Dernièrement, une de mes amies désirant adopter un chaton a eu recours à l’Ecole du Chat de son département, ce qui m’a amenée à m’intéresser à ces associations « d’allumés des chats » qui, sous forme d’associations loi de 1901 (association de bénévoles, à but non lucratif), œuvrent pour améliorer les conditions de vie des chats errants.

Un peu d’Histoire pour commencer. En 1977, les chats du cimetière de Montmartre étaient capturés à la demande de la Ville de Paris, mis en fourrière et euthanasiés après le délai de garde réglementaire. Des riverains du quartier, émus de cette situation, créèrent un Comité de défense des bêtes libres du XVIIIe arrondissement, c’était la première association au monde ayant pour objet la protection des chats en liberté. La mission de cette association consistait en « la protection, l’alimentation, le contrôle sanitaire, le marquage, l’hébergement et le contrôle des naissances des chats libres du cimetière de Montmartre », mais aussi en « la défense de la vie des bêtes vivant en liberté dans nos cités et l’amélioration de leur existence ».
Le 19 juin 1978, Nicolas, stérilisé et tatoué (AA0831) fut relâché sur son territoire de naissance, le cimetière de Montmartre, devenant ainsi le premier « chat libre » de France.
Depuis cette date, des dizaines d’associations ont vu le jour, qui ont toutes pour but d’assurer la protection, l'alimentation, le contrôle sanitaire, la domiciliation, le contrôle des naissances et l'immatriculation des « chats libres » de France. Elles ont été aidées par la promulgation de la loi du 6 janvier 1999 qui donnait aux Maires le pouvoir de « faire procéder à la capture de chats non identifiés, sans propriétaire ou sans gardien, vivant en groupe dans des lieux publics de la commune, afin de faire procéder à leur stérilisation et à leur identification conformément à l'article 276-2, préalablement à leur relâcher dans ces mêmes lieux…. »
D’autres associations ont rapidement suivi la piste tracée par les Ecoles du Chat, ainsi l’association SOS Chats Libres dont le calendrier 2011 m’a fourni les illustrations de cet article, dessins réalisés par José Correa.

Animés exclusivement par des bénévoles, les moyens financiers et humains de chaque association sont très variables (cotisations des membres adhérents, dons des particuliers, subventions des communes, actions menées en vue de récolter des fonds, vente d’objets confectionnés par les bénévoles…)
l’Ecole du Chat a inauguré une méthode courageuse : capturer les chats errants, non pour les mettre en fourrière, mais pour les stériliser, les tatouer, puis les relâcher sur le lieu même de leur capture, en leur offrant des abris, où ils trouvent confort et sécurité dans le respect de leur liberté. Ne possédant pas de refuge, si des chats adultes ou des chatons s'avèrent être sociables et adoptables, les associations s’efforcent de leur trouver une place dans des familles d'accueil en attendant de leur trouver un nouveau foyer. Les chats non sociables sont remis sur leur lieu de vie. Cette méthode permet de stabiliser les populations de chats qui sans elle, augmentent de façon exponentielle.

Si vous voulez suivre l’itinéraire d’un de ces bénévoles qui « aimait les chiens et ne s’intéressait pas aux chats. » plongez-vous dans le livre de Martine Sombrun-Tesnière « Ces chats qui ont du chien », illustré par Sylvie Marty. Depuis son premier contact avec un félin, il y a de cela quinze ans, l’auteur « ne compte plus tous ceux qu'elle a successivement recueillis, soignés, hébergés, nourris, caressés, rassurés, aimés et accompagnés sur le chemin de vie, jusqu'au bout si nécessaire… ». Ce livre écrit avec humour et tendresse vous fera vivre des moments inoubliables avec Tiny Tim l'éclopé, Bilbo le petit gris, Willow le chat-hérisson, Squatt la bien-nommée, et tous les autres…

 

L’auteur a tenu à ce que tous les fonds récoltés grâce à la vente de son livre soient redistribués à deux associations de défense animale : Le Phoenix, à Vergt en Dordogne et SOS Chats Libres à Périgueux. Deux associations aidées par la Fondation 30 Millions d'Amis.
En guise de conclusion, un des poèmes de l’auteur qui ponctuent les différents chapitres :

Ma chatte blonde, ma vagabonde
Tu vas, tu viens, une heure par-ci
Et puis par-là
Pendant trois jours tu n’es plus là…
Triste et inquiète
Je t’attends, je te guette
Et soudain te voilà, tu te colles à moi
Lovée dans mes bras
Les yeux mi-clos
Tu me rassures
De la douceur de ta fourrure…
Ni frein, ni prix, ta liberté
Est sans pitié pour mon émoi…
Tu cours le monde au gré du temps
Du soleil, de la pluie ou du vent
Ma mystérieuse, que je t’envie !