Kaléïdo'blog

Blog journalistique à plusieurs mains

27 novembre 2010

Le meilleur reste à venir

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“Le meilleur reste à venir” est le premier roman de Sefi Atta publié en 2005 (janvier 2009 dans la traduction de Charlotte Woillez aux éditions Actes Sud) et, même si la couverture choisie par l’éditeur n’est pas à la hauteur du livre, on découvre là une histoire qu’on n’oublie pas facilement.

Quatre grands chapitres , avec à chaque fois une indication de date: 1971, 1975, 1985, 1995, où l’on parcourt à la fois la vie d’une jeune nigériane Enitan et les bouleversements d’un pays africain. Plus de vingt ans de la vie de cette jeune fille que l’on voit devenir adulte et mère. Elevée dans une famille aisée mais déchirée, son père est  avocat, sa mère dans les mailles d’une secte religieuse, elle fera des études en Angleterre puis reviendra au Nigeria pour y exercer le métier d’avocate  dans un pays en pleine mutation. On la voit évoluer entre ses amitiés avec Sheri, une demi-caste, pas toujours bien acceptée par son entourage, ses amours , son mariage avec Niyi (et la famille de ce dernier), la naissance tant souhaitée de son enfant et sur la fin du roman la rencontre avec une journaliste engagée dans la cause des femmes.

Quand j’avais une vingtaine d’années, les gens disaient que j’étais une tête brûlée. Dans mon souvenir je n’ai jamais été une tête brûlée. Ce dont je me souviens, c’est que j’ai fait entendre ma voix. Dans mon pays, les femmes sont encensées lorsqu’elles renoncent à leur droit de protester. Finalement il arrive qu’elles meurent en ne léguant rien d’autre à leurs filles que leur altruisme; un héritage surprenant, comme un filet de larmes dans une gorge desséchée.”

Révolte chez Enitan, coincée entre les contraintes données par la société où elle évolue et les contradictions qu’elle a du mal à accepter, qui fait écho aux révoltes qui courent dans le pays, aux coups d’état militaires, à l’insécurité permanente, aux arrestations arbitraires. On est emporté par le récit et par le cheminement de cette femme qui refuse d’être enfermée dans sa cuisine.

Ma connaissance de la littérature africaine est pratiquement nulle; je suis donc avide de conseils en ce domaine. N’hésitez pas à glisser quelques noms d’auteurs et de livres…

Posté par Bruyere à 08:00 - Lectures - Vos réactions [7] - Articles rédigés par :


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Bizarre Bruyere parce que j'ai ecrit 4 lignes d'un futur article sur un auteur Africain Amadou Hampate Ba que je suis en train de relire, qui a beaucoup fait pour recolter les histoires autrefois transmises oralement, comme s'il avait eu une prescience que l'oralite etait en danger.

Je ne connais pas beaucoup la literature Africaine du cote francophone, je me souviens seulement d'une collection de nouvelles 'La parole aux negresses' qui m'avait fortement ouvert les yeux a la fin de l'adolescence.

Je redecouvre aussi en ce moment Bessie Head, une Sud-Africaine metisse, donc rejete par blancs et noirs, exilee au Botswana et morte malheureusement trop jeune, mais je ne sais pas si elle a ete traduite.

Je vais rechercher a l'occasion la liste des livres que j'avais pour un deug en literature de femmes, avec pas mal de titres africains.

Réaction de sprite, 27 novembre 2010 à 14:30

http://fr.allafrica.com/stories/201006290331.html

Ama Ata Aidoo.

J'aurais besoin de relire son oeuvre egalement, mais j'avais lu pas mal de ses premiers romans.

Réaction de sprite, 27 novembre 2010 à 14:41

Merci Sprite: je note Ama Ata Aidoo! merci aussi pour le lien.. et continue d'écrire ce que tu as commencé!!!

Réaction de Bruyère, 29 novembre 2010 à 09:01

Si par littérature africaine, tu entends aussi Yasmina Khadra, trois incontournables : " Les hirondelles de Kaboul", " L'attentat" et " Les sirènes de Bagdad"Cet auteur ( car c'est un homme !) est algérien.
Il ya aussi l'excellent auteur égyptien Alaa El Aswany pour " J'aurais voulu être égyptien" et " Chicago" A lire sans modération !

Réaction de Amanda, 29 novembre 2010 à 09:28

La biblithèque dde kalé se remplit, chic!
La photo de couverture est tout simplement sublime!

Réaction de cassy, 29 novembre 2010 à 09:35

Quelle richesse dans ta connaissance littéraire Bruyère, nous permettant cet intéressant partage dépassant largement les frontières.

Réaction de trainmusical, 29 novembre 2010 à 11:06

J'ai lu Yasmina Khadra mais ne connais pas l'auteur égyptien que tu cites Amanda. Et cela me fait soudain penser à Naguib Mahfouz que j'avais adoré lire il y a quelques années. Merci à vous!

Réaction de Bruyère, 29 novembre 2010 à 13:12







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