir la disparition des plantes, il faut les connaître, le conservatoire s’emploie à faire le bilan de la biodiversité dans la région Aquitaine et Poitou-Charente. Il participe à la constitution d’une immense base de données relative à la connaissance et à l’évaluation de notre patrimoine biologique.
2 Conservation : Il conserve aussi les variétés menacées en congelant certaines graines pour les réintroduire plus tard dans la nature. (réalisation d’une cryobanque de germes)
3 Assistance technique et scientifique : Il accompagne les collectivités dans leurs projets pour donner un avis, par exemple dans les cas d’implantations de carrières, de routes, de voies ferrées ou d’aménagements de bords de fleuve…
4 Information et éducation auprès du public : organisation de promenades botaniques, expositions, jardins pédagogiques…
Aujourd’hui, outre le plan de conservation par le CBNSA dont elle fait l’objet depuis 2005, l’angélique des estuaires, est protégée par l’article L.411-1 du Code de l’Environnement qui interdit sa destruction.
Nous pourrons donc encore admirer, au cours des promenades en bords de Garonne, ses grandes inflorescences blanches…

(photo mairie-vayres.fr)

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12 avril 2011

M’as tu abandonné ?

En guise de convalescence, la marche m’a été prescrite. Mon bâton de pèlerin, randonneur en main  , Salsa me précédant en éclaireur, me voici parti 010sans but précis .

Dans le chemin creux, l’absence de sensation “jambes en coton” me décide à pousser mes investigations jusqu’au bourg.

- Hi – Han !  Un braiement m’interpelle. Rien de surprenant, me direz-vous de la part d’un âne …013

Ce qui l’est davantage, c’est le discours qu’il m’a tenu: “ Tu n’est point pressé, écoutes donc mon histoire”.

- Je suis toute ouïe , mais pourquoi donc arpentes-tu ton terrain sur quatre m2  . Ne devrais-tu pas gambader à ton aise dans ton enclos ?

015

– C’est pour demeurer au plus près du Seigneur et de l’autre sceptique … Enfin, tu vois qui je veux dire ? Saint – Thomas, qui me nargue de temps à autre par son apparition en filigrane.  Je crains qu’ils n’aient d’autres chats à fouetter que de répondre à la requête d’un âne , fut-elle proférée d’un ton pathétique !

- Tu m’intéresses ! Pour un baudet, tu as des lettres ! Expliques-toi  …

- Hi-Han , pardon OK, mais, s’il te plait , ne m’interromps pas .

“Dans une vie antérieure, j’étais Jacquou d’Aujac. On me voyait souvent avec mon “banlin” sur le dos,

                                     imagesCAPFB5F0       

j’allais ici et là couper quelque herbe de fossé pour Cadichon, mon baudet qui n’avait point assez de pitance autour de  la modeste masure

rando st-julien aux bois 016

que je partageais avec la Marissou.

Ah!imagesCAE9KK6CLa “pauvre garce” , comme on dit chez nous, elle n’était pas mauvaise fille, mais jalouse … Comme si j’avais avec mon banlin, une allure à courir le guilledou ! Elle s’était mise dans la tête que je courais après Eugénie de la Rhue… Je reconnais que si elle avait voulu, pour elle, j’aurais bien posé mon banlin !

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Elle en imposait à la foire à Meyssac. C’est là qu’elle m’avait embauché pour une journée en son château  de la Rhue.

A mon retour, la Marissou, agacée par mon éloge de la belle dame, m’avait menacé d’être réincarné en  petit âne   et à errer sempiternellement dans un espace réduit à quémander la grâce du Seigneur. Sans prendre au sérieux ses jérémiades et menaces pour une réincarnation à laquelle je ne croyais absolument pas, j’avais jugé utile de lui offrir quelques babioles personnalisées. Quoi de mieux que des fleurs , morilles et champignons de mars qui, avec quelques œufs, vous font une omelette flattant  vos papilles .    017

Et tu sais , cats …

– Comment, tu connais aussi mon pseudo ? 

- Et bien d’autres choses encore… Mais je me demande s’il n’eut été préférable en guise de réincarnation que la Marissou choisisse , je ne sais pas moi : la poule blanche027 Arthur, le cul-noir 024de Saint-Yrieix , Chantecler du Pescher 

                                                      030

ou encore la belle limousine pleine de santé.

            019

J’ai évité la poule noire qui, comme chacun sait, porte malheur.

                                                     031Alors, j’ai un service à te demander…

- Je t’en prie , dois-je dire Cadichon ou Jacquou ?

– Jacquou ! Je voudrais reprendre ma place de Jacquou, non pas sous mon banlin que j’ai assez trainé, mais au cimetière à côté de ma Marissou qui va bien encore me demander si j’en ai pas marre de faire l’âne … – Bon d’accord, je ne pourrais pas en parler au curé de la paroisse  qui a fait comme le bistrot : disparu depuis  des lunes ! J’en glisserai deux mots à Monsieur le Maire qui se doit de faire le maximum pour ses administrés, eussent-ils (provisoirement !) quatre pattes et de longues oreilles .

NB. Je me dois de remercier  petit âne,  cul-noir, poules, coq et vaches qui, en cette journée du 8 avril , par boite à images interposée, m’ont inspirée cette historiette.

Posté par catsoniou à 08:02 - Blabla - Vos réactions [6] - Articles rédigés par :


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