Kaléïdo'blog

Blog journalistique à plusieurs mains

31 mars 2010

Hector Berlioz

L'année dernière, on a célébré le 150ème anniversaire de la mort d'un des plus illustres compositeurs français, Hector Berlioz. Il a marqué très fortement la vie musicale classique, et pas seulement en France mais dans toute l'Europe et au-delà.


source: http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Berlioz-1.jpg

Il naquit le 11 décembre 1803 à La Côte Saint-André dans l'Isère et mourut le 8 mars 1869 à Paris.

Destiné à une carrière de médecin, il abandonna les études, contre la volonté de son père, lui-même médecin, pour se consacrer uniquement à la musique. Il maîtrisait déjà parfaitement la guitare et le flageolet (à ne pas confondre avec la flute à bec). Élève de Lesueur au Conservatoire de Paris, un des ses premiers chefs-d'œuvre, qui démontra son génie à l'âge de 23 ans, fut l’ouverture de l'opéra Les Francs Juges.

Contrairement à l'Allemagne, son style de musique n'était pas particulièrement apprécié en France.
Bien qu'on puisse le classer dans le romantisme, il clamait ne pas appartenir à ce mouvement. Toutefois, il a donné une impulsion très forte à l'orchestre moderne et a inventé des sonorités inconnues jusque-là, ce qui fut une des raisons pour laquelle à son époque, beaucoup de ses œuvres ne furent pas bien comprises. Certains ouvrages furent un flop, d'autres reçurent tout de même une ovation comme Les Troyens à Carthage ou des extraits de La Damnation de Faust.

Parmi ses œuvres les plus célèbres, notons justement l'opéra La Damnation de Faust avec la célèbre Marche Hongroise (que l'on voit « dirigée » par Louis de Funès au début du film La Grande Vadrouille), la Symphonie fantastique, la Messe des Morts (Requiem), le Te Deum, Les Troyens, le Carnaval romain... La liste complète à consulter dans les liens cités plus loin.

Il entreprit aussi une carrière de chef d'orchestre qui l'emmena dans plusieurs tournées européennes.

Il a publié le Grand Traité d’Instrumentation et d’Orchestration Modernes car Berlioz fut également un écrivain. Il a écrit de nombreux écrits que l'on peut découvrir ici http://www.hberlioz.com/BerliozAccueil.html#litt%C3%A9raire (Certains textes sont mêmes donnés dans leur intégralité).

Retour à ses compositions pour vous faire partager trois exemples musicaux :
(Cliquer sur les liens)

1. Un Bal de la Symphonie Fantastique

avec Herbert Karajan dirigeant l'orchestre de Paris en 1970
http://www.youtube.com/watch?v=LP_BN-aD_48&feature=related

2. Christe, rex gloriae du Te Deum

avec Claudio Abbado à la tête d'un gigantesque choeur anglais et orchestre pour montrer un brillant exemple choral.
http://www.youtube.com/watch?v=yfL4CR6zInc&NR=1
(Excellente prise de son et la version intégrale existe en CD chez Deutsche Grammophon)

3. La célèbre Marche Hongroise de La Damnation de Faust avec Zubin Mehta à la tête de l'Orchestre Philharmonique de Los Angels
http://www.youtube.com/watch?v=41-f2o-1W4A

Quand à la discographie, je préfère ne pas donner de référence, car elle est très vaste.

Si la chance s'offre à vous de pouvoir, en concert, écouter l'une de ses œuvres je ne peux que vous conseiller de réserver votre soirée. Si vous aimez la musique classique, et en plus d'un style issu du romantisme, vous ne serez pas déçus.

Sources internet:
http://www.hberlioz.com/BerliozAccueil.html à mon avis le meilleur site.
http://membres.multimania.fr/hberlioz/
http://fr.wikipedia.org/wiki/Hector_Berlioz

Revenons à la Symphonie Fantastique qui n'a pas que son nom de fantastique, c'est aussi les circonstances qui ont inspiré Berlioz qui le sont aussi et pour ceux qui aiment les histoires d'amour, il vaut la peine de lire ceci http://fr.wikipedia.org/wiki/Symphonie_fantastique#Circonstances

Et pour conclure:
Sur scène, un extrait de l'opéra Les Troyens Nuit d'ivresse et d'extase infinie un magnifique duo d'amour entre Didon et Enée avec Susan Graham and Gregory Kundehe, dirigé par Eliot Gardiner au Théâtre du Châtelet à Paris (2004).
http://www.youtube.com/watch?v=q5By6XucMaU&feature=related

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30 mars 2010

Le Mec de la Tombe d’à Côté

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Katarina MAZETTI « Le Mec de la Tombe d’à Côté ».

Ce roman suédois est traduit par Lena Grumbach et Catherine Marcus.
Née en 1944, Katarina MAZETTI est journaliste à la radio suédoise. Elle est l’auteur de livres pour la jeunesse ainsi que de romans pour adultes. Katarina a rencontré un succès phénoménal avec Le Mec de la Tombe d’à Côté. Il a été traduit en plusieurs langues et ce dernier a été adapté pour le théâtre.

Benny est agriculteur et plutôt balourd. Désirée est bibliothécaire et plutôt intello. Il aime les tableaux au point de croix de sa maman, elle aime le design et l’art contemporain. Ils se rencontrent au cimetière, devant les tombes de feu le mari de Désirée et feu la maman de Benny.
Tout les oppose, et pourtant…
Ces deux là ont tout pour ne pas s’aimer, ils sont trop différents et comme les contraires s’attirent, forcément les voilà embarqués dans une histoire d’amour.

C’est un roman à deux voix. On change de narrateur à chaque chapitre et ainsi on entre dans les pensées de Désirée et de Benny à tour de rôle et on voit chaque situation avec son regard.
On suit l’évolution de leurs sentiments, leur vision de l’autre et d’eux-mêmes. Les réflexions sont justes et touchantes. Des débuts d’une relation où la passion et la nouveauté effacent tout le reste, aux premières hésitations, aux premiers reproches, aux premières colères qui se transforment en rancœurs puis en regrets. Le tout est toujours juste, subtil et drôle.

Je vous joins quelques passages pour vous inciter à lire ce livre vraiment sympa.

« On va aussi bien ensemble que la merde et les pantalons verts, comme disait mon grand-père. Et je ne veux pas que ça s’arrête. A chaque jour suffit sa peine, je n’aurai qu’à apprendre à faire avec » .

« Bien sûr que c’est possible de vivre comme ça, être les meilleurs amis du monde, chacun sur son étoile, puis s’amuser ensemble lorsqu’on sent le souffle de la solitude sur la nuque, bien sûr que c’est possible ».

Posté par kaleido-blog à 06:57 - Lectures - Vos réactions [0] - Articles rédigés par :

29 mars 2010

Anniversaire de l'OTAN à Strasbourg, un an après.

image Il y a un an une trentaine de chefs d’état se réunissaient à Strasbourg pour fêter les soixante ans de l’existence de l’OTAN. Une exposition retrace les “évènements” comme on disait en 68, non pas cette photo officielle – tout ça pour ça ! - mais un regard et des réflexions de journalistes.

Au delà des photos de l’émeute proprement dite, visibles sur Google, m’ont frappé les commentaires qui les explicitaient.

Une belle exposition à la Chambre, mise en œuvre par Hervé Lévy, auteur et journaliste (adresse du dossier de presse ci-dessous).

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Depuis un an que s’est-il passé ? La pharmacie incendiée a été rouverte dans des Algeco, l’immeuble de l’hôtel Ibis, lui aussi détruit par le feu, est en voie de réfection, l’hôtel étant – semble-t-il – déplacé ailleurs, les restes des bâtiments des douanes ont été rasés.

La Communauté urbaine de Strasbourg a depuis cassé sa tirelire pour réhabiliter le quartier : 134 millions d'euros dont une indemnisation de l'Etat de 14 millions. Avec cette enveloppe, elle a établi une feuille de route 2010-2015 avec 33 actions autour de deux actions phares : le prolongement de la ligne de Tram vers Kehl et la création de logements sur le site de l’hôtel Mercure.

Encore un mauvais souvenir, mais les choses semblent aller dans le bon sens ! Reste la difficulté la plus épineuse: faire venir de nouveaux habitants pour atteindre une masse de population suffisante pour que des commerces puissent à nouveau s'implanter. Un travail de longue haleine.

Reste une colère d'autant plus intacte que le gouvernement n'arrête pas de parler de sécurité et qu'au cas particulier, il n'a pas su sauvegarder l'ordre public.

Fermez le ban !

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http://www.chambreapart.org/news/dossier%20presse%20otan%20net.pdf

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28 mars 2010

Le coeur cousu

 

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                                    Il ne faut pas trop réfléchir et se laisser simplement emporter dans ce premier livre de Carole Martinez “Le coeur cousu” paru en janvier 2007. C’est un univers fait de croyances, superstitions, folie mais aussi empli d’imaginaire, de poésie, d’amour et d’émotion.

“Le coeur cousu” est la saga d’une famille un peu particulière, les Carasco, vivant à la fin du 19ème siècle en Espagne, racontée par  Soledad la plus jeune des filles.

“Ecoutez, mes sœurs ! Ecoutez cette rumeur qui emplit la nuit ! Ecoutez… le bruit des mères ! Des choses sacrées se murmurent dans l’ombre des cuisines. Au fond des vieilles casseroles, dans des odeurs d’épices, magie et recettes se côtoient. Les douleurs muettes de nos mères leur ont bâillonné le cœur. Leurs plaintes sont passées dans les soupes : larmes de lait, de sang, larmes épicées, saveurs salées, sucrées. Onctueuses larmes au palais des hommes !  “

On est pris très vite dans les mailles tissées avec dextérité par l’auteur. On suit le destin de Frasquita la mère qui reçoit une boite mystérieuse le jour du “premier sang”. Neuf mois plus tard, elle peut l’ouvrir et découvrir son contenu: des fils d’or aux couleurs chatoyantes et presque divines. Elle reçoit ainsi le don de coudre et de broder les vêtements ainsi que de réparer les chairs.

Il y avait tant de bobines, tant de couleurs dans cette boite qu'il lui semblait impossible qu'il existât assez de mots pour les qualifier. De nombreuses teintes lui étaient totalement inconnues comme ce fil si brillant qu'il lui paraissait fait de lumière. Elle s'étonnait de voir le bleu devenir vert sans qu'elle y prenne garde, l'orange tourner au rouge, le rose au violet. Bleu, certes, mais quel bleu ? Le bleu du ciel d'été à midi, le bleu sourd de ce même ciel quelques heures plus tard, le bleu sombre de la nuit avant qu'elle ne soit noire, le bleu passé, si doux, de la robe de la Madone, et tous ces bleus inconnus, étrangers au monde, métissés, plus ou moins mêlés de vert ou de rouge. Qu'attendait-on d'elle ? Que devait-elle faire de cette nouvelle palette qu'une voix mystérieuse lui avait offerte dans la nuit ? Bombarder de couleurs le village étouffé par l'hiver. Broder à même la terre gelée des fleurs multicolores. Inonder le ciel vide d'oiseaux bigarrés. Barioler les maisons, rosir les joues olivâtres de la mère et ses lèvres tannées. Elle n'aurait jamais assez de fil, assez de vie, pour mener à bien un tel projet. Elle se rabattit donc sur l'intérieur de la maison."”

A ses filles, elle transmettra une boîte chargée de dons personnels. Et Soledad sa dernière fille fera ainsi le récit aussi finement ciselé que les vêtements cousus par Frasquita.

On assistera  aussi à la fuite de cette femme après avoir été jouée et perdue par son mari lors d’un combat de coq.  Face à la réprobation du village c’est elle qui est condamnée à l’errance avec ses enfants à travers l’Andalousie.

Difficile à résumer tant il est foisonnant, ce livre qui a reçu pas moins de huit prix littéraires, est une histoire de transmission, à mi-chemin entre le conte et le roman. Il m’a été offert et je m’inscris dans cette chaîne qui donne à faire connaître cette écriture, cette histoire hors du commun , qui s’appuie sur une réalité vécue par l’arrière grand-mère de l’auteur.

(Pour entendre l'auteur , voir ici )

Posté par Bruyere à 08:00 - Lectures - Vos réactions [7] - Articles rédigés par :

27 mars 2010

Oeuvrons pour notre planète

Posté par cassymary à 15:09 - Ecolo - Vos réactions [2] - Articles rédigés par :


Notre sainte mère la République

trin 008 La République serait-elle meilleure mère que l’Eglise ? La question s'est un jour posée à moi de façon brutale et inattendue, du moins en ce qui concerne les divorcés-remariés.

Mon éducation chrétienne m'avait toujours préparé à davantage considérer notre Sainte Mère l'Église plutôt que notre sainte mère la République ! En matière de mariage, l'union à la mairie était, dans la famille  à laquelle j'appartiens, une nécessité légale qui restait une formalité nécessaire. On passait par la mairie parce qu'il le fallait pour pouvoir se marier à l'église. On signait à la mairie, mais la signature qui engageait était celle de l'Église ! Bref, existait une sorte d'ordre social  où le mariage religieux était la règle avec la concession nécessaire à la République.

L'église était, bien plus que la Mairie, au centre du village.

Et puis les choses ont changé. L'époque où le divorce était l'exception qui divisait les familles sur la conduite à tenir vis à vis de ces «enfants égarés» faisait progressivement place à une pratique plus large où chaque famille découvrait avec une certaine souffrance qu'elle était, elle aussi, touchée. Le divorce n'arrivait plus seulement aux autres. Et le réel prenait le pas sur les grands principes : on ne pouvait pas - passé le temps des deuils psychologiques nécessaires - tenir à l'écart du cercle familial un nombre aussi important de personnes !

Comme nombre de mes contemporains, j'ai dans ma famille un enfant divorcé et remarié après un premier mariage célébré à l’Eglise. Cette situation n'a rien d'exceptionnelle à une époque où un mariage sur deux se termine en France par un divorce en région parisienne et un sur trois en province. Elle ne remet pas en cause le droit imprescriptible de l’Eglise d'établir comme elle l'entend la discipline requise par elle en matière de mariage et d'affirmer notamment le caractère indissoluble d'une union validement contractée aussi longtemps que vivent les deux conjoints.

Comme c'est bien souvent le cas, cet enfant n'a ni souhaité, ni pu, se remarier religieusement. Il ne l'a pas pu eu égard au droit de l’Eglise en la matière, il ne l'a pas souhaité dès lors qu'aurait du être engagée préalablement à un remariage une procédure de nullité qui au cas particulier ne pouvait à l'évidence aboutir, dès lors qu'un des conjoints affirmait clairement que son premier mariage en avait été un et qu'une procédure de nullité ne pouvait en l'espèce être décemment introduite.

trin 009 Les parties au deuxième mariage assumaient pleinement que leur mariage précédent avait été un échec, mais qu'il avait existé. La faillite de l'union ne peut être réduite à sa nullité. Un mariage peut se terminer par un divorce sans chercher à construire pour autant une nullité artificielle qui permettrait un remariage religieux.

L'échec est une chose, la nullité  en est une autre.

Sans compter la situation extrêmement douloureuse d'une action en nullité qui s'ajoute au traumatisme le plus souvent vécu au moment du divorce civil. Si la double cérémonie du mariage, civile et religieuse, ne pose, à priori, aucun problème et peut même participer à un renforcement de la parole donnée, la double rupture que constituent le divorce civil et l'action en nullité, à supposer qu'elle soit recevable, constitue un parcours doublement souffrant qui en lui-même peut être porteur de divisions supplémentaires préjudiciables aux parties en présence. Lorsqu'on sait le coût psychologique d'un divorce, on peut anticiper celui d'une action en nullité.

Le second mariage a donc été célébré à la Mairie et c'est à partir de là que ma prise de conscience s'est faite. Comme pour chacun de mes enfants, et comme la République en donne le droit, j'ai obtenu, pour en garder la mémoire, l'acte de naissance et l'acte de mariage des nouveaux mariés, comme je l'avais fait pour le précédent mariage civil et religieux. Et l'évidence s'est faite jour : la République gardait la mémoire du devenir de ses enfants alors que l’Eglise ne le pouvait faute d'être notifiée de la nouvelle situation.

L'acte de naissance, préalable à la célébration du deuxième mariage civil, portait, en mentions marginales, les références du premier mariage et du jugement de divorce qui y avait mis un terme tandis que l'acte de mariage se contentait, une fois l'état civil des parties justifié, de déclarer les deux contractants unis par le mariage sans faire référence au mariage précédent.

Délicatesse exquise qui sans juger du mariage précédent, prends acte de la situation nouvelle et d'elle seule.

Par la force des choses, la situation civile nouvelle – le second mariage - est portée à la connaissance de l'État Civil, alors que l’Eglise qui n'est - de droit – pas notifiée ignore, d'abord l'échec du premier mariage, et ensuite l'existence du second. Là où la République garde – structurellement - la mémoire du devenir de ses enfants, l'Église - sans doute à son corps défendant - la perd !

Mais qu'a-t-elle fait pour s'y intéresser ? Et c'est peut-être là, que j'ai rencontré ma première déconvenue : une mère digne de ce nom peut-elle décemment perdre la mémoire de ses enfants ?

Mais l'Eglise a-t-elle besoin de garder la trace de l'histoire de ses ouailles ? Objectivement oui si  l'on s'en tient au canon 535 §1 qui prévoit, pour les registres paroissiaux les mentions marginales, liées au statut canonique d'un baptisé. On peut donc s'assurer avant chaque demande de mariage qu'aucune union religieuse préalable n'a été célébrée, ce que prévoit les canons 1066 et 1067.

image Ces dispositions garantissent en principe qu'un second mariage religieux ne saurait être célébré dès lors qu'un premier mariage valide existe. L’Eglise répond donc à ses propres besoins en la matière. La mémoire des « adultères » - puisqu’un remariage s’analyse dans le droit canonique comme tel - n'a fort logiquement pas l'honneur des registres paroissiaux. La source se désintéresse des errements du fleuve dont elle ne peut être tenue pour responsable.

Les principes sont dont donc clairs et Mgr André Vingt-trois, archevêque de Paris, résume magistralement la situation dans un texte tiré, en 2009, du site de la Conférence des évêques de France concernant le mariage :

«Le sacrement est un don de Dieu, l'Église ne se reconnaît donc pas le pouvoir d'annuler ce don. Quelqu'un qui a réellement reçu le sacrement de mariage ne peut pas se marier une seconde fois après son divorce. S'il le fait, il demeure membre de l'Église, puisque le don du baptême ne peut être annulé, mais il entre dans une rupture de vie sacramentelle tant qu'il ne peut pas recourir au sacrement de Pénitence.»
(Extrait du petit guide de la Foi Catholique, Mgr André Vingt-trois, Éditions Le Sénevé / Cerp)

La formulation de Mgr André Vingt-trois est intéressante par la double négation qu'elle comporte. Si l'Église « ne peut annuler le don de Dieu » que constitue le sacrement, peut-être pourrait-elle considérer que ce don n'a pas été opérant du fait des parties qui n'ont pas pu, su ou voulu opérer les déplacements nécessaires. Si faute il y a, elle est dans la part prise par chacun des conjoints dans l'échec de l'union.

A cet égard, le deuxième mariage apparaît bien pour ce qu'il est : une nouvelle alliance bien plus qu'un adultère.

Et c'est bien ainsi que les familles vivent ces remariages où le nouveau conjoint est, petit à petit, accueilli dans le cercle familial, ce qui, toute proportion gardée constitue  un progrès par rapport à la pratique ancienne qui consistait à jeter l'anathème. L'enfant – quitte à paraphraser Mgr Vingt-trois - reste membre de la famille puisque le don de la vie ne peut être annulé. Si la « vie sacramentelle » familiale, c'est le vivre ensemble, alors, oui, le divorcé-remarié n'est pas en rupture de ce point de vue là.

Là où la République – en célébrant le nouveau mariage -, et l'église familiale en accueillant le nouveau conjoint, réintègrent l'enfant dans la communauté, l'Église ne s'autorise pas à le faire intégralement du fait de cette «rupture sacramentelle ». Il ne s'agit pas « d'annuler le don de Dieu », le premier mariage existe toujours, il s'agit, à la manière de la République et de la cellule familiale, d'accueillir sans jugement, mais aussi sans compromis, la situation nouvelle.

La deuxième négation de la proposition de Mgr Vingt-trois est encore plus confondante : le divorcé-remarié demeurerait membre de l'Église, non parce qu'elle serait charitablement tenu de l'y accueillir, mais parce que le baptême ne s'annule pas ! La formulation est pour le moins malheureuse.

Les familles recomposées sont donc, par la force des choses, elles aussi, en « rupture de vie sacramentelle », ce qui n'encourage pas les parents à donner à leurs enfants, issus ou non du remariage, une éducation chrétienne. Les enfants  issus du second lit ne seront sans doute ni baptisés ni éduqués chrétiennement, victimes collatérales de la « rupture de vie sacramentelle ». L'Église aurait-elle à « culpabiliser » de cette situation ? Certainement pas, cet état de fait est la conséquence des errements coupables des parents adultérins !

Dans ce contexte, je dois à la vérité de dire que oui, la République m'apparaît être meilleure mère que l'Église. Je salue cet équilibre fin qui consiste à ne pas nier l'histoire, à en garder formellement la mémoire, mais aussi à laisser une chance à la vie à venir.

La deuxième dimension, à mes yeux choquante, de la position de l'Église tient à l'inégalité de traitement qu'elle fait entre ses enfants. Le cas des profès perpétuels – les religieux ayant fait des vœux définitifs - est particulièrement étonnant : le droit canon organise pleinement la dispense des vœux et des obligations qui s'y rapportent. L'Église considère qu'il lui est possible de relever un profès perpétuel de ses vœux, de rendre inopérant le sacrement de l'ordre d'un prêtre réduit à l'état laïc, mais que les exigences de indissolubilité du mariage lui interdisent de relever les conjoints de leur engagement de vie commune.

Si l'on peut concevoir sans difficulté qu'un sacrement ne puisse « s'annuler », il faudrait légitimement s'interroger sur les conséquences de son caractère « inopérant ». Toute la dialectique s'articule autour de la notion d'adultère liée au remariage des divorcés. Si les religieux(ses) peuvent être relevés de leur vœux de chasteté et dès lors convoler en juste noces, on voit mal ce qui empêcherait le magistère de relever deux individus mariés de leur vœu de fidélité sans pour autant que soit rompu le lien sacramentel.

En d'autres termes, reconnaître l'échec d'un mariage, sans en nier la réalité. Des solutions sont ébauchées mais non encore mises en œuvre. Louis Menuz, juge à l’officialité du diocèse de Lyon, préconise un processus où après la constatation de la rupture irréversible du premier mariage, un temps de démarche pénitentiel prendrait place qui comprendrait différentes étapes : reconnaissance de l'enseignement de l'Evangile («ce que Dieu a uni que l'homme ne le sépare pas»), réflexion sur l'engagement pris et non tenu (la responsabilité de la rupture doit être admise et, s'il y a lieu, la faute regrettée), reconnaissance des dommages causés par la rupture, mise en œuvre des obligations concernant l'ex-conjoint et les enfants, volonté des nouveaux époux à vivre leur mariage «dans le Seigneur», volonté de participer à la vie sacramentelle dans l'Eglise et à éduquer chrétiennement les enfants.  Au terme de ce parcours, le tribunal ecclésiastique constaterait la destruction irrémédiable de la première communauté conjugale, la réconciliation avec la communauté chrétienne – et par voie de conséquence l’accès à l’Eucharistie – et la reconnaissance de la nouvelle union sous une forme à réfléchir.

trin 016aEt Louis Menuz de conclure : « Au cours de son histoire, l'Eglise a échafaudé, en matière matrimoniale, une doctrine élaborée pour répondre à des besoins réels et circonstanciés. Peu de points de cette doctrine ont une portée dogmatique. Il s'agit plutôt de mesures disciplinaires. Même si elles ne sont pas arbitraires, ces mesures sont tributaires de l'époque où elles ont été adoptées. Elles peuvent être révisées à la faveur de besoins nouveaux des temps actuels. On ne peut se contenter de nous renvoyer aux catégories canoniques actuelles. «Le seul renvoi valable est le renvoi à l'Évangile».

Il est encourageant de voir, au sein de l’institution, des prises de position ayant un souci pastoral aussi fort et aussi pragmatique.

Combien de temps encore devrons-nous souffrir d'être membre d'une même famille sans pouvoir manger à la même table ?

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Photos de “Murs-lumière” de l’église de la Très sainte Trinité à Strasbourg par François Chapuis, 1963.

Les divorcés remariés sont-ils exclus de l’église” par Louis Menuz (voir sur Google le document Word téléchargeable)

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26 mars 2010

Ligne indéterminée

Strasbourg a acquis en 1989 une œuvre de Bernard Venet : “Ligne indéterminée”, qui se trouve place de Bordeaux sur un terre-plein central autour duquel des flots de voiture se déversent à longueur de  journée.

La place de Bordeaux à Strasbourg, c’est un peu la porte d’Orléans à Paris, c’est à dire un point d’accès majeur à l’autoroute A4 et un bouchon quasi continu. La photo ci-dessous a été prise après bien des essais, dans l’intervalle du flot de voitures entre les deux feux rouges qui régulent le trafic !

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Forme indéterminée
Posée là par hasard,
Au détour d’un regard.

Elle se délie et s’étire,
Fragile et forte à la fois.

Figée, immobile,
Elle avance à petit pas,
Tourne, revient, s’élance et se pose.

Elle monte et voit le ciel,
S’accroche à la terre.

Elle tourne, se détourne et se brise,
Poursuivant, obstinée, tout droit,
Le mystère de son pas.

Ligne indéterminée,
Posée là par hasard,
La vie est mémoire,
Au détour d’un regard.

 

Cette sculpture m’a toujours interpellée par la dynamique qu’elle suscite. Comme on tourne autour en voiture on la voit sous différents angles et c’est ce qui fait son intérêt !

Elle est devenue au fil du temps une part de notre roman familial, car j’ai, en vain, essayé de montrer à mes enfants la force de cet ouvrage, rebaptisé par eux “la nouille” avec tout l’irrespect qui les caractérise !

J’ai fait de très nombreuses photos de cette œuvre et j’ai écrit un certain nombre de textes inspirés de cette pseudo-spirale monumentale.

Les choses ont en particulier basculé le jour où prenant mon courage à deux mains, je suis allé sur le terre-plein central où se trouve l’objet pour y prendre des photos sous le regard moqueur de nombre d’automobilistes pour lesquels je représentais un spectacle de choix : “Mais que fous donc ce type au milieu du carrefour !”    

 

Nouille 019Le flot des voitures s’étire,
Fleuve improbable et sans âme.
Feu rouge, feu vert, les écluses
S’ouvrent et se ferment, dérisoires.

Le tram, impuissant, s’applique: Surtout, éviter le regard.

Les passants sont absents,
Exclus du boulevard qui ne mène nulle part.

Monter sur la pelouse, dépasser l’interdit,
Affronter, apeuré, les yeux engourdis.

Oser le regard ; voir, étourdi, la beauté posée là;
Le ciel est ouvert, l’aveugle voit.
S’apaiser, goûter l’instant éphémère,  du miracle de la lumière.

Et puis, s’en aller, doucement,  sans déranger plus longtemps;  recueillir le fruit d’un regard  indécent. 

 

Ce déplacement m’a ouvert sur une troisième dimension de l’œuvre, celle par laquelle elle imprime sa force vers le ciel. Il est d’ailleurs dommage qu’elle soit placée là, car si elle était accessible facilement aux piétons, ils pourraient profiter de ce point de vue étonnant sur l’azur et de la poésie qui en surgit !

L’émotion autour de cette œuvre reste pour moi intacte et je ne puis passer place de Bordeaux sans me remémorer les instants de très fort saisissement qui m’ont traversé à l’occasion de ce travail photographique.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                             

sxb 009

Brillante et noire, la boucle temporise.
Le temps occupe l’espace.

Le nuage, timide, excuse  le vide ;
L’humilité du ciel s’épuise  des atermoiements noirs de l’acier tranchant.

La spirale se rebiffe et se cabre ; s’impatiente du bleu silence ; le soc laboure l’azur sans le creuser.

Le temps et l’espace  poursuivent l’infini
de leur lutte.
Le bleu a le temps, le noir le mouvement.

L’élan est vain, le silence est vide, ombres et lumières divertissent - amères - l’éternité, de leurs robes légères.

Fragiles et passantes, elles apaisent l’instant.
Le bleu a le temps, le noir le mouvement;
la lumière, l’éphémère.

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25 mars 2010

Violence endormie

Aller son chemin

Il y a au nord et au sud de Strasbourg deux forêts rhénanes qui à l’époque où le Rhin n’était pas canalisé servaient à absorber les crues du fleuve. Ces forêts de plusieurs kilomètres carré sont des lieux de promenade très prisés des habitants et des joggers.

Elles sont entretenues, balisées, parcourues de bras morts du Rhin et habitées d’une faune importante. Comme tout un chacun, je les ai parcourues en long, en large et en travers depuis trente ans que j’habite à Strasbourg ; et puis un jour, j’ai eu les yeux plus ouverts que d’habitude et ce qui m’apparaissait comme un vestige intégré de la dernière guerre, s’est mis à surgir à mes yeux comme un lieu de mémoire, celui de la violence entre deux peuples, les allemands et les français.

L'oeil mauvais

Les blockhaus m’apparaissaient pour ce qu’ils étaient : des engins de guerre ; et tout d’un coup, cette forêt devenait pour moi symbole d’une violence sans aucun doute passée mais finalement encore présente dans ces vestiges d’autant plus menaçants que l’environnement n’était pas de nature à les “absorber” comme cela peut-être le cas en bord de mer.

Les blockhaus sont là et bien là ! J’ai essayé de traduire à travers quelques textimages l’impression très forte que ces constructions continuent de faire sur moi. Ces tonnes de béton posées là au cœur d’une nature très particulière – la forêt rhénane n’a pas besoin d’entretien, il suffit de la laisser vivre – rappellent de façon fugace, mais ô combien symbolique, la part de violence qui nous habite !

violence froide

Posté par kz19qg à 08:00 - Culture - Vos réactions [1] - Articles rédigés par :

24 mars 2010

PARIS AUTREMENT ...( la suite )

À regret, nous avons quitté le Marais pour partir, direction Berçy !

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Pas le stade, non, mais une " reconversion" des anciennes cuves à vin, les chais,autour desquels et dans lesquels s'est créé un sympathique ensemble de boutiques et restaurants, inconnus des touristes !
Ne l'ébruitez pas trop ! C'est la Cour St Emilion !

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L1020310Après une belle promenade à pied, c'est reparti vers une autre surprenante découverte : Les Arènes de Lutèce ... Nîmes et Arles n'ont rien à lui envier, mais il nous faut rendre à César ce qui appartient aux Parisiens...
À toute allure, nous quittons ces lieux déserts et au passage, le long des quais, le quai Branly, plus précisément, je m'étonne devant la verdoyante façade de ce Musée...
À Bruxelles, rien de pareil encore ! À vos palettes, messieurs les jardiniers !

Décidément je m'amuse, ces deux heures passent à une vitesse folle. À bord, on discute de tout et de rien, des Parisiens, de Chirac ( tiens, il habite juste là !), du trompe-l'oeil au Quai des Orfèvres ( pas mal réussi ):

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Et puis le rêve et la réalité se rejoignent... Déjà l'heure de se quitter !

Et voilà Amanda au Pays des Merveilles, retrouvant Alice et sa théière en vitrine du Magasin "Le Printemps" :

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Et pour finir en beauté, un déjeuner sous la superbe coupole !

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Merci " Paris Authentique", Merci Monsieur Google !

PS : Il est aussi possible de faire d'autre types de ballades en 2CV, le soir, la journée, à Versailles etc....

Posté par Amandannie à 08:10 - Blog_Trotter - Vos réactions [3] - Articles rédigés par :

23 mars 2010

PARIS AUTREMENT ...

" Amanda à Paris " ( 2e volet )

À la découverte d'un Paris " Authentique "

Avertissement : Comme dirait mon compatriote Magritte " Ceci n'est pas une pub", seulement du vécu.

Mais comment faire quand on est une petite Belge qui a déjà tout vu à Paris, après maints et maints voyages scolaires, comme élève et puis comme responsable de groupes ?

Quand on a vu au moins 5 fois le Musée d'Orsay, le Louvre et la Tour Eiffel et qu'on n'en peut plus ( belgicisme) des caricaturistes de la Place du Tertre à Montmartre ?

Ben, pourquoi y aller, alors ?

Parce que, Paris, voilà, je t'aime ! Tes Palais, tes Jardins ( Ah ! Le charme du Luxembourg !), tes quais, tes librairies, tes Grands Magasins et tes Spectacles.

Et donc, j'ai interrogé Mr Google (un ami très cher) qui m'a donné ça :L1020288

Une deux-chevaux ! Absolument !

Une charmante jeune femme vient me chercher à l'hôtel ( après réservation sur Internet ) et se charge de me montrer un Paris insolite, un Paris authentique, un Paris comme je ne l'avais jamais vu !

Elle ne manque pas d'entraînement, question conduite et se glisse à fond de train dans la circulation parisienne.

Elle fait partie d'une jeune PME  qui a racheté et remis à neuf une vingtaine de véhicules et formé ses chauffeurs à la conduite de ces autos qui me rappellent un temps que les moins de 2o ans ne peuvent pas connaître.

Ma conductrice est aussi guide et connaît son histoire de France ainsi que l'architecture de la ville par cœur.

Nous filons vers le quartier du Marais, en traversant la Seine ( nous venons du Quartier Latin) et au passage, j''admire la restauration de Notre-Dame.

Les façades, les devantures des boutiques du Marais m'enchantent, un parfum d'Aix-en-Provence me revient...Ou encore Strasbourg ? Nous filons vers la superbe Place des Vosges, avec arrêt à l'Hôtel de Sully et un salut à ce cher Victor ( Hugo) , bien belle demeure pour un auteur !

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Posté par Amandannie à 08:00 - Blog_Trotter - Vos réactions [5] - Articles rédigés par :


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