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" Quand le Silex fait des ricochets..."

Il y a des gens bénis des dieux qui naissent avec une cuillère en argent dans la bouche et un Quotient intellectuel au-dessus de la moyenne.

Soit on les qualifie de "riches", soit de "surdoués" et parfois ils sont les deux.

Et puis, il y a des gens, qui sans que l'on puisse déterminer exactement pourquoi, viennent au monde avec un petit quelque chose qui manque dans leur cerveau, un petit chromosome de rien du tout, mais qui va, qui peut, qui pourrait leur pourrir l'existence et celle de leurs proches.

Eux, ils ont un quotient intellectuel "en-dessous" de la moyenne. On les appelle des " trisomiques" parfois, mais ils ne le sont pas tous !

Ce qui est sûr, c'est qu'on les appelle vulgairement des " handicapés mentaux" ou plus poliment des personnes " différentes"

Tous ces termes me font hurler, car ne sommes-nous pas tous et toutes " différents" les uns des autres ? Qu'est-ce qui est normal et qu'est-ce qui ne l'est point ?

Trève de bla-bla, il fallait poser des actes.

Il y a 4O ans, une poignée de courageux amis,alors encore étudiants ou tout fraîchement sortis de l'école, décidèrent de louer une maison et d'en ouvrir grand les portes à tout le monde.

Tout le monde au sens large du terme comprenait personnes souffrant d'un handicap mental léger et personnes dites " non-handicapées".

La maison devint un centre de rencontres et de loisirs où on partageait pêle-mêle un spaghetti, une partie de ping-pong, une soirée dansante ou un goûter crêpes après une marche dans la forêt.

Très vite, les amis furent débordés car jusque-là, personne dans ce coin de Bruxelles, n'avait pensé qu'un ou une " handic" pouvait avoir envie de se distraire, de rire, de chanter sans que l'on ne la regarde comme un phénomène de foire.

Les proches, la famille ou même les institutions applaudirent à cette initiative, pas seulement parce que le centre de loisirs prenait le relais d'une charge souvent lourde mais aussi parce qu'ils notaient un changement, une joie de vivre, une meilleure prise en charge.

Ainsi naquit au fil du temps et avec l'appui des autorités compétentes l'association " Le Silex", solide comme un roc.

En décembre dernier, plus de 4.000 sapins furent vendus au profit de cette association avec l'aide de pas moins de 2OO bénévoles. Le Silex compte à ce jour plus de 3OO membres, des ateliers créatifs journaliers, des sorties en week-ends encadrées par des assistants sociaux et des voyages organisés.

Lien : www.lesilex.be ( ne manquez pas pas les témoignages sur le diaporama !)

Mais la pierre a roulé, le Silex a généré d'autres associations dont " Le Huitième Jour" du nom du film de Jaco Van Dormael, association gérée par la maman de Pascal Duquenne lequel joua formidablement bien dans le film avec Daniel Auteuil.Il fut césarisé...

Et enfin, il y a 15 ans, après quelques voyages au Québec, le Ricochet vit le jour.

Les Canadiens ont le bénévolat dans le sang et à l'école secondaire l'obligation de l'inclure dans leur horaire à raison de 2h semaines. Pour eux, cela fait partie intégrante de leur vie que de consacrer d'une manière ou d'une autre quelques heures de leur temps aux autres.

Au Québec existe depuis longtemps le Parrainage Civique.

Le Ricochet en a repris l'idée. Le Silex, c'était bien. Mais quand certains membres vieillissaient ou n'étaient pas partant pour des activités de groupe, il manquait un contact plus personnel, plus rapproché, plus intime.

Ainsi  peu à peu est venue l'idée du parrainage. Un Homme ( appelé le Parrain - le terme n'est sans doute pas toujours approprié ) ou une Femme ( La Marraine) noue une relation d'amitié au fil des rencontres ( Un par mois ) avec une personne du Silex qui le demande.

La liste d'attente est longue car chez nous en Belgique, le bénévolat n'est pas entré dans les moeurs surtout chez les hommes.

Et puis, il y a encore et toujours cette peur du handicap, malgré toutes les formations qui sont organisées pour les bénévoles.

Je dis et redis : "N'ayez pas peur ! Il/elle ne va pas vous mordre, elle ne va pas se rouler par terre ou vous faire honte dans la rue. Sauf si vous ne supportez pas qu'un imbécile se retourne parce qu'il/elle a ri un peu trop fort ou n'est pas tout à fait habillée selon la dernière mode !"

Parce que ces" gens-là"  sont des êtres fragiles, attachants comme des petits enfants dont ils ont parfois les réactions....

En plus de ces relations d'amitié, un autre pas a été franchi par la création d'appartements dans deux maisons proches l'une de l'autre où vivent des personnes ayant un handicap mental dit" léger", autonomes mais soutenues dans les mille et une difficultés du quotidien et les paperasseries par une équipe solide à qui ils peuvent faire appel en cas de besoin.

C'est un grand pas vers l'intégration dans la société, un soulagement pour des parents parfois vieillissants qui désirent éviter le placement en institution.

Lien : www.lericochet.be ( choisir dans Google sous la rubrique parrainage civique et là aussi les films sont parlants !)

J'ai voulu vous donner ce témoignage pour vous prouver que la solidarité, l'entraide et "l'acte gratuit" existent encore dans ce monde de brutes....

Et peut-être suciter chez certains l'envie d'en faire autant dans votre coin...

" N'ayez pas peur !"...

Mais cela quelqu'un l'a dit avant moi !