En guise de convalescence, la marche m’a été prescrite. Mon bâton de pèlerin, randonneur en main  , Salsa me précédant en éclaireur, me voici parti 010sans but précis .

Dans le chemin creux, l’absence de sensation “jambes en coton” me décide à pousser mes investigations jusqu’au bourg.

- Hi – Han !  Un braiement m’interpelle. Rien de surprenant, me direz-vous de la part d’un âne …013

Ce qui l’est davantage, c’est le discours qu’il m’a tenu: “ Tu n’est point pressé, écoutes donc mon histoire”.

- Je suis toute ouïe , mais pourquoi donc arpentes-tu ton terrain sur quatre m2  . Ne devrais-tu pas gambader à ton aise dans ton enclos ?

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– C’est pour demeurer au plus près du Seigneur et de l’autre sceptique … Enfin, tu vois qui je veux dire ? Saint – Thomas, qui me nargue de temps à autre par son apparition en filigrane.  Je crains qu’ils n’aient d’autres chats à fouetter que de répondre à la requête d’un âne , fut-elle proférée d’un ton pathétique !

- Tu m’intéresses ! Pour un baudet, tu as des lettres ! Expliques-toi  …

- Hi-Han , pardon OK, mais, s’il te plait , ne m’interromps pas .

“Dans une vie antérieure, j’étais Jacquou d’Aujac. On me voyait souvent avec mon “banlin” sur le dos,

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j’allais ici et là couper quelque herbe de fossé pour Cadichon, mon baudet qui n’avait point assez de pitance autour de  la modeste masure

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que je partageais avec la Marissou.

Ah!imagesCAE9KK6CLa “pauvre garce” , comme on dit chez nous, elle n’était pas mauvaise fille, mais jalouse … Comme si j’avais avec mon banlin, une allure à courir le guilledou ! Elle s’était mise dans la tête que je courais après Eugénie de la Rhue… Je reconnais que si elle avait voulu, pour elle, j’aurais bien posé mon banlin !

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Elle en imposait à la foire à Meyssac. C’est là qu’elle m’avait embauché pour une journée en son château  de la Rhue.

A mon retour, la Marissou, agacée par mon éloge de la belle dame, m’avait menacé d’être réincarné en  petit âne   et à errer sempiternellement dans un espace réduit à quémander la grâce du Seigneur. Sans prendre au sérieux ses jérémiades et menaces pour une réincarnation à laquelle je ne croyais absolument pas, j’avais jugé utile de lui offrir quelques babioles personnalisées. Quoi de mieux que des fleurs , morilles et champignons de mars qui, avec quelques œufs, vous font une omelette flattant  vos papilles .    017

Et tu sais , cats …

– Comment, tu connais aussi mon pseudo ? 

- Et bien d’autres choses encore… Mais je me demande s’il n’eut été préférable en guise de réincarnation que la Marissou choisisse , je ne sais pas moi : la poule blanche027 Arthur, le cul-noir 024de Saint-Yrieix , Chantecler du Pescher 

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ou encore la belle limousine pleine de santé.

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J’ai évité la poule noire qui, comme chacun sait, porte malheur.

                                                     031Alors, j’ai un service à te demander…

- Je t’en prie , dois-je dire Cadichon ou Jacquou ?

– Jacquou ! Je voudrais reprendre ma place de Jacquou, non pas sous mon banlin que j’ai assez trainé, mais au cimetière à côté de ma Marissou qui va bien encore me demander si j’en ai pas marre de faire l’âne … – Bon d’accord, je ne pourrais pas en parler au curé de la paroisse  qui a fait comme le bistrot : disparu depuis  des lunes ! J’en glisserai deux mots à Monsieur le Maire qui se doit de faire le maximum pour ses administrés, eussent-ils (provisoirement !) quatre pattes et de longues oreilles .

NB. Je me dois de remercier  petit âne,  cul-noir, poules, coq et vaches qui, en cette journée du 8 avril , par boite à images interposée, m’ont inspirée cette historiette.