31 décembre 2010
L'effet Papillon
Connaissez-vous la vieille parabole d'origine anglophone intitulée :
" The Parable of the horse-shoe nail" ? " La Parabole du sabot du cheval"
For want of a nail, the shoe was lost, A cause d'un clou manquant, le sabot fut perdu,
For want of a shoe, the horse was lost, A cause d'un sabot manquant, le cheval fut perdu,
For want of the horse, the rider was lost, A cause d'un cheval manquant, le chevalier fut perdu,
For want of a rider, the battle was lost,A cause d'un chevalier manquant, la bataille fut perdue,
For want of a battle, the kingdom was lost,A cause d'une bataille manquée, le royaume fut perdu,
And all that for the want of a horse-shoe nail...Et tout cela, à cause du clou dans le sabot d'un cheval !
C'est ce que l'on appelle l'effet " Papillon" Un papillon s'envole et la terre tremble à l'autre bout du monde...
Comme le chante Bénabar...voir sur you.tube.com
Alors, si en ce 31 décembre, vous avez un petit coup de blues, vous vous sentez tout petit, tout inutile, vous vous demandez bien ce que vous avez fait de votre année...
Pensez à l'effet Papillon !
Bonne année !
24 décembre 2010
Noël
21 décembre 2010
Souvenir de Burle
Le mauvais temps de ces derniers jours me ramène à cette folle épopée d’un certain jeudi 11 février 2010.
La ligne droite n’est pas toujours le chemin le plus court. J’aurais du méditer cet adage avant qu’une belle inconscience ne me fasse traverser, en voiture, le plateau du Vivarais pour rejoindre le Puy en Velay et Brioude à partir de Valence. Routes en lacets, sapins à gogo, villages disséminés aux noms évocateurs (Lamastre, Saint-Agrève, Tence…), un plateau culminant à seulement 1000-1200m d’altitude mais oublié de tous, et surtout de la DDE. Voilà ce qui m’attendait !
Je montais rapidement. De la neige éparse parsemait les bas cotés. Mais le plateau cache bien son jeu ! Il tisse lentement sa toile pour nous enfermer dans sa nasse avant même d’avoir dit « ouf ». Mais cela, je ne le savais pas encore…
Peu à peu le paysage devenait plus sauvage, la neige de plus en plus présente et épaisse, les routes plus étroites, les virages se transformant en lacets.
Le plateau resserrait délicatement sa toile autour de moi, mais il était trop tard pour reculer !
C’est ainsi que je me suis retrouvée en bas de la longue montée vers Saint-Agrève. La route était entièrement recouverte de 2-3 cm de neige. Les grands jalons plantés sur les bas cotés et une seule trace de passage de voiture étaient mes seuls guides dans ce paysage uniformément blanc.
Arc-boutée sur mon volant, je montais lentement en seconde, priant le ciel de ne pas rencontrer en face de moi des voitures, ce qui m’obligerait à me serrer sur le coté et qui sait, à ralentir et ne plus pouvoir repartir !
Peu à peu mon angoisse s’apaisait. J’étais seule sur la route (qui était assez fou pour rouler par un temps pareil hormis une inconsciente comme moi !), mes quatre pneus de contact adhéraient parfaitement à la neige. Je me sentais en confiance et commençait à apprécier cette montée hors du temps.
Une longue montée sinueuse et interminable, sous des sapins chargés de neige. Une atmosphère ouatée. Un ciel bas, gris blanc, quelques flocons voletant dans les airs, le jour allant en diminuant laissant peu à peu place à la nuit.
C’était beau ! Oui ! J’ose le dire ! Imprudent mais beau ! Une beauté sauvage renforcée par une immense impression de solitude. Jamais je n’oublierai la magie de cette montée.
Arrivée à Saint-Agrève, j’ai cru que le plus difficile était passé. Je laissais les lumières du village derrière moi, m’enfonçant gaillardement dans la nuit et dans le plateau direction Tence.
C’est à ce moment là que le plateau resserra d’un coup sa nasse me piégeant bel et bien.
J’entendais son rire sardonique dans les violents coups de burle chargés de neige qui assaillaient ma voiture, me forçant plusieurs fois à m’arrêter totalement, n’y voyant plus rien, craignant qu’une autre voiture ne me percute par derrière.
Je voyais son visage goguenard dans les sapins aux branches courbées sous le poids de la neige et dans les congères que j’étais obligée de négocier et de traverser.
Je voyais sa main froide et glacée qui s’était amusée à supprimer tout panneau indicateur ou à les rendre illisibles.
Le plaisir et la beauté de la montée étaient loin derrière moi. C’est une vraie peur qui s’insinuait dans tout mon corps. Je ne savais plus où j’étais ni où j’allais. Je savais seulement que je ne devais en aucun cas m’arrêter sous peine de ne plus pouvoir repartir.
C’est ainsi que je roulais au pas, négociant comme je le pouvais burle, congères et lacets. La peur au ventre, la respiration courte et haletante, les mains crispées sur le volant.
Combien de temps cela dura t’il ? Aucune idée.
A une intersection de routes (brillant par son absence de panneaux indicateurs), mes phares éclairèrent un petit panneau jaune mis en place par je ne sais qui : « Itinéraire conseillé, route salée »
Ni une ni deux, je suivis ce panneau libérateur ! Je ne savais pas plus où j’allais mais « route salée » sonnait en moi comme une délivrance.
Peu à peu je retrouvais la civilisation. Les routes étaient toujours aussi enneigées mais SALEES. Les coups de burle qui sévissaient sur le plateau me laissaient ici en paix. Je croisais des voitures, me retrouva à en suivre. Je traversais quelques minuscules villages aux volets fermés et aux rues vides.
Je jetais fréquemment un coup d’œil au thermomètre de la voiture qui restait obstinément bloqué sur -10°C, -12°C. Pas un temps à stationner ni à dormir dans la voiture ! Je n’avais pas le choix, je devais encore et toujours continuer à rouler, n’aspirant plus qu’à une chose : trouver un hôtel en bord de route et m’y planter !
Je me retrouvais soudain sur une route plus importante et dégagée, avec un panneau indiquant la direction d’Yssingeaux. Jamais je n’aurais cru trouver la couleur noire du bitume aussi belle.
C’est à Saint-Hostien, sur la route nationale qui relie Saint-Etienne au Puy en Velay et que j’avais fini par rejoindre, que j’avisai un hôtel juste en bordure de route. Avec en plus une place de stationnement libre devant. Que demander de plus, sinon une chambre de libre !
L’air dégagé mais le cœur battant je lançais ma requête à l’hôtelier :
« Bonjour, vous auriez une chambre de libre ?
- Bien sûr. A quel nom ? »
Toute ma tension disparut d’un coup. Je filais rapidement dans ma chambre et m’enfonçais avec volupté sous les draps et la couette. Les mains croisées sous la tête j’écoutais le sifflement lugubre de la burle qui sévissait par à coups derrière les volets de la chambre, et faisant claquer une barrière mal fermée. Que c’est bon et beau d’entendre la violence des éléments bien au chaud à l’abri !!
Le plateau ne m’a pas eue mais croyez moi, je ne suis pas prête de le braver de nouveau l’hiver !
19 décembre 2010
Une petite goutte ?
L’abondance des fruits de cet été, notamment les prunes chez des amis qui nous ont approvisionné pour nos confitures, pruneaux secs et autres fruits au sirop ou encore reine-claude à l’eau de vie, m’a ramené à mon enfance …
Eau de vie ? L’abondance de fruits m’a incité à demander à Michel si je pouvais emplir un fruit en vue de me transformer à mon tour en bouilleur de cru occasionnel.
Il m’a rappelé la règlementation en vigueur que j’ai corroboré par un petit tour sur le Net.
La croyance populaire confond bouilleur de cru et distillateur ambulant. En basse Corrèze, je connais deux distillateurs dont les alambics sont fixes, et un autre qui se déplace pendant une grande partie de l’hiver.
En matière de droit, le propriétaire récoltant bénéficie d’un privilège accordé par Napoléon: il est exonéré de taxes pour la distillation de dix litres d’alcool pur ou 20 l à 50° . Ce degré est celui de l’eau de vie contenue dans la bonbonne emportée à 18 heures - cherchez pas, c’est la loi ! – par le bouilleur de cru récoltant ou amateur. Vous et moi, si l’envie vous prend de bénéficier d’un produit, on ne peut plus naturel .
Notez que ce privilège est en voie d’extinction. Transmissible ou héréditaire, à partir de 1 960 , au motif fallacieux de limiter le fléau de l’alcoolisme dans nos campagnes ou plus prosaïquement sous la pression des importateurs d’alcools forts et producteurs français de spiritueux, le législateur a interdit sa transmission entre générations, la limitant aux conjoints survivants . Ainsi, les privilégiés de l’exonération ( en matière d’eau de vie …) tendent à se réduire comme peau de chagrin. Cependant , l’Etat , magnanime, a consenti le droit à la procuration à un tiers qui bénéficie ainsi du fameux privilège.
Toutefois, le quidam ordinaire peut faire distiller des fruits, à la condition de s’acquitter des droits aux Douanes : environ 7,50 euros par litre d’alcool à 50°.
Il faudra ajouter à cela la “façon” , soit environ 3,00 euros le litre demandée par le distillateur ambulant. Elle est destinée à rembourser ses frais de fonctionnement et lui accorder une rétribution. A ma connaissance, cela ne conduit pas à la fortune …
L’alambic utilisé ici fonctionne au mazout, mais encore certains chauffent au bois comme on pourra le voir sur la vidéo :
http://www.wat.tv/video/distillateur-ambulant-9vsg_2g1c9_.html
D’autres infos sur:
Je me souviens d’André, distillateur ambulant dans les années 50. J’avais accompagné mon père à Saint-Palavy pour faire l’eau de vie de marc produite à partir des peaux, rafles et pépins restant après qu’on ait pressuré la vendange et obtenu le vin pour l’année à venir (fallait pas gâcher! ).
Nous avions chargé les comportes emplies du produit à distiller, sans oublier la bonbonne qui allait recueillir les précieux 20 litres de marc, garni la charrette de bonnes buches pour chauffer l’alambic, et nous voilà partis au pas paisible des vaches pour trois km de marche. Avons-nous passé la journée auprès de l’alambic , ou mon père est-il revenu le soir chercher la “gnole” ? Je ne me souviens pas… En revanche, je me souviens qu’il était de tradition de gouter , pour les hommes seulement, le produit coulant dans le décalitre contenant l’appareil qui mesurait le degré d’alcool.. Et si vous vous laissiez tenter par une dégustation dés les première gouttes, quand le degré était le plus élevé, l’ivresse traitresse vous guettait, et au retour, vous auriez droit à la soupe à la grimace!
En quelques images, voici le procédé observé pour obtenir ma prune 2010:
D’abord, les prunes , celles-ci, Agen sont idéales pour les pruneaux secs et les confitures, la reine claude, mirabelle ou autre vulgaire prune “bleue” appelée par ici “prune à cochons”. Notez qu’aujourd’hui, il se perd des quantités considérables de prunes car le prix de vente ne suffit pas à rémunérer la cueillette. Alors, on attend qu’elles tombent, voire on facilite leur chute en secouant l’arbre énergiquement et on emplit les paniers vidés dans les bidons qui seront fermés hermétiquement dés que les fruits auront fermenté et on attendra le passage du distillateur ambulant.
Mais me direz-vous, que peut-on faire de cet alcool que d’aucuns classeraient dans le tord boyau cher à Pierre Perret ?
J’en tiens une petite goutte à votre disposition pour trinquez si vous consentez à me rendre visite …
Et il y a tous les produits qui demandent l’intégration d’une proportion d’eau de vie
* ratafia avec le jus de raisin de la treille derrière la maison
* ratafia des mures généreusement octroyées par les ronces de ma haie
* vin de pêche à partir des feuilles du pécher
* liqueur de coings –nouvelle expérience- à la teneur en alcool plus importante
* eau de coings , excellent médicament parait-il, je ne sais plus pourquoi, mais qui se laisse boire sans raison particulière …
* abricots et prunes à l’eau de vie
* cerises idem. Celles-ci sont de 2002, mais elles ne sont pas aigries, je m’en suis assuré ce matin très tôt…
Bien sûr, la liste n’est pas exhaustive: reste encore la genibrette ( liqueur de genièvre) , l’orange piquée de 40 grains de café, ou encore les grains de muscat, sans oublier l’ineffable vin de noix .
Il est à noter que j’atténue la teneur en alcool en imitant la méthode de Maman. Je prépare une tisane (tilleul ou autre), j’ajoute du sucre en poudre et j’y intègre l’eau de vie en quantité suffisante pour obtenir, en théorie, un produit ne dépassant pas les 20°. C’est suffisant pour garantir la conservation sur un an, voire beaucoup plus .
A votre santé !!!
17 décembre 2010
Obelix te salue
Plusieurs sites prétendent au titre d'Uxellodunum !!! On ne cherche réellement l'emplacement de ce siège que depuis 200 ans. Il y a très peu de temps, la liste des prétendants présentait une trentaine de candidats au titre d'Uxellodunum. Aujourd'hui seuls deux sites continuent à prétendre avoir résisté à César en 51 avant J.C. :
Le Puy d'Issolud et Capdenac.
En 2001, l'État a rendu un verdict officiel qui place le lieu du siège d'Uxellodunum au Puy d'Issolud près de Vayrac. Pourtant de nombreuses contradictions demeurent.
Un seul texte peut nous permettre de trouver le lieu de l'ancienne Uxellodunum, c'est le livre VIII de la Guerre des Gaules écrit par Hirtius un compagnon de guerre de César. Il faut donc rechercher le site d'après le récit et appliquer le raisonnement suivant "Il faut que le site s'adapte au texte et ne pas adapter le texte par rapport au site". C'est avec ce raisonnement que les frères Champollion partirent à la recherche d'Uxellodunum. Après avoir parcouru les sites les plus sérieux avec le texte sous les yeux, ils en conclurent qu'Uxellodunum devait se trouver à Capdenac. Seul problème, il n'y avait pas la grande fontaine asséchée dont nous parle le texte. Alors ils se mirent à la chercher, et grâce aux indications du texte d'Hirtius, n'eurent aucun mal à la trouver.

Hirtius compagnon de guerre de César nous rapporte dans le huitième livre de la Guerre des Gaules (dont les 7 premiers sont écrits par César) le siège d'Uxellodunum, dernier bastion de la résistance celtique à l'envahisseur romain. Bien que ne citant pas le nom de la rivière sur laquelle se trouvait la ville d'Uxellodunum, il nous donne cependant des détails très précis sur la topographie des lieux :
- Uxellodunum était une ville (cela est répété plusieurs fois dans le texte latin)
- L'oppidum supportant la ville est presque entouré par une seule vallée.
- Une seule rivière (flumen) coule dans cette vallée à la racine même du mont supportant l'oppidum escarpé de toute part.
- Cette rivière est assez importante et indétournable car on ne peut nulle part pratiquer des fossés assez profonds pour la détourner.
- Une fontaine abondante jaillissait au pied même du mur de la ville du côté que laissait libre sur une longueur de 300 pieds (100m) le circuit de la rivière.
- César fit construire une terrasse (Agger) de 60 pieds sur laquelle on met une tour de 10 étages (20m) face à la fontaine. Avec des tonneaux de suif enflammés, les Gaulois tentèrent de mettre le feu aux ouvrages romains et engagèrent en même temps un vif combat.
- Les Gaulois descendaient la pente au pas de course et combattaient de loin sans risque.
Au Puy d'Issolud, le visiteur ne retrouvera quasiment aucun de ces repères pourtant indispensable pour l'identification d'Uxellodunum.
En conclusion,
| Conditions indispensables | Puy d'Issolud | Capdenac |
| Une seule vallée | non |
oui |
| Une seule rivière | non | oui |
| Une rivière indétournable | non | oui |
| Elle coulait à la racine même du mont | non | oui |
| Une source abondante jaillissait au pied du mur de la ville |
non | oui |
| Intervalle de 300 pieds (100m) | non | oui |
| Fontaine tarie | non | oui |
| Trace de travaux romains pour tarir la fontaine (tour, agger, et tranchées.) |
non | oui |
Agger et fontaine distante d'environ 100m. |
non | oui |
Sources: http://www.capdenac-lot.fr/histoire.asp
Je suis Aveyronnaise, et comme tout aveyronnais qui se respecte je suis tétue. J’ai vécu au pied d’Uxellodunum toute mon enfance, on va pas m’enlever mon rêve maintenant.
Champollion avait raison, Capdenac est et restera Uxellodunum.
Sans racune Cats héhéhé!!!!!
15 décembre 2010
Astérix peut se rhabiller …
Uxellodunum et Vayrac en Quercy, deux noms associés …
Déjà, la grande Place de la Mairie porte le nom d’un des deux chefs gaulois qui, après la défaite d’Alésia, entouré de 5 000 guerriers, se réfugia dans la place forte des Cadurques dont Luctérius était originaire.
le Muséum d’Uxellodunum, ouvert en été seulement,
est ornée d’une fresque dessinée par les enfants des écoles de Vayrac.
La dernière bataille de la Guerre des Gaules –58 à 52 avant J.C- sera suivie d’une épisode dont le lieu de déroulement sera longtemps revendiqué par plusieurs communes dont Capdenac et Vayrac .
Le Ministère de la Culture tranchera officiellement pour Vayrac en 2001.
Poursuivant la promenade, l’avenue d’Uxellodunum
vous conduira au cinéma dont le nom rappelle l’époque glorieuse de la bataille d’Uxellodunum, 51 avant J.C, soit un an après la reddition de Vercingétorix à Jules César .
Et de suite, le panneau de signalisation vous invite à grimper vers le Puy d’Issolud et son point de vue.
Depuis les hauteurs, vous ne manquerez pas le coup d’œil sur Vayrac en vous demandant si les protagonistes
ont eu le loisir d’admirer cette mini falaise d’ocre, ce paysage de fin d’automne avec soleil couchant, et sans ville et cultures, cela va de soi.
Enfin, vous êtes en haut du promontoire et à défaut de vestiges gallo-romains visibles, la présence de squelettes de l’époque mérovingienne est signalée.
Leur présence sur les lieux, cinq siècles après la bataille ne leur permet pas de vous fournir des indices …
Caninus, légat romain, poursuivit Luctérius et ses hommes. Confronté à leur opiniâtreté …au moins égale à celle d’Astérix, il informa Jules César par lettres successives des difficultés à vaincre les irréductibles.
Selon Aulus Hirtius, auteur de livres militaires, César, à la grande surprise des belligérants, se rendit à la Fontaine de Loulié, aujourd’hui commune de Saint-Denis les Martel.
D’abord, le stratège romain comprit que seule, la privation d’eau était capable de ramener les assiégés à la raison.
Un panneau informe les passants des péripéties de l’OPPIDUM D’UXELLODUNUM. Il résume en quelques lignes le déroulement de la bataille et son issue : victoire romaine et cruauté de Jules César qui, laissant la vie sauve aux valeureux guerriers qui avaient donné tant de fil à retordre aux 30 000 Romains, leur fit couper les mains pour montrer comment il punissait les rebelles.
Sur place, un panneau informe de la valorisation du site et protection, restauration des galeries creusées par les Romains pour détourner l’eau alimentant les assiégés.
Dans l’assèchement de la source les approvisionnant, les Gaulois avaient cru déceler la volonté divine, ce qui, soif aidant, pour eux-mêmes et leur chevaux, précipita leur reddition.
Vu l’heure avancée à laquelle nous nous sommes rendus sur les lieux, d’abord de la place Luctérius, au Pied d’Issolud et enfin à la fontaine de Loulié, il ne nous sera pas possible de faire une photo de vue d’ensemble du site en cours d’aménagement.
Cependant, nous approcherons
le lavoir, financé en son temps par Napoléon III , pour les habitantes du village proche,
le bassin défendu âprement par les Gaulois,
Le ru aujourd’hui asséché qui dévalait du Puy d’Issolud,
les projectiles des frondes gauloises rassemblées dans une réserve grillagée, bizarrement peintes et numérotées
… et une grosse pierre qu’on a peut-être fait rouler sur les infortunés terrassiers romains qui creusaient
les galeries destinées à détourner le cours de la source.
Sur place, à la Fontaine de Loulié, un témoin oculaire des dizaines d’années qui se sont écoulées, notamment depuis les fouilles précédant 39-45, nous rappellera que de très nombreux vestiges, en particulier flèches gauloises, et romaines, clous et projectiles divers , ont alimenté les Musées de Vayrac, Martel, Brive-la-Gaillarde et Saint-Germain en Laye.
Selon ce voisin des lieux du siège livré il y a un peu plus de 2 000 ans, la bataille peut être comparée, toutes proportions gardées, à Verdun.
Bien sûr, nous avons demandé à ce conteur fort bien documenté et doté d’une verve certaine… s’il accepterait de nous recevoir afin de recueillir sa vision des évènements et pourquoi il considère que la revendication de Capdenac n’est pas sérieuse.
Dans cette hypothèse, nous avons là matière pour un prochain article…
13 décembre 2010
Les Pyrénées et ses merveilles: Le pic du midi
Grimpez avec moi au dessus des nuages
Pour venir découvrir un belvédère très particulier
Le Pic du midi et son observatoire (première pierre posée en 1878)
- 1873: Premières activités météorologiques. Le Général DE NANSOUTY installe une station météorologique provisoire sur le pic du midi. Il y mesure pression, température, humidité et différentes autres grandeurs intéressant la météorologie. La station météorologique est aujourd'hui intégrée au réseau Météo France.
– 1884: Premières activités astronomiques
Site idéal d'observation, grâce à une exceptionnelle transparence de l'atmosphère.
Le Pic du midi est ouvert au public depuis l’an 2000 . On y accède par le téléphérique qui part de la Mongie et qui grimpe sur 1000m de dénivelé.
Le pic du midi culmine à 2870m. l’exceptionnelle vue que l’on a de l’observatoire lui vaut d’être classé site naturel national depuis 2003. Et maintenant admirez les paysage:
Vue sur le massif du Néouvielle
Vue sur le lac d’Oncet
Voici pour finir quelques photos de coucher de soleil
A droite les bâtiments qui surplombent la montagne

Pour en savoir plus rendez-vous sur le site du pic du Midi
11 décembre 2010
Le nom des gens
Excepté le titre du film que je n’arrive pas à mémoriser – mais il est vrai que c’est souvent sur les noms que la mémoire bute - “Le nom des gens” est un bon film. Décalé, tonique, pertinent, drôle, intelligent et aussi en phase avec l’actualité sur l’identité nationale: beaucoup de qualificatifs élogieux pour ce film qui m’a fait passer une très bonne soirée.
On y retrouve Jacques Gamblin incarnant le personnage d’Arthur Martin (comme celui des cuisines), légèrement paumé par sa rencontre avec Sara Forestier – Bahia Benmahmoud – jeune femme extravertie qui place haut l’engagement politique puisqu’elle n’hésite pas à coucher avec des gens de droite pour les convertir à ses propres opinions, de gauche donc. Et, d’après elle , elle obtient de bonnes reconversions! Bahia rencontre donc Arthur, quadragénaire discret, champion toute catégorie dans l’art des conversations anodines et sans risque avec sa famille, dont la mère a passé toute sa vie à occulter la déportation de ses parents juifs. Bahia a une mère française bourgeoise qui a renié ses origines et s’est mariée avec un immigré algérien. Lors d’un repas tout ce petit monde se retrouve et la scène est à l’image du film avec des vérités qui sont dites mais toujours avec humour.
Grâce à la mise en scène intelligente, des retours en arrière narratifs et visuels intéressants, ce film évoque la déportation des juifs, la guerre d’Algérie, la politique d’immigration, Jean-Marie Le Pen, les élections présidentielles ( avec Bahia en larmes car elle s’est sentie obligée de voter Chirac…), l’islam, le socialisme….sans oublier la mémoire et l’héritage que l’on reçoit de nos parents.
Un film un peu dingue mais que je qualifierai de rafraichissant!
“Le nom des gens” film français de Michel Leclerc
09 décembre 2010
Une inversion des pôles, cela vous dirait ?
Longtemps l’homme a cru être le centre du monde. Longtemps il a cru que la Terre était plate et que le soleil tournait autour de la Terre. Longtemps il a refusé l’idée de descendre du singe. Des savants ont été brulés ou excommuniés pour avoir osé dire autre chose.
Maintenant tout le monde admet que l’espèce humaine n’est qu’un simple épiphénomène au niveau de l’Univers. Chaque découverte scientifique nous remet un peu plus à notre place. Si l’homme a besoin de la Terre, la Terre n’a pas besoin de l’homme. Notre espèce modifie la Terre, nous lui portons des stigmates, certes ! Mais si nous nous battons aujourd’hui pour la protéger, ce n’est pas tant pour la protéger elle, que pour protéger notre environnement afin que les enfants de nos enfants puissent encore y vivre. La Terre et l’Univers se fichent des stigmates que nous leur faisons. Ce ne sont que des éraflures pour eux. Leur échelle de temps et leurs préoccupations sont tellement au dessus de nous !
Voilà à quoi je pensais après avoir suivi il y a quelques mois la passionnante émission « Orages magnétiques » sur Arte.
Tout le monde connait le champ magnétique terrestre et son importance. Sans lui, point de vie sur Terre. Crée par la circulation (dans le sens des aiguilles d’une montre) du noyau liquide externe de la Terre, constitué de fer et de nickel, il nous protège des vents solaires meurtriers.
Alors imaginez une inversion dans le flux magnétique ! Imaginez que le pôle Nord devient le pôle Sud et inversement. Dîtes-vous que pour cela, la vitesse du noyau métallique liquide devra ralentir de plus en plus pour repartir dans l’autre sens ! Avec toutes les implications que cela suppose.
Et bien nous ne sommes pas dans de la science fiction ! Des chercheurs ont prouvé, grâce à l’étude de roches magmatiques (capables d’enregistrer au moment de leur formation le sens et l’intensité du champ magnétique terrestre), que la Terre avait connu plusieurs inversions de champ magnétique au cours de son histoire. Des inversions estimées à environ tous les 250 000 ans sauf que la dernière remonte à 800 000 ans.
L’espèce humaine, dans sa version actuelle, n’a donc jamais connu un tel bouleversement ! Or toujours d’après ces chercheurs, nous pourrions être à l’aube d’une inversion de flux. Ils ont prouvé que le champ magnétique terrestre décroit régulièrement au fil des siècles et ils sont certains qu’une inversion se prépare.
Cela prendra des milliers d’années pendant lesquelles l’homme (s’il est encore de ce monde !) devra apprendre à vivre avec une intensité de champ magnétique de plus en plus faible. Et donc avec une protection de plus en plus réduite aux vents solaires. Ce qui aura pour conséquence plus de cancers, plus de mutations génétiques, mais aussi le magnifique spectacle d’aurores boréales à Paris. L’homme perdra aussi la boule, tous ses repères et une grande partie de ses technologies actuelles en perdant son Nord magnétique qui connaitra de fortes oscillations imprévisibles.
Je me souviendrai toujours du regard brillant d’excitation d’un des chercheurs interviewé dans l’émission et de sa phrase finale : « J’aimerais tellement vivre un tel changement ».
07 décembre 2010
Neige
Jeudi matin 2 décembre, 7h30
C'est l' heure à laquelle mon chat demande à sortir pour aller faire sa promenade matinale. A cette fin, je soulève du juste nécessaire le volet roulant de la porte de ma cuisine et... c’est là que j’ai eu la puce à l’oreille… Au lieu de disparaître pour une bonne heure, Monsieur Chat est rentré aussitôt et est allé, illico, se remettre sous la couette ! Alors j’ai relevé complètement le store et là, dehors, TOUT était BLANC ! Blanc de neige !
Il faut vous dire qu’à Bordeaux, c’est, excessivement rare. Depuis la GRANDE chute de 1956 — du jamais vu de mémoire de Bordelais — qui avait paralysé la ville de la fin février à la mi-mars, on peut compter sur les doigts de la main la présence de la neige en ville. La dernière fois c’était le 6 janvier 2010 (de 3 à 5 cm)…
Le 6 janvier 2010 ? Fichtre, deux fois dans la même année ? Serions-nous entrés dans une nouvelle ère glaciaire à Bordeaux, alors que toute la planète se réchauffe ?
Toujours est-il que ce jeudi matin, nous avons tous
été surpris par la neige ! Ne cherchez pas, ici, c’est TOUJOURS une surprise ! D’où les « perturbations » qui en découlent. Tout d’abord, la circulation et les transports : un seul mot « paralysés » ! Le pont d'Aquitaine a été fermé vers 9h20. Cette précaution est, somme toute assez compréhensible, car la pente d’attaque est telle, que si un poids lourd patine et se met en travers, le pont est de toutes façons fermé ! Mais les milliers d’automobilistes qui l’empruntent pour se rendre au travail hors de la ville se retrouvent coincés sur la rocade et là, dans l’énervement, tout est permis ! Vitesse excessive, non respect des distances entre les véhicules, circulation sur la voie d’arrêt d’urgence, concert de klaxons, noms d’oiseaux aux usagers peu habitués à conduire sur la neige et même bagarres visant à évacuer le stress ! Ma voisine a assisté à l’une d’elles quand un conducteur irascible s’est arrêté sur la bande d’arrêt d’urgence pour extraire de sa voiture un malheureux qui avait fait une manœuvre désespérée pour éviter la glissade, et d’un uppercut bien senti, l’a étendu pour le compte dans la blanche poudreuse…
Beaucoup de bus n’ont pas circulé et même le tramway a été interrompu ainsi que le ramassage des ordures. Je ne vous parle pas des chantiers qui émaillent la ville : tous étaient en intempéries. Et n’oublions pas les retards et les annulations de vols à l’aéroport de Mérignac et les perturbations dans les TGV…
Mais alors, allez-vous me dire, les chutes ont été abondantes ? Et oui, de 5 à 8 cm de neige ce n’est pas rien quand même !
Pour ceux qui ont gardé un regard d’enfants, la neige est magique. Pour moi, j’avais rendez-vous à 9 heures chez le kiné : je m’excuse de ce détail personnel, mais pour la première fois, j’ai pu pédaler, devant la grande baie vitrée, dans un décor de rêve avec de gros flocons qui tombaient mollement et recouvraient petit à petit le parking. Je me suis prise à rêver de Dean Martin fredonnant « Let It Snow », comme dans un film hollywoodien !
En revenant je me suis promenée dans mon quartier pour prendre quelques photos que je vous livre ici, pour vous montrer ce que tout le monde reconnaît, à savoir combien quelques flocons embellissent le paysage en dépit des grincheux !







































