Si vos pas vous amènent dans le sud du Finistère, surtout ne manquez pas de vous arrêter au Guilvinec.
Nulle intention de ma part de vous abreuver de chiffres et d’informations sur ce port de pêche qui est quand même le 3ième de France et le 1er port de pêche artisanale. Vous trouverez toutes ces données sur le site internet suivant :
http://www.leguilvinec.com/public/pages/lequartiermar_leportdepeche.php

Je ne souhaite que vous faire partager le plaisir que j’ai eu à flâner sur ses quais. Vous dire mon excitation, et celle de tous les estivants massés sur la plateforme d’Haliotika, à l’arrivée des bateaux côtiers chargés de langoustines.
Ils ont pris la mer tôt, vers 5 heures du matin. Le soir pas de trainards ! A 17 heures, moteur à fond, ils se massent à la queue-leu-leu à l’entrée du port.1 Tout va alors très vite. La valse des bateaux commence. Ils entrent, virent sec, s’adossent aux quais. En une dizaine de minutes leur cargaison de langoustines est déchargée et ils repartent aussitôt pour se mettre à quai plus loin. Quant aux langoustines elles passent immédiatement à la pesée pour être vendues dans la foulée au marché au cadran.

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Dès 17H30 rentrez dans n’importe quelle poissonnerie du Guilvinec. Achetez des langoustines encore toutes frétillantes et que l’on vous cuira à la vapeur sur place.

Après… silence… on déguste…

Mais ne croyez surtout pas que l’activité du port se résume à l’effervescence de la pêche côtière et aux langoustines !
Le Guilvinec abrite aussi une pêche hauturière, sans doute plus discrète mais très intéressante.
Baladez vous sur le quai à n’importe quelle heure du jour et de la nuit. Gageons que vous y croiserez un hauturier de retour au port après une quinzaine de jours en mer. Ils sont allés loin, vers les côtes anglaises, pêcher en 4hauts fonds sur leur petit chalutier, véritable coque de noix face à d’autres tankers des mers.
Ils ont appelés le port, pour annoncer leur jour et leur heure d’arrivée ainsi que le tonnage de poisson ramené. Le port met alors à disposition le personnel adéquat pour gérer le débarquement et le tri des poissons par espèce et par taille. Nous sommes ici avec du frais glacé, et non avec du congelé comme ces énormes chalutiers industriels qui restent des mois en haute mer.5

 

Ça discute, ça brasse, ça rigole mais ça bosse. Là aussi pas question de trainer. Tout doit être trié et prêt pour la vente au cadran (à enchères descendantes), dès 6 heures du matin.

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Si la criée n’a plus l’ambiance d’antan avec l’arrivée de l’informatique et l’arrêt des crieurs, il est cependant très intéressant d’assister à une criée hauturière pendant laquelle on vous montrera les différents poissons.

Je ne résiste pas au plaisir de vous présenter mes deux préférés !
En tout premier lieu : la baudroie !
Dans votre assiette, c’est la queue ou la joue de lotte. Dans la mer, c’est la baudroie. Votre guide choisira sans doute le plus gros spécimen pour vous la montrer.
Effet toujours garanti ! Une tête monstrueuse qui fait reculer les plus courageux et qui fascine les photographes. 7

La baudroie c’est comme le cochon. Rien ne se perd, tout est utilisé. La tête cartilagineuse, séchée et broyée, donnera une poudre qui sera utilisée dans les cosmétiques, dans l’industrie automobile pour les plastiques, et aussi plus surprenant, dans ces bonbons gélatineux très prisés des enfants.

 

Mon deuxième coup de cœur est le Saint Pierre.

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Sous des dehors débonnaires, c’est un vrai carnassier ! Il peut rester des heures, immobile, à surveiller les poissons qui défilent autour de lui. 9

 

Mais gare aux imprudents qui l’approchent de trop près ! Le Saint Pierre ouvre alors brutalement sa « gueule ventouse » créant une dépression lui permettant de les engloutir d’un coup.

Rascasses, raies fleuries, raies manta, sébaste, rougets… Des poissons il y en a plein d’autres mais je vous laisse les découvrir par vous-mêmes au Guilvinec