31 octobre 2010
Couleurs gaillardes d'automne
C'est jour de manifestation qu'il convient de ne pas zapper . Juste ce qu'il faut de
froidure pour rappeler que la Toussaint est dans quatre jours. L'approche de la place Thiers s'avère hasardeuse ; qu'à cela ne tienne, en manifestants avisés, nous avons chaussé les brodequins de randos.
Plus ou moins de monde que la précédente ? Avis partagé selon les présents, mais une certitude : les marchands ambulants fréquentant les foires aimeraient que leurs chalands attirent autant de badauds …
Ce jour, je ne prêterai qu'une oreille distraite aux discours traditionnels. Muni de ma petite boite à images, je vais traquer l'insolite.
Des jeunes marchent à mes côtés, frappant sur un tambourin, en fait un couvercle de bidon, rythmant ainsi le cortège. Un slogan étrange décore leur instrument : «BRJ » . Bonne Retraite pour les Jeunes ? Non point ! Seulement Baudet René Jean du nom de leur entreprise d'emballage.
Tiens, dans mon jeune temps, j'ai travaillé dans une boite du papier-carton...
Revoilà le drapeau noir !!! L'anarchie est de retour, et le porteur du symbole a le look … 
Les belles fleurs que voilà , s'inscrivant merveilleusement sur le fond bleu du ciel de ce 28 octobre. Pas un manifestant n'accorde un regard au travail des employés municipaux.
La joue de bœuf à 7,50 euros, daube et carottes en prime , c'est pas cher et par les temps qui courent, enregistrons cette image pour se sustenter éventuellement : dame ! Les manifs, ça creuse !
Il est un quartier de cette bonne ville de Brive-la-Gaillarde où le ménage n'a pas du être fait ce matin. 60 balais, enchantés de cette promenade inopinée, sont émerveillés de sortir de leur poussière quotidienne . Question : chacun saura-t-il retrouver son placard ?
La rue Carnot contient difficilement le cortège qui s'étale sur une longueur respectable : 8 000 , selon les syndicats. Il est à noter qu'ils ajustent à la baisse un chiffre d'une précédente manifestation où selon les mêmes estimations, il y avait 12 000 participants. Pas mal pour une ville de 50 000 habitants.
Pas de manifestation sans l'inévitable flamme portée à bout de bras par les cheminots.
Enfin, il en est un qui était assuré du succès et qui prend volontiers la pose. Il valait bien qu'on lui bricole un petit encadrement festif !
30 octobre 2010
Le dieu Chocolat
Début novembre, les frimas s'installent, on a parfois des envies de douceurs...
À l'occasion de l'ouverture du Salon du chocolat, en ce jeudi 28 octobre,
au Palais des Expositions de la Porte de Versailles à Paris,
je vous propose une petite note gourmande !
Histoire de voir la vie en rose en chocolat !
Le Dieu Chocolat !
Il était une fois un puissant roi aztèque, qui s'appelait Quetzacoaltl.
Il était en même temps dieu de l'air, de la lumière et de la vie. Il était grand jardinier du Paradis des premiers hommes. Dans ce jardin poussait le Cacaoyer...
La légende :
Les botanistes considèrent que le cacaoyer pousse à l'état sauvage dans la région tropicale de l'Amérique du sud depuis 4000 ans av-J.C. Les indiens connaissaient les vertus thérapeutiques de sa fève et consommaient le cacao sous forme liquide. Les Mayas l'introduisent au Yucatan (Mexique) au cours de leur migration au 17ème siècle av-J.C. Ils sont les premiers à le cultiver et lui attribuent une vertu religieuse puisque la boisson de cacao est censée les nourrir même par delà la mort. Sa culture se répand ensuite grâce aux Toltèques et aux Itzas. Ces peuples sont alors dominés par les Aztèques qui attribuent l'origine du cacaoyer à Quetzalcoatl.
La légende veut que le dieu Serpent à plumes récompensa l'acte héroïque, le courage et la fidélité d'une princesse aztèque en donnant à son peuple le cacaoyer : cette princesse dont le mari était parti défendre les frontières de l'empire, fut tuée pour avoir refusé de révéler l'endroit où se cachait le trésor. Du sang versé, naquit le cacaoyer " dont les fruits cachent un trésor de graines amères comme la souffrance, fortes comme la vertu, rouge comme le sang ".
Boisson divine, le cacao donnait lieu à des cérémonies religieuses tout au long des différentes phases de sa culture. Ses propriétés bienfaisantes et aphrodisiaques sont en outre connues : il chasse la fatigue et stimule les qualités physiques et psychiques. Comme sa production n'est pas assez importante et que les plantations sont distantes des centres urbains, sa consommation est réservée aux seuls dignitaires de l'empire aztèque.
Les Mayas furent le premier peuple à cultiver le cacaoyer, ils utilisaient les fèves comme monnaie d'échange ainsi que pour le paiement de l'impôt. Pour les Aztèques, le cacao était à la fois monnaie et aliment. La pâte de cacao obtenue après broyage et mélangée à de l'eau chaude leur servait de boisson. On y ajoutait même de la vanille et diverses épices. Au XVIe siècle, les aztèques racontent que Quetzacoaltl a un jour quitté le pays à bord d'un grand bateau qui a cinglé vers l'est. Depuis ils attendent son retour...
L'arrivée en Europe:
Christophe Colomb fut le premier européen à découvrir le cacao en juillet 1502 sur la petite île de Guanaja (actuel Honduras), mais il n'attacha aucune importance à ces "amandes".
En 1519, Hernán Cortès débarque au Mexique et entreprend la conquête du pays. L'empereur Montezuma offrit un breuvage préparé avec du cacao à Cortès qui apprécia et écrivit : lorsqu'on en a bu, on peut voyager toute la journée sans fatigue et sans avoir besoin d'autre nourriture.
En 1524, Hernán Cortès expédia à Charles Quint une cargaison de fèves de cacao. L'empereur d'Espagne et sa cour firent leurs délices de cette boisson à laquelle ils ajoutaient du miel. Le monopole du cacao à cette époque fut réservé aux espagnols. Le cacao apparut en Italie en 1594 grâce à Francesco Carletti.
C'est de Naples, qu'un savant de NUREMBERG, du nom de Johann VOLCKAMMER ramène en 1641 le cacao en Allemagne.
La France découvrit le cacao en 1615 avec le mariage d'Anne d'Autriche, fille de Philippe III d'Espagne avec Louis XIII. La nouvelle reine de France fit partager rapidement son goût pour le chocolat à toute la cour et au clergé, on raconte que les premiers spécialistes en chocolaterie furent les moines : le clergé avait un goût délicat et s'entendait mieux que les militaires aux préparations culinaires.
Quelques gourmandises pour vous faire saliver...
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Enfin, à l'occasion du Salon du Chocolat 2010, qui se tient du 28 octobre au 1er Novembre, Leonidas a travaillé sur une sculpture de cacao, haute de deux mètres pour un poids de deux cent kilos !!
Jusqu'ici, le chocolatier belge n'avait jamais réalisé une aussi grande pièce. Elle prend la forme de deux coeurs superposés, en hommage à l'association Adicare du professeur Christian Cabrol.
Pendant le salon, les visiteurs seront invités à déposer des dons dans le coffre situé au pied de la sculpture.
Si vous n'avez pas l'occasion de vous rendre sur place, vous pouvez toujours déposer vos donc sur le site de l'association :
29 octobre 2010
Une petite ville suisse: Soleure et le chiffre onze.

J'aime me balader dans cette ville baroque. Les rues et places de la
vieille ville sont bordées de vieilles maisons très bien entretenues et
il y règne une agréable animation sans trafic motorisé.

Situé dans une agglomération de soixante dix mille habitants, la
ville elle-même en contient quinze mille. À noter que de 1530 à 1792,
l'Ambassade de France auprès de la Suisse était installé à Soleure.
La cathédrale Saint-Ours et Saint-Victor, datant de la seconde moitié du 18ème siècle est le siège du Diocèse de Bâle.
Voilà la coupole: 
Cet édifice de style néoclassique, a été construit par l'architecte
italien Gaetano Pisoni, celui qui a également construit la cathédrale de
Namur en Belgique. Pourquoi Diocèse de Bâle et non de Soleure? L’Évêque
de Bâle du quitter cette ville du bord du Rhin au 17ème siècle
lorsqu'elle devint protestante et s'installa au 19ème siècle à Soleure,
lieu étant resté catholique.
Dans la rue principale, il y a l'église
des Jésuites (1680-1689), l'art baroque par excellence. Admirez cet
orgue comme coincé sous une magnifique voûte. 
Voilà ma place préférée où j'aime m'attarder: 
Une des onze fontaines de la ville: 
Une particularité de Soleure est le chiffre onze: en plus des onze
fontaines, il y a onze églises et chapelles, de même qu'autrefois les
remparts étaient reliés par onze tours.
Revenons à la cathédrale où les grands escaliers pour y accéder sont regroupés par trois rangées de onze marches. 
Le monument possède onze cloches. 
L'origine de ce chiffre onze n'est pas très clair. Il se pourrait que
c'est du à deux légionnaires, Ours et Victor, qui tombèrent à cet
endroit en martyr, appartenant à la onzième légion thébaine (légion
romaine formée de soldats recrutés en Egypte).
Au bord de l'Aar,
grande rivière se jetant dans le Rhin, on y trouve un endroit convivial
lorsque le temps le permet: il y a les terrasses des bars et gargotes
surtout fréquentées par les jeunes. C'est ma onzième image de cet
article. 
On peut ainsi commander une bière locale au nom de Öufi signifiant
onze en dialecte soleurois. Cependant pas nécessaire d'en boire 11
bouteilles, sinon vous « êtes sur Soleure »: Être sur Soleure est une
expression populaire suisse-romande, qui signifie en état d'ivresse.
Cette tournure vient qu'autrefois les vins neuchâtelois et vaudois était
transporté par voie navigable le long de l'Aar et que les bateliers ne
se privèrent pas d'en déguster à bonne dose, ce qui les rendaient
pompettes quand l'embarcation arrivait à Soleure.
D'autres informations sur Soleure ici
27 octobre 2010
Automne
J’ai retrouvé un dossier sur l’automne contenant des poèmes (sans
prétention) que j’utilisais avec les enfants de ma classe. J’ai eu envie
de les partager avec vous en les illustrant de quelques unes de mes
photos.
La libellule rouge
ouvre
la saison d’automne
Kaya Shirao
À pas menus, menus,
Le bel automne est revenu
Dans le brouillard, sans qu’on s’en doute,
Il est venu par la grand’route
Habillé d’or et de carmin.
Et tout le long de son chemin,
Le vent bondit, les pommes roulent,
Il pleut des noix, les feuilles croulent….
Raymond RICHARD
On voit tout le temps, en automne,
Quelque chose qui vous étonne,
C'est une branche tout à coup,
Qui s'effeuille dans votre cou.
C'est un petit arbre tout rouge,
Un , d'une autre couleur encor,
Et puis partout, ces feuilles d'or
Qui tombent sans que rien ne bouge.
Lucie Delarue-Mardrus
L'automne au coin du bois
Joue de l'harmonica
Quelle joie chez les feuilles !
Elles valsent au bras
Du vent qui les emporte
On dit qu'elles sont mortes
Mais personne n'y croit
L'automne au coin du bois
Joue de l'harmonica.
Maurice Carême
Voici l’automne
Et je m’étonne
Que les arbres de mon jardin
Pleurent feuilles soir et matin.
Qu’elles soient marron, jaunes ou rouges,
Au moindre souffle d’air, elles bougent,
Et s’arrachent au premier vent
Qui les emporte méchamment.
Pas la peine d’être aussi belles
Pour ne pas rester éternelles.
Jean Glauzy
Quand automne en saison revient,
La forêt met sa robe rousse
Et les glands tombent sur la mousse
Où dansent les petits lapins.
Les souris font de grands festins
Pendant que les champignons poussent.
Ah, que la vie est douce, douce,
Quand l'automne en saison revient !
Samivel
Le ciel creuse des trous
entre les feuilles d’or…
Louis Aragon
Matins frileux
Le vent se vêt de brume ;
Le vent retrousse au cou des pigeons bleus
Les plumes…
Émile Verhaeren
...Et que j’aime ô saison que j’aime tes rumeurs
Les fruits tombant sans qu’on les cueille
Le vent et la forêt qui pleurent
Toutes leurs larmes en automne feuille à feuille
Les feuilles
Qu’on foule
Un train
Qui roule
La vie
S’écoule
Guillaume Apollinaire
25 octobre 2010
Mais qu'est-ce qu'on mange ?
au Canada ? Et en particulier au Québec ? Vaste sujet ...
C'est pour le moins surprenant, venant d'un petit pays certes, la Belgique, mais où nous sommes assez férus de gastronomie même si nos amis Français pensent que nous ne mangeons que des moules-frites....
Si, si, on me le dit, on me le répète...
Les Canadiens nous ont réservé des surprises....de taille.
A commencer par le petit déj' qui est souvent pour eux le repas le plus copieux : oeufs à profusion, généralement " au miroir", en anglais "sunny side up", traduisons oeufs au plat + bacon +saucisses + pommes de terre rissolées + toasts + beurre, confitures diverses + crêpes au sirop d'érable
+ thé, café à volonté.
De quoi bien vous calez pour la journée ! Prévu pour faire face aux hivers rigoureux...oui mais là c'est encore l'été !
Surtout, surtout ne pas penser à votre taux de cholestérol , aux calories accumulées et au diabète assuré....
Sinon, à midi, il ya des frites, des frites et des frites avec toutes sortes de hamburgers, de steaks tranchés en fines lamelles et le chef d'oeuvre qu'est " le sous-marin" une baguette sciée en deux contenant pêle-mêle tomates, salade, mayonnaise et une énorme quantité de tranches de chorizo.
Vous savez quoi ? Ben ,mon sous-marin il a pas plongé, il a très vite refait surface !
Sinon, on peut aussi choisir le pique-nique, en barbecue de hot-dogs au ketchup :
Mais je suis injuste ! Les glaces sont délicieuse et les tartes au sucre, aux fraises et surtout au fromage, les cheese-cakes sont à tomber !
Ne pas penser aux calories, ne pas se peser avant le retour...
Tout le monde vous dira que le plat le plus incontournable de la culture alimentaire québecoise est " La Poutine", un mélange de frites, de fromage fondu et de sauce brune. Pour le meilleur et pour le pire...Pour des estomacs en béton armé...Pour bien se caler à moins 2O°...
Sinon, il y a les "bagels", héritage de l'immigration juive, un pain en forme d'anneau, étroit, dense et légèrement sucré qui fait la fierté des Montréalais par rapport au "bagel" new-yorkais épais, moëlleux et salé. Lequel a failli étrangler le sieur George W.Bush en son triste règne.
Avec les bagels, la viande fumée ( plus communément connue par son appellation anglaise "smoked meat") est l'autre fleuron de la communauté juive. Généralement consommée en sandwich de pain de seigle, elle constitue un emblème culinaire...
Il y a du poisson à profusion, truites, saumon et autres mais servis panés, c'est étonnant !
Il y a les incontournables steaks et puis chez mes amies québecoises, le plat du pauvre ( en Belgique on appelle cela le "hochepôt" ou "pot au feu"), une grande cocotte où mijote pendant 2 ou 3 h des patates ( eh oui, car des patates ils en cultivent beaucoup) des carottes, des haricots, des oignons des choux tous gentiment ficelés et quelques rares morceaux de viande de boeuf, le " bouilli". Le tout donne une épaisse soupe paysanne et ça cale ! Mais c'est bon, c'est sain, ça passe bien ! Car ensuite, nous avons aussi eu droit au dessert, la tarte à la cassonnade, un régal. 
.Il est évident que les bons restaurants ne manquent pas dans les grandes villes, mais comme on dit là-bas, ils sont fort dispendieux.
" Le Café du Monde" à Québec est une excellent resto français, avec des vins français à des prix euh...J'ai bien aimé des noms d'établissement vus en passant " Le cochon Dingue", " Le Lapin Sauté", " Le Pois Penché"...
Dans la ville de Québec, un génie a pensé à nous et ouvert une boulangerie, magasin introuvable pendant tout notre périple. Le pain s'achète en supermarché et ressemble à du caoutchouc très mou et est bien sûr préemballé.
Merci Monsieur Paillard,
vos croissants et viennoiseries nous ont réconciliés avec la gastronomie québecoise
Dans cet endroit, vous pouvez venir prendre votre petit déj' à l'aise, en lisant le journal du matin. Et...pas d'oeufs du tout !
Pour conclure cet aperçu culinaire, je vous dirai qu'il ne faut pas aller visiter ce pays si on est adepte de fine cuisine.
Mais par contre, si on aime les gens, leur chaleur, leur gentillesse, si on est fou de nature et de sites incroyables, il ne faut pas hésiter à y aller !
Après tout, est-ce si important toutes ces nourritures terrestres ?
Je vous laisse juges....
22 octobre 2010
L’amour est une île
Avant de lire “L’amour est une île” de Claudie Gallay, j’avais déjà dévoré d’autres romans d’elle qui m’avaient séduite: “Les déferlantes” d’abord, que j’avais découvert grâce à un article de magazine, et qui a été largement primé; puis je suis remontée à rebrousse poil dans ses écrits, ai lu “Seule Venise”, “L’office des vivants”, et mon préféré “ Dans l’or du temps” où l’on parle des indiens Hopi et d’André Breton, de rencontres sortant de l’ordinaire, de celles qui bouleversent. Lors d’une signature à une fête du livre il y a deux ans , elle m’avait dit avoir adoré écrire ce livre…J’aime chez Claudie Gallay les thèmes abordés, sa manière de les évoquer, ses références littéraires qu’elle glisse au creux d’une phrase par un clin d’oeil aux écrivains qu’elle aime: Prévert , Breton, Beckett, Goffette. Ses romans s’incarnent dans des lieux, Venise, la Normandie, La Hague, Avignon, et le temps de la lecture, on y est immergé.
C’est à Avignon que se situe son dernier roman “L’amour est une île” lors du festival 2003, année de la canicule et de la crise des intermittents du spectacle. On y croise des personnages forts, Mathilde dite“la Jogar”, une comédienne reconnue, auréolée de succès, qui revient dans sa ville après cinq ans d’absence et qui retrouve Odon, directeur de théâtre avec qui elle a vécu une passion amoureuse, Marie marginale et écorchée vive, Isabelle qui garde les souvenirs de l’époque de Jean Vilar et Gérard Philippe….On déambule de l’un à l’autre, au coeur d’un festival paralysé par les grèves, dans la chaleur de cet été là, avec des espérances, des questions, des rêves, des mensonges, de la souffrance. Tout a son importance, du crapaud Big Mac au Rhône qui donne une respiration à la ville. L’écriture est rapide – parfois un peu trop – , les chapitres se succèdent comme de petites scènes de théâtre et une sorte de halètement fait écho à l’ambiance extérieure tendue.
Il fait encore nuit et le fleuve est tranquille quand Odon Schnadel sort de sa péniche. Il tient un bol à la main. C'est son premier café, noir, brûlant. Il a mal au crâne. Il glisse deux aspirines dans le bol.
La chaleur est étouffante.
Des branches flottent, cassées plus au nord et charriées, apportées là, elles se confondent avec les eaux brunes.
Les arbres souffrent, même ceux qui ont les racines dans l'eau.
Sur le pont, ça sent le vernis. Il y a des pinceaux rouges dans une boîte, un pot, des chiffons. L'odeur du vernis ajoute au mal de crâne.
Odon boit son café en regardant couler le fleuve. Quelque part sur l'île, un chien hurle.
Une lucarne grillagée est plantée dans la porte. Faible halo jaune. Quand Mathilde est partie, il s'est juré ça, la laisser briller jusqu'à ce qu'elle revienne.
Cinq ans. Les ampoules ont grillé. Il les a remplacées. Aujourd'hui, elle est là, quelque part en ville, pour le temps du festival. Depuis des semaines, la rumeur se répand, la Jogar revient entre ses murs, elle joue Sur la route de Madison au théâtre du Minotaure.
On parle d'elle dans les journaux.
On parle d'elle partout, dans son quartier, dans la rue. On dit qu'elle dort à la Mirande, l'un des plus beaux hôtels de la ville. On dit aussi qu'elle a renié son nom en devenant la Jogar.
Odon finit son café, le bol entre les mains, les coudes au bastingage.
Le jour se lève. Big Mac le crapaud se terre dans le talus.
Un train passe. Odon tire une cigarette du paquet, arrache le filtre avec les dents. C'est sa dernière, il froisse le paquet, le jette dans le fleuve.
Il pisse dans l'eau. Un poisson nage à la surface. Un silure est en train de crever dans les branches, entre la péniche et la rive. Tout a soif cet été, la terre, le ciel, même le fleuve réclame sa part. Il pose son bol, remonte le silure, le rejette vers les courants.
Claudie Gallay, née en 1961, est institutrice et grâce au succès des "Déferlantes " peut désormais se consacrer à l'écriture. Son dernier livre est publié aux éditions Actes Sud.
D'avoir écrit cet article, j'ai la furieuse envie de me replonger "Dans l'or du temps"...
20 octobre 2010
La Madame GPS
Comme le dit si bien un humoriste :
" Avant, j'avais une femme pour me diriger au volant, maintenant j'en ai 2 et elles se disputent sans arrêt !"
La nouvelle, c'est bien sûr, la Madame GPS !
La Madame GPS nous a guidés pendant toute la durée du voyage et nous lui en sommes reconnaissants avec cependant quelques bémols.
" aïe-wé-ov-irose" n'est pas de l'Iroquois mais bien le " Highway of Heroes" qu'elle nous recommande de prendre.Oui, mais où ? A 1oo m à gauche, la Route des Héros !!! Trop tard, elle le dit trop tard ! On a encore raté la sortie.
La 2e Madame prend le relais avec une bonne vieille carte routière pour retrouver le bon chemin .
Quand la Madame GPS est censée nous amener à St Alexis-les-Monts au Lac à l'Eau-Claire à 4 km du village, elle nous fait arrêter en pleine forêt ( et c'est là qu'il y a des ours !!!) en nous disant " Vous êtes arrivés. Destination atteinte" puis se tait. Panique ? Où est le lac ? Pas indiqué sur la carte non plus...
Normal, plus de réseau...
Alors donc la seconde Madame prend les choses en main, si j'ose dire parce que le Monsieur est perdu, paniqué. Sans la voix si douce, ( oserais-je dire doucereuse ? Mais non, tais-toi donc jalouse ! ) si calme, tellement gentille quand il se trompe " Faites demi-tour, avec prudence...." il ne sait plus où est le droit chemin...
Parfois cependant, la Madame GPS nous tape sur le système.
Par exemple, elle n'aime pas, mais alors pas du tout que l'on s'écarte de la route qu'elle nous indique.
Or, nous, pauvres humains, avons souvent envie de nous arrêter ( photos ! )...Et comme on coupe le moteur, se venge, se décharge et il faut à nouveau gentiment lui encoder les renseignements pour pouvoir poursuivre la route. Grr !
Comme il n'y a que peu d'aires d'autoroute au Canada, il faut très souvent, prendre une bretelle de sortie pour se ravitailler en essence ou en nourriture terrestre dans un village ou une petite ville.
Aïe ! On sort de la trajectoire, la Madame GPS fulmine, elle se met à débiter à toute vitesse le re-calcul de l'itinéraire.
Elle nous énerve à la fin. On la débranche et on la met dans le vide-poche. Pas de bol, cette fois elle est encore bien chargée et continue à marmonner toute seule, déclenchant chez nous un fou-rire incontrôlable !
De plus, cette dame sur orbite de satellite ne sait pas tout. Elle ignore superbement les travaux en cours et nous emmène donc dans ce cas dans une rue où il est indiqué TRAVAUX, PASSAGE INTERDIT.
Eh bien elle s'en moque comme de sa première excursion et persiste et signe à nous envoyer ...au fond du trou creusé par une énorme grue. Non, non, pas de re-calcul ! Elle s'entête...
Non, elle ne sait pas tout. Elle ne connaît que le 1er Rang.
Keksèkça ?
Au Québec, il y a le plus souvent la route principale ( qui longe presque toujours de l'eau d'un lac puisqu'il y en a à profusion !), puis en retrait une route parallèle plus petite qu'ils appellent le 1er Rang. Sans trop se creuser la tête, ils ont ensuite baptisé la seconde rue plus ou moins parallèle, le 2e Rang et ainsi de suite. Généralement cela s'arrête au 3e Rang, qui se limite à une petite route de campagne, que la Madame GPS ignore superbement.
Oui, mais c'est là précisément que nous devons nous rendre à l"Auberge du Trappeur", bien isolée à l'orée d'un bois. Ben, non, débrouillez-vous ! Elle ne connaît pas. Son satellite pilote ou pilote de satellite doit trouver que ce ne sont pas des endroits fréquentables !
Il faut reconnaître que sans elle, nous nous serions perdus cent fois
sur des routes interminables.
Je lui dis donc " Merci, madame Gamine " ( pub interdite ), mais je garde mon mot à dire, attention !
18 octobre 2010
The stone carvers
Pendant qu'Amanda nous régale avec un Canada francophone moderne
(quoique je ne pense pas qu'ours, castors et baleines ne soient
sensibles qu'au français), je me régalais en parallèle avec un livre à
couverture rigide, bradé pour 1£ chez le bouquiniste du coin, qui
raconte un Canada plus ancien, sur trois générations.
Traduit en
français par 'Les amants de pierre', il a le nom plus simple en anglais
de 'The stone carvers', les tailleurs de pierre par Jane Urquhart. Bien
que l'histoire soit principalement celle de Klara, petite-fille d'un
premier colon d'origine autrichienne dans une enclave francophone, on
suit également celle de son frère, Tilman, vagabond de grands chemins et
de certains autres de leurs compagnons.
Mais je ne vais pas trop vous en révéler car vous aurez peut-être aussi envie de le lire. 
Ce que j'y ai trouvé: une version peu connue de la Grande Guerre, du côté Canadien. Un des personnages secondaires, seul personne historique du roman, est Water Allward, responsable pour le monument de Vimy près d'Arras qui commémore les noms de plus de 11 000 portés disparus. Plus de 11 000 dont les familles n'ont jamais su où, quand ni comment leurs gosses ont trouvé chacun leur fin.
Je ne sais pas comment il est traduit en Français, mais si le traducteur est bon vous devriez vous régaler avec la poésie sous latente de la prose. Ce qui m'a accroché surtout, ce sont les descriptions des sculpteurs par rapport au bois, puis à la pierre. Aussi, les rapports des mots que l'Homme s'entête à graver dans la pierre, même si éventuellement la pierre aussi s'use.
Je vous en traduit un petit passage:
Giorgio was wandering through a room filled with
half-finished projects, the pale faces of young men stared at him from
every corner, and the chisel was hanging useless at the end of his own
arm. «What shall I do?» he asked.
«Words»,
said Juliani. «You're going to have to do a lot of words. Seems like
everybody nowadays wants to express themselves. Used to be a name and
the dates would do, but no more. You kill off a generation of boys and
suddenly the whole world becomes interested in poetry. Sometimes, God
forbid, they even write the poetry themselves.»
Giorgio errait à travers une pièce remplie de projets à moitié finis, les visages blêmes d'hommes jeunes le fixait de chaque coin, et le burin pendait inutile au bout de son propre bras. «Que dois-je faire» demanda-t-il.
«Des mots», dit Juliani. «Tu vas devoir faire beaucoup de mots.
On dirait que tout le monde aujourd'hui veut s'exprimer. On vous tue une
génération de garçons et soudainement the monde entier s'intéresse à la
poésie. Quelquefois, Dieu nous en garde, ils écrivent les poèmes
eux-même.
….
And so Giorgio, quite reluctantly, began what would
become a love affair with the alphabet. At first he struck a bargain
with his employer that if he worked three weeks on words he would be
able to spend two weeks on some image or another: an angel, a lamb, the
face of a dead or missing soldier. To his great surprise, however, he
developed - quite suddenly - a passion for the way words occupied the
surface of stone, the placement, the depth, how the light affected them,
and most of all their permanence. Even the mathematical calculations
required for centring the words seemed to him somehow magical because
they were so necessary. Without order, he came to know, the words would
appear to be haphazard, unintentional, would lose the dignity, that
permanence demanded. He became fanatical about bevels and lines of
incision, often in a temper for days about faults that even Juliani
could not see.
..
Ainsi, Giorgio, à regret, commença
ce qui deviendrait une histoire d'amour avec l'alphabet. Au début, il
avait négocié avec son employeur que s'il passait trois semaines sur des
mots, il aurait deux semaines pour du figuratif: un ange, un agneau, la
figure d'un soldat mort ou disparu. A sa grande surprise cependant, il
développa - assez soudainement - une passion pour la manière dont les
mots occupaient la surface de la pierre, leur emplacement, leur
profondeur, la manière dont la lumière les touchait, mais plus encore
leur permanence. Même les calculs mathématiques requis pour centrer les
mots, lui paraissaient magique parce que si nécessaire. Sans ordre, il
apprit bien tôt, les mots donneraient l'impression d'un désordre, de ne
pas sortir d'une volonté, ils en perdraient leur dignité, cette
impérieuse permanence. Il devint obsédé par les biseaux , les lignes
d'incision, y laissant même sa bonne humeur des jours entiers pour des
fautes que même Juliani ne pouvait déceler.
These symbols in stone would be all that remained of this farmboy, that office clerc, this boy who had played in the town band. Inevitably a quiet relative or friend or sweetheart would stand at a respectable distance behind Giorgio while he carved a particular name. And when he had finished they would shyly approach the stone and run their fingers over the marks that he had placed there. Sometimes they wept as they did this.
Ces symboles dans la pierre seraient
tout ce qu'il resterait de ce valet de ferme, ce clerc de bureau, ce
garçon qui jouait dans la fanfare de la ville. Inévitablement un parent,
un ami ou une fiancée se tenait à une distance respectable derrière
Giorgio pendant qu'il sculptait un nom spécifique. Et quand il avait
fini, ils s'approchaient timidement de la pierre et passaient leurs
doigts sur les marques qu'il y avait laissé. Quelquefois ils pleuraient
en même temps.
….
Giorgio could barely imagine what eleven
thousand names would look like carved on a huge stone wall surmounted by
a magnificent monument. The texture they would make would be like no
other surface, for words were like that. Even on impermanent,
short-lived paper, even in foreign languages you would never understand,
words had a presence unlike any other presence. They carried authority
in a way no other collection of lines, circles, curves, and squares
could. ''Alpha and Omega'' he would sometimes whisper to himself when he
was working. ''Moses and the tablets.''
Giorgio pouvait à peine imaginer ce que onze mille noms donneraient gravés dans un immense mur de pierre surmonté d'un monument magnifique. La texture qu'ils feraient serait comme aucune autre surface, car les mots sont comme ça. Même ceux sur papier qui ne dure pas, même dans des langues étrangères que vous ne pouvez pas comprendre, les mots ont une présence comme nulle autre présence. Ils sont imbus d'une autorité d'une manière qu'aucune autre collection de lignes, cercles, angles et courbes ne peut égaler. ''l'Alpha et l'Oméga'' il se murmurait parfois à lui-même en travaillant. ''Moïse et les tables de la loi''.
Bien sur, ces extraits traite du monde de la taille, mais il y a
beaucoup d'autres choses dans le livre, notamment au sujet de la
génération du grand-père et une première génération de colons.
Il
y a juste un an, au détour d'un rond point vers Dieppe, j'étais tombé
sur un cimetière militaire canadien. Un débarquement en 42 dont je
n'avais jamais entendu parler. Quelques semaines plus tard, une
co-renkujin proposait un vers sur le film célèbre 'L'été 42', film basé
sur une histoire réelle où une jeune veuve se console le temps d'une
nuit dans les bras d'un tout jeune homme.
Une jeune amie vient
également de découvrir que des membres de sa famille ont passé plusieurs
générations en Hongrie. Tailleurs de pierre, ils avaient fui les
répressions religieuses. Elle sait peu encore de leur histoire,
seulement qu'aux alentours de Dijon, il y a encore des sculptures de
Christ assis, qui sont une de leur marque ainsi qu'un témoignage des
techniques qu'ils avaient ramené d'Europe centrale.
Je crois que je vais m'intéresser de beaucoup plus près aux métiers de la pierre ainsi qu'au Canada.
15 octobre 2010
Amanda, les ours, les castors, les baleines et les autres
Vous allez être aussi déçus que moi. Des baleines dans le St Laurent ? Mais 'z où, mais 'zoù ?
Il pleut à verses et elles n'ont pas envie de montrer le bout de leur nez. Nous sommes à Tadoussac et sur le bateau tout le monde est malade !

Regardez attentivement la photo de gauche : au centre, il y a de l'écume, c'est une baleine qui vient respirer à la surface...
Et voici le logement :
autrefois, auberge de la Canadian Pacific. Les terminus des bateaux ou le point de départ des baleiniers vers l'Atlantique ou mieux le lieu de séjour provisoire avant de se construire en tant que pauvre immigrant sa propre cabane au Canada !!!
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Si on m'avait dit qu'un jour je m'approcherais d'un bébé ours et de sa maman à moins de 5 m, ailleurs que dans un zoo...
J'aurais pas cru ! Et pourtant !
En pleine forêt, nous sommes un groupe de 1O inconscients à avoir
suivi Jocelyn, notre guide et grand ami des ours. Nous sommes montés dans un bus
qui avait connu des générations d'enfants...
Et en sommes redescendus en pleine clairière, non sans avoir écouté religieusement les consignes : ne pas bouger, attendre en silence, ne pas prendre de photos ( le déclic effraie les ours ) - consigne non respectée par les Français, alors, nous, les Belges, on a fait pareil ! -
Jocelyn siffle, sifflotte et la maman ours arrive en premier. Elle a faim et Jocelyn apporte des maïs entiers et...des truites ! Nous sommes au Lac-à-L'eau Claire au Nord- Ouest du Québec.
Le bébé de 6 mois est plus méfiant et grimpe aux arbres au moindre soupir...
Et nous, fascinés, ,on oublie d'avoir peur.
D'ailleurs, ,ils ne nous regardent même pas, ils écoutent Jocelyn leur parler comme à ses enfants " Oh ! Des corbeaux dans l'ciel ! M'est avis qui f'ra 'cor beau demain ! Allez, mangez, faut tout finir !"
Nous passons là des moments, des instants absolument extraordinaires, hors du temps en écoutant " L'Homme qui parle aux ours "...
Et c'est le même qui une heure plus tard, appellera la famille des castors. Dur, dur, car il fait venteux et les castors se méfient du courant dans le lac ! Il faudra une heure de patience, de silence, de gestes mesurés pour qu'ils se décident à venir chercher une énorme branche d'arbre dont ils mangeront et les feuilles et le tronc tout en gardant des provisions pour un prochain barrage !
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13 octobre 2010
Une maison de retraite pour chevaux
Cheval, ami et complice de l'homme.
Cheval qu'on utilise pour différents travaux.
Cheval qui promène petits et grands lors de randonnées équestres.
Cheval qui participe à des concours en symbiose avec le cavalier.
Cheval qu'on aime tout simplement regarder.
Cheval qui ensuite prend de l'âge, devient vieux.
Cheval auquel une fatale décision sera prise.
Et surtout Cheval pour d'autres où l'on ne veut pas prendre cette décision.
Un
cheval âgé, qui n'a plus la performance, mais qui a le plaisir de vivre
et qu'on aime pour tout ce qu'il a déjà apporté, comme on aime son
chien, son chat. Toutefois, il y a le problème de place, des
possibilités d'hébergement qui se posent.
Ainsi, il existe des
maisons de retraite pour chevaux. Je vous en présente un dans le Jura
suisse. Il s'agit d'un centre établit sur trois emplacements. Le tout
est géré par une fondation. Très bien entretenu, avec des écuries
spacieuses, on peut visiter ces lieux situés dans de magnifiques cadres,
dont celui du Roselet aux Franches-Montagnes.
Fondée
en 1958 par un cavalier et grand ami du cheval, l'écrivain Hans
Schwarz, ce fut la première institution de ce type en Europe. Pour
rentrer dans ses frais, la fondation a également un élevage de la race des Franches-Montagnes.
Très
prisé comme but de promenade, même celui qui n'est pas un fin
connaisseur des chevaux, y trouvera une étendue de calme et de sérénité.
On
peut voir les chevaux depuis une esplanade sur un enclos avec une
ouverture sur les pâturages, ou seuls eux, peuvent y aller, afin de pas
être perturbés par les promeneurs.

Milaine avait 31 ans quand j'ai pris cette photo l'année dernière
(Durée de vie d'un cheval, environ 20 à 30ans)
Les chevaux qui ont subi de mauvais traitements de même que les ânes et poneys font aussi partie des pensionnaires.
«Depuis
plusieurs milliers d’années, le cheval a servi l’homme, dans les bons
comme dans les mauvais jours et, pour seul remerciement de sa fidèle
collaboration, il sera désormais toujours plus éliminé. Sans pitié, les
vieux chevaux sont envoyés à la boucherie. Autant que faire se peut,
nous voulons changer cette situation honteuse; si vous nous aidez, nous
entendons accorder aux vieux chevaux encore quelques années de liberté
sur de vastes pâturages.»
Hanz Schwarz - 1958-
Définitivement libérés de tout harnachement et de les voir se
détendre en toute liberté la journée, ces équidés ne me laissent pas
indifférent, sachant que chacun a une histoire différente, parfois
touchante.
Si vous voulez en savoir plus, vous trouverez tout ici avec l'historique, la philosophie et une galerie de magnifiques photos dans les pâturages.







































