(A propos du troisième péché capital: la colère!)

bon_de_colere709x532Ces poussées d’adrénaline soudain…
Qui donnent le rouge aux joues, font grimacer le visage, crier avec des voix de stentors à faire reculer une armée entière…
Cette colère qui nous donne envie de frapper quelqu’un, de piquer une crise pas piquée des vers, de dire une bonne fois pour toutes à ces salauds que… et que…

Mais évidemment nous sommes des gens respectables, bien élevés, policés à souhait. Et que faisons-nous de notre colère? Nous la rentrons, l’enfouissons, l’ignorons, la bloquons, la cachons, l’assourdissons, la gommons….
Et nous crânons… !
Car il faut en tout lieu et toujours, garder bonne figure, ah oui ! C'est très important de sauver la face, c'est capital de paraître gentil et accommodant… de garder la sympathie afin qu’on puisse dire de nous : il (ou elle) est toujours de bonne humeur…

Le gentil à tout prix a tout faux !
En effet la colère qui surgit  réclame qu’on l’écoute, qu’on l’interroge, peut-être pas au moment de la crise, mais un peu plus tard, à tête reposée. Il faut pouvoir demander son pourquoi à la colère. Car elle est une voix, un appel au secours bien souvent, une demande parfois désespérée du corps ou du cœur qui n’a plus d’autre moyen de s’exprimer.

La colère, prise en vraie considération,  nous informe, puis nous incite à l’action, au changement. Elle est comme le signal de baisse de carburant dans la voiture. Ce sentiment violent qui surgit en nous nous indique clairement qu’un besoin n’est pas respecté (par exemple), et qu’il s’agit de le prendre au sérieux. C’est donc comme un outil à utiliser, à interroger, à traiter, à prendre en considération.
Bien sûr, il faut apprendre à gérer les crises de colère. Il est évident qu’il ne s’agit pas de laisser libre cours à ses pulsions qui pourraient nous conduire au « mieux » à dire des choses qu’on regretterait plus tard, au pire à frapper, blesser l’autre ou soi-même

Il y a d’autres styles de colère, ce qu’on appelle de saines colères : celle de Jésus au temple en est une. Une révolte ferme et décidée devant l’injustice ou la bêtise. Une colère qui force l’action, la considération mais aussi (il faut le savoir!) la rancœur et même la haine des opposants. Cette colère demande du courage. Il est plus facile de ne pas bouger, de se tenir coi dans son petit coin douillet et tranquille. Dénoncer les injustices, parler haut et fort de ce qui ne va pas, de ce qui mérite une prise de conscience rapide et responsable, oui ! cela demande du courage.  Parce que dénoncer ne suffit pas, il faut changer. Et changer fait peur, tandis que l’inertie du connu rassure…

Souhaitons-nous donc de bonnes colères... de celles qui font bouger, soi en premier lieu!