« Ne pouvait-il pas faire ça ailleurs ? » C’est la stupide réflexion entendue maintes fois après un suicide en se lançant contre un train à pleine vitesse. Même les cheminots se fâchent. Toutefois peut-on le leur reprocher ?

Il faut comprendre que c'est terrifiant pour un mécanicien de conduite de vivre de tels évènements. Il se sent impuissant en voyant cette personne désespérée, car impossible d’empêcher le choc, la distance de freinage étant très longue pour un train. Certains de ces professionnels en sont traumatisés à vie en revivant la scène, malgré un intense soutien psychologique. Plusieurs d'entre eux m'ont dit que c'est leur hantise de vivre un tel suicide. On en parle très rarement et pas souvent mentionné par la presse.

Cet été, lors d'une manœuvre (Je suis membre actif bénévole d’un train touristique), j'ai sifflé une marche arrière et pendant la marche, je ne pouvais pas voir un chien âgé qui est mort en se faufilant entre les wagons. Croyez-moi, je n'étais pas bien, le mécanicien non plus. Pourtant nous avions respecté toutes les procédures d'usage et aucune faute ne nous a été reprochée. Grâce à plusieurs débriefings; je m'en suis bien remis. Je n'ose imaginer ma réaction, si c'était un être humain, bien que j'aie autant de respect pour une vie animale, qu'humaine.

Ce n'est point une excuse de dénigrer la personne dans le désespoir ayant choisi de passer à l'acte fatal; cependant, ayons aussi une pensée pour les cheminots lors de tels drames.

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