Je suis la mère de ton père et toi l’enfant de l’enfant, mais toi et moi ignorons encore comment nous l’occuperons cette place, jusqu’à quel degré de connivence et d’invention.

«  AU PAYS DES VERMEILLES » le dernier livre de Noëlle Châtelet m’a scotchée.

Emue et émerveillée par la naissance de sa petite-fille qui la fait grand-mère pour la première fois, elle apparaît essentiellement éblouie.

Toute femme qui l’a vécu, se reconnaîtra en elle. Elle sait le choc, la sensation d’enracinement et en même temps d’envol que constitue la venue au monde de l’enfant de son enfant !

Le récit que nous en fait l’auteur marque avec une sensibilité lucide ce que moi-même ( et toutes les autres femmes ) ai ressenti :  à savoir le privilège d’occuper une place à nulle autre pareille, ni  la mère, ni la nounou.

Le privilège de connivences et de ravissements jusqu’alors inconnus…

Une succession de moments d’exaltation, d’étonnement,  d’impatience, d’affrontements et de brouilles légères, de complicité et finalement de ce bonheur indicible d’être reconnue et élue  d’un «  je t’aime » spontané, non sollicité.

Et puis le passé qui resurgit quand l’enfant de l’enfant reproduit des gestes, des moues, des jeux qui font remonter des bouffées de souvenirs à la surface.

L’enfant de l’enfant n’est-il pas un autre soi-même possible ?

Si cela était, il se pourrait qu’il conduise mes pas  sur le chemin du rebours et qu’au pays retrouvé des surprises, au pays des merveilles, j’apprenne à devenir aussi Alice.

Si vous ne l’avez pas, courez l’acheter, empruntez, volez mais Lisez-le !