27 mars 2011
L'écriture comme thérapie - Rencontre avec Ingrid Bétancourt
" Personne n'est blanc, ni noir. Les Farcq aussi avaient leur part de dualité et ce fut une grande découverte pour moi.
Chacun a sa part d'ombre, la lumière ne peut pas être toujours là.
Alors, comment garder le contrôle, ne pas réagir tout de suite ? Je pense qu'il faut agir dans la solidarité en lutte constante avec notre égoïsme, chercher la porte qui permet d'en sortir.
Avec Clara, mon amie de toujours, rien n'est encore perdu, rien n'est arrangé. Pour moi, c'est terrible après 6 ans de vie commune avec elle. J'espère la retrouver un jour, lui parler...
De ma détention, je veux garder une mémoire positive, cela fait partie de moi. Je n'ai pas de haine envers mes ravisseurs. Pour moi, ce fut un processus d'avancée spirituelle, c'est ainsi que je le vois.
Bien sûr, il faut que justice soit faite afin que cela ne se reproduise plus.
A ma libération, l'adaptation la plus dure fut de retrouver l'usage de mes mains entravées..
Ah ! Juste le bonheur d'employer ses mains !!"
On a reproché à Ingrid le fait qu'elle ait réclamé à l'Etat Colombien des dommages et intérêts comme l'ont fait les autres victimes. Ce fut un tollé général.
C'est cependant la loi pour toutes les victimes du terrorisme.
On a reproché à Ingrid d'avoir mis fin à son premier mariage. D'abord cela relève de sa vie privée " Les gens et les choses changent en 6 ans" ). Ses propos furent dénaturés dans ce cas précis aussi.
Pour conclure Ingrid remercie encore ( On a dit qu'elle ne l'avait jamais fait !!!) les Comités de Soutien, nombreux en Belgique, un bel exemple de solidarité.
Pour finir, ces quelques mots : " La Colombie se complaît dans le mensonge et ses citoyens sont co-responsables. Il faut que les gens changent avant la politique...."
" Je n'ai plus d'autre ambition personnelle que la solidarité..."
Personnellement j'ai écouté parler cette femme pendant plus d'une heure et je suis remuée, émue et admirative aussi. J'avais au départ plein d'idées préconçues, elle a réussi à me scotcher sur ma chaise...
Curieuse de voir vos réactions....
26 mars 2011
L'écriture comme thérapie - Rencontre avec Ingrid Bétancourt
Il y a des rencontres qui marquent...
Lors de la Foire du Livre de Bruxelles en février dernier, j'ai eu la chance de pouvoir écouter les mots d'ingrid Bétancourt.
J'en suis restée profondément marquée et je suis encore à ce jour en réflexion.
" Nous avons tous en nous une part d'ombre et une part de lumière"
" Tout le monde fait dans sa vie des choses dont il a honte comme moi...Je n'ai pas peur de le reconnaître"
Ingrid parle d'une voix douce, sa silhouette est celle d'une petite fille, elle a l'air si fragile
mais dégage par ses paroles une force intérieure, une foi chrétienne profonde et une détermination à continuer sa vie selon ses convictions mais autrement, sans plus faire de politique active.
Se changer soi-même d'abord et puis tenter la démarche de solidarité pour que les autres se changent à leur tour et changent le monde ( elle parle en particulier de la situation en Colombie )
Ingrid Betancourt, pour rappel, militante politique colombo-française fut enlevée par les Farcs en février 2OO2 et libérée en juillet 2OO8.
Depuis sa libération, largement médiatisée, Ingrid s'est reconstruite dans le silence.
Silence gardé malgré la campagne de délation menée contre elle et la parution de deux livres -chocs, écrits par son premier mari ( qu'elle quitta peu après sa libération !) et surtout de sa co-détenue et amie Clara.
Ingrid dit avoir choisi l'écriture comme thérapie et vient donc en parler à l'occasion de la parution de son livre " Même le silence a une fin" où elle raconte enfin son calvaire concentrationnaire, ses tentatives d'évasion, son quotidien, ses faiblesses, ses manques.
" J'avais besoin de me raconter, pour me libérer, pour guérir. Au début mes enfants me questionnaient. Mais parler était devenu trop difficile, je voyais les larmes affluer dans leurs yeux, le mal que mes mots leur faisaient. Je ne pouvais pas supporter cette souffrance, c'était trop ! Alors, je me suis tue, longtemps. J'ai fait la politique de l'autruche...
Par le raccourci de l'écriture, je suis arrivée à raconter. Le fait qu'il n'y a pas d'interlocuteur présent aide..
Ce fut dur de me replonger dans l'horreur, mais chaque jour, je nettoyais ainsi les abcès.
Il y a la honte des choses qu'on n'a pas envie de raconter ( Que ne ferait-on pas pour un bout de pain ou de fromage quand on est affamée ?), les passages des différents états psychiques de l'espoir au désespoir, de la joie à la libération et ensuite de la libération à la critique amère.
Je n'ai pas réagi et puis le temps passant, j'ai réalisé que l'une des plus grandes difficultés c'est de ne pas rester une victime.
Alors, je me suis mise à écrire...
On pense toujours qu'on est presque arrivé et puis vient le sentiment, la certitude absolue qu'on a encore tant de choses à faire !
On doit faire des exercices d'humanité car la société nous pousse sans cesse à la critique. Nous n'avons pas le droit de juger l'essence des êtres. ( La Justice l'a, pour les actes !)
Commençons par faire l'exercice d'être honnête avec nous-mêmes. Je suis importante parce que je suis, pas parce que je suis mieux que les autres.
Dans la jungle aussi ce besoin d'être était primordial. Ce que nous vivions là était extrême.
Mais la cohabitation nous pouvons aussi la vivre mal dans le mariage qui tourne mal ou dans l'espace professionnel.
à suivre demain
23 mars 2011
Le marathonien des rimes : Grand Corps Malade
Brisé par un accident, Grand Corps Malade s'est reconstruit par les mots. Par la force du slam, il diffuse sa poésie de proximité sur les ondes et sur les scènes.
De passage à Bruxelles, il se raconte....
"Comment va Grand Corps Malade ?"
" Il va très bien, il entre dans son troisième temps avec le sourire. Cela fait 13 ans maintenant. Les médecins m'avaient pronostiqué la paralysie mais à force de volonté, j'ai pu remarcher, tout en ayant dû faire une croix sur le sport.
Mais je nage, je marche...
Il y a à présent bien d'autes Grands Corps Malades : l'éducation nationale, la société française ou le gouvernement...belge !
Je vis toujours en banlieue à St Denis, je fréquente les mêmes lieux, je n'ai pas de garde du corps ni de nounou.
Mon carburant c'est la vie que l'on voit derrière la fenêtre, ce que l'on ressent. Notre histoire, notre futur, nos envies...
Tout est source d'inspiration dès qu'on s'arrête un peu pour observer.
Avant d'être slameur, j'étais entraîneur de basket pour les jeunes et animateur de colonies de vacances, je pense avoir le contact facile.J'anime des ateliers d'écriture dans les maisons de retraite, dans les prisons, dans les maisons de quartiers.
Quand j'arrive, je fais un slam pour briser la glace et montrer pourquoi on est tous là. Faire un slam avec des inconnus, c'est un peu une mise à nu. Une fois que je me suis mis en danger, ils ont tendance à se livrer aussi. Le contact s'établit très vite même avec 3O détenus inconnus avec qui je passe 2 heures !
L'écriture c'est un moment de plaisir et c'est un jeu avec les rimes et les sonorités. Il faut mettre les conditions d'une mise en confiance. A côté de ça, il y a le côté introspectif dans la recherche de choses personnelles qui sont parfois plus faciles à livrer dans un texte de slam que dans la vraie vie.
Et ça vaut pour moi aussi, comme pour ceux qui sont en prison. Cela permet de se lâcher, de sortir du quotidien routinier.
Le slam, c'est la poésie de proximité. On parle de thèmes qui nous sont proches avec des mots qui nous sont proches. Rien à voir avec la littérature enseignée dans les écoles et déconnectée de la réalité !
Je slame avec des mots que j'utilise tous les jours pour parler. Il y a des mots de la langue française mêlés avec des mots en verlan, en argot, et c'est cette combinaison qui m'appartient, qui fait ma poésie.
J'ai besoin de maîtriser les mots. Je ne passe pas mon temps dans les dicos. J'ai besoin de mots à moi, j'espère en connaître quelques-uns même si je suis loin d'en connaître assez !
Ce sont mes mots et après, c'est l'ordre dans lequel je vais les mettre qui va faire un joli texte.
Les gens me disent souvent " Allez, vas-y, slame-moi un truc !" Mais il y a une fausse croyance que slam = impro = joute verbale.
Même si certains slameurs le font, ça reste l'automatisme d'une rime qui en amène une autre.
J'ai une haute exigence du texte et pour vraiment raconter une histoire et y mettre la forme, je n'imagine pas de me passer de l'écrit !
Le fond et la forme doivent être bien imbriqués et c'est tout un travail "
Bio express :
31 juillet 1977 : Fabien Marsaud naît au Blanc-Mesnil, Seine St Denis
16 juillet 1997 : se déplace les vertèbres à la suite d'une chute dans une piscine
2006 : Premier album " Midi 20"
2008 : " Enfant de la ville"
2010 " 3e Temps"
17 mars 2011
Berlin: Avant-propos
Plusieurs articles figureront sur cet espace, pour vous faire découvrir ou redécouvrir une ville qui m'a toujours attiré et qui me passionne encore plus aprés ma visite en décembre dernier, Berlin. Toutefois en guise d'introduction j'exprimerai quelques considérations personnelles sur cette ville.
Berlin est devenue une ville qui a retrouvé ces vingt dernières années une nouvelle ère ou souffle un vent de liberté après 29 ans de séparation imposée par la dictature soviétique. Que de drames se sont produits liés à ce mur de la honte, des hommes dont la seule erreur était de rechercher un brin de liberté. Ainsi 136 fuyards (Chiffre peut-être supérieur), ont été abattus par des sentinelles obéissant à la doctrine est-allemande.
Cependant je ne peux pas passer sous silence ce que les Allemands ont imposé auparavant chez eux et surtout à l'extérieur du Reich: les crimes contre l'humanité que nous connaissons tous, contre les juifs, les résistants l'horreur des camps de concentration. Ce n'est pas les 136 morts ou plus du mur, mais des millions. Ne pas oublier qu'Hitler a été élu démocratiquement par le peuple, au début des années trente. L’Allemagne a tout de même payé par la suite également un lourd tribut, sous les bombardements alliés et leur honneur.
Toutefois, je sens très fort que les Berlinois, jeunes et plus âgés, ne veulent pas se cacher de ces douloureux moments et certains semblent encore se culpabiliser. Leur leitmotiv est « NE PAS OUBLIER ». Pourtant ce n'est plus leur génération. Je ne citerai pas de noms, mais d'autres pays n'ont pas non plus à tirer fierté de leur passé, la différence est qu'ils ne le reconnaissent pas officiellement, les Allemands oui. Bien sur qu'il existe, qu'il existera toujours, hélas, de part le monde, des nostalgiques du nazisme.
Pour illustrer mes propos, voici une statue qui m'a beaucoup ému située devant l'entrée principale d'une grande gare berlinoise :
Züge in das Leben, Züge in demTod (Trains de la vie, trains de la mort) 
11 mars 2011
Vous reprendrez bien un peu de Québec ? ( 2 )
La voici, donc la grand-mère du Seigneur
....
L'objet de bien des pélerinages, donc, pas tellement vénérée chez nous...
A l'approche de Québec, une autre merveille de la nature nous attend, à 7 km de la ville, un parc et une chute, de 3Om plus haute que celles du Niagara ( 56m), elle marque l'endroit où la Montmorency se jette dans le St Laurent.
Le parc environnant permet de l'admirer de plusieurs points de vue, un téléphérique nous amène au sommet et un pont suspendu nous permet de les parcourir.
Pour les intrépides ( que nous ne sommes pas !) des sentiers pédestres gravissent les falaises voisines.
La vue sur le St Laurent et sur la ville de Québec est imprenable, le parc est doté d'aires de picnics, on peut s'y restaurer, rouler à bicyclette.
Un havre de paix ....
La ville nous tend les bras et avec elle à l'entrée, le célèbre et excellent hôpital, l'Hôtel-Dieu.
Surprise : tous les murs sont recouverts de fresques représentant les différents services, une curiosité...
Mais les surprises seront encore nombreuses...
Perplexes, nous sommes restés devant cet espèce de crochet à la porte de notre chambre à l'"Hôtel du Vieux Québec"...
Pas la serrure, non ?
Mystère éclairci le lendemain matin : le service de l'hôtel y suspend un panier en osier muni d'une jolie anse. Ce panier contient "de quoi" se préparer soi-même dans la chambre un petit déjeuner. La chambre est vaste parce qu'elle se compose d'un grand coin cuisine ( taque, frigo, armoire, assiettes...) et d'un minuscule coin pour le lit et la valise...
Nous, nous avons préféré l'excellentissime
peti déj' servi à deux pas de là à la croissanterie française :
" Chez Paillard",enfin la vraie saveur du pain, que nous n'avions plus connue depuis notre arrivée au Canada oùle pein de mie caoutchouteux sous cellophane a la cote....Et surtout qu'à côté, il y a la célèbre librairie Archambault...
Encore quelques images de cette ville qui nous a charmé :
Un peu de poésie, un brin de gentillesse, les gens de Québec vous réchauffent le coeur ...
" C'est un petit bonheur...." comme le chante si bien Félix Leclerq....
" Ce fut un grand bonheur pour moi ! Et j'ai hâte d'y retourner !!!!
09 mars 2011
Vous reprendrez bien un peu de Québec ?
Ca vous dirait que je vous parle un peu de QUEBEC CITY ?
Comme ils disent là-bas ?
Ne confondons pas la province et la ville....
Québec est l'unique cité fortifiée d'Amérique du Nord. Elle possède un cachet très européen, voir français, avec ses ruelles pavées et ses bâtiments du 18 e siècle.
Les principaux centres d'intérêt sont faciles d'accès car regroupés au pied de la falaise du Cap Diamant sur laquelle s'élève la citadelle.
L'Assemblée Nationale, le Parc des Champs de bataille entre Britanniques et Franco-canadiens en 1759, les fortifications et le Vieux Port sont autant de lieu aisément visitables à pied et en empruntant les fameux bus électriques très écolos. La descente vers le Château Frontenac et le Vieux Port le fleuve St Laurent constitue un " must" de la visite.....
Le Château Frontenac ( que personnellement je n'aime pas du tout ) fait la fierté des Québequois. Il accueillait autrefois les colons qui débarquaient des bateaux sur le port en attendant qu'ils se trouvent un endroit et un toit. Il fut racheté à la Canadian Pacific est abrite aujourd'hui le Palace "Fairmont" que nous avons eu l'honneur de visiter guidée par une charmante comédienne en costume d'époque !
Le Château révèle quelques surprises comme des ruches sur le toit ou un jardin de plantes aromatiques haut perché !
Sinon, le luxe y règne en maître, voyez ces ascenseurs ! Digne de Céline Dion, habituée des lieux !
A Québec on adore les peintures murales, comme la célèbre fresque des Québequois illustres...On en reparlera des murs peints dans la deuxième partie de l'article un jour prochain....
Le Vieux Québec avec comme Centre, la Place Royale ( voir photo ci-dessus à droite ), regorge de ruelles pittoresques " à la française", de galeries d'art et surtout de magasins de décoration de Noël....Etonnant en été, non ?
Non, me rétorquent mes amis québequois " On ne va pas magasiner en hiver par -15° !" C'est un point de vue, mais j'avoue avoir du mal à me mettre dans l'ambiance !
Sinon il y en a pour tous les goûts suivant la grosseur de votre porte-feuille ou l'étendue de votre carte de crédit, car le "cash", on ne connaît pas !
Cependant, avant d'arriver au coeur de la Capitale de la Belle Province, quelques arrêts s'imposent et notamment aux Chutes Montmorençy et à Sainte Anne de Beaupré, haut lieu de pélerinage pour celle que l'on appelle ici la " grand-mère de Jésus"..
a suivre....
07 mars 2011
Le printemps des poètes 2011
Le 13ème printemps des poètes aura lieu du 7 au 21 mars 2011.
Cette année le thème est le suivant:
-
Sur d’infinis paysages
"Exprimer les liens profonds qui unissent l'homme à la nature, les célébrer ou les interroger est un des traits les plus constants de la poésie universelle.
Mers et montagnes, îles et rivages forêts et rivières, ciels, vents, soleils, déserts et collines, la plupart des poèmes porte comme un arrière-pays la mémoire des paysages vécus et traversés.
Se reconnaître ainsi tributaire des infinis visages du monde, c'est sans doute, comme le voulait Hölderlin, habiter en poète sur la terre."
Jean-Pierre Siméon, Directeur artistique de la manifestation.
Juliette Binoche est la marraine de l'édition 2011. Voici le texte qu’elle a écrit pour l’édition 2011:
"Je ne porte la poésie que lorsqu’elle branche les antennes des profondeurs, c’est à dire qu’elle ose une sincérité déconcertante.
La poésie est un langage de l’invisible, un ressenti qui s’exprime avec le concentré, le peu, le dense. Le moins pour le plus, elle se retire pour attirer. C’est une opération à cœur ouvert où le verbe prend corps.
La poésie peut me transporter, me transformer mais je dirais même plus, elle me fait me reconnaître et là c’est le bonheur. J’ai ce sentiment de proximité avec Antjie Krog, Rumi, Tchouang Tseu, Hafez, Michaux, Char…
J’ai découvert la poésie tard, j’ai mis du temps à me défaire des notes de récitations, des poésies choisies pour la langue française, l’obligatoire. Je voyais la beauté, mais je n’arrivais pas à rentrer dedans.
La poésie cache bien son jeu ! La quintessence des mots a un pouvoir vibratoire. Sans manipulation, elle est un appel sans merci, comme une sortie de soi. C’est pas joli, c’est pas parfait, mais c’est vrai.
C’est en rencontrant Antjie Krog, sur les routes d’Afrique du Sud, que tout à coup, mes yeux se sont ouverts. Je suis entrée dans ses mots, dans sa vie, dans un autre espace-temps, ses visions sont devenues miennes. Comme lorsque je ne comprenais pas ce qu’il y avait dans l’art abstrait avant de lire le livre de Charles Juliet
« Rencontres avec Bram van Velde », le passage dans une autre sphère demande parfois un guide, un maître.
La poésie reste pour moi l’art le plus sacré, comme une incantation à l’homme, à sa nature, une musique intérieure libre de toute religion, où on ose sa nullité, où le mot est dans sa verticale. Il y a des poésies qui déchirent, qui crient, il y a celles qui réconcilient, celles qui nous touchent, qui nous enchantent, qui nous provoquent, qui nous font sourire. Le fil intérieur des mots nous appartient, comme une goutte d’eau qui nous fait survivre." (J. Binoche, pour le printemps des poètes)
Le programme complet du printemps des poètes 2011 est consultable ICI
L'atelier d'écriture Kaléïdoplumes fête à sa façon cette manifestation, en consacrant ses consignes d’écriture du 7 et du 14 mars à cet évènement, ainsi que sa consigne photo du 7 mars 2011.
Nous vous souhaitons une belle quinzaine de poésie.
06 mars 2011
C'est pas tout chat !
Dernièrement, une de mes amies désirant adopter un chaton a eu recours à l’Ecole du Chat de son département, ce qui m’a amenée à m’intéresser à ces associations « d’allumés des chats » qui, sous forme d’associations loi de 1901 (association de bénévoles, à but non lucratif), œuvrent pour améliorer les conditions de vie des chats errants. 
Un peu d’Histoire pour commencer. En 1977, les chats du cimetière de Montmartre étaient capturés à la demande de la Ville de Paris, mis en fourrière et euthanasiés après le délai de garde réglementaire. Des riverains du quartier, émus de cette situation, créèrent un Comité de défense des bêtes libres du XVIIIe arrondissement, c’était la première association au monde ayant pour objet la protection des chats en liberté. La mission de cette association consistait en « la protection, l’alimentation, le contrôle sanitaire, le marquage, l’hébergement et le contrôle des naissances des chats libres du cimetière de Montmartre », mais aussi en « la défense de la vie des bêtes vivant en liberté dans nos cités et l’amélioration de leur existence ».
Le 19 juin 1978, Nicolas, stérilisé et tatoué (AA0831) fut relâché sur son territoire de naissance, le cimetière de Montmartre, devenant ainsi le premier « chat libre » de France.
Depuis cette date, des dizaines d’associations ont vu le jour, qui ont toutes pour but d’assurer la protection, l'alimentation, le contrôle sanitaire, la domiciliation, le contrôle des naissances et l'immatriculation des « chats libres » de France. Elles ont été aidées par la promulgation de la loi du 6 janvier 1999 qui donnait aux Maires le pouvoir de « faire procéder à la capture de chats non identifiés, sans propriétaire ou sans gardien, vivant en groupe dans des lieux publics de la commune, afin de faire procéder à leur stérilisation et à leur identification conformément à l'article 276-2, préalablement à leur relâcher dans ces mêmes lieux…. »
D’autres associations ont rapidement suivi la piste tracée par les Ecoles du Chat, ainsi l’association SOS Chats Libres dont le calendrier 2011 m’a fourni les illustrations de cet article, dessins réalisés par José Correa.

Animés exclusivement par des bénévoles, les moyens financiers et humains de chaque association sont très variables (cotisations des membres adhérents, dons des particuliers, subventions des communes, actions menées en vue de récolter des fonds, vente d’objets confectionnés par les bénévoles…)
l’Ecole du Chat a inauguré une méthode courageuse : capturer les chats errants, non pour les mettre en fourrière, mais pour les stériliser, les tatouer, puis les relâcher sur le lieu même de leur capture, en leur offrant des abris, où ils trouvent confort et sécurité dans le respect de leur liberté. Ne possédant pas de refuge, si des chats adultes ou des chatons s'avèrent être sociables et adoptables, les associations s’efforcent de leur trouver une place dans des familles d'accueil en attendant de leur trouver un nouveau foyer. Les chats non sociables sont remis sur leur lieu de vie. Cette méthode permet de stabiliser les populations de chats qui sans elle, augmentent de façon exponentielle.

Si vous voulez suivre l’itinéraire d’un de ces bénévoles qui « aimait les chiens et ne s’intéressait pas aux chats. » plongez-vous dans le livre de Martine Sombrun-Tesnière « Ces chats qui ont du chien », illustré par Sylvie Marty. Depuis son premier contact avec un félin, il y a de cela quinze ans, l’auteur « ne compte plus tous ceux qu'elle a successivement recueillis, soignés, hébergés, nourris, caressés, rassurés, aimés et accompagnés sur le chemin de vie, jusqu'au bout si nécessaire… ». Ce livre écrit avec humour et tendresse vous fera vivre des moments inoubliables avec Tiny Tim l'éclopé, Bilbo le petit gris, Willow le chat-hérisson, Squatt la bien-nommée, et tous les autres…
L’auteur a tenu à ce que tous les fonds récoltés grâce à la vente de son livre soient redistribués à deux associations de défense animale : Le Phoenix, à Vergt en Dordogne et SOS Chats Libres à Périgueux. Deux associations aidées par la Fondation 30 Millions d'Amis.
En guise de conclusion, un des poèmes de l’auteur qui ponctuent les différents chapitres :
Ma chatte blonde, ma vagabonde
Tu vas, tu viens, une heure par-ci
Et puis par-là
Pendant trois jours tu n’es plus là…
Triste et inquiète
Je t’attends, je te guette
Et soudain te voilà, tu te colles à moi
Lovée dans mes bras
Les yeux mi-clos
Tu me rassures
De la douceur de ta fourrure…
Ni frein, ni prix, ta liberté
Est sans pitié pour mon émoi…
Tu cours le monde au gré du temps
Du soleil, de la pluie ou du vent
Ma mystérieuse, que je t’envie !

04 mars 2011
Le passage se crée
Tes pages s’offrent. Leurs dessins aux traits noirs , nets et sans bavure. Cette fois c’est décidé, je vais peindre “Sans dépasser” Extrait : 2. Lettre à un album à colorier.
Alainx a écrit, il a dépassé!
Dépassé l’écriture du blog, dépassé les simple textes sur Kaléïdoplumes.
Il a dépassé l’angoisse de donner dans l’intime, dépassé la peur d’être reconnu.
“Je choisis de m’affranchir des couleurs du modèle” (alainx, extrait)
Alainx s’affranchit d’un passé qui l’a fait basculer du côté des “handicapés” un jour de 1959, alors qu’il n’est encore qu’un enfant.
50 ans plus tard Alainx s’affranchit en écrivant un livre, pour distiller, à travers des courriers, ses petits morceaux de vie, parfois sans importance, parfois indispensables à sa survie.
C’est un livre émouvant, pas seulement parce que je connais l’auteur en tant que Kaléïdoplumien.
C’est un livre tout en sincérité, Alainx nous cueille là ou ne nous l’attendons pas: dans l’émotion, la nostalgie parfois, il sait parfaitement décrire des moments plus ou moins intenses. Avec lui, je redécouvre l’odeur de mon album à colorier, je me souviens d’un inconnu, qui a croisé ma route à peine un instant. Je revois ma mère le regard sombre, et j’essaie d’imaginer ce qu’elle pense.
Et puis je finis le livre en me disant: Bon sang, la vie est vraiment belle, il faut juste savoir la regarder au bon endroit.
Alainx n’est pas que intelligent, que cultivé, que grande gueule parfois, sa plume n’est pas que inspiratrice de mots loufoques, qui font parfois grincer des dents, ou sérieuse, en plein questionnement.
Alainx vaut la peine d’être lu autrement, et ce livre est le prolongement de ce à quoi il doit tendre aussi. Ce “jeune” écrivain a de l’avenir, la preuve avec “Le passage se crée”
02 mars 2011
Voyage au Népal (21) : La complainte du chien
Ceux qui me connaissent ne seront pas étonnés si je clos ce récit de voyage en évoquant les chiens.
Le chien ! Le meilleur ami de l’homme, partout présent dans tous les pays où j’ai pu aller en trek. Efflanqués et en bandes dans les villes/bidonvilles. Mis au travail dans les montagnes…
Je suis un chien
De la vallée de Katmandou
La rue est mon territoire
Allongé ou roulé en boule
Sur ma place, mon trottoir
Calé dans un coin
Je reste des heures
Sans bouger
Indifférent aux centaines de pas
Qui me frôlent, m’évitent
Attendant que la journée passe
Que la chaleur décline
Je suis un chien
De la vallée de Katmandou
La rue est mon territoire
Allongé ou roulé en boule
Sur ma place, mon trottoir
Calé dans un coin
Je parais inoffensif
Ne vous méprenez pas
Je veille !
Dès qu’un impudent à quatre pattes
Se risque sur mon territoire
Poursuites, aboiements, bagarres
L’intrus doit dégager
Je suis un chien
De la vallée de Katmandou
La rue est mon territoire
Mais gare aux voitures
Elles sont sans pitié
Efflanqué, le poil plus ou moins galeux
Je fouille les détritus
A la recherche de nourriture
Effluve de viande !
Nez palpitant, je m’assois,
Regard rivé sur le boucher
A bonne distance…
A trop m’approcher des étals
A trop suivre les gens
Je me fais rabrouer
Je m’enfuis
Tête basse, échine courbée,
Et pourtant !
Il parait que j’appartiens à quelqu’un
Je suis un chien
Un pur, un vrai, un mustangui,
Je vis en altitude
Dehors
Au pays des moulins à prières
Et des monastères
Poil fourni, laineux à souhait
Calé dans un coin
Aux abords d’une maison
Au toit plat
Je passe la journée à dormir
La nuit venue
Je m’active
Avec mes congénères
Je veille sur le village
En un concert d’aboiements








































