16 avril 2011
Rues au féminin
Louveciennes
Je ne saurais dire pourquoi si peu de rues, places, établissements publics portent des
noms féminins . Misogynie des élus certainement, mais avec des nuances, toutefois. Successivement, j’ai vécu dans deux villes : Louveciennes dans les Yvelines et Saint-Junien en Haute-Vienne.
Pavillon d’entrée du château de la Du Barry
Parti de la cité louveciennoise en 1977, j’ai du actualiser mes connaissances. 
Aucune évolution : une seule femme s’est vue honorer d’un nom de rue
Elisabeth VIGEE-LEBRUN
Peintre talentueuse, elle était la coqueluche des têtes couronnées : elle peignait leur portrait de façon relativement flatteuse…
Il y a bien une rue “de la Princesse” à Louveciennes, mais quelle est cette aristocrate ainsi distinguée ? Je l’ignore …
Quant à Mme Du Barry, favorite de Louis XV, on n’a pas jugé utile de lui attribuer , avenue, rue , place ou même impasse …
En revanche, l’admiration pour les hommes de guerre est patente. Ce qu’on peut comprendre avec le Maréchal, qui y a son tombeau.
Mausolée du Mal Joffre
Mais je m’interroge : pourquoi une rue du Mal Gallieni ?
L’impressionnisme y est honoré sans doute en souvenir de peintres qui ont vécu, aimé Louveciennes : rues Auguste Renoir et Claude Monet , pavillons Sisley et Pissarro …
Saint-Junien
Dès l’annonce de ma mutation pour la Haute-Vienne, la page de l’annuaire sur la cité du gant me frappait d’une évidence : j’entrais dans un autre monde !
Outre les références à la Commune de Paris , rue Eugène Varlin , Camélinat ou Vermorel , Résistance, places Guy Mocquet et Charles Michels, rue Gabriel Péri , avenue Jean-Moulin , les femmes étaient honorées . Certaines pour des faits locaux : cité et avenue Léontine Vignerie (bienfaitrice de la ville) Justine Teillet et Henriette Perucaud pour des raisons que j’ignore, d’autres noms attiraient mon attention .
Collège Louise Michel
Louise Michel (1830-1905) militante de la Commune de Paris, plus tard anarchiste, se consacra à l’éducation , notamment des Canaques , lors de sa déportation en Nouvelle-Calédonie.
Maryse Bastié (1898-1952) aviatrice française née à Limoges, décrocha de nombreux palmarès et s’illustra dans la lutte pour le vote des femmes.
Pédiatre et psychanalyste française (1908-1988) pionnière en matière de
psychanalyse de l’enfance , possède sa rue qui conduit à l’IME de la ville, n’est-ce pas là un bel hommage ?
Avenue Rosa Luxembourg(1871 – 1919)
militante, théoricienne marxiste polonaise, naturalisée allemande. Elle est assassinée par une unité de corps francs à Berlin, à la suite de l’échec de la révolution spartakiste.
Hasard ? Cette voie démarre de l’avenue Jean Jaurès qui à son extrémité, débouche sur la rue Suzanne Valadon (1865 – 1938) . Née à Bessines sur Gartempe,
Cette peintre française est la mère de Maurice Utrillo. Ici, portrait de Toulouse – Lautrec.
Et la littérature dans tout ça ? A proximité de la rue Suzanne Valadon , il y a la rue Georges Sand qui voisine avec la rue Pierre Loti et la rue Picasso …
Dans un autre lotissement, la rue Alfred de Musset croise la rue Colette .
Et Dieu, la religion , me direz-vous , complètement ignorés ?
Pas du tout : il y a le chemin de Saint Amand qui longe l’abbaye du même nom.Abbaye de St-Amand
Voici donc deux villes de dimensions voisines - 7 000 hab à Louveciennes et 11 000 à St-Junien – qui se caractérisent par une importante différence dès lors qu’il s’agit de baptiser édifices publics, places, avenues et rues au féminin .
A chacun(e) d’en concevoir une explication …



















