Les TraboulesLyon_2010_039

Du Latin «  Trabulare », les traboules sont des passages couverts qui permettent de passer depuis le fleuve (si, si, les Lyonnais appellent ainsi la rivière Saône, mise sur le même pied que le  vrai fleuve Rhône qui coule de l’autre côté de la Presqu’île ) d’une cour de maison à l’autre et ainsi d’une rue à l’autre en montant jusqu’à Fourvières  ou au quartier de La Croix Rousse.Lyon_2010_044Lyon_2010_027

Les Canuts transportaient ainsi leurs soies et tissus sans crainte de la pluie.Lyon_2010_029

Au cours de la dernière guerre, les Traboules abritèrent les résistants.

Aujourd’hui, les Traboules se visitent uniquement avec un guide qui possède la clef ou le code d’accès qui permet d’ouvrir les lourdes portes en bois derrière lesquelles elles se cachent.

On parcourt ainsi des kilomètres de couloirs sombres éclairés par une loupiote avec minuterie. La récompense est au bout, des cours Renaissance magnifiques, des terrasses avec plafonds décorés, des tourelles roses…

Ces quartiers avec traboules sont habités par des gens de tous âges et de toutes classes sociales mais classés «  catégorie HLM » et gérés par des règlements très stricts. La ville a dû mettre fin aux visites de touristes à toute heure, dérangeant les habitants dans leur intimité. Elle a aussi régi la répartition des frais des « communs »  et les locations. Dans certaines cours, les poubelles, hélàs, gâchent un peu le plaisir de la découverte architecturale

Les Canuts ou Tisseurs de soie

En 1536 François Ier crée la première fabrique de soie à Lyon, las de devoir acheter au prix fort des étoffes aux Italiens. Le succès fut immédiat, la Cour ayant un besoin constant d’étoffes soyeuses pour les vêtements et l’habitat.

J’ai pu visiter le Musée des étoffes et tissus et fus fort choquée d’apprendre que des enfants de 5 ans travaillaient sous les métiers, chacun pourvu d’un numéro et d’une couleur. Ils étaient six petits couchés sous le métier et obéissaient au canut qui criait «  1 » s’il voulait le fil rouge et ainsi de suite…

En 18O5, J-M Jacquard invente sa célèbre mécanique de lecture de cartes. Lyon voit alors la construction d’immeubles spécialement conçus pour accueillir ces nouvelles machines dont le bruit ( BISTANCLAC !) disparaîtra peu à peu.

Aujourd’hui il ne reste plus qu’une dizaine de tisseurs de soie, d’or et d’argent répartis dans trois ateliers. Ils ne travaillent plus que sur commande pour la restauration de monuments historiques, de couturiers ou des riches particuliers.

La fierté des Lyonnais Lyon_2010_036

«  On ne peut pas tous être de Yon, il en faut bien un peu d’ailleurs.. » vous dit-on ici, en vous accueillant avec chaleur.

«  A la revoyure les gônes et pis je coque le museau à toutes les fenottes »

Ainsi vous salue Guignol, la marionnette qui a déjà 2OO ans et dont le théâtre est toujours là, et donne deux représentations par jour ! ( le mercredi, samedi, dimanche )

Les Lyonnais affectionnent les fêtes comme la commémoration de la venue de François Ier ou Henry IV.

Et puis, il y a la célébrissime Fête des Lumières le 8 déc. commémorant l’inauguration de la Basilique Notre-Dame de Fourvières. Le moment venu, la ville se trouva plongée dans les nuages et le brouillard et les Lyonnais allumèrent des cierges et des bougies pour éclaire la ville et permettre à l’archevêque de bénir la Basilique.

Depuis,  la Fête des Lumières qui s’est démultipliée sur toute la ville, la fait briller de mille feux !

Non dépourvus d’humour, les Lyonnais ont également fêté à leur façon la première année de règne de Nicolas Ier.

Je cite Patrick Rambaud : «  Des artistes et des jeunes inamicaux organisèrent une parodique  manifestation de la Droite, pour reproduire le sacre  de Nicolas Ier. Leur défilé descendit  de la colline de La Croix-Rousse où commençaient naguère les émeutes pour descendre sur la Place des Terreaux. Il y avait de faux scouts plus benêts que nature, de fausses bigotes avec des croix autour du cou, des fausses mondaines en boas de fourrure. ..Tous levaient des pancartes ironiques «  Les chômeurs, rentrez chez vous ! » «  La retraite c’est pour les lopettes  » «  Nous sommes fiers des violences policières » devant une maréchaussée ébahie ! Puis sur les marches de l’Hôtel de ville ils couronnèrent  un simulacre de Nicolas Ier qui reçut en glapissant des coups de bâton d’un Guignol de belle stature.. » Fin de citation.

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Les bouchons et les Mères

Anciennes cuisinières de familles riches ou  nobles, les Mères, congédiées pour cause de déménagement ou de manque d’argent ouvrirent des guinguettes en bord de Saône et y préparèrent des plats mijotés à leur façon : Quenelles de brochet, saucisson chaud de Lyon, tartes aux pralines…Le tout arrosé  de vin servi en « pot » ou « fillette »

Avec la montée des eaux, les guinguettes montèrent plus haut sur la colline et se transformèrent en «  Bouchons lyonnais » L’appellation  viendrait du fait que l’on y « bouchonnait » les chevaux des clients. Autre version : les cabaretiers signalaient autrefois leur établissement par une botte de rameaux ou de  branches de pin, formant autant que possible une « boule » en guise d’enseigne.

Mais le vrai  bouchon se singularise par son accueil chaleureux dans la joie et la bonne humeur. On y vient en bande ou seul ou à deux et très vite on lie connaissance, cela fait partie du repas !

Les quartiers singuliersLyon_2010_043

Outre St Georges, St Jean et St Paul dans le Vieux Lyon et la Croix-Rousse, Lyon compte bon nombre de divers quartiers très intéressants. Autour de la Presqu’île, Les Terreaux avec sa célèbre Place où se dresse le magnifique Hôtel de ville et l’énorme Fontaine à la gloire des 2 «  fleuves », Perrache et Bellecour avec son énorme Place et la Statue du Roi Soleil.Lyon_2010_005 Au pied de celle-ci, une femme sculptée représente  la Saône réputée douce, changeante, enjoleuse et de l’autre côté, un homme, le Rhône, au visage dur, fort, puissant…

Plus loin, Part-Dieu et Les Etats-Unis.
Dans ce quartier récent on ne dénombre pas moins de 3O Trompe-l’œil dont les Lyonnais sont friands.Lyon_2010_017Lyon_2010_016

Et Lyon s’étend, devient ville moderne avec ses hôtels, ses magasins, son métro, ses Trolleybus…

Ensuite quand vient l’heure de partir, une seule idée en tête, y revenir très vite…

Amanda

Prochainement :

Dans la série " Amanda" : " Amanda au Ventoux" !

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