Kaléïdo'blog

Blog journalistique à plusieurs mains

30 avril 2010

Mort d'un jardinier

 

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     C’est un livre singulier. Un récit à la deuxième personne, adressé à un homme, le jardinier, qui officie dans son jardin. C’est le premier roman de Lucien Suel, mais on pourrait dire aussi que c’est un long poème de 170 pages qui serpente entre les salades, les taupes, la rosée, la course des nuages, les aubépines, l’encens des souvenirs, les couleurs d’un soir…

 

Chaque chapitre , animé d’une phrase unique aérée de virgules et de points-virgules, commence par “Tu”: Tu sais…Tu marches…Tu sens…Tu souris…Tu récoltes…

 

Les huit premiers, magnifiques dans la description du travail d’un jardinier, nous offrent un regard détaillé posé sur ce jardin, un regard empli de passion et de poésie:

 

« Tu récoltes ce que tu as semé, tu commences par le rouge et le vert, premiers radis, premières laitues, gotte jaune d'or ou reine de mai, d'abord des feuilles tendres comme du papier de soie, presque transparentes puis qui bouclent comme des oreilles, d'un vert moyen qui s'approfondit encore à l'extérieur alors que le coeur de la salade enfle et blanchit, un coeur qu'on peut arracher aussitôt avec les dents et croquer naturellement dans le jardin en l'assaisonnant avec une tige de jeune échalote, tu t'accroupis devant les cosses de petits pois à disputer aux ramiers, tu passes une matinée à arracher et préparer les poireaux repiqués l'an passé en juillet qui ont poussé à travers l'hiver... »

 

Puis un accident cardiaque frappe le jardinier. Dès lors, allongé sur cette terre qu’il a aimée ,il va voir défiler un flot de souvenirs : enfance, adolescence, voyages, rencontres, livres, musiques…Tout cela s’entremêle, se noue, se libère et nous enchante.

 

Tu murmures dans ta tête, les mots stagnent à l’intérieur de ta bouche, le passage est bloqué, tu ne peux pas desserrer les lèvres, te voilà obligé de te taire, tu vas enfin la fermer, on ne t’entendra plus tartiner tes sempiternelles rengaines de Beat Generation, tu ne bassineras plus les gens avec tes histoires de graines et de plantes, tu ne les ennuieras plus avec ta fascination pour la boue et la pourriture, tu ne vas plus les faire chier avec ta nostalgie de l’enfance, tu ne tireras plus les couvertures à toi, le flot va se tarir…”

 

J’ai beaucoup aimé l’écriture de Lucien Suel, si proche de la poésie,sa manière d’évoquer les souvenirs, sous forme de ricochets de la pensée. Alors comme il se doit j’ai cherché d’autres livres de lui et j’ai trouvé “La patience de Mauricette” , livre paru en septembre 2009 et le courant est passé encore une fois entre cet auteur et moi. J’espère que vous aimerez aussi…

 

Patience Suel   

 

 

Lucien Suel “Mort d’un jardinier” paru aux éditions de La Table Ronde en novembre 2008.

 

Pour en savoir plus sur l’auteur, voici son blog: Lucien Suel’s Desk.

Posté par Bruyere à 08:00 - Lectures - Vos réactions [5] - Articles rédigés par :


29 avril 2010

Photo

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- Cette photo n’a strictement aucun intérêt.
- Strictement !
- Alors, pourquoi l’as-tu prise ?
- Je ne sais pas… Parce que je prends des photos.  Enfin, en ce moment. Et l’ordinaire me frappe.
- Mais on n’a pas idée !
- C’est pas  un problème d’idée, c’est une question de goût !
- Tu parles d’un goût !
- Je te parle d’envie, pas de « bon » goût !
- OK !
- Le résultat ne compte pas, seul compte l’envie. Tu comprends ?
- Pas bien.
- Ce n’est pas grave !

Posté par kz19qg à 08:00 - Blabla - Vos réactions [4] - Articles rédigés par :

28 avril 2010

Une histoire de fils, de questions et d'Amour

Fin janvier, j’ai eu une chance extraordinaire, ne lésinons pas sur les mots ! Dans ma petite ville d’Ardèche rhodanienne, qui compte 8221 habitants, nous avons accueilli Eric FOTTORINO. Qui est ce monsieur ? C’est tout à la fois le directeur de publication du journal le Monde et le président du directoire du groupe « La Vie-Le Monde » et un écrivain. C’est l’écrivain que nous avons eu la chance de rencontrer grâce à la ténacité des membres actifs de l’Université Populaire de Montélimar, des Cafés Littéraires de Montélimar et du maire de ma commune. Nous l’avons accueilli pour parler de son dernier livre, de son sujet douloureux et d’écriture. J’étais présente, toute ouïe et j’ai eu la chance de rencontrer un homme étonnamment simple et d’entendre des paroles et des réflexions que je partage avec vous.

Pour l’Etat Civil, Eric FOTTORINO est né le 26 Août 1960 à Nice, pour lui, pour ce qu’il appelle sa construction personnelle, c’est un jour enneigé de février 1970 qu’il est véritablement né. Le jour où Michel FOTTORINO l’a adopté.

L’homme qui m’aimait tout bas, est le récit d’un cheminement à travers les souvenirs, une reconstruction de la vie avec ce père. C’est à la fois selon les propres mots de l’auteur : « une recherche de ce père maintenant et une tentative de répondre à cette question : Pourquoi cet acte de la part de cet homme qui aimait la vie ? » Car Michel FOTTORINO kinésithérapeute à la retraite, s’est tué d’un coup de carabine, d’une balle dans la bouche sur un parking de la Rochelle, le 11 mars 2008.
Eric FOTTORINO dira : « Je n’imaginais pas qu’il pourrait mourir ; j’ai essayé de le rattraper avec mes moyens qui sont les mots, j’avais cette idée enfantine que les mots pouvaient empêcher la mort. Ces mots de silence que sont l’écriture. Ce livre n’est pas un roman, c’est un récit ; ou alors c’est un roman au sens du mentir vrai d’Aragon. »Dans ses précédents romans, son père était présent mais sans être nommé, il incarna différents personnages : marchand de cannes à pêche dans Rochelle, ostréiculteur dans Korsakov, accordeur de corps dans Un territoire fragile…

Elsa RIMBOUX qui animait cette rencontre dira que ce récit est également un livre sur le Don et la Dette. Comment rendre ce qui vous a donné la vie ? Elle parlera aussi de filiation bien sûr, elle en parlera avec des jolies images. La filiation comme un fil qui relie, les fils tissés, elle évoquera aussi les lacets à grimper en vélo.
Le vélo auquel Michel initiera Eric, lequel s’est longtemps imaginé en cycliste professionnel. Page 45, il écrit : « Il m’a appris à lutter, à ne jamais abandonner, à serrer les dents, à ne pas me plaindre de la malchance ou de la défaillance ou des côtes ou du vent, à ne pas prendre la grosse tête si parfois je gagnais une course, à ne pas me décourager si j’étais largué loin derrière les premiers. A vélo, il m’a appris la vie »

Ce livre parle de la transmission, la transmission de valeurs morales et de leçons de vie. Il raconte aussi les ressemblances qu’Eric n’aura de cesse de chercher entre lui et ce père tant admiré. Enfant il ira jusqu’à écrire sans tracer les lettres, en ponctuant simplement de virgules et tirets ; à l’institutrice qui lui demanda d’où venait cette fantaisie, il répondra qu’il avait gardé l’habitude de l’écriture arabe !
La filiation c’est donc pour FOTTORINO, pouvoir se reconnaitre dans un père, porter le nom du père, faire siennes des valeurs. C’est aussi transmettre le NE FAIS PAS COMME MOI, je te montre l’exemple de ce en quoi je crois, de ce qui pour moi fonde un homme, je te montre aussi ce qu’il ne faut pas faire. Allusion à l’allergie totale et irréversible de ce père à tout système administratif, ce qui le conduira au gouffre financier, sans que ses enfants n’en soient jamais alertés.

Elsa RIMBOUX demandera également où sont les femmes dans ce livre et Eric FOTTORINO aura cette réponse superbe, qui personnellement me parle tant :
« Je n’ai jamais écrit sur ce que je connais déjà. Ma mère je la connais depuis toujours. » Il ajoutera : « ma mère est un objet de vie très fort. »
Le livre évoque aussi, l’autre père, le père biologique qu’il retrouva en 1977 pour « voir la tête de celui qu’il l’a fait », dira-t-il. C’est Michel qui le conduira à la gare, le jour où il prendra le train pour aller voir Maurice, l’autre père. Une belle histoire de liberté écrit-il, où chacun a pu trouver sa place, si bien que le jour de son mariage, les deux pères seront présents. Page 106 : « Deux pères le jour de mon mariage, aucun le jour de ma naissance……..Michel, Maurice, le M commun de magnifique. »
En filigrane dans le livre et parfois par chapitres entiers, toujours l’interrogation double sur ce suicide : Pourquoi a-t-il fait ça, lui qui aimait la vie, aurais-je pu l’en empêcher ? »L’auteur émet des hypothèses, pose des débuts d’explications et jamais ne répond totalement. Page 143, il écrit « me voici au bout du voyage et je dois me l’avouer : je n’ai rien éludé, rien élucidé non plus ». Ensuite il liste les raisons objectives de ce geste et il conclut page 144, par ses quelques lignes que j’aime particulièrement :

« Mais est-ce cela, au fond, ou autre chose que tu as gardé pour toi, une souffrance muette restée inviolée ? Ta part obscure que je respecte. Que j’aurais aimé cerner pour la détruire à force d’amour. »
La rencontre parlera aussi de l’écriture et du rapport de FOTTORINO avec l’écriture. Voici ce que j’en ai retenu, je pense que cela parlera à tous ceux qu’anime cette envie, voire ce besoin d’écrire :
• l’écriture est un besoin car elle m’apprend en permanence sur moi. Le roman c’est plus l’élucidation du réel qu’une consignation de la réalité.
• L’écriture est un état, une nécessité, un besoin et quand elle est là rien ne peut l’empêcher, quand elle existe, je ne peux pas lutter contre.
• J’écris comme un animal, l’intelligence peut encombrer pour écrire car alors on veut faire quelque chose de brillant.
• Je n’ai jamais besoin de beaucoup de temps pour écrire, j’écris rarement plus d’une heure, c’est tellement intense quand j’écris que je ne peux pas écrire longtemps ; j’écris avec des gens autour de moi, le bruit de la vie.
Par contre je mets parfois beaucoup de temps à aller au bout d’un livre, je m’arrête et j’attends que l’écriture revienne.

J’ai sûrement oublié de vous raconter d’autres moments, de vous livrer d’autres réflexions. A travers ce texte j’ai voulu vous donner envie de lire ce livre à la fois simple et beau et vous faire partager le bonheur de cette rencontre.

L’HOMME QUI M’AIMAIT TOUT BAS de Eric FOTTORINO est publié chez Gallimard.

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27 avril 2010

Pfaffenlapp

 

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La montée a été rude. J’étais de mauvaise humeur ; résistant, c’est le mot le plus juste. L’énergie se dépense sans efficacité ; ou, du moins, si l’on avance, c’est comme au près, cette allure épuisante qui lutte contre les vents contraires et la vague qui fouette l’étrave et détrempe le pont.

J’avais décidé de monter au Pfaffenlapp quelque fût le temps. Eut-il plu averse, je serais quand même parti. En fait, le temps restera beau.
Le sac est lourd. Une fois de plus surgit la nécessité de la légèreté : emmener moins pour porter mieux.

A travers les nuages, le soleil envoie ses rayons, façon « Et Dieu parla à Moïse ». L’épisode du veau d’or me revient en mémoire. Le peuple s’est dépouillé de son or pour une idole sans intérêt. Les femmes ont fait fondre leurs bijoux. Etonnant. Sans doute n’ont-elles pas eu le choix ; ça a du râler dans les chaumières !

Arrivé en haut, la vue me surprend une fois de plus par sa beauté profonde. L’atmosphère est transparente, lavée par les pluies de la veille. Au fond, le mémorial du Struthoff. Jamais en quinze ans, je ne l’ai vu aussi lumineux. On dirait un grand voilier à l’horizon, toutes voiles dehors, aux allures portantes. La forêt et la montagne, océans de verdure, portent une barque de souffrance.

A cet instant précis, je mesure combien les monuments sont nécessaires. Ils marquent l’espace et ponctuent le temps. Ils font Sabbat dans la course des hommes. Le silence est impressionnant. La forêt d’Haslach est une zone de silence souvent respectée, sauf lorsque les bûcherons coupent et taillent ou que les Mirages sont à l’exercice.
Il est très rare de ne pas entendre un bruit de moteur autour de soi. Et là, rien, juste quelques pépiements d’oiseaux.

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Les nuages commencent à s’amonceler. Ce qui était un superbe ciel à la Magritte devient petit à petit un amas de cumulus porteurs de pluie. La perturbation avance. Un joli mot, la perturbation !

Je repars dans le sous-bois vers l’autre point de vue, celui de la plaine d’Alsace. La forêt est humide. Les ornières sont pleines d’eau, cela faisait longtemps. Une petite demi-heure de marche pour arriver sur l’autre versant. L’atmosphère s’est rafraîchie. A mes pieds, un tapis d’arbre sur des kilomètres, avec perdus ça et là, quelques îlots de verdure plus tendres. D’où sortent ces clairières ? Au loin Strasbourg, visible à l’œil nu, la pollution a nettement diminué.

Plaine d'Alsace

Je reste assis là un court moment, la solitude me pèse. Et je sais qu’à elle aussi. Saloperie de hanches !

Il est maintenant temps de redescendre, pour aller la retrouver. Nous nous assoirons sur un banc et je lui raconterai, et peut-être qu’aujourd’hui nous pleurerons ou nous sourirons, ce sera selon. Mais c’est sans importance, il faut être créatif à l’intérieur de ses limites. De toutes les façons, il n’y a pas le choix, et c’est peut-être mieux comme ça. Il y a des jours où le handicap ne pèse pas, parce qu’on s’y est fait et qu’on vit avec et il en est d’autres où la révolte gronde. Comme aujourd’hui.

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26 avril 2010

AMANDA A LYON ( 2)

Les TraboulesLyon_2010_039

Du Latin «  Trabulare », les traboules sont des passages couverts qui permettent de passer depuis le fleuve (si, si, les Lyonnais appellent ainsi la rivière Saône, mise sur le même pied que le  vrai fleuve Rhône qui coule de l’autre côté de la Presqu’île ) d’une cour de maison à l’autre et ainsi d’une rue à l’autre en montant jusqu’à Fourvières  ou au quartier de La Croix Rousse.Lyon_2010_044Lyon_2010_027

Les Canuts transportaient ainsi leurs soies et tissus sans crainte de la pluie.Lyon_2010_029

Au cours de la dernière guerre, les Traboules abritèrent les résistants.

Aujourd’hui, les Traboules se visitent uniquement avec un guide qui possède la clef ou le code d’accès qui permet d’ouvrir les lourdes portes en bois derrière lesquelles elles se cachent.

On parcourt ainsi des kilomètres de couloirs sombres éclairés par une loupiote avec minuterie. La récompense est au bout, des cours Renaissance magnifiques, des terrasses avec plafonds décorés, des tourelles roses…

Ces quartiers avec traboules sont habités par des gens de tous âges et de toutes classes sociales mais classés «  catégorie HLM » et gérés par des règlements très stricts. La ville a dû mettre fin aux visites de touristes à toute heure, dérangeant les habitants dans leur intimité. Elle a aussi régi la répartition des frais des « communs »  et les locations. Dans certaines cours, les poubelles, hélàs, gâchent un peu le plaisir de la découverte architecturale

Les Canuts ou Tisseurs de soie

En 1536 François Ier crée la première fabrique de soie à Lyon, las de devoir acheter au prix fort des étoffes aux Italiens. Le succès fut immédiat, la Cour ayant un besoin constant d’étoffes soyeuses pour les vêtements et l’habitat.

J’ai pu visiter le Musée des étoffes et tissus et fus fort choquée d’apprendre que des enfants de 5 ans travaillaient sous les métiers, chacun pourvu d’un numéro et d’une couleur. Ils étaient six petits couchés sous le métier et obéissaient au canut qui criait «  1 » s’il voulait le fil rouge et ainsi de suite…

En 18O5, J-M Jacquard invente sa célèbre mécanique de lecture de cartes. Lyon voit alors la construction d’immeubles spécialement conçus pour accueillir ces nouvelles machines dont le bruit ( BISTANCLAC !) disparaîtra peu à peu.

Aujourd’hui il ne reste plus qu’une dizaine de tisseurs de soie, d’or et d’argent répartis dans trois ateliers. Ils ne travaillent plus que sur commande pour la restauration de monuments historiques, de couturiers ou des riches particuliers.

La fierté des Lyonnais Lyon_2010_036

«  On ne peut pas tous être de Yon, il en faut bien un peu d’ailleurs.. » vous dit-on ici, en vous accueillant avec chaleur.

«  A la revoyure les gônes et pis je coque le museau à toutes les fenottes »

Ainsi vous salue Guignol, la marionnette qui a déjà 2OO ans et dont le théâtre est toujours là, et donne deux représentations par jour ! ( le mercredi, samedi, dimanche )

Les Lyonnais affectionnent les fêtes comme la commémoration de la venue de François Ier ou Henry IV.

Et puis, il y a la célébrissime Fête des Lumières le 8 déc. commémorant l’inauguration de la Basilique Notre-Dame de Fourvières. Le moment venu, la ville se trouva plongée dans les nuages et le brouillard et les Lyonnais allumèrent des cierges et des bougies pour éclaire la ville et permettre à l’archevêque de bénir la Basilique.

Depuis,  la Fête des Lumières qui s’est démultipliée sur toute la ville, la fait briller de mille feux !

Non dépourvus d’humour, les Lyonnais ont également fêté à leur façon la première année de règne de Nicolas Ier.

Je cite Patrick Rambaud : «  Des artistes et des jeunes inamicaux organisèrent une parodique  manifestation de la Droite, pour reproduire le sacre  de Nicolas Ier. Leur défilé descendit  de la colline de La Croix-Rousse où commençaient naguère les émeutes pour descendre sur la Place des Terreaux. Il y avait de faux scouts plus benêts que nature, de fausses bigotes avec des croix autour du cou, des fausses mondaines en boas de fourrure. ..Tous levaient des pancartes ironiques «  Les chômeurs, rentrez chez vous ! » «  La retraite c’est pour les lopettes  » «  Nous sommes fiers des violences policières » devant une maréchaussée ébahie ! Puis sur les marches de l’Hôtel de ville ils couronnèrent  un simulacre de Nicolas Ier qui reçut en glapissant des coups de bâton d’un Guignol de belle stature.. » Fin de citation.

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Les bouchons et les Mères

Anciennes cuisinières de familles riches ou  nobles, les Mères, congédiées pour cause de déménagement ou de manque d’argent ouvrirent des guinguettes en bord de Saône et y préparèrent des plats mijotés à leur façon : Quenelles de brochet, saucisson chaud de Lyon, tartes aux pralines…Le tout arrosé  de vin servi en « pot » ou « fillette »

Avec la montée des eaux, les guinguettes montèrent plus haut sur la colline et se transformèrent en «  Bouchons lyonnais » L’appellation  viendrait du fait que l’on y « bouchonnait » les chevaux des clients. Autre version : les cabaretiers signalaient autrefois leur établissement par une botte de rameaux ou de  branches de pin, formant autant que possible une « boule » en guise d’enseigne.

Mais le vrai  bouchon se singularise par son accueil chaleureux dans la joie et la bonne humeur. On y vient en bande ou seul ou à deux et très vite on lie connaissance, cela fait partie du repas !

Les quartiers singuliersLyon_2010_043

Outre St Georges, St Jean et St Paul dans le Vieux Lyon et la Croix-Rousse, Lyon compte bon nombre de divers quartiers très intéressants. Autour de la Presqu’île, Les Terreaux avec sa célèbre Place où se dresse le magnifique Hôtel de ville et l’énorme Fontaine à la gloire des 2 «  fleuves », Perrache et Bellecour avec son énorme Place et la Statue du Roi Soleil.Lyon_2010_005 Au pied de celle-ci, une femme sculptée représente  la Saône réputée douce, changeante, enjoleuse et de l’autre côté, un homme, le Rhône, au visage dur, fort, puissant…

Plus loin, Part-Dieu et Les Etats-Unis.
Dans ce quartier récent on ne dénombre pas moins de 3O Trompe-l’œil dont les Lyonnais sont friands.Lyon_2010_017Lyon_2010_016

Et Lyon s’étend, devient ville moderne avec ses hôtels, ses magasins, son métro, ses Trolleybus…

Ensuite quand vient l’heure de partir, une seule idée en tête, y revenir très vite…

Amanda

Prochainement :

Dans la série " Amanda" : " Amanda au Ventoux" !

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Posté par Amandannie à 08:24 - Blog_Trotter - Vos réactions [6] - Articles rédigés par :


25 avril 2010

AMANDA A LYON ( 1)

Dans la série «  Amanda à…  »

A  la découverte de Lyon… Lyon_2010_004

Après Paris, Amanda ne pouvait manquer  la 3e Ville de France, passage redouté des touristes en route vers le Sud pour ses célèbres embouteillages dans le tunnel sous Fourvières…

Après avoir traboulé dans les traboules,Lyon_2010_040 monté les 7OO marches (si, si !) du Gourguillon pour saluer la Cathédrale Notre-Dame de Fourvières et découvert à ses côtés une Tour Eiffel, vrai de vrai, comme à Paris mais en plus petit, Amanda s’est retrouvée dans les bouchons, les petits «  Bouchons » où elle s’est régalée  des spécialités du pays.

C’est un peu court, Amanda, développe et commence par du sérieux !

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Lyon , la Force du Passé

Lyon fut de tout temps une ville importante vu sa situation géographique

Capitale de la Gaule du temps des Romains «  Lugdunum » se situait sur la colline de Fourvières où se trouvent encore des vestiges vieux de 2OOO ans.

Au XVIème et XVIIème siècles, la prospérité de la ville, enrichie par son commerce et ses grandes foires, la présence fréquente des cours de François Ier et d’Henry IV contribuèrent à créer une forte demande de produits de luxe et l’apparition de nombreux ateliers.Lyon_2010_029

Ville d’art, de penseurs  d’écrivains  ( comme Rabelais ) et d’inventeurs, Lyon fut le laboratoire idéal qui permit à nombre d’artisans de contribuer à son essor économique.

Citons les «  Canuts »Lyon_2010_030 ou tisseurs de soies et d’étoffes, les joailliers, les fabricants d’automates et même l’inventeur de Guignol et de son théâtre de marionnettes. J’y reviendrai…

La ville devint un des plus grands centres horloger d’Europe comme en témoigne notamment l’ Horloge Astronomique de l’Eglise St Jean qui fonctionne encore aujourd’hui 3 fois par jour à Midi, 15h et 16H. (sauf que…le samedi 27 mars, Amanda a attendu en vain d‘entendre le coq chanter et les petits personnages bouger à 16h car…l’horloge était en réglage pour passer à l’heure d’été ! Quelle déception ! )

A  la Renaissance, le développement du commerce a été facilité par l’installation des banquiers Florentins, notamment la famille de Gadagne qui a donné son nom à un superbe hôtel, une des plus belles maisons Renaissance du Vieux Lyon qui est aujourd’hui un magnifique musée. Lyon_2010_008

Le Vieux Lyon a été sauvé de la démolition en 1963 ( époque du « béton à tout va ») par l’action d’André Malraux, ministre de la Culture de l’époque.

Depuis 1964, le Vieux Lyon est le premier secteur sauvegardé de France et l’un des plus vastes ensembles Renaissance d’Europe avec 3O ha qui comprennent 5OO immeubles, 3OOO logements et comptent 7OOO habitants.

Le Vieux Lyon est devenu Patrimoine Mondial de l’Unesco en 1998.Situé en bordure de la Saône, au pied de la colline de Fourvières, il fut longtemps l’égal de Venise, ses habitations ayant à l’époque de la Renaissance les pieds dans l’eau !Lyon_2010_045Lyon_2010_011

A la fin de la 2e guerre mondiale, les Allemands bombardèrent tous les ponts sauf un seul, ce qui explique la modernité de ceux-ci (parfois assez laids) mais lepetit «  Golden Gate »est une bonne copie de San Francisco...

A suivre...

Posté par Amandannie à 08:21 - Blog_Trotter - Vos réactions [3] - Articles rédigés par :

24 avril 2010

Au bout du monde...

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A 25 km de la maison le barrage de Gambsheim sur le Rhin ; deux immenses écluses, une usine hydroélectrique. A cet endroit, le Rhin fait le double de sa largeur habituelle. Je suis passé là cent fois lorsque je randonne dans le nord de l’Alsace ; sans rien voir ; le nez dans le guidon, comme trop souvent !

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Et puis l’autre jour, une tâche noire au dos d’une des bornes kilométriques qui ponctuent le fleuve attire mon attention ; cela m’intrigue, je monte sur la digue et découvre que des bornes intermédiaires ont été posées là sur une longueur d’à peu près 3 kilomètres, pour – je suppose – égayer la promenade dominicale des touristes venus voir les écluses.

Côté fleuve, le nom d’un grand fleuve du monde, de l’autre une photo - incrustée dans le béton - d’une des extrémités de l’Europe des six.

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Pour la géographie, je réapprends les fleuves : le Tigre, 1950 km ; le Nil, plus long fleuve du monde avec 6 670 km à travers le Burundi, le Rwanda, l’Ouganda, le Soudan et l’Egypte, l’Amazone, le Styx – chercher l’intrus -, l’Amour, le Gange, aujourd’hui d’actualité avec ces millions de pèlerins qui viennent cette année encore s’y baigner en masse, le Mékong, le Niger, le Danube, l’Indus, la Volga, le Missouri, le Zaïre, le Yang-Tsé, et le Rhin, à cet endroit, majestueux, mais qui, avec ses 1320 km, rivalise assez mal avec ces monstres sacrés.

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L’illusion est curieuse, le temps est beau mais il fait frais avec un solide vent du nord. Au verso des noms des fleuves, visibles des péniches qui remontent ou descendent le Rhin, des photos de lieux qui bornent notre continent : Gibraltar, Schwedt sur la frontière Oder-Neisse, Pithio en Grèce, la pointe de la Orchilla sur l’île de Hierro au sud-ouest de l’Espagne, Duncansby Head au nord-ouest de l’Angleterre, Stagen au Danemark, la pointe St Mathieu en France, Dunquin en Irlande, Santa Caesare en Italie.

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Je me déplace de borne en borne fasciné par ces terres lointaines que je découvre étonné, dans l’ambiance aujourd’hui marine, avec le vent et le froid de ce bord du Rhin qui comme tout paysage, change au fil des heures et du temps qu’il fait. Les photos m’impressionnent, car symboliques des frontières entre terre et mer ; elles font voyager.

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J’en oublie l’Alsace ; je suis aux extrémités de la terre, le long des fleuves ; j’imagine les pays qu’ils traversent, ce que j’en connais ou ce que j’en imagine ; je vibre au mystère de ces eaux puissantes évoquées en écho de celles qui coulent ici. Me reviennent des souvenirs de lieux sauvages au Nord de l’Irlande ou de l’Ecosse où se déroulent les noces mystérieuses de la terre, de l’eau et du vent.

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Ramené sur terre par le froid, j’enfourche mon vélo pour les derniers 25 kilomètres qui  me restent à parcourir tout étonné d’être parti, loin, très loin sans même m’en être rendu compte.

La dernière heure fut longue, le vélo n’avançait pas, il collait à la route alors que je venais pendant près d’une demi-heure de prendre les ailes du vent. Il faut alors s’appliquer un peu plus, retrouver le rythme des jambes qui déroulent sans excès mais sans faiblesse la puissance apaisée qui au travers de la forêt de la Robertsau – mille fois traversée - m’amènera à la maison où je recueillerai le fruit de cette après-midi de printemps.

Ces expériences là ne doivent pas se perdre, elles sont l’essence même de la vie ! Partir, voyager, qui n’en rêve à longueur d’année ?

Plus je vais, plus j’ai l’évidence qu’il ne faut pas grand chose pour s’envoler loin et que parcourir le monde se fait aussi à partir de chez soi, pour peu qu’on en ait un peu l’ambition !

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23 avril 2010

Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi

Assez étonnant le titre du dernier livre de Katherine Pancol, faisant suite  aux

«  Yeux jaunes des crocodiles » et à «  La valse lente des tortues »…

C’est un best-seller qui narre les péripéties tantôt dramatiques, tantôt drôles d’une famille, de ses voisins, de ses amis et ennemis.

Un mélange de gens comme vous et moi avec un petit plus, de gens un peu plus extraordinaires comme un bébé surdoué ou le petit-fils de la Reine d’Angleterre, une vieille clocharde dans Hyde Park et plein d’autres…

Explication du titre :

«  L’écureuil est seul pendant les grands froids, l’écureuil est triste dans le grand parc. Surtout le lundi quand les gens du week-end sont partis, quand on ne lui lance plus de noisettes et qu’il lui faut attendre le samedi… »

A prendre au second degré évidemment !

J’ai aimé lire ce livre (comme les deux précédents ) pendant mes vacances...

Ce n’est pas de la Grande Littérature mais on le dévore quand même.

J’ai aimé lire ceci :

« Souvent la vie s’amuse. Elle nous offre un diamant caché sous un ticket de métro ou le tombé d’un rideau. Embusqué dans un mot, un regard, un sourire un peu nigaud.

Il faut faire attention aux détails. Ils sèment notre vie de petits cailloux et nous guident.

Les gens brutaux, les gens pressés, ceux qui portent des gants de boxe ou font gicler le gravier, ignorent les détails. Ils veulent du lourd, de l’imposant, du clinquant, ils ne veulent pas perdre une minute à se baisser pour un sou, une paille, la main d’un homme tremblant.

Mais si on se penche, si on arrête le temps, on découvre des diamants dans une main tendue…

Et la vie n’est plus jamais triste.

Ni le samedi, ni le dimanche, ni le lundi… »

J’entends déjà ricaner…

Katherine Pancol ? Une journaliste de «  Paris-Match » !

De la sous-littérature, ma chère !

Et bien tant pis, j’ai aimé…

Par contre ce que je n’ai pas aimé c’est le poids du livre, il pèse au moins 3kgs !

Je l’ai soigneusement découpé en chapitres pour ne pas qu’il me tombe des mains…

Edit. Albin Michel 23.90 ( 863 pages !!!)

Amanda

Posté par Amandannie à 08:30 - Lectures - Vos réactions [13] - Articles rédigés par :

22 avril 2010

Au pays des " trop vieux"

Info  rapportée par la journaliste Anne Fulda dans « Le Figaro » du 11 avril 2O1O :

Le président de la compagnie italienne Generali Antoine Bernheim, âgé de 85 ans doit quitter son poste à la fin du mois.

Logique ? Oui et non, car l’homme en pleine possession de ses moyens est chassé par une armée de jeunes freluquets qui ne possèdent ni son expérience ni son charisme.

De même Christina Alonso, la quarantaine séduisante, créatrice de «  Elle » à Paris a été remerciée sans ménagement parce que jugée trop vieille.

Incrédulité, humiliation puis dépression.

Avant d’écrire un livre «  Alice au pays des trop vieilles » où elle raconte sa longue descente aux enfers sur un ton drôle, doux-amer.

«  Il ne faut pas que tu le prennes mal, tu n’y es pour rien…Nous avons décidé d’embaucher une fille plus jeune… »

J’ai aimé lire cet article sur ces résistants au jeunisme ambiant.

Et je me dis que si on suit cette ligne de conduite, la logique voudrait qu’on «  déboulonne » pas mal de personnes : Le Pape, les Cardinaux, les Sénateurs, les Académiciens, les vieux acteurs ( Du balai ! Arditi, De Niro,  et autres Michel Bouquet !) – pour les vieilles actrices c’est déjà fait, on les vire à temps, sauf la sublime Danielle Darrieux et l’excellentissime Emma Thomson- et exit la Reine d’Angleterre ( et son fils aussi !), le Roi des Belges ( et son fils itou !), qu’on leur coupe la tête, un point c’est tout !

Et je voudrais que l’on m’explique pourquoi on n’a pas auparavant «  viré » Churchill, Eisenhower, De Gaulle ( on est même allé le rechercher, lui !), Mitterrand et Nelson Mandela.

A la place de Gandhi, le vainqueur de «  La Ferme célébrités »…Olé !

Paris Hilton jouerait «  Andromaque » et le fils Sarko jouerait «  Néron ».

Oui, mais … Qui va payer tous ces retraités ????

Amanda

Posté par Amandannie à 08:30 - Politico - Vos réactions [4] - Articles rédigés par :

21 avril 2010

Pyrénées: Le trône du roi

Situé dans la vallée d’Aspe, le trône du roi culmine à 1266m, voilà ce que nous voyons au départ de la rando, nous sommes déjà à 800m d'alt.

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On commence dans un bois de genêts et de buis, très agréable mais ça monte rude. On aperçoit sur la seconde photo le sommet, la partie la plus dure en fait.

Le dénivelé est de presque 500 mètres et sera monté en 1h15.

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  L’écobuage est passé par là il y a peu, ça sent encore le brûlé. La montée est rude.

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Panorama à 360°. Nous sommes à plus de 1200 m d’alt. Le vent est glacial.

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Nous redescendons de quelques centaines de mètres pour nous mettre à l’abri du vent. Un bon casse-croute avant d’entamer la descente.

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Parfois on se dit que la nature sait tout faire. Regardez ce rocher, on dirait un mur d’enceinte qui protège le bois de ravin tout proche.

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Le ciel s’est couvert mais la lumière est belle

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En face nous apercevons les dégâts fait par la tempête du mois de février. Beaucoup d’arbres sont à terre.

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Posté par cassymary à 08:00 - Blog_Trotter - Vos réactions [4] - Articles rédigés par :


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