31 janvier 2011
Voyage au Nepal (11)
Monastères
Pas le moindre petit village mustangi sans son monastère ! Construit en hauteur, dominant le village, ou alors perché sur un piton rocheux, en tout cas, toujours reconnaissable de loin par ses murs enduits d’un rouge intense.
Un intérieur souvent sombre, encombré de nombreuses statues de Bouddha, les murs et plafonds couverts de peintures de divinités dont nos lampes de poche peinent à éclairer les détails.
J’ose dire que nous avons eu une overdose de monastères ! Un passage quasi obligé pour nous touristes, et des visites lucratives pour les lamas, puisque le droit d’entrée est de 100 roupies par personne. Nous aurons même droit à chaque fois à un ticket souvenir !
Deux monastères m’ont particulièrement marquée. Celui de Tsarang, avec ses lourdes tentures. J’y ai ressenti une grande impression de bien-être et de recueillement.
Et puis, l’arrivée sur Ghar Gompa ! Moment magique et plein d’émotion :
De l’autre coté du col, niché dans un creux et au milieu de nulle part, le plus vieux monastère bouddhiste du Népal : Ghar Gompa avec ses chapelets de chortens et ses drapeaux de prières flottant au vent.
Si nombreux chortens que les yeux passent de l’un à l’autre, les comptant silencieusement. 2, 5, 9, 12,15… Et quand les yeux s’arrachent et se perdent sur les falaises alentours, d’autres chortens isolés au loin dominant le monastère, tels des veilleurs.
Il est encore tôt. Aucune trace de vie humaine. Nous descendons lentement en silence, yeux grands ouverts. Accompagnés de deux aigles blancs qui passent et repassent au dessus de nos têtes et des cris d’une troupe de corbeaux hauts dans le ciel.
Je ne veux pas précipiter la rencontre. Je prends la tangente, contourne sur le coté, m’arrête encore un moment. Finalement je rejoins le reste du groupe à l’entrée du monastère, où nous attendons sur les marches à l’ombre, goutant la quiétude de l’instant, que notre guide trouve un lama.
Immenses gongs au cuir fin et tendu, peintures de divinités, statuettes en sampa ou en beurre de yak, flammes vacillantes des bougies, les sept petites coupelles remplies d’eau claire devant les statues de Bouddha, nous visitons tous les coins et recoins du monastère.
A la sortie, la chaleur nous assaille. Une troupe d’italiens au parler haut et fort, armés d’appareils photos ultrasophistiqués qui cliquent et recliquent plus vite que leur ombre, a envahi la place du monastère.
La réalité me rattrape. Pendant un instant, j’avais oublié que j’étais une touriste. Les italiens me le rappellent.
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29 janvier 2011
Le Cirque du Soleil
27 janvier 2011
Le Ciné Bourse (2)
L’arrivée du 3D
Si la population ouvrière de Saint-Junien pouvait, en 1926, être fière de l’équipement culturel acquis de haute lutte (voir l’article précédent), la Communauté des Communes Vienne et Glane peut aujourd’hui, s’enorgueillir de la présence de son cinéma de proximité, équipé en 3D, et se retrouver ainsi dans le peloton des 1800 salles équipées de la sorte en France selon le CNC (Centre National du Cinéma).
De surcroit, la fréquentation du ciné-bourse est à la hausse, ce qui n’est pas le cas, hélas, pour toutes les salles du même type, c’est à dire non intégrées dans un multiplexe, notamment selon une étude du CNC, dans les agglomérations de moins de 20 000 habitants . La fréquentation s’y situerait en de ça des moyennes constatées, toutes zones de résidence confondues.
Or, on est passé, pour le Ciné-Bourse depuis la réouverture de 2006, de 30 à 35 000 entrées.
Il est à noter que que les collectivités territoriales ont subventionné la modernisation. Le financement (100 000 euros) du passage en 3D étant supporté à parts quasi égales par l’Etat et le Conseil Régional et la CDC Vienne et Glane.
Classé Art et Essai, disposant du label Jeune Public, le Ciné-Bourse cumule désormais la possibilité de passer des films en 3D et en bobines.
De ce point de vue, le changement est d’importance ! Par exemple pour le poids du disque dur externe de 500 grammes du numérique alors que la bobine classique peut atteindre 25 kg ou encore pour le temps de préparation avant projection qui nécessite dix minutes au lieu d’une heure.
Mais il va de soi que la technologie est radicalement différente; elle inclue des changements profonds pour le personnel . celui devra être “au four et au moulin”, c’est à dire qu’il devra s’occuper de la projection du film, faire payer les entrées, contrôler et même faire le méange dans les salles…
Les exploitants des multiplexes ont vite vu dans ce changement l’économie à réaliser: suppression de 40% des emplois ! Il est certain que l’application de la Convention Collective du Cinéma sera revue à la baisse !
Concernant les cinémas de proximité, selon Marc, Directeur du Ciné-Bourse, 40% d’entre eux pourraient disparaitre à plus ou moins brève échéance. En effet, au delà du cout prohibitif du matériel de projection (75 000 euros pour un vidéo projecteur de 3D) , la mise aux normes des cabines de projection –climatisation, notamment – qui ne sera pas subventionnée par le CNC en butte par ailleurs à des difficultés avec Bruxelles (sans doute en relation avec les aides apportées ?) s’avèrera insurmontable pour les “petits” cinémas. D’autant qu’il y aura nécessité de faire cohabiter un certain temps bobines et 3D .
Cependant, les difficultés ne doivent pas masquer le progrès généré par le numérique. Par exemple, ADSL aidant, il sera dorénavant possible pour les cinémas équipés de se doter d’une bibliothèque et de rediffuser à la demande les films préalablement enregistrés (10 films au maximum) au fur et à mesure qu’ils seront fournis par les programmateurs, notamment paiement de droits aux distributeurs pour le décryptage du film stocké.
Ainsi, on pourra mieux répondre à la demande des spectateurs, organisations , syndicats, associations, bref, disposer d’une programmation plus adéquate en fonction de son public potentiel.
Voici un exemple concret de prise directe avac le milieu associatif : le Ciné-Bourse peut projeter sur grand écran le film réalisé par Burkina 87 lors de son périple de 8 000 km pour livrer deux ambulances au Burkina Faso.
Le Ciné-Bourse est l’exemple type des choix auxquels doivent faire face les collectivités locales. Face au désengagement de l’Etat et à la crise économique, faudra-t-il choisir entre le cinéma et la piscine ?
Pour sa part, le Ciné-Bourse est englobé, avec le théâtre, dans un EPCC (Etablissement Public de Coopération Culturelle) , le percepteur jouant le rôle d’ordonnateur comptable et le Directeur du cinéma celui de régisseur.
En suivant le lien
on peut constater que la culture est, comme en 1926 (voir article précédent) une préoccupation essentielle des élus du secteur.
Il reste néanmoins que tout ne va pas comme sur des roulettes. Car le maintien du cinéma de proximité dépend bien sûr, en premier lieu, de la fréquentation des salles concurrencées par les équipements tels les grands écrans plats de télévision, les home cinéma, mais aussi de la résistance qui pourra être opposée aux exploitants de multiplexes, aux distributeurs également de copies de films, et bien sûr, à la capacité des réalisateurs et producteurs français et étrangers à réaliser et produire des films susceptibles de drainer la masse des spectateurs.
Vive le cinéma !!!
26 janvier 2011
Le Ciné-Bourse (1)
Son histoire
Apprenant que le cinéma de Saint-Junien passait en 3D, j’ai voulu en savoir un peu plus. Par téléphone, j’ai interviewé Marc, son Directeur qui est aussi un ami de plus de trente ans (j’ai vécu 24 ans dans cette ville). Il m’a donné les informations utiles à la rédaction de cet article.
Un article que j’ai voulu scinder en deux parties, la 1ère traitant de l’histoire de ce cinéma sur lequel cohabitent ces deux mentions: BOURSE DU TRAVAIL et ciné bourse, la 2ème portant sur le cinéma d’aujourd’hui dans une ville comptant 10 950 habitants, englobée dans la Communauté des Communes qui regroupe huit communes et 20 580 administrés. Elle est, selon le lien ci dessous
http://www.cc-vienneglane.fr/ le 3ème bassin industriel de la Région Limousin.
Le cinéma est étroitement lié à l’histoire de Saint-Junien, il est la preuve vivante de la place de la culture dans cette localité de la vallée de la Vienne, dans l’immédiate proximité de la Charente sur laquelle rayonnent les équipements publics, en particulier le cinéma ou encore le théâtre comme en atteste un article récent
http://www.charentelibre.fr/2010/11/29la-megisserie-ratisse-en-charente-limousine
En 1889, était construite à Paris la première Bourse du Travail.
A Saint-Junien qui possédait depuis 1882 sa chambre syndicale de la ganterie, on ne tarda pas à emboiter le pas. En 1896, 1901 et 1903, les syndicats des cuirs et peaux, gantiers, papetiers et ouvriers du bâtiment demandaient à la Municipalité de construire un édifice susceptible d’accueillir leurs activités. Il faudra attendre l’élection d’une municipalité ouvrière en 1919 pour voir le projet prendre corps. Il est entériné par le Préfet fin 1922. le devis s’élève à 255 000 francs.
A mon arrivée dans cette ville en 1977, des anciens racontaient encore la création de leur Bourse du Travail et son inauguration. Selon leurs dires, les ouvriers avaient mis la main à la pâte pour finaliser cette réalisation.
Dix-sept mètres de long, flanquée de deux ailes abritant, l’une, les activités syndicales, l’autre un bar, la Bourse du Travail de Saint-Junien avait fière allure !
La grande salle permettait d’accueillir, théoriquement, 1 000 spectateurs pour les représentations théâtrales, concerts et autres réunions publiques.
Réunions publiques… je vois encore, avant la transformation de la grande salle aux sièges en bois, et au balcon qui ajoutait du charme , le médaillon bien en évidence au dessus du rideau de la grande scène : la faucille et le marteau… Il est utile de préciser que la Place de la Bourse, c’est la Place Lénine encore aujourd’hui…
Depuis le 1er mai 1925, c’est aussi le lieu de départ de toutes les manifestations ouvrières
Et le 1er mai 1926, date symbolique, Georges Sadoul, spécialiste du cinéma, vient inaugurer la Bourse du Travail. Au départ, le cinéma fonctionne en lien étroit avec l’USO (Union Syndicale Ouvrière) qui est une coopérative regroupant diverses activités, notamment des magasins d’alimentation, vêtements, meubles, charbon, pain, qui fourniront ce dont ont besoin les ménages ouvriers, sans négliger le besoin de se cultiver…
Les premières séances de cinéma débuteront en 1931, les films sont loués par l’intermédiaire du service achats de l’USO qui emploie également le personnel, projectionnistes, contrôleurs, quand le cinéma fait relâche. Dès le départ, on privilégiera par des tarifs réduits, l’accès des enfants et des adhérents des différentes filières de la Coopérative.
En 1939, c’est la guerre, l’arrivée des réfugiés, 300 d’entre eux séjourneront à la Bourse du Travail.
En 1966, le cinéma prendra son indépendance vis à vis de l’USO qui ne tardera pas à disparaitre, notamment les nombreuses succursales de magasins d’alimentation absorbées par les COOP de Saintes. Il sera alors créée la coopérative de service du Ciné-Bourse.
En 1979, le cinéma s’adaptera aux normes indispensables à sa survie. Désormais, deux films pourront être projetés simultanément, l’un dans la grande salle et ses 296 fauteuils, l’autre de taille plus modeste, pouvait accueillir 131 spectateurs.
Mais avec l’arrivée de la télévision, la fréquentation du cinéma diminuera d’année en année. pour continuer son activité dans ces nouvelles conditions, et pour ne pas céder le pas aux multiplexes crées à Limoges - à 30 km – le Ciné Bourse devra, une fois de plus, se moderniser.
Un incendie, le 28 février 2005, viendra retarder la rénovation. Cependant, le Ciné-Bourse, entièrement “toiletté” sera rouvert le 30 juin 2006. une salle est équipée en son dolby, l’autre en son numérique. La voie est ainsi ouverte pour la 3D.
Ce qui fera l’objet d’un 2ème article.
25 janvier 2011
Au-delà
Trois histoires enchevêtrées composent ce film de Clint Eastwood.
On est très rapidement dans le vif du sujet avec Marie ,journaliste française, incarnée par Cécile de France, que l’on voit submergée par la vague géante d’un tsunami. On la voit se noyer puis être ramenée à la vie. Elle, elle s’est sentie mourir et a vécu ce que l’on nomme une expérience de mort imminente. Elle ne sera plus la même après, hantée par ce qu’elle a pressenti à cet instant là. Marie s’éloigne de son métier de journaliste télé où elle ne semble plus assez efficace et décide d’écrire un livre sur Mitterrand et…se retrouve à faire des recherches sur précisément ces expériences hors du commun où l’on frôle la mort.
La deuxième histoire nous conduit à Londres auprès de jumeaux d’une dizaine d’années préoccupés par leur mère qu’ils se doivent de protéger pour ne pas être séparés d’elle .L’un des garçons va mourir dans un accident , renversé par une voiture. L’autre jumeau voit sa vie basculer sans son double, se retrouve dans une solitude mentale extrême et tente par différents moyens d’entrer en relation avec cette moitié de lui-même.
Le troisième récit se situe à San Francisco où Matt Damon se met dans la peau de George , un homme capable d’entrer en contact avec les morts. Un don qui l’empêche de mener une vie normale, de rencontrer des gens sereinement. Il passe beaucoup de temps couché à écouter des textes de Dickens. Il essaie aussi de prendre des cours de cuisine italienne, le moment le plus détendu du film...
On passe d’une vie à l’autre, tournant autour de cet après la mort, de cet au-delà qui interroge. Chaque personnage semble enfermé dans son questionnement, son mal être. Les destins se croiseront à la fin du film, donnant un peu d’apaisement. On se laisse transporter au sein de ces histoires. Croyant ou pas cela n’a aucune espèce d’importance. On se laisse prendre au jeu très soft des acteurs, à la simplicité et l’évidence du film. Et l’on repart avec un lot de questions et d’incertitudes au fond de la poche. Un bon film donc.
“Au-delà” (Hereafter) film de Clint Eastwood sorti en salles le 19 janvier 2010 avec Cécile de France, Matt Damon, George et Frankie McLaren…
24 janvier 2011
Voyage au Népal (10) : En route pour Drakmar
Om mani padme hum
Om mani padme hum
Lente litanie
Tout au le long de l’immense mur de prières
Dessins, gravures, inscriptions
En sanscrit ou tibétain
Par delà les siècles
Les pierres enchâssées dans le mur
Racontent la même histoire
Om mani padme hum
Sur le côté, 4 tas d’argile et 4 petits cairns
Rouge, noir, jaune, blanc
Les couleurs du Rigsum Gonpo
Restauration récente ?
En tout cas nous pouvons cheminer tranquilles
Les Trois Protecteurs veillent sur nous
Plus loin de vieux chortens aux tons délavés
Qui se fondent dans la minéralité rouge ambiante
Défi ou emprise du temps ?
Rien d’éternel dans ces monstres d’argile
Aux ventres remplis de tsatsa
Enfin Drakmar et ses falaises
Rouges du sang du démon tué par Guru Rimpoche
Une nuée d’enfants au faciès tibétain nous y accueille

S’isoler un instant
Ressentir l’esprit des guerriers du lhato tout proche
Ecrire quelque temps
Sous l’œil d’un vautour perché sur son piton rocheux
Enduire d’ocre rouge
Les mots laissés sur le papier
Et seulement le lendemain
Découvrir du haut du col
L’immensité des terrasses de cultures
Baignées du rose des sarrasins en fleur
22 janvier 2011
Je suis fabophile, mais je me soigne !
La fabophilie sévit toute l’année avec une certaine tendance à s’aggraver chaque mois de janvier. Il ne s’agit pas d’une quelconque grippe saisonnière, mais bien de la fièvre qui s’empare de chacun d’entre nous, les fabophiles, à la seule vue d’une galette des ROIS.
La fabophilie ou favophilie est en fait la « maladie » contractée par ceux et celles qui collectionnent les fèves des dites galettes. Dans la forme aigüe de la fabophilie, le malade peut posséder près de 100 000 fèves et peut dépenser jusqu’à 250 euros pour acquérir, via Internet, brocantes, salons et autres vide-greniers, LA perle rare, celle qui manque à sa collection ! Mais comme il sort chaque année de quatre à cinq milles nouveaux modèles, il serait illusoire d’ambitionner de les posséder toutes. Alors les fabophiles finissent par se spécialiser sur quelques thèmes bien précis.
Quant à moi, je suis plutôt atteinte de la forme « erratique » de la maladie. C'est-à-dire que je récupère toutes les fèves qui passent à la portée de ma gourmandise ainsi que celles que me donnent les amis au courant de mon secret, et au fil des années j’en ai rempli des boîtes et je me suis intéressée à leur histoire.
Avant de devenir un petit objet de faïence, la fève, est un légume de la famille des haricots, connu et consommé depuis la préhistoire.
A cause de sa forme qui rappelle celle d’un embryon elle avait un rôle important dans les rites religieux antiques : par exemple, chez les anciens Egyptiens elle symbolisait le fœtus et les morts étaient enterrés dans un champ de fève en vue de favoriser la réincarnation.
Pour les Grecs, elle servait de jeton de vote où suivant sa couleur, une fève noire ou une fève blanche, décidait de l’acquittement ou de la condamnation d’un prévenu.
Sa présence dans une galette remonte au temps des Romains : au début de janvier, au cours des Saturnales de Rome, fêtes qui duraient sept jours, on avait pris l’habitude d’envoyer des gâteaux à ses amis et on élisait le roi du festin au moyen d'une fève glissée dans un gâteau. L’usage, toujours vivant, de « tirer les rois » vient aussi de ces fêtes, où pour assurer une distribution aléatoire des parts de galette, il était de coutume que le plus jeune se place sous la table et nomme le bénéficiaire de la part qui était désignée par la personne chargée du service.
Plus tard, l’Eglise, sans doute pour faire cesser les célébrations païennes, imposa la fête de l’Epiphanie en honneur aux Rois Mages venus à la crèche visiter l’enfant Jésus pour lui apporter des cadeaux.
La Révolution faillit voir la fin de la coutume du gâteau traditionnel : de gâteau des Rois il devint gâteau de l’Egalité et sa fabrication fut interdite en 1793 par le maire de Paris. Heureusement, les pâtissiers passèrent outre l’interdiction.
C’est en 1874 et en Allemagne que la fève naturelle fut remplacée pour la première fois par une fève en porcelaine sous la forme d’un petit enfant nu (on disait alors un « baigneur »). A partir de 1892 et ce jusqu’à nos jours, les thèmes se diversifient : le religieux (enfant Jésus) fait place à la royauté (roi, reine, couronne, fleur de lys…)
et aux porte-bonheur (fer à cheval, trèfle, 13…).
Ils deviennent représentatifs de l’époque, (Zeppelin, Apollo, Concorde…) et des personnalités du moment (fève Zidane en 1999, après la coupe du monde).
Dans les années 1960 apparaissent les fèves en matière plastique.
Les fèves métalliques, (certaines dorées à l'or fin) des années 1980/1990, ont pratiquement disparu à la suite de déboires entraînés par le réchauffage des galettes au four à micro ondes !
A la fin des années 1980, les fèves en porcelaines ou en céramique sont revenues et se sont imposées sur le marché.
Tous les thèmes sont représentés des santons de la crèche aux personnages de Walt Disney et aux super héros du cinéma américain.


Il existe même des fèves coquines (dans la boulangerie d’une petite ville du Vaucluse, les clients ont été surpris de trouver, dans certaines de leurs galettes, des fèves représentant les positions du Kamasoutra !). Certains boulangers personnalisent leurs fèves qui deviennent alors des supports publicitaires.
Alors que des millions de fèves sont fabriquées en Chine et au Vietnam, il existe en France des artisans fabricants qui proposent, sur catalogue, aux boulangers, des modèles tirés à 500 exemplaires au maximum.
La fabrication artisanale des fèves se fait, en général, en six étapes :
1/ la création du moule-mère : Le modèle que l’on veut reproduire est d’abord esquissé sur le papier puis sculpté à la main à partir d’une boule de barbotine. Le faïencier utilise de fins outils pour modeler minutieusement la figurine, puis celle-ci est coulée dans le plâtre. Après un séchage de plusieurs heures, le sujet original est délicatement décollé du plâtre durci dans lequel il a laissé son empreinte « en creux ». Cette marque va servir de « moule-mère » pour les futures fèves.
2/Le coulage : L’empreinte du modèle est reproduite (ou « estampée ») à plusieurs reprises sur une même plaque de plâtre. On obtient alors plusieurs moules identiques disposés côte-à-côte. Le faïencier y verse un mélange d’argile liquide et d’un acide solidifiant.
3/ Le démoulage : Au bout de trois heures environ, la matière est sèche et on peut ôter, délicatement, les sujets des moules. Chaque pièce est épongée et ébavurée (débarrassée de toutes les petites irrégularités). A ce stade, les fèves sont relativement dures, mais encore friables.
4/La première cuisson : Le faïencier classe les fèves par forme et par commande, sur des plaques qu’il dispose à l’intérieur d’un grand four. La cuisson va durer une vingtaine d’heures. A leur sortie les fèves sont solidifiées et encore mates. On les appelle « biscuits »
5/La coloration : Les fèves d’un même modèle sont disposées côte-à-côte sur une sorte de pupitre, prêtes à être colorées. On applique à la bombe un « aplat » de couleur, c’est-à-dire une première couche de peinture alimentaire qui donnera sa teinte dominante à la figurine. Puis les décorateurs détaillent, au pinceau, les motifs et les reliefs ;
6/L’émaillage : Le faïencier vaporise uniformément les fèves d’une substance blanche et poudreuse, l’émail. C’est cette matière qui, après une seconde cuisson à quelques mille degrés, donne leur aspect brillant aux fèves, et surtout qui fixera leurs couleurs de manière inaltérable. Après un jour complet au four les fèves ressortent, étincelantes et prêtes. 
Certaines ont droit à une petite touche finale : la dorure, ce qui nécessitera une nouvelle cuisson d’environ 24 heures dans un four à 800°C.
Maintenant, chers amis, fabophiles ou non, il vous reste quelques jours pour déguster une excellente galette. Parisienne, bordelaise ou provençale, il y en a pour tous les goûts, mais n’oubliez pas que celui qui trouve la fève doit offrir le prochain gâteau !
Vive la Reine ! Vive le Roi !
21 janvier 2011
Voyage au Népal (9) : Gering
Ici,
Pas de village replié sur lui-même
Entouré de terrasses de cultures
Ici,
Le village est étendu
Les habitations disséminées
Grande plaine
A l’herbe rase et épaisse
Au sol souple, presque de la tourbe
Des hommes y découpent des carrés
Ils les poseront sur le bord du toit Pour protéger des infiltrations d’eau
Les murs de la maison
C’est la fin d’après midi
Rentrés de la montagne
Des troupeaux de chèvres
Arrivent de toutes parts
Et envahissent le village
Avant de rentrer dans leur enclos
Dans un jardin au sol nu
Une vieille femme, binette à la main
Façonne des petites digues
Nous nous arrêtons intriguées
De l’autre coté de la rue,
Une autre femme nous observe
Curieuse de notre curiosité
Nonchalamment appuyée sur un bâton
Croquant des graines de petits pois
Cueillies à l’instant même
Le lendemain
Nous partons trop tard
Pour assister au départ des troupeaux
Mais où sont-ils ces pâturages ?
Dans ces montagnes la plupart arides
La vieille dame
A fini son travail de patchwork
Les minuscules parcelles
Sont maintenant inondées
La barrière du langage
Ne nous permet pas de savoir
Quelle va être la suite
Semis de cultures ?
Future aire de battage du blé ?
Un peu frustrés, nous partons sans savoir
19 janvier 2011
Voyage au Népal (huit) : Tchele
En bas du village
Des dokos remplis de fumier de chèvre
Attendent
A coté
Une porte en bois entrouverte
Invite au voyage
L’étroite sente de terre
Bordée de hauts murs
S’éloigne des maisons
Pour enfin
Déboucher sur les cultures
A droite, à gauche
Au gré des envies et des canaux
Flânerie
Au loin
Seules ou en groupes
Femmes courbées en deux
Dans les champs de sarrasin
Pas après pas
Sans hâte excessive
Elles éclaircissent la culture
Les tiges enlevées
Précieusement déposées dans leur doko
Etalées et séchées
Feront une bonne soupe 
17 janvier 2011
Voyage au Népal (7) : Kagbeni, porte du Mustang
Premier village
Premières cultures en terrasses
Première exploration
Par où passer ?
Où est le chemin ?
Le cœur bat la chamade
Craignant l’interdit
Là-bas des femmes
Qui me suivent des yeux
Se faire petite
Se faire discrète
Faire l’air de rien
Tout à coté
Un homme et une femme
Un tas de pommes de terre à leurs pieds
Grosses comme des billes
L’homme les déterre
La femme ramasse
Nulle attention à moi
Leurs dokos remplis
Ils repartent au village
D’un pas lent et mesuré
Penchés sous la lourde charge
Qui leur étreint la nuque et le front
Ils cheminent l’un derrière l’autre
Dans le dédale des terrasses
Sans hésiter
Enjambant d’un pas sûr
Les canaux d’irrigation
Les suivre de loin
Emprunter leur chemin
Rentrer à bon port
Le lendemain
Dominer le village du col
L’immense étendue des terrasses
Saute alors aux yeux
Et dire que je n’en avais vu
Qu’une infime partie ! 













APERÇU DU SPECTACLE











