28 février 2010
"Woman walking to the sky" de Jonathan Borofsky
Strasbourg possède, place des halles, une sculpture monumentale de l’artiste américain Jonathan Borofsky : «Woman walking to the sky ». On y voit une femme marchant de façon décidée, sur un tube en aluminium.
La ville de Strasbourg a une politique d’art contemporain de rue, sans doute liée à la construction du tramway. Cette œuvre placée à un endroit «stratégique » est de celles qu’on voit immanquablement dès qu’on va dans le centre « commercial » de la ville.
Objectivement, les sentiments des strasbourgeois sont partagés : “Pour habiter malgré moi Strasbourg, je connais bien cette horreur dans le quartier commercial et " moderne " de la ville”, dit un internaute devant une photo de la statue. (voir lien ci-dessous)
J’ignorais le sens que l’artiste donnait à son œuvre dont le titre est auto-explicatif : une femme montant au ciel. Une vision philosophico-spirituelle de l’humanité tout à fait respectable ; que je n’ai pu intégrer qu’après un détour par une autre lecture.
La représentation de la femme fait penser à un personnage du type de ceux qu’on peut trouver dans Tintin et de ce point de vue ne porte pas à la spiritualité.
L’œuvre elle-même me laissait relativement indifférent, mais j’avais envie d’essayer de comprendre ce qui fait qu’une ville choisit une œuvre de cette nature. J’ai donc tourné autour pendant un temps, prenant des photos à différents moments et sous des éclairages variés et tachant de réfléchir sur la dimension qui « m’échappait » de l’œuvre.
C’est par un jour de beau temps que j’ai trouvé un sens qui justifiait – du moins à mes yeux – l’existence de ce monument à cet endroit.
Il était trois heures de l’après-midi et c’est en regardant l’ombre projetée sur le sol par le stylet que je me rendis compte que celui-ci donnait à la sculpture une dimension d’horloge solaire. A quinze heures solaires, il était précisément dix sept heures ce qui correspondait à l’heure d’été à cette date là.
Cette fonction se vérifiait pour les autres heures de la journée et je fus surpris de toucher à travers ce détail une double limite, celle du stylet dans l’espace – évidente, et celle des heures qui s’enfuient si l’on considérait la fonction « horlogère » du dispositif.
J’en ai fait, à l’époque, un court texte sur la “finitude” en rapport avec le lieu qui est celui de l’ancienne grande synagogue de Strasbourg incendiée volontairement en 1940. La station de tram qui se trouve juste au pied de l’œuvre s’appelle d’ailleurs : “Grande synagogue-les halles”.
“Figure de proue d'un voilier imaginaire, la démarche légère et décidée, elle se hâte, tendue vers la profondeur de l'azur.
L'absolu attire absolument.
En bas, sur le quai du départ, l'usager du tram lève distraitement le nez, surpris d'une course peut-être insensée.
Absorbé un instant, il perçoit, dans le bleu, la limite acérée du style poli, et, sur la place, l'ombre familière des heures qui s'enfuient.
La finitude oubliée s'impose, sur la terre comme au ciel.
Le crissement du tram sur les rails libère l'angoisse, tandis que la fermeture des portières adoucit le retour des pensées familières.
Perdure le mystère d'un lieu ordinaire : la Synagogue, effacée, rappelle, obstinée, l'humanité au sens sacré de sa destinée.”
Léonie a fait une belle photo illustrant sous un autre angle l’intention de l’auteur en capturant un alignement intéressant du stylet et de la lune http://photos.blogs.liberation.fr/vosphotos/2008/02/woman-walking-t.html
Strasbourg se voit donc doté de deux horloges monumentales : l’horloge astronomique dans la cathédrale et la " Woman walking to the sky " de Jonathan Borofsky !
27 février 2010
Du mécénat bien compris.
Mécène, était un homme d'État romain et ami d'Auguste, célèbre pour avoir encouragé les diverses manifestations de la vie de l'esprit.
Aujourd'hui, on parle de mécénat, vous savez, ces actions d'excessives générosité de la part de ces personnes fortunées, cultivées, esthètes, amoureuses du beau, des arts, qui sont prêtes à faire don d'une partie de leur fortune, à donner leur chemise, et pourquoi pas leur slip, pour permettre à des artistes inconnus et obscurs, qui ont pourtant un talent fou, d'accéder enfin à la célébrité et la notoriété.
Qu'un hommage intense soit rendu à ces bienfaiteurs de l'humanité artistique sans qui le monde des arts courrait rapidement à la catastrophe.
Oups ! On s'égare ! Revenons un peu à la réalité...
Le tableau de Nicolas Poussin, la fuite en Égypte, classé trésor national, risquait de quitter la France. Il fallait récolter 17 millions d'euros (une misère, quoi !) pour qu'il en soit autrement.
N'écoutant que son coeur artistique, le dirigeant d'un cabinet d'expertise comptable rhône-alpien, racla son fonds de caisse et offrit 70 000 € pour l'opération de mécénat.
(Prière : Loué sois-tu cher PDG ! Jésus-Christ, bébé fuyant avec sa maman en Égypte, t'en sera reconnaissant à jamais, lui qui d'ailleurs n'imaginait pas que l'histoire de son passage sur terre générerait tant d'oeuvres d'art de par le monde, qui aujourd'hui valent, toutes accumulées, des milliards de milliards de milliards de dollars... Pauvre Jésus-Christ, qui était venu prêcher la pauvreté et botter le cul aux riches...)
Dans une revue spécialisée pour dirigeant d'entreprise, notre fameux PDG précise qu'il a fait ainsi une merveilleuse opération particulièrement rentable pour lui.
Grâce aux déductions fiscales de ce genre d'opération, cela ne lui a coûté que 7000 € ! Mais, chut ! Il ne faut surtout pas le répéter !
Une bagatelle que cette somme au regard de l'énorme publicité manigancée autour de l'opération (une centaine d'articles dans la presse dont deux tiers dans la presse régionale, une soirée privée dans le musée avec ses 300 clients, une augmentation de son chiffre d'affaires, une notoriété accrue, etc...).
Depuis, notre PDG altruiste est un chaud partisan du mécénat ! Il y a d'ailleurs déjà récidivé avec les vases d'Emile Gallé.
Ce qui est frappant dans cet article c'est l'engouement et l'admiration du journaliste pour ce froid PDG mercantile et profiteur de la situation à son unique profit.
Donc, calculons : 70 000 € - 7000 € = 63 000 € de cadeau fiscal.
D'où viennent ces 63 000 € ? : de vos impôts, et des miens...
J'attends toujours la lettre de remerciements du PDG d'avoir fait, grâce à mes impôts, du mécénat pour son cabinet d'expertise comptable...
(petit jeu : où est le sophisme ?)
26 février 2010
Le trolleybus, un véhicule de transport écologique.
On connait l’autobus, qui circule pratiquement dans
toutes les villes, grandes ou petites ; le tramway qui roule sur rails,
après avoir disparu dans beaucoup de localités, refait un retour en
force, notamment en France. Par contre on connait moins le trolleybus.
Le
trolleybus est un bus électrique qui capte le courant sur deux lignes
aériennes par l’intermédiaire de deux perches amovibles fixées sur le
toit.
Le premier véhicule de ce type a été inventé par Siemens à Berlin en 1882. Le trolleybus s’est développé au milieu du 20ème siècle, surtout depuis la guerre en raison de la crise du pétrole et en France pour remplacer les lignes de tramways. Ensuite, ce mode de transport devenait désuet, et il y avait de moins en moins de constructeurs.
En France, seul St-Etienne, Lyon et Limoges possèdent encore des
trolleybus. Gand vient de supprimer la dernière ligne belge de
trolleybus.
Son inconvénient est qu’il est limité dans ses trajets
par le tracé de la ligne aérienne et le véhicule lui-même est plus cher à
l’achat qu’un autobus. Des critiques sont également émises en raison de
l’esthétique des lignes aériennes. Toutefois, les avantages sont que
c’est un véhicule non polluant, très silencieux et d’une durée de vie
beaucoup plus longue qu’un autobus. En Suisse, à Lausanne, des véhicules
datant de 1981 circulent encore de nos jours sans problème.
Dans les
pays de l’Est et en Suisse, Le trolleybus est toujours présent dans un
bon nombre de villes et continue à se développer, comme à Genève en
Suisse, ou à Salzbourg en Autriche. Ce n’est pas l’importance de la
ville qui fait foi. Il peut être le maillon central des petites,
moyennes et grandes agglomérations comme La Chaux-de-Fonds (3 lignes),
Limoges (5 lignes), Lausanne (10lignes), et même dans les très grandes
villes, il est complémentaire du réseau de trams ou du métro, comme à
Lyon ou Vancouver au Canada (Très grand réseau possédant 250 véhicules).
A noter qu’il ne remplacera jamais le tram, car ce dernier peut transporter beaucoup plus de voyageurs par véhicule. Toutefois, en Suisse, 4 villes ont de longs trolleybus avec double articulation avec 4 essieux, le premier ayant circulé en 2006 à Genève (Image ci-dessous).
Ainsi, les réseaux qui ont développé ces derniers temps leurs lignes de trolleybus ou qui vont le réaliser, ont devant eux un outil performant, confortable, économique et respectueux de l’environnement.
Pour en savoir plus :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Trolleybus
L’historique des trolleybus français : http://www.amtuir.org/06_htu_bus_trolley_france/06_htu_tb_francais_index.htm
Techniquement comment fonctionne les aiguilles de la ligne aérienne : http://www.legenevois.ch/bulletin/BulletinInfo19.pdf de la page 2 à la page 5.
25 février 2010
La bonne Mère Julie
Je fais de la généalogie depuis des années. En général les recherches les plus intensives portent davantage sur les gens mariés que sur les célibataires qui par nature n’ont généralement pas de descendance et sont par conséquent moins intéressants du point de vue du généalogiste.
Et voilà qu’un beau jour, je reçois d’un de mes cousins une vingtaine de photos de la fin du XIXème siècle dont celle de la sœur de mon arrière grand-père qui était religieuse. Son visage sur la photo m’intriguait. Son expression était pour le moins réservée et j’eus tout d’un coup l’envie d’en savoir plus sur la vie de cette femme née en 1844.
J’écrivis donc à la congrégation qui me renvoya à l’archiviste de la maison mère à Rome. Je repris ma plume, et qu’elle ne fut pas ma surprise de recevoir quelques semaines après, la notice nécrologique de ladite tante relatant par le menu son curriculum vitae.
Le ton de ce document est désespérément convenu, mais à lire entre les lignes, se découvre, d’une part le visage de cette aïeule, mais aussi la violence dont ont été victimes les congrégations religieuses au moment de la séparation de l’église et de l’état en 1905.
Elle entre en religion à l’âge de trente ans ce qui, pour l’époque me semble tardif. Religieuse du Sacré-Cœur, - une congrégation enseignante - elle fut surveillante puis surveillante générale d’un collège d’Ile de France. Elle ne devait pas être commode, car dit la notice, ses élèves « lui prêtaient le don d’ubiquité tant cette mère paraissait rapidement partout où il y avait un délit à constater ; et elles la nommaient tout bas « Cerbère » tandis qu’elles auraient dû la qualifier de « bon ange ». Un peu plus loin on pouvait lire : « Dans ses surveillances, dit l'une d'elles, je me souviens qu'elle ne faisait pas un mouvement, ce qui devait parfois lui être une grande fatigue; il m'arrivait de cesser un long moment de regarder de son côté pour me donner à moi-même la surprise de la retrouver exactement dans la même position. ” […]. Elle parlait très peu ; rarement on entendait sa voix dans la salle d'études; son regard dominait, arrêtait les plus turbulentes, même son influence rayonnait à distance.”
Il semblerait qu’elle eut un succès certain auprès des plus jeunes. Ayant passé de nombreuses années dans ce collège, elle quitte la région parisienne en 1887 pour «diverses maisons où le succès ne répondit pas toujours à ses efforts et à sa vertu. ». On la retrouve successivement à Lille, Bordeaux, Perpignan pour revenir à Quadrille en 1889. Quatre établissements en deux ans démontre bien la difficulté. On peut raisonnablement anticiper une certaine rigidité de caractère, doublée de timidité.
Son travail se poursuit lorsque survient la séparation de l’église et de l’état en 1905. Elle assiste à la fermeture des collèges et se trouve quatre fois expulsée des lieux de son activité pour finalement être exilée, comme ses consœurs, en 1909. Elle vivra en Angleterre, puis en Belgique où elle fut contrainte de fuir à nouveau vers l’Angleterre pendant la guerre de 1914. Elle mourut à Ostende en 1921 à l’âge de 76 ans sans avoir revu son pays.
A relire cette histoire, un siècle après les événements de 1909, il m’apparaît que cette femme – comme sans doute beaucoup d’autres – s’est vécue comme victime d’un conflit – celui de l’Eglise et de l’Etat -, qui lui passait largement au-dessus de la tête et s’en est trouvée brisée, au sens le plus ordinaire du terme. Il n’y a pas de peine plus dure que l’exil, si ce n’est la mort.
Tout d’un coup, la photo de cette femme prenait corps et je pouvais imaginer en filigrane les grandes lignes d’une histoire éprouvée.
Derrière l’image et le silence assourdissant des dates de naissance et de décès, surgissait une personnalité et son histoire, au cas particulier plutôt douloureuse. C’est exactement ce qui me motive dans la généalogie : retrouver autant que faire se peut l’épaisseur de la vie de ceux qui nous ont précédés.
24 février 2010
Le stress au travail
Un rapport « bien-être et efficacité au travail », vient d'être remis au premier ministre.
Un des auteurs est Muriel Pénicaud, DRH chez Danone, et l'on sait que dans cette entreprise pas un seul salarié n'est stressé, mais vit un bien être parfait en même temps qu'une efficacité dans son travail.
Mmmmmmmmmmmmm Danone !
On peut y lire que "le stress est une affaire de manager". J'ignore combien de mois de recherches approfondies il aura fallu pour établir cette évidence. Il y a belle lurette que les salariés savent ce qu'il en est d'avoir un petit chef sur le dos, (pardon, je voulais dire un manager soucieux de l'émulation collective et individuelle en vue de la performance de l'entreprise).
Mais, soyons optimistes, tout va changer, le rapport suggère que "la performance économique" ne soit plus le seul critère d'attribution de la rémunération variable des dirigeants. "La performance sociale doit aussi être prise en compte, incluant notamment des indicateurs de santé, de sécurité et de conditions de travail".
Autrement dit, les dirigeants auront un bonus/malus en fonction du bonheur supposé de leurs salariés au travail.
Il ne serait pas impossible que le critère de référence soit : les sept nains de Blanche Neige. Mais si, souvenez-vous :
« Sifflez en travaillant,
Et le balai paraît léger,
Si vous pouvez siffler !
Frottez en fredonnant,
Que ça va vite
Quand la musique vous aide à travailler.
sifflez en travaillant... »
Évidemment, comme on pouvait s'en douter, le patronat français a trouvé que ce rapport était de la connerie en branche.
""on [le patronat] ne veut pas bouger sur ces sujets, et on trouve toutes les raisons du monde pour dire que la question de la santé au travail n'est qu'une mode" (Christian Larose vice-président du Conseil économique, social et environnemental).
... N'est qu'une mode... Ça vous rappelle rien l'expression ?
C'est ce que disait l'ancien patron de France Telecom il n'y a pas si longtemps comme quoi il fallait arrêter la mode du suicide à France Telecom...
Les paris sont ouverts : que deviendra ce rapport ? :
1 - il fera l'objet d'un projet de loi avant les régionales, reprenant toutes les propositions pour leur donner force légale.
2 - il entraînera la création d'un adjoint au sous-secrétaire d'État chargé du bonheur dans l'entreprise, lequel réfléchira à la possibilité de tenter de constituer une commission tripartite en vue de réfléchir à l'éventuelle nécessité d'envisager un avant-projet permettant de définir les travaux préparatoires à la mise en place d'un collectif de suivi dudit rapport à travers les couloirs ministériels.
3 - il déclenchera, sous la pression des syndicats, un Grenelle de l'environnement social en vue du réchauffement des relations dans l'entreprise.
4 - il servira de cale au bureau branlant de l'appariteur du Ministre du travail.
5 - il sera INTEGRALEMENT LU au moins par UNE personne... Afin de définir de son lieu de classement dans les archives nationales.
23 février 2010
Miroir, dis-moi que je suis la plus maigre...
A propos de la Gourmandise, deuxième péché capital...
Il est étrange de constater que dans nos sociétés d’abondance, à l’heure où les supermarchés débordent de bouffe industrialisée, trop sucrée, trop salée, mais toute préparée, le souci de maigrir soit récurrent et gâche la vie de bien des femmes (et de bien des hommes, dans une moindre mesure). L’alternance des régimes et des périodes de relâche ou de craquage mène à une prise de poids dramatiquement vécue par ces femmes qui veulent à tout prix obéir aux canons de la beauté d’aujourd’hui qui privilégie évidemment la beauté maigre, si pas décharnée. Et pourtant les rondeurs, tant célébrées par les peintres d’autrefois sont, il faut le dire, hautement appréciées par la majorité des hommes qui préfèrent palper des seins, des vrais, un ventre bien rond et des hanches pleines plutôt que des os, rien que des os saillants..
Pour acquérir le poids idéal tant convoité (càd grosso modo ne pas dépasser les 50 kgs pour les femmes) trois chemins sont possibles:
Soit s’arrêter de manger, ou du moins contrôler drastiquement son alimentation, quitte pour les plus jeunes à devenir anorexiques (avec la dose de souffrance inimaginable liée à la maladie, et la hantise de sombrer dans l’autre extrême, la boulimie où l’on ne contrôle plus rien, avec des pulsions et des crises plus féroces les unes que les autres)
Soit contrôler son alimentation, emmener partout sa précieuse calculette pour compter soigneusement les calories ingérées, s’empêcher de manger ce que l’on aime, se forcer à manger ce qu’on n’aime pas, parce que « ça » ne fera pas grossir. Bref se gâcher la vie, dans l’espoir de perdre ces fameux kilos en trop, finir par les perdre dans les pleurs et les grincements de dents et… recommencer aussitôt à grossir, par l’effet yo-yo bien connu. Ou alors craquer au bout d’une semaine de régime-calculette, entraînant un mépris, voire une haine de soi qui fait bien des dégâts.
Soit ne se préoccuper de rien, manger comme on le sent, souvent trop, souvent mal, et finir par mettre sa santé en danger (diabète, pathologies cardio-vasculaires et autres …)
La plupart du temps, le problème dépasse de loin le trop ou le trop peu manger. Le problème se situe au niveau d’un mal être souvent profond qui ne se résout pas par un régime, même bien conduit par un(e) diététicien(ne). Les raisons pour lesquelles on ne contrôle plus son poids, ni surtout sa pulsion vers le « manger », demande un réel travail sur soi. Ce n’est pas ici l’endroit pour passer en revue tous les maux qui peuvent se traduire par un dérèglement de la façon de manger. Il y en a… beaucoup, hélas : suffit de faire son choix…
Je voudrais mentionner ici l’approche intéressante du Docteur Zermati. Qui propose de rééduquer les sensations, toutes les sensations corporelles, mais celle de la faim en particulier.
On mange bien souvent non pas parce qu’on a faim, mais parce que c’est l’heure, par convention sociale et/familiale. Et puis on continue de manger même quand on n’a plus faim, bien souvent par convention sociale et familiale, ou alors, par gourmandise, parce qu’on a « bouffé » très vite et que la sensation de satiété n’a pas eu le temps d’arriver jusqu’au cerveau…C’est d’ailleurs comme ça qu’on éduque les enfants, à tout manger, à ne rien laisser sur leur assiette car les petits Africains eux… bref, ce genre de choses…
Les animaux ne sont pas obèses :ils mangent quand ils ont faim, ils cessent quand ils n’ont plus faim, rien ni personne ne peut les obliger à manger s’ils n’ont pas faim. Ils se régulent automatiquement.
C’est là le secret du poids équilibré. (A dessein je ne parle pas de poids idéal, car il n’y a pas de poids idéal, juste le poids qui convient à chacun, dans lequel il se sent bien....). Contrôler, restreindre sa nourriture par les régimes, conduit au dérèglement du poids. Il vaut mieux réguler ses repas en respectant sa sensation de faim, (ce qui n’est plus si simple vu qu’on a perdu le plus souvent contact avec le langage du corps et sa sagesse)
Le sujet est passionnant et nécessiterait bien des développements…
Photo Coumarine
22 février 2010
Jeux Olympiques d’Hiver de Vancouver
La flamme olympique s’est allumée le 12 février 2010 à Vancouver, elle s’éteindra le 28 février.
Trois sites de compétitions, construction de nombreuses structures avec une volonté d’organiser des jeux « verts » (volonté bien mise à mal par le manque de neige).
82 nations représentées, 2636 athlètes, 15 sports, 86 épreuves différentes, des milliers de spectateurs. L’engouement des français malgré l’heure tardive ou matinale des émissions télévisées.
Déjà 1363 contrôles anti dopages, 2000 prévus. Certains parcours jugés trop dangereux, notations des juges discutables et/ou discutées.
Les polémiques viendront après. Place pour ces 16 jours à la glisse, à la vitesse, à la précision, au rêve.
Toujours plus vite dans l’anneau de glisse, moult façons de le descendre. Le nez à 2cm de la glace dans le skeleton, à plat dos sur la luge, assis dans le bobsleigh.
La subtile alliance de la vitesse et de la précision en descente, en biathlon.
Le rêve d’Icare de tutoyer les étoiles dans les figures impressionnantes de l’halfpipe, dans l’envol le plus long du saut à ski.
Froissement audible des vêtements par le vent généré par la vitesse. Crissement des patins sur la glace en patinage artistique.
La stratégie réfléchie du curling.
Il y en a pour tous les goûts, pour toutes les sensibilités.
« L’essentiel est de participer » disait Pierre de Coubertin. Rien n’a jamais été aussi faux. Une phrase que l’on ressort après une déception, un échec, un podium qui s’éloigne au loin.
Personne ne vient aux JO par hasard. Non ! Personne ne vient seulement pour participer. Les espoirs sont immenses au moment de s’élancer sur la glace ou la neige. 2 minutes, 4 minutes, qui vont décider du sort final de quatre années de travail acharné, de blessures, de lents progrès, de secondes grappillées.
Les uns, ceux qui prétendent à une médaille, viennent pour gagner. Les autres rêvent de d’améliorer leur meilleure performance. Tous espèrent être au moment clé à 100% de leur forme physique et mentale. Pour tout donner, pour ne rien regretter si le résultat espéré n’est pas au bout. Ce jour là alors, il y aura eu meilleur qu’eux ou ils auront été les meilleurs.
Souhaitons donc bonne chance à tous ces athlètes et qu’ils continuent à nous faire rêver…
21 février 2010
Le canal rideau
Le canal Rideau se situe au Canada, à Ottawa plus exactement. Il est long de plus de 200km et il a une particularité qui nous fait rêver, nous, Français du sud:
L’hiver venu, une partie de ce canal, celle qui traverse la ville d’Ottawa, devient la plus grande patinoire du monde.
D’une longueur de presque 8 km elle pourrait être comparée à 90 patinoires olympiques.
La patinoire est une attraction touristique populaire. On y vient en famille ou entre amis, pour de longues après-midis de glisse, en patin ou en traineau. Et en février, vous pourrez assister au bal des neiges, le plus grand festival d’hiver de l’Amérique du Nord. On y voit de magnifiques sculptures taillées dans la glace et on assiste à de nombreux concerts su la scène Nordique.
Vous ne repartirez pas sans avoir goûter à la délicieuse queue de castor. Rien à voir avec l’animal du même nom. C’est en effet une pâtisserie typiquement Canadienne dont la recette pourrait s’apparenter à la gaufre, et qui est frit comme un beignet et don la forme est ovale et plate (comme la queue d’un castor?)
On peut la recouvrir de sucré ou de salé. Et la déguster sans modération en sortant de la patinoire.
(Photos de Gog)
20 février 2010
Balade
L’époque est à l’économie en termes de rejet de gaz à effet de serre, cela tombe bien, j’adore le train, les trams et plus généralement les transports en communs. J’évite soigneusement d’utiliser la voiture de ma femme. D’ailleurs, je n’ai pas de voiture, c’est elle qui en a une.
En ce moment la neige est abondante dans les Vosges ; d’habitude, je monte en train à Barr et un ami me prend pour notre randonnée hebdomadaire. En ce moment il est absent, il fallait donc une alternative que je trouvai grâce au Conseil Général du Bas-Rhin qui a mis en place une navette entre la gare de Schirmeck et La Serva pendant les vacances scolaires et les week-ends hivernaux.
Je pars à 06 :20 de la maison, prends le tram où le regard des gens – goguenards ou jaloux, c’est selon - s’attarde sur ma tenue de montagne et mon sac à dos où sont accrochées mes raquettes, je prends ensuite le train à 06 :55 qui me débarque à Schirmeck après un voyage somptueux, il avait neigé toute la nuit et la vallée de la Bruche était merveilleusement couverte d’une couche de cinq à dix centimètres de neige.
À 08:00, la navette s’élance - nous étions quatre à bord - et arrive au Champ du Feu à 08 :40. Le déplacement aura duré deux heures vingt, porte à porte, contre environ une heure quinze en voiture. L’écart est à la fois important et ridicule. Car la traversée de la ville, les trains du petit matin, montrent les vrais gens, ceux qui bossent et partent tôt, ceux dont le visage est fermé et ceux qu’il l’ont ouvert, les adolescents en route vers les lycées, les femmes étrangères en route vers le ménage des bureaux. On y croise toutes sortes de visages et de groupes et le spectacle de cette humanité ordinaire me réjouit. En voiture, j’aurais été seul avec ou sans radio – plutôt sans d’ailleurs, je n’écoute jamais la radio - et le temps qui dans les transports publics m’apparaissait particulièrement vivant, m’eut semblé, en voiture, interminable.
J’avais prévu un tour d’environ trois heures pour attraper le bus du retour et le train en correspondance à 12 :20. La balade fut superbe, il faisait un froid de gueux, la neige était poudreuse à souhait. Il n’empêche, l’orientation n’était pas simple.
J’ai beau avoir un GPS de randonnée, la carte au 1/25000° du secteur et une connaissance réelle du terrain, sous la neige, les repères les plus élémentaires font défaut, notamment quand les chemins de grande randonnée traversent une pinède ou une hêtraie.
Le fil que constitue, en période habituelle, la trace du sentier disparaît purement et simplement sous la neige et le balisage n’est alors plus suffisant et d’une utilité marginale. J’étais donc seul et il neigeait, sans parler d’un brouillard qui commençait de tomber. Je n’étais pas très fier, mais des randonneurs en raquette étaient passés avant moi, il fallait donc faire confiance à la trace, même si je vérifiais régulièrement ma position.
J’arrivais en avance à l’arrêt du bus et montais au chaud. J’ouvris mon Thermos et commençai mon sandwich tout en discutant avec le chauffeur comme on le fait dans ces situations. L’homme était sympathique et je passai un bon moment avec lui, discutant de tout et de rien. Arrivé à la gare après une descente lumineuse sur la vallée, je montai dans le train, fis la sieste réglementaire en retour de balade et débarquais frais comme un gardon à la maison à 14 :15 pour passer l’après-midi avec ma femme. Coût de l’opération : 12,40 euros – à peine le prix de l’essence - et un lever un peu matinal, mais j’aurai tenu le contrat moral sur lequel je veille scrupuleusement depuis des années, ne pas partir toute la journée - puisque ma femme ne peux pas randonner - sans pour autant renoncer à la beauté de la montagne.
Il va falloir que j’écrive au Conseil Général du Bas-Rhin pour les remercier ! C’est bien la moindre des choses, non ?
19 février 2010
Le 30 Février...
Depuis toujours, Février est un mois différent de tous les autres. Il
est le seul mois à n’avoir pas le même nombre de jours chaque année.
Notre calendrier est l’hériter du calendrier romain.
L’année ne comprenait que dix mois de trente ou trente et un jours, de mars à décembre.
Pas
de Février à cette époque. Les jours restants étaient ajoutés après le
dernier mois, pour atteindre le début de la nouvelle année.
Au 7ème
siècle avant J.C. Numa Pompilius, roi de Rome, réforme le premier
calendrier romain en ajoutant, après le mois de décembre, deux nouveaux
mois de vingt-huit jours, Janvier et Février,
C’est ainsi que celui-ci, devint le dernier mois de l’année.
Il
lui donna le nom de Februarius en latin, en l’honneur de Februus,
divinité étrusque de la mort et de la purification. Ce mois était en
effet, celui où les romains célébraient des fêtes expiatoires pour
purifier la cité, avant le début de la nouvelle année.
Mais avec des
mois de vingt-huit ou vingt-neuf jours, il fallut en plus ajouter, un
mois supplémentaire, le "Mens Intercalaris", mois que les pontifes
plaçaient de manière plutôt irrégulière, selon leur besoin.
Quelques
siècles plus tard, Jules César y apporte une réforme essentielle en
basant le nouveau calendrier sur le soleil. Plus de mois supplémentaire,
mais une année de douze mois correspondant à celle que nous
connaissons, où seul Février n’a que vingt-huit jours, et vingt-neuf
tous les quatre ans.
Mais, avec trois jours de décalage tous les quatre cents ans, cela finit au bout de quelques siècles, par poser problème.
Et
la dernière réforme fut celle du pape Grégoire XIII qui en corrigea ce
décalage en passant directement du quatre au quinze octobre 1582.
Et Février garda ses vingt-huit jours sauf les années bissextiles.
Pourtant, si le 30 février est un jour absent de nos calendriers, il a été utilisé plusieurs fois au cours de l’histoire.
D’abord, plusieurs fois, dans la Rome antique, pour faire coïncider calendrier et début de la nouvelle année.
En
1699, la Suède décide d’adopter le calendrier grégorien, puis en 1711
revient au calendrier julien. Pour rattraper le jour de retard, il fut
alors décidé qu’en 1712 Février n’aurait pas vingt-neuf, mais trente
jours.
Dans la Russie de 1929, l’adoption d’un calendrier
révolutionnaire, où tous les mois avaient trente jours fut une autre
occasion de pouvoir écrire cette date, mais cela ne dura que deux ans.
Après le 30 Février 1931, Février redevint définitivement le mois le plus court de l’année.






































